CHRONIQUE ESPAGNOLE DE LA PÜCELLE
Cet ouvrage dont la recherche fit , il j a cenl ans , le désespoir de Lenglet-Dufresnoj , m’a aussi causé jusqu’à ces derniers temps les plus vifs regrets par l’impossibilité où j’ai été de me le procurer. C’est un livre imprimé à Burgos en 1 562 , sous le titre suivant : La Historia de la Ponzella Dorleans y de sus grandes hechos , sacados de la chronica real, por un cavallero discrelo embiado por embaxador de Castilla a Francia por los rejes don Fernando y Isabel^ in-4®. Il est très-probable que cette histoire n’est pas autre que celle qui est annoncée comme devant bientôt paraître, dans la chronique d’ Alvaro de Luna (ci-dessus, p. 331}. La qualité d’ambassadeur en France qu’on donne à l’autenr, m’avait fait conjecturer que cet auteur pouvait être le célèbre biographe espagnol Hernando del Pulgar, qui fut en effet ambassadeur en France sous le règne de Louis XI. L’histoire de Jeanne d’Arc écrite par un tel homme, d’après des documents officiels (ce que j’étais porté à induire des mots sacados de la chronica real), me semblait devoir être quelque chose de capital. Mais M. Ferdinand Denis a fait tomber mes conjectures et calmé tout à fait mes regrets en me communiquant des notes prises par lui sur un exemplaire de ce rarissime livre , qui se trouva il j a quelques années en la possession d’un amateur de Paris. La Historia de la Ponzella n’est qu’un tissu de fables où non-seulement il est impossible de reconnaître la manière de Hernando del Pulgar , mais qu’il n’est pas même permis de considérer comme un écho de la tradition populaire telle qu’elle courait en France à la fin du xv® siècle. C’est un pur roman dans le goût espagnol , dont l’héroïne ne rêve que stratagèmes et n’exécute que massacres : personnage féroce et dépouillé de l’inspiration religieuse de la véritable Jeanne, autour duquel ont été accumulés des incidents sans nombre où la chronologie et la géographie sont violées de la manière la plus ridicule. Un tel livre n’a pu être écrit que pour ramusenieut des gendarmes do Grand capitaine.
ITINÉRAIRE DE LA PÜCELLE
ITINERAIRE DE LA PÜCELLE
M. Beirial Sainl-Prix est le premier qui ail eu l’idée de dresser, d’après le témoignage des documents , un tableau chronologique des marches exécutées par la Pucelle. Ce travail qu’il donna comme appendice de sa Jeanne (t jirc {}) a été traduit eu anglais et introduit dans un recueil anonyme qui parut à Londres en 1824 sous le titre de Memoirs of Jeanne tTArc surnamed la Pucelle iT Orléans with the hislory of her times (2). J’en donne une nouvelle édition corrigée et augmentée , en joignant à chaque nom de lieu l’indication du volume et de la page où l’on retrouvera l’autorité la plus certaine d’après laquelle la présence de la Pucelle en ce lieu a pu être établie. Je me dispense d’introduire dans mon tableau, ainsi que M. Benriat Saint- Prix l’a fait dans le sien , la mention de deux voyages indépendants de la mission de Jeanne , et que le procès constate sans qu’il soit possible d’en fixer Tannée. Je veux parler de son séjour à Neufehâteau et de sa comparution devant la Cour ecclésiastique de Toul. Tout ce qu’oii peut dire sur ces deux déplacements , c’est qu’ils coïncident, car Tacte d’accusation porte qu’elle se rendit à Toul pendant qu’elle demeurait à Neufehâteau (3).
(1) Jeanne d Arc, ou coup d*œil sur les révolutioDs de France au temps de Charles VI et de Charles Vil, etc., 1 vol. io-8*. Paris 1817.
(2) Deux volumes ia-S^, chez Robert Triphook. Cet ouvrage n'est qu'une traduction de divers opuscules de nos auteurs, entre autres du Journal du siège (t Orléans, de plusieurs parties du Mémoire de M. de l'Averdy, des Appendices de M. Rerriat Saint-Prix, etc.
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Niai «De Domrémy à Burey-le-Pelil (II , 443).