‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 95 sur 139 · DES PREMIÈRES ÉCRITURES DU GREFFE · texte numérisé non relu

DES PREMIÈRES ÉCRITURES DU GREFFE

Trois notaires dVglise, Manchon, Boisguillaume et Taquet furent employés comme gre£Giers au procès de la Pucelle ; mais Manchon fit presque tout à lui seul. Ses notes revues en commun à la fin de chaque séance (1), servirent de base à la rédaction définitive (2).

Ce premier travail de Manchon fut produit au procès de réhabilitation (3). lien reconnut Técriture, sauf pour la première séance d'interrogatoire qui était de la main de Jean Monne^, clerc de Tun des conseillers (4). Le tout formait un cahier de papier désigné sous le nom de notula ou minuta processus in galUco (ô) , que nous traduisons par Minute française du procès : française, quoique les choses de procès-verbal y soient en latin ; mais en français sont les interrogatoires qui en forment la partie de beaucoup la plus considérable.

Du moment qu'elle fut produite devant les juges de la réhabilitation , la minute française aurait dü être transcrite

(1) Tome III, p. 160.

(î) T.ll,p. 166.

(3) T. Il, p. 156 elt. III, p. 136.

(4) T. III, p. 63.

(6) T. II , p. 1 5R ; 1. 111 , p. 1 36 et 376.

dans tous les exemplaires de leur procès. Elle ne le fut toutefois que dans un seul, celui de d'Urfé. Nous parlerons plus amplement de ce célébré manuscrit dans la notice préliminaire des pièces de la réhabilitation. QuTl suffise de savoir ici qu’il présente plusieurs lacunes, et que Tune de ces lacunes tombe précisément sur la transcription de la minute française. L’absence d’environ deux cahiers fait que ce texte capital commence seulement au milieu de la séance d’interrogatoire du 3 mars 1431, douzième séance du procès.

M. de l’Averdy ayant signalé le premier , bien qu’avec un peu d’hésitation , l’existence de la minute dans le manuscrit de d’Urfé(l), M. Lebrun de Charmettes et les autres historiens modernes s’en sont servis, mais sans la faire connaître autrement que par des citations.

On en trouvera le premier texte complet, répandu dans mon premier volume, à partir de la page 95. Il m’a semblé indispensable de le rapprocher de la rédaction définitive parce qu’ayant fourni la matière de celte rédaction , le lecteur n’aura qu’à les conférer ensemble pour juger du degré de bonne foi qui a présidé au dernier travail.

A la minute française lorsqu’elle fut produite, était joint un feuillet des corrections proposées pour les douze articles résumant la doctrine de Jeanne; corrections qui, parce qu’elles ne furent pas toutes effectuées, fournirent un argument terrible contre les juges de Rouen. Comme ce feuillet était écrit aussi de la main de Manchon et que les personnes qui savent qu’il existe pourraient en chercher la teneur parmi les fragments imprimés de la minute, je dois prévenir que ce n’est pas là qu’on le trouvera. Il a été transcrit par les greffiers de la réhabilitation dans le sixième chapitre du procès, et je l’y ai laissé (2).

(!) Notices et extraits des Manuscrits , t. lll, p. 238. (2) Voy. Ici. III, p. 238.

DU PROCÈS DE CONDAMNATION

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