‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 20 sur 71 · MOR£T> LA FEMME PETIT ET NINA LASSAVE · texte numérisé non relu

MOR£T> LA FEMME PETIT ET NINA LASSAVE

Girard cependant n'était point sorti de la rue de Poissy; il était allé chez un ouvrier marbrier qui habite, dans cette rue, la maison n° i3, le sieur Nolland. Celui-ci a dit le connaître sans savoir son nom 5 il se souvenait de l'avoir vu deux ans auparavant^ lorsqu'il était allé poser des robinets de fontaine, rue CrouUebarbe, dans une maison qu'habilait cet inconnu. Nolland a ajouté que cet ancien voisin étant venu le prier de recevoir une malle en dépôt, il y avait consenti, et qu'il l'avait même aidé à transporter la malle du bas de la rue de Poissy jusqu'à sa propre demeure. En s'en allant, l'inconnu prétendu dit à Nolland : « Si la malle n'est pas enle- » vée d'ici à une heure, vous ne la remettrez que sur )) un ordre de M. Morey. »

Morey était un bourrelier-sellier, très-connu de Nolland, qui demeurait rue Saint-Victor, n° 23. Le 28 ni le 29, personne ne réclama la malle 5 car ce ne peut être que par erreur que la femme Guerard place au 29 des faits qui évidemment ne se sont passés que le 3o.

Le jeudi 3o juillet, çntre huit et neuf heures du matin, un commissionnaire se présenta chez Nolland pour prendre la malle-, la dame Nolland, qui était seule chez elle , refusa de la livrer sans un ordre de

Morey. Une demi-heure après, Morey arriva chez Nolland au moment même où le commissionnaire s'y présentait de nouveau. Cette rencontre fut purement fortuite, selon Morey. Nolland lui dit : « Voilà une « malle qui ne doit être enlevée qu'avec votre per- « mission. » Après un moment d'hésitation, Morey répondit : « Eh bien ! donnez-là ; « et le commissionnaire^ avec lequel il ne veut pas s'être entendu, et qu'il prétend ne pas connaître, emporta la malle, non sans mystère, s'il faut en croire la déposition d'une voisine, qui assure que, pour la sortie de la malle, la dame Nolland s'était hâtée d'ouvrir une petite porte, habituellement fermée. Morey, interrogé sur ces circonstances, convint du fait, mais il ajouta qu'il n'avait été informé du dépôt de la malle que par Nolland , et qu'il n'en connaissait pas le propriétaire.

D'après les déclarations du commissionnaire, un individu qui ne saurait être un autre que Morey, serait venu , le mercredi 29, à sept heures du soir, le chercher à sa place, sur le pont de la Tournelle, pour le mener près de Là quérir une malle -, le commissionnaire ayant accepté la proposition , l'inconnu et lui se seraient rendus dans le haut d'une rue , entre la rue Saint-Yictor et la place aux Veaux : ils auraient frappé à une porte fixée dans une clôture en planches, et , personne n'ayant répondu de l'intérieur, ils seraient allés boire de la bière dans une gargote qui fait face à la rue où se trouve la maison à la porte de laquelle ils avaient frappé; ils se seraient séparés ensuite, et l'homme avec lequel le commissionnaire se trouvait lai aurait donné rendez-vous pour le lendemain an matin; le lendemain donc le commissitn-

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naire, nommé Diibronet, se serait rendu à la maison indiquée, où, après quelques mots échangés entre l'homme de la veille et le maître et la maîtresse du logis, on aurait chargé la malle sur ses crochets.

On a demandé à Morey s'il n'avait pas connu quelqu'un qui demeurait, deux ans auparavant, rue Croullebarbe; il a répondu qu'il n'avait jamais connu, dans cette rue, qu'une femme dont le fils était blanchisseur. La mère et le fils demeuraient ensemble, et étaient allés s'établir, depuis . rue Mouffetard. Nolland, interrogé de son côté, a répondu qu'il ne croyait pas que l'individu qu'il avait connu rue Croullebarbe fût blanchisseur, et qu'il ne savait pas s'il demeurait avec sa mère. La dame Nolland a ajouté qu'il lui semblait que cet individu était portier, et qu'il avait une fille privée d'un œil.

Nolland , conduit rue Croullebarbe, a reconnu la maison danft laquelle il était allé placer des robinets de fontaine, et qu'habitait l'individu qui était venu, le 28 juillet, déposer une malle chez lui, Cette maison^ située rue Chant de l'Alouette^ n° 10, à l'extrémité de la rue Croullebarbe, était actuellement en réparation et inhabitée. Mais deux voisines ont déclaré que l'homme qui y résidait à l'époque indiquée prenait le nom de Fieschi, qu'il se disait Corse, qu'il était d'une taille élevée, de l'âge de trente-quatre ^ trente-cinq ans^ qu'il avait la barbe et les cheveux bruns, et un accent méridional très-prononcé, qu'il vivait avec une femme qui se nommait Petit, et qui avait auprès d'elle une fille de quatorze à quinze ans, à laquelle il manquait un œil. Elles ont ajouté qu'elles croyaient que celte jeune fille était actuellement placée à la Salpétrière. Selon elles, pendant

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qu'il demeurait dans ce quartier, le nommé Fieschi était un objet de terreur pour le voisinage, et plusieurs fois la femme Petit avait dit qu'elle n'oserait jamais divulguer ce qui se passait dans l'intérieur de son ménage. Enfin , Fieschi se vantait hautement d'avoir subi une condamnation infamante prononcée par un conseil de guerre , devant lequel il avait été traduit comme militaire.

Il était impossible de ne pas remarquer que le signalement de Fieschi , tel que venaient de le donner deux femmes qui ne connaissaient pas Girard , semblait établir l'identité de l'homme qui portait ces deux noms. Confrontés avec lui, Nollandet safemrae Font reconnu, et l'on a obtenu ainsi un commencement de preuve de cette identité.

Le commissionnaire qui avait pris la malle chez Nolland a déclaré que, toujours accompagné de celui qui était venu le chercher la veille, il l'avait portée dans la direction de la place aux Veaux , par le pont de la Tournelle, l'île Saint-Louis , le pont Marie , le quai à gauche, jusque par-delà le pont Louis-Philippe ; qu'ils étaient remontés ensuite à droite, et parvenus ainsi dans une rue qui lui était inconnue; là, ils entrèrent dans une maison qu'il croyait pouvoir reconnaître -, ils montèrent au deuxième étage ; une femme vint ouvrir -, il déposa la malle quil portait sur le palier de l'escalier, et il reçut quinze sous pour son salaire.

Le 3 août^, à cinq heures du soir, Dubromet, arrivé dans la rue de Long-Pont, reconnut distinctement la maison n° ii pour celle dans laquelle il avait été introduit le 3o juillet. Des per([uisilions eurent immédiatement lieu , et la malle fut trouvée dans un

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cabinet, au quatrième étage, en la possession d'une jeune fille privée d'un œil, et qui a dit se nommer Nina Lassa ve.

Au moment où les agens de police étaient entrés chez Nina Lassave , cette fille avait laissé apercevoir l'intention de se détruire -, il fallut employer la force pour prévenir les etfets de son désespoir. Elle tira de son corset une petite enveloppe renfermant un carré de papier sur lequel on lut ces paroles : « Vous êtes « prié de ne plus aller voir JNina; elle n'existera plus « dès ce soir. Elle laisse dans sa chambre la chose « dont elle était dépositaire -, voilà ce que c'est que « de l'avoir si vite abandonnée. Adieu! après ma « mort , arrivera ce qui pourra ! »

La fille Lassave convint que la malle avait été apportée chez elle le jeudi 3o juillet par le commissionnaire Dubromet , qu'elle reconnut. Elle avoua que le commissionnaire n'était pas venu seul ; mais elle dit d'abord qu'il était accompagné d'un monsieur qu'elle ne connaissait pas : ce ne fut qu'après l'avoir éclairée sur l'intérêt qu'elle avait à dire la vérité qu'on triompha de ses dénégations , et qu'on obtint d'elle l'aveu que c'était Morey qui avait fait porter k malle chez elle; qu'il lui avait dit de la garder, et que c'était à lui qu'était destiné le biilet dont on vient de faire mention.

Cependant , elle prétendait avoir perdu de vue Morey depuis long-temps, et n'avoir eu avec lui aucune relation récente.

La malle avait été ouverte par un serrurier. La fille Lassave soutint qu'elle l'avait fait ouvrir sur l'autorisation que Fieschi lui avait donnée le lundi 27 juillet, et qu'elle était seule quand l'ouverture en avait été

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faite. Elle dit que la malle ne contenait que des hardes d'hommes, une robe de laine, un jupon et une chemise à son usage, et des cartes de géographie. On y trouva, en effet, outre les objets déclarés, trois plans de Paris et une trousse de rasoirs qui renfermait un récépissé provisoire du Mont-de-Piété , en date du 22 juin i835.

Elle avouait qu'elle avait vu Fieschi le lundi 27 -, il devenait nécessaire d'écîaircir comment, pourquoi et depuis quand elie habitait un cabinet au quatrième étage dans la maison n. 1 1 de la rue de Long-Pont.

Un ouvrier bandagiste qui y demeure , quoiqu'il ne soit point le portier de la maison, est par la position de son logement, situé au rez-de-chaussée, proche de l'escalier , fort au courant de ce qui s'y passe : il a déclaré que le mercredi ug juillet , avant midi, une jeune fille, à laquelle on avait donné le nom de Joséphine, s'était présentée à la porte avec un vieux monsieur ^ vêtu d'une redingote brune et portant un chapeau gris, et qu'ils avaient demandé s'il y avait une chambre à louer dans la maison. Le locataire du rez-de-chausséé les mit en relation avec la dame propriétaire du logis. Le lendemain jeudi , vers neuf heures du matin, le même vieux monsieur était revenu avec un commissionnaire qui portait une malle. Le monsieur avait un gros paquet sous le bras. Le commissionnaire descendit en s'essuyant le visage; et s'adressant au même témoin, dont le poste était si favorable pour observer , il lui dit qu'il n'avait jamais porté une malle si lourde pour si peu d'argent : il n'avait reçu que quinze sous. Le vieux monsieur ne sortit qu'une demi-heure après le commissionnaire. C'est lorsqu'il fut sorti que Joséphine envoya chercher le serrurier. Joséphine s'en-

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nuyait beaucoup de ce que son oncle ne revenait pas. Cependant, le vendredi i" ou le samedi 2 août, le monsieur revint vers deux ou trois heures après midi, mais Joséphine était sortie^ il demanda si elle était en haut 5 le voisin du rez-de-chaussée lui remit la clé de l'appartement j le monsieur monta ; il ne descendit et ne rendit la clé qu'à sept heures du soir; il dit qu'il s'était endormi : Joséphine n'était pas rentrée, il annonça qu'il reviendrait le lendemain matin à sept heures 5 on ne l'a pas revu depuis.

Ces circonstances, qui résultent en partie de la déposition du bandagiste Milhomme , sont confirmées et complétées par le témoignage de la dame veuve Dulac, propriétaire de la maison. Morey, confronté avec Milhomme , la femme Milhomme et la dame ,veuve Dulac , a été reconnu par eux pour le monsieur qui avait amené NinaLassave ou Joséphine, et qui s'était annoncé comme son oncle. 11 lésa reconnus aussi , mais il a soutenu n'avoir pas dit que cette jeune fille était sa nièce.

La malle a été représentée à Milhomme et à Morey; ils l'ont l'un et l'autre reconnue pour celle que Dubroraet avait apportée le jeudi 3o juillet. Le portier de la maison qu'habitait Fieschi , sur le boulevart du Temple, a pareillement reconnu dans la malle saisie chez la fille Lassave celle qui avait été apportée chez Fieschi le samedi aS juillet, et qu'il en avait vu sortir le mardi 28 au matin.

On savait donc que l'individu qui se faisait appeler Girard, était connu dans le quartier du jardin du Roi, sous le nom de Fiesihi, et qu'il était en relations intimes avec Morey et la fille Nina Lassave. En même temps d'autres découvertes venaient compléter ces renseignemens.

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ACHAT DES FCSILS.

Dès le agjuilletà midi, le sieur Boutteville, armurier, fut chargé de procéder à rexamen des canons de fusil trouvés dans la chambre d'où les coups de feu étaient partis 5 il résulte de son rapport que ce sont de vieux canons provenant des magasins de l'Etat, rebutés par l'autorité miliiaire, puis redressés par un serrurier ou un mécanicien pour être livrés ensuite au commerce ; sorte d'industrie nouvelle qu'explique, mais ne justifie pas, une âpre soif du gain , car de tels fusils doivent presque nécessairement éclater dans les mains de ceux qui en font usage.

Le même jour, à neuf heures du soir, le sieur Bury, quincaillier, marchand d'armes, demeurant rue de l'Arbre-Sec, n° 58, comparut spontanément devant le procureur du roi. Ayant appris que l'attentat commis la veille sur la personne du roi et sur son cortège avait été exécuté au moyen d'une batterie composée de canons de fusil, il avait pensé que ces canons, dont on disait que le nombre était de vingtquatre, pouvaient provenir d une vente qu'il avait faite le samedi précédent 5 il déclara, en conséquence, tout ce qu'il savait à ce sujet, et diverses personnes furent assignées pour déposer sur les faits énoncés en sa déclaration.

Il fut constaté que plusieurs semaines avant le 28 juillet (l'un des témoins dit trois semaines, et un autre six), un individu de petite taille, maigre, basané, âgé d'environ 36 à 4o ans, vêtu d'un redingote bleue, et coille d'un chapeau gris, s'était présenté chez le sieur Meunier, armurier, demeurant quai de

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la Mégisserie , n° 46, et lui avait demande à acheter des canons de fusil de munition ; il ne dit pas quel nombre il voulait en acquérir-, il les aurait pris, quelles que fussent leurs dimensions. Le sieur Meunier lui répondit qu'il ne tenait point d'armes de guerre et qu'il n'avait pas de fusil de munition à vendre. L'inconnu s'enquit d'un magasin où il pourrait en trouver ; l'armurier lui donna l'adresse du sieur Bury. En effet, un inconnu de « cinq pieds « trois pouces environ, aux cheveux châtains ou « châtains foncés, d'une assez forte corpulence, vêtu « d'une redingote bleue, coiffé d'un chapeau gris, porte tant des souliers demi-fins et un peu découverts, » se présenta chez le sieur Bury 5 il était porteur d'une adresse imprimée du sieur Meunier, au dos de laquelle l'adresse du sieur Bury était exactement écrite. Il s'annonça comme venant de la part du sieur Meunier, et demanda quel serait le prix d'une vingtaine de canons de fusil qu'il désirait acheter-, le marchand lui répondit qu'il en avait de différentes fabriques, mais de rebut, et qu'il les vendait 6 francs la pièce.

L'inconnu répliqua qu'il était obligé, avant de conclure, de communiquer les conditions de la vente à la personne qui avait besoin de ces canons , et il se retira en annonçant qu'il reviendrait. Dix ou quinze jours avant le 29 juillet^il y a probablement ici dans la déclaration du sieur Bury une erreur de date), le même individu revint dans le même magasin j en l'absence du maître, il s'adressa à la dame Bury ; il lui annonça qu'il avait reçu une lettre de ses commettans qni l'autorisaient à conclure le marché au prix demandé , et il ajouta qu'il prendrait vingt-cinq canons de fusil si on lui donnait, en outre, un petit

pistolet. La dame Bury y consentit. L'inconnu remit cinq francs d'arrhes, et demanda que les canons fussent prêts et graissés pour le lendemain à six heures du malin, ou à midi au plus tard. Toutefois il ne revint les chercher que le jeudi 23 juillet ; il trouva Bury occupé à la préparation des canons, et il s'informa si on pouvait lui fournir une caisse pour les placer. On lui proposa d'en commander une-, il s'y refusa en disant qu'ayant plusieurs objets à expédier, il achèterait une malle et mettrait le tout ensemble. Le samedi aS juillet dans l'après-midi, en l'absence du sieur Bury, l'inconnu arriva avec une malle chez ce marchand ; il venait prendre livraison des vingtcinq canons de fusiL Jusqu'alors il ne s'était pas nommé; en ce moment il dit qu'il s'appelait Alexis, et demanda qu'il lui fût délivré une facture sous ce nom. Il exigea que les canons de fusil fussent cotés à 7 fr. 5o cent, la pièce, quoique le prix convenu ne fut que de 6 fr. La facture fut dressée par le neveu de Bury. Le prix fut énoncé dans les termes indiqués par l'acheteur, qui cependant ne compta au marchand que 145 fr. en pièces de cent sous, c'est-à-dire le prix convenu en y comprenant les arrhes. L'inconnu reçut par-dessus le marché un pistolet de la fabrique de Liège , dont le canon était en cuivre ; il l'estimait 8 fr. La dame Bury fit observer à Alexis que les lumières de trois ou quatre canons n'étaient pas percées: il répondit que cela nj faisait rien, et que les personnes à qui ces canons étaient destinés sauraient bien les percer. La dame Bury plaça elle-même les canons de fusil dans la malle. Alexis pria Boudet, le neveu de Bury, d'aller chercher un fiacre. Bury arriva sur ces entrefaites. 11 vit les canons de fusil dans la malle. La malle paraissait neuve; elle avait

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des « traverses de bois en long sur de ia peau noire. »

Bondet amena une voiture de place, qu'il avait trouvée en tête de celles qui stationnaient sur la place du Louvre. C'était le fiacre n° 121, conduit par le cocher Pierron. Selon le cocher, dès que la voiture fut arrivée à la porte de Bury, deux hommes apportèrent tout de suite une grande malle, qui paraissait peser de soixante et dix à quatre-vingt-dix livres. On la plaça dans la voiture : un seul des deux hommes qui avaient apporté la malle monta dans le fiacre j sa taille était, toujours selon le cocher, de « cinq pieds un pouce environ , il pouvait avoir « trente-cinq ans d'âge j » il était plutôt mince que gros. La rue Boucherat fut indiquée comme le but de la course ; le cocher s'étant enquis du numéro de la maison devant laquelle il devait s'arrêter, l'homme qu'il menait répondit : « Allez toujours, je « vous le dirai. » Dans la rue Boucherat , il fit déposer la malle devant la boutique du marchand de vin située au coin de la rue Chariot et de la rue de Vendôme. Le cocher reçut ii^ sous pour sa course et un verre de vin.

L'armurier Meunier et le cocher Pierron ont reconnu dans Girard , le premier, l'individu qui était venu lui demander des canons de fusil \ le second , l'inconnu qu'il a conduit, avec la malle, au coin des rues Chariot et de Vendôme; Bury, la dame Bury et Boudet ont pareillement reconnu en lui, lors de leur confrontation, l'inconnu qui s'était d'abord présenté de la part de Meunier, et qui ensuite, sous le nom d'Alexis, avait conclu le marché des vingt-cinq canons de fusil et en avait pris livraison. La dame Bury a reconnu la malle saisie chez la fille Lassave.

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