‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 33 sur 71 · NOUVELLES DÉCLARATIONS RELATIVES A PEPIN , MOREY ET BOIREAU · texte numérisé non relu

NOUVELLES DÉCLARATIONS RELATIVES A PEPIN , MOREY ET BOIREAU

Il devenait évident qu'il ne pouvait plus nier ses relations avec Pépin d'une manière absolue; il a été forcé de convenir qu'il avait fait porter chez ce dernier les vétemens et la chaussnre que le docteur Perrève avait commandés pour lui , et que c'était le père Morey qui l'avait introduit chez Pépin pendant que lui, Fieschi, travaillait chez Lesage , [près de la barrière du Trône. Il a ajouté que la boutique de l'épicier se trouvant sur son chemin , il y entrait quelquefois pour prendre un petit verre d'eau-devie : mais Pépin n'était pas plus son homme de confiance que les autres , et voici la raison qu'il en donnait : « J'avais adopté un système téméraire , qui » était de n'avoir que des connaissances et pas d'amis; » je ne me confiais à personne 5 si j'avais été aussi » sage que discret, vous ne m'interrogeriez pas. »

En ce c[ui concerne Morey, il persistait à nier qu'il lui eût confié son projet. <c Si cela était, je vous le di- » rais, M ajouta-t-il, « Morey d'ailleurs s'enfonce as- » sez lui-même, à ce qu'il paraît. Je lui ai dit que je •» voulais faire monter les canons. \oilà tout. » Cependant, il ne pouvait contester qu'il eût donné .un rendez-vous à Morey pour le 28 juillet, à une heure, mais il chicanait sur le lieu. 11 prétendait ([ue c'était à la barrière qu'ils devaient se rejoindre, et non dans la rue Basse-du-Temple, où Morey avait été, eu effet, aperçu à l'heure indiquée. Il prélendaitque c'aurait été in\ vilain rendez-vous/ qu'il avait les

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jambes plus dégourdies que Morey, et qu'il n'avait pas besoin de lui pour se sauver.

Il a déclaré avoir acheté au marché du Temple , dans une boutique qu'il a indiquée , la malle qui a servi au transport des canons de fusil ^ il Ta payée 12 ou i3 francs 5 elle lui fut livrée en donnant 20 sous d'arrhes. C'est Morey qui lui en avait remis le prix. Il la fit porter chez Bury par un commissionnaire, qui reçut i5 sous pour sa commission. Il a également déclaré que, lorsqu'elle avait été remise à Nolland, elle contenait trois volumes de la Police dévoilée , par MM. Delaveau et Froment, et un volume intitulé de la Feinme^ par Virey, le tout bien relié ; et enfin un petit carnet, couvert en carton, qui contenait une ou deux adresses, celle d'Annette Bocquin et d'une marchande chez laquelle Fieschi espérait la placer 5 diverses notes de dépenses, peut-être celle des canons de fusil et du bois qui avait servi à la confection de la machine j à coup sûr, celle du loyer de l'appartement , et peut-être encore la note de l'argent payé au tailleur Fournier par le docteur Perrève.

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