‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 19 sur 71 · TRANSPORT DE LA MALLE HORS DE LA MAISON · texte numérisé non relu

TRANSPORT DE LA MALLE HORS DE LA MAISON

Le mardi, 28 juillet, au matin (l'heure n'est pas bien certaine , mais dans un moment où le rappel batlait), Girard alla chercher un commissionnaire au coin de la rue d'Angouléme , et l'amena dans la maison qu'il habitait. Avant de sortir , il avait informé la portière, évidemment pour qu'elle le répétât, qu'il allait renvoyer à sa femme la malle qu'il avait reçue quelques jours auparavant, après l'avoir remplie de diOerens objets qu'elle l'avait chargé d'expédier dans sou pays. Il conduisit le commissionnaire dans la première pièce de l'appartement du troisième étage, et lui montra , entre Ja porte d'entrée et la porte de la cuisine, une grande malle enbois. Le commissionnaire la mit sur ses crochets-, elle luiswnbla peser ervirou soixante-et-dix ou quatre-vingts livres. Girard accompagna le commissionnaire^ il ne voulut pas indiquer d'abord la destination de la malle. Pas tant de questions, disait-il au commissionnaire , /e vous paie y voulez-vous ou ne voulez-vous pas aller ? Il se ravisa, et, craignant sans doute qu'une pareille réticence ne parût suspecte, il indiqua une maison de roulage rue Basse. 11 avait d'abord suivi le commissionnaire dans cette direction. Tout à coup il passa devant, et, tournant par la rue Chariot, il s'arrêta à la place des cabriolets de la rue de Vendôme^ au même endroit oij il était venu le samedi précédent. Il y trouva le porteur qui avait transporté sa malle

ET DE SES COMPLICES. r

ce jour-là, et le salua; celui-ci reconnut la malle. Girard congédia le commissionnaire, après lui avoir donné huit sous ponr sa commission. Il monta avec sa malle dans le cabriolet n. 27 , et ordonna au coclier d'aller à la place Maiibert.

Le conducteur demanda trente sous pour sa course. Girard lui répondit : « Vous ne savez pas si » je ne vous donnerai pas davantage. » Une fois monté, il ne fut plus question de la place Maubert; il se fit conduire place aux Veaux , près du port aux Tuiles. Là , le conducteur fut payé, et Girard lui fit boire un verre de vin, ainsi qu'à un garçon tonnelier, employé chez le sieur Durand, marchand de futailles , rue de Poissy. 11 avait prié ce garçon de l'aider à transporter sa malle près de là. Pour s'excuser de ne pas boire avec eux , il dit qu'il ne buvait jamais de vin.

L'identité de la malle et de l'homme a été constatée par la représentation de la malle au conducteur du cabriolet, et par sa confrontation avec Girard. Le marchand de vin chez lequel s'arrêta le conducteur, et devant la porte duquel la malle fut descendue, a confirmé le récit de celui-ci par sa déposition. 11 y a ajouté que l'individu qui était dans le cabriolet, et qu'il a reconnu pour être Girard , chargea la malle sur son épaule, avec l'assistance d'un garçon tonnelier , et l'emporta en se dirigeant du côté de la rue Saint-Victor. Girard, interrogé dès le 29 sur ce qu'était devenue cette malle, répondit que cela ne regardait que lui. 11 convint qu'il l'avait portée du côté de la rue Saint-Victor^ -, et, quand on lui demanda chez qui, il refusa de s'expliquer , et répondit, avec un signe d'impatience qui devait caractériser aux yeux du magistrat instructeur l'importance de la I. 12

question : « Je regrette , et les autorités doivent re- » gretter que j'aie fait ce que j'ai fait. Je sais qu'il y a "^ » maintenant un homme de trop au monde^ et c'est » moi! »

D^COCVriRTE DE LA MALLE.

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