V. ai
listelle euix^ £t le lundi, xxi* jour doudit mois, if» rammoinont lor sueravecq eulx à Bacquillon, et ly donnaist le sire Nicole Lovre, chevalier, ung roussin du pris de xxx francs , et une paire de houzelz , et seignour Aubert Boulay ung chapperon, et sire Nicole Groingnat une espée. Et la dite Pucelle saillit sur ledit cheval très habillement, et dict plusieurs choses au sire Nicole Lowe , dont il entendit bien que c’estoit celle qui avoit esté en France; et fut recongneu par plusieurs enseignes pour la Pucelle Jehanne de France, qui amoinnat sacrer le roy Charles à Reims; et rouirent dire plusieurs qu’elle avoit esté ars à Rouen en Normandie ; et parloit le plus de ses paroles par paraboles, et ne dixoit ne fuer ne ans (1 j de son intention; et disoit qu’elle n’avoit point de puissance devant la Sainct-Jehan-Baptiste. Mais quant ses frères l’en orent moinnée, elle revint tantost en les festes de la Penthecoste en la ville de Mareville, enchieu Jehan Quenast ; et se tint là jusques environ trois sepmaines; et puis se partist pour aller en Nostre-Dame-de-Liance, ly troisiesme; et quantelle voltpartir, plusiours deMetz l’allont veoir à ladite Mareville, et ly donnont plusieurs juelz, et là recougnurent ilz que c’estoit proprement Jehanne la Pucelle de France. Et adoncq ly donnait JofTroy Dex ung cheval , et puis s’en allait à Arelont, une ville qui est en la duchié deLucembourg.
Item , quant elle fut à Arelont, elle estoit tousjoiirs de coste madame de Lucembourg (2) ; et y fut grant
{i) Ne fuer ne ans, ni le dehors, ni le dedans.
(2) Non pas celle dont il est qneaüon au premier procès; mais la mattresse effective et héritière du duché, Élisabeth de Gorlitz , nièce par alliance du duc de Bourgogne.
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pièce, jusques à tant le ûlz le comte de Wâfnonboarg l’enmoinnoit à Coullongne. Et l’aymoit ledit comte très fort ; et tant que, quant elle en volt venir, il ly fist faire une très belle curesse pour el armer. Et puis s’en vint à ladicte Ârelon ; et là fut iaict le mariage de messire Robert des Hermoises, chevalier, et de la dite Jelianne la Pucelle. Et puis après s’en vint ledit siour des Hermoises avec sa femme la Pucelle demeurer en Metz, en la maison ledit sire Robert, qu’il avoit devant Saincte~$egoleine ; et se tinrent là jusques tant qu’il lors plaisit.
Rédaction différenic du morceau précédent , d*aprèa un autre manuacrit. Cette variante fut envoyée de Metz à Pierre du Puy et ae trouve aujourd’hui dans le volume 630 de sa collection , k la Bibliothèque Royale.
Messire Philippe Marcouls, par an iiii* xxxvi. En celle année vint une jeune fille, laquelle se disoit la Pucelle de France, et juant tellement son personnage que plusieurs en furent abusez, et par especial tous les plus grandz. Et fut à la Grange-à-l’Horme. Et là furent les seigneurs de Metz, telz comme ly seigneurs Nicole Lowe ; et luy donnirent un cheval en prix de trente francs, et une paire de houzel; et ly seigneurs Albert Boullay, un chaperon; ly seigneur Nicolle Grongnot, une espée. Et estoit vestue en habit d’homme ; et deux de ses frères l’amenont. Et tantost en ces fesles de Pentecosle après, elle revint en la ville de Mairvilie , el là se tint environ trois sepmainesenchésun bon homme apellé Jehan Cugnot
Et y allirént vaioire plusieurs gens de Metz et ly donnirent plusieurs juyal; et le sire Geoffroy Dex luy donnit un cheval ; et se départit et en allit en Nostre-Dame-de-Liesse , et après à Arelon. Et se tenoit tousjours lay delez Madame de Lucembourg, et là fut^elle mariée au seigneur Robert des Ârmoize, chevalier, et vini'ent demeurer en Metz en hanlt de Porte* de-Muzele (4).
Extrait du Forwricarittm de Jean Nider, paaaage déjà cité au terne IV, p. 50t.
Habemus hodie sacrœ theologiœ professorem insi- Y . gnem fratrem Heinricum Kaltyseren, inquisitorem hœ- ^ reticæ pravitatis. Hic cum, anno proxime prœterito, C. inquisitionis officio in civitate Coloniensi insisteret, ut mihi ipseretulit,percepitcirca Colon iamquamdamvir* ginem esse quæ in habitu virili omni tempore incessit. Arma deferebat et vestimenta dissoluta, velut unus de nobilium stipendiariis, choreas cum viris ducdiat, et potibus ac epulis adeo insistebat ut metas fœminei sexus, quem non negabat, omnino excedere videretur. Et quia eodem tempore ( sicut heu hodie ! ) sedem Trevereiisis ecclesiæ duo pro eadem contendentes
(1) Philippe de Vignetdlea, chroniqueur messin postérieur, puisqu'il o'écriYÎt qu’au commencement du xti* siècle, s'est exprimé dans le même sens, en abrégeant le présent article : « En celle meisme année ( 1436} aYÎnt une nouvelleté d*ungoe qui se voult contrefaire pour une aultre ; car en ce temps , le 22* jour du mois de mai , une fille appelée Claude, esunt en habit de femme , fiit magnifestée pour Jehanne la Pucelle, etc. » Et un peu plus loin : « Mais depuis Ton cognust la vérité , etc. , etc. » Vojez Chroniques messines , publiées par IKiguenin, p. 193.
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graviter moleslabant (1 ), gloriabatur se unam partem - posse et velle inthronisare, sicut virgo Johanna (de . qoa statim dicetur) régi Carolo Francorum paulo antea fecerat, in suum eum regnum confirmando.
Immo itia se eamdem Johannam a Deo suscitatam esse affirmabat. Gum igitur die quodam, cum <x>niite ^ ' juniori de Virtenburg (2), qui eam tuebatur et Ibvebat, — ; Coloniam intrasset, et ibidem mira in conspectu no- ~ ' bilium fecisset, quæ magica arte videbantur beri , tandem per prædictum inquisitorem, ut inquireretur, r diligenter investigabatur et citabatur publiée. Map- | pam enim quamdam dicebatur lacérasse et subito iu oculis omnium réintégrasse; et vitrum quoddam ad parietem a se jactatnm et confractum in momento reparasse , et similia plura inania ostentasse. Sed mi- sera parère mandatis Ecclesiæ renuit; comitem ante- > : fatum in tutelam, necaperetur, habuit, per quem clam de Colonia educta , manus quidem inquisitoris , sed ^ excommnnicationis vinculum non evasit. Quo tandem arctata , partes Alemaniœ exivit metasque Galliœ intravit , ubi militem quemdam, ne ecclesiastico interdicto vexaretur et gladio , duxit in malrimonium. ' Deinde sacerdos quidam, leno vocandus potius, magam banc verbisdelinivitamatoriis; cum quopostreroo fnrtim recedens,Metensem civitatem intravit, ubi velut concubina secumhabitans, quali spiritu ducta fuerit, ^ conctis fuit patenter ostensa.
(1) Il s'agit de la contestation pour l'ercfaeTéché de Trètea, qui eut lieu entre Raban de Helmstadt et Jacques de Sjrck.
(2) Ulrich de Wurtemberg, avec qui son frère Louis avait partagé son fief <
héréditaire. • ^
DOCÜMEN-re
Extrait des comptes de la Tille d'Orléans pour l'an 1436, d'après le Registre conservé à la bibliothèque d'Orléans.
A Pierre Baratin et Jehan Bombachelier, pour baillera Fleur-de>lilz (1), le jeudi, veille Saint-Lorens, IX* jour du moys d’aoust, pour don à lui fait, pour ce qu’il avoit aportëes lectres à la ville de par Jehanne la Pucelle; pour ce, 48 s. p.
A Pieti'e Baratin et Jaquet Lesbahy, pour bailler à Jehan Dulils , frère de Jehanne la Pucelle, le mardi XXI* jour d’aost l’an mil ccoc xxxvi, pour don à lui fait, la somme de 12 livres tournois, pour ce que ledit frère de ladicte Pucelle vint en la Chambre de la dicte ville requérir aux procureurs que ilz lui voulsissent aidier d’aucun poy d’argent pour s’en retourner par devers sa dicte seur, disant qu’il venoit de devers le roy et que le roy lui avoit ordonné cent francs et commandé que on les lui baillast : donton ne Gst riens; et ne lui en fut baillé que 20 , dont il avoit despendu les 12 et ne lui en restoit plus que 8 francs, qui estoit poy de chose pour s’en retourner, veu qu’il estoit soy cinquiesme à cheval. Et pour ce lui fut ordonné en la dicte Chambre de ladicte ville par Icsdiz procureurs, que on lui donnast 12 francs. Pour ce, 9 1.
A Régnault Brune, le xxv*jourdudictmoys, pour faire boire ung messagier qui apportoit lectres de
(f) Nom d’un poursuivant d^armes.
^ (9) Voir le complément du régal fait à Jean Dulys , ci-dessus , p. 3h7.