‹ Procès de Fieschi et de ses complices, devant la Cour des pairsChapitre 67 sur 71 · LETTRE DE M. CARREL · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. CARREL

Vous dites , page 282 de votre rapport sur J'atlenlat du 28 juillet, que les factions ennemies, sans être de connwence avec les auteurs du crime , se tenaient en mesure d'en recueillir V héritage et d'en exploiter les conséquences.

Vous trouvez la preuve de cette disposition des factions dans les prophéties claires qui ont été faites de l'attentat du 28 juillet , par les feuilles ennemies dn gouvernement, entre autres par le National.

Vous citez la prétendue prophétie du National , et vous persistez à voir dans un passage reproduit page 284 de votre rapport, la preuve de ce que vous avancez , « malgré , ditesvous , les explications qui ont pu être données par le rédacteur en chef duiVa^/c/ifl/, dans les interrogatoires qu'il a subis,

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et bien que M. le président de la commission d'instruction ait pensé qu'il n'y avait pas lieu de mettre en accusation le National. »

Je dois vous apprendre , Monsieur , que dans les prétendus ÏMterrogatoires que j'ai eu à subir , on s'est toujours empressé de me déclarer que je n'avais été arrêté que par mesure de sûreté; que je ne comparaissais que pour la forme , et que le passage du National qui vous paraît constituer une si claire prophétie de l'événement du 28, prouvaitau contraire,* de la manière la plus évidente, pour tous les gens de bonne foi, la parfaite, la profonde ignorance où était le National des affreux projets accomplis le lendemain.

Vous avez converti laborieusement en une accusation positive contre le National, et contre moi personnellement, le prétexte dont on s'est servi pour m'arrêter le 28 juillet, prétexte ridicule, dont on rougissait, dès le lendemain, en ma présence} car on m'a déclaré, dans mon premier interrogatoire, que je n'étais plus retenu pour la prétendue prophétie claire du 28 juillet, mais en raison des papiers saisis chez moi, et qui devaient être examinés. Ces papiers m'ont été rendus au bout de dix jours, avec de grandes excuses, comme toutà-fait indifférens.

Mes explications sur l'article du National du 27 juillet n'ont jamais eu l'importance que vous avez cru devoir leur donner. Je me les rappelle assez cependant pour ne pas les reconnaître dans le résumé que vous en présentez en quelques lignes. Ma pensée et mes paroles sont ridiculeraent dénaturées et tronquées dans cette analyse prétendue.

Ailleurs, vous cherchez à fortifier votre opinion person" nelle sur la clarté des prophéties du National du 27 juillet, en établissant l'intérêt que le journal que je dirige aurait pris à quelques-uns des prévenus, et les relations qui pouvaient exister entre ces prévenus et moi. Mes réponses à vos assertions seront catégoriques et aussi courtes qu'il sera possible. Vous dites, page 226, que le sieur Pépin connaissait M. A.

Carrel pour l'avoir vu une ou deux fofs, et qu'il l'a déclaré. Comme une déclaration de ce genre ne pourrait en rien servir la défense de M. Pépin, je ne dois pas craindre, en la démentant, de nuire aux intérêts d'un accusé. Je ne connais pas M. Pépin. Il est impossible qu'il ait dit me connaître ou m'avoir jamais parlé. S'il s'est présenté quelquefois, comme le dit l'acte d'accusation, à Sainte-Pélagie ou dans lesbureaux du National, ce que je ne sais pas, il a pu m'apercevoir, mais nous ne nous sommes jamais uus, c'est-à-dire que nous n'avons jamais eu d'entretien ensemble; je ne connais pas même son visage. Je rougirais de renier un homme plaeé sous lepoids d'une graVe accusation, par cela seulement qu'il est accusé. M. Pépin, même après une lecture attentive de l'acte d'accusation, n'est pour moi qu'un prévenu. J'aurais certainement pu le connaître , et son affaire de juin en eût été l'occasion bien naturelle, puisque j'étais poursuivi à la même époque; mais les inductions que vous tirez d'une circonstance très'peu digne d'être remarquée, m'obligent à déclarer que cette circonstance n'existe pas, et que l'assertion du rapport est fausse.

L'intérêt que le National aurait pu prendre aux prévenus de complicité dans l'attentat du 28 juillet, aurait été certainement bien légitime, quand le iVa/zo/za^ savait, par l'exemple de son rédacteur en chef et par le mandat lancé contre mon ami et collaborateur Thibaudeau, alors absent et en Angleterre depuis plus d'un mois, avec quelle légèreté, quelle étourderie et dans quel esprit de petite vengeance les premières poursuites avaient été ordonnées. Cependant, il n'est pa-s un des faits par lesquels vous prétendez établir l'intérêt que le National aurait pu prendre à la disparition du sieur Pépin, qui ne soit de la plus entière fausseté.

Le rapport dit, page 225, que le sieur Collet s'est présenté à mon domicile et au National, chargé de me consulter sur la conduite qu'avait à tenir le sieur Pépin, alors en état d'évasion; mais que j'étais absent de Paris. Je ne me suis pas

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absenté de Paris vingt-quatre heures pendant les mois d'août et de septembre. Je n'ai jamais eu connaissance delà mission dont il s'agit. Elle a pu être dans les intentions de M. Pépin, et j'aurais à le remercier de cette marque de confiance. Il pouvait savoir que je n'avais pas fui le mandat lancé contre moi, et je n'aurais pu que lui conseiller de se remettre entre les mains de la cour des pairs. Mais je ne me suis pas trouvé dans le cas de donner ce conseil, parce que je nai pas été consulté; je n'avais même pas entendu parler de cette démarche jusqu'à ce jour. Si, comme le dit le rapport, le messager de M. Pépin a rencontré, dans les bureaux du National, deux personnes qui se sont chargées de lui répondre en mon absence, ni l'une ni l'autre de ces personnes n'avait qualité pour me représenter ni pour engager le National'^ l'une de ces personnes serait, d'après le rapport, M. Estibal, dont je ne connaissais pas même le nom.

Je n'ai rien à dire sur le voyage qui aurait été fait à Lagny, par une autre personne attachée à la rédaction du National^ et à laquelle M. Pépin aurait eu affaire plusieurs fois, dit le rapport, en venant verser au National des souscriptions pour les prévenus d'avril. Les personnes qui n'appartiennent point à la rédaction du National par une collaboration fixe et journalière n'ont point à m'informer de leurà absences. Je n'ai jamais su et j'ignore encore aujourd'hui s'il a été fait un voyage à Lagny, dans l'intérêt de M. Pépin, Quant aux souscriptions qui auraient pu être remises au bureau du journal par cet accusé, le fait est facile à vérifier. Le National a toujours rendu un compte public, exact et minutieux des souscriptions qui lui étaient remises pour le compte des prévenus et des condamnés politiques. Le nom de M. Pépia doit figurer à côté des versemens qu'il a pu être chargé de faire. Je ne vois pas quelles inductions on pourrait tirer contre le National d'une circonstance si connue et si peu niable. Je lis aussi, page 2:i8 du rapport, que, lorsque le sieurPepin fut repris, après son évasion, on trouva sur lui une no-

tice (les visites domiciliaires infructueusement faites par la fjolice pour la recherche des complices de Fieschi, extraite DU NATIONAL DU i6 AOUT, et contenant les noms des personnes au domicile desquelles ces visites auraient eu lieu, selon LE kationAl.

Celte assertion ne parlait sans doute pas assez d'elle-même, et le rapport se livre aux conjectures que je reproduis ici textuellement :

« Il n'était pas impossible que cet article eût pour but d'in- « diquer ces habitations , comme autant d'étapes où ils pou- « vaient espérer de trouver asile et bon accueil , à ceux qui i<-fuj-aient les recherches de la police ou qui s'étaient sous- « traits aux mandats de justice. La réponse de Pépin autorise a cette conjecture. Il a dit qu'en effet, dans les villes où ces a recherches devaient avoir eu lieu, il se serait adressé aux a personnes dont le National avait donné les noms , s'il n'en « avait pas connu d'autres. »

Est-ce bien vous, JM. le pair, qui avez vu dans le National du i6 août l'article sur lequel de si habiles conjectures ont été établies? Je serais bien étonné que vous l'eussiez lu , car il serait impardonnable à vous de porter une accusation si grave contre le National , ayant sous les yeux la preuve que cette accusation n'est nullement fondée. Yous avez dû vous en rapporter à quelque compilateur subalterne, chargé de réunir les élémens de ce rapport, qui devait paraître sous l'imposante garantie de votre nom. J'espère que vous vous ferez présenter le A~«f/o«(3/ du i6 août i835. Vous y lirez un article emprunté au Journal de Rouen, et où l'on rapporte qu'un perquisition a été faile, à Dieppe, chez plusieurs personnes soupçonnés de cacher des évadés d'avril. Le nom de ces personnes est mentionné dans l'article 5 elles sont au nombre de sept, habitant toutes Dieppe et ses environs. Il parait difficile d'établir sur ce renseignement un itinérair^e et une suite d'étapes. L'auteur de cette partie du rapport a pu n'y pas regarder de si près j mais comment ose-t-on avancer

que de si ridicules conjectures ont été confirmées par les déclarations de Pépin, et que cet accusé comptait frapper, sur la route de Paris à Dieppe, à toutes les portes qui lui étaient indiquées par le National comme de bons et surs gîtes? Ces prétendues étapes sont toutes réunies dans la même ville.

Dernière imputation contre le National^ page 229 : a On « aurait trouvé sur Pépin des extraits de ce journal qui ance noncaient le passage ou l'arrivée de Pépin en pays étranger , a et qui étaient destinés à donner le change à la police. »

Je parcours toute la série des numéros du National, du 3o août au 25 septembre, c'est-à-dire depuis l'évasion du sieur Pépin jusqu'à sa seconde arrestation.

Le \" septembre, le National publie, comme tous les journaux, une lettre du sieur Pépin, annonçant qu'il est disposé à se présenter à laucour des pairs pour le jugement , et qu'il n'a voulu échapper qu'à la détention préventive.

Le 6 septembre, le National, comme tous les journaux de l'opposition, repousse l'assertion fausse de quelques feuilles ministérielles, qui présentent le sieur Pépin comme ayant été condamné en juin par le jury, tandis qu'il avait été acquitté par le conseil de guerre.

Le 12 septembre, le vA^a/Zona/ rapporte, d'après une feuille belge, citée par tous les journaux de Paris, que le sieur Pépin s'est embarqué à Dunkeique, le 6, à bord d'un bâtiment hollandais, le P rince- cC Orange , faisant route pour Rotterdam. L'évasion du sieur Pépin , en présence d'un juge d'instruction, d'un commissaire de police et de plusieurs agens, était un fait plus dijSicile à admettre que son arrivée à Dunkerque et que son embarquement sur un vaisseau hollandais. Le seul rédacteur qui, en raison de ses fonctions habituelles, ait pu reproduire ce fait très-croyable, était assurément dans la bonne foi ; il ignorait aussi bien que moi la démarche du sieur Collet 5 il n'a pu vouloir donner le change à la police, ainsi que le prétend le rapport.

Comment tant d'imputations ont-elles pu paraître fondées

à la commission au nom de laquelle parle M. le pair rapporteur, sans qu'on ait cru nécessaire de faire comparaître de nouveau le rédacteur en chef du National, et d'entendre ses explications? Je dis, moi, que si le National est l'organe d'une opinion qui se tenait, suivant les expressions du rapport, en mesure de recueillir l'héritage du crime et d'en exploiter les conséquences 5 je dis que si le National eut eu l'incroyable effroni'rie de menacer la royauté, le 27 juillet, du guet-apens qui l'attendait pour le 285 je dis que si, sprès les effroyables désastres de cette journée, on eût pu constater les relations du National avec les principaux prévenus de la conjuration, et obtenir la preuve de sa connivence dans des manœuvres destinées à empêcher la découverte de la vérité; je dis que si l'on eût cru réellement aux émissaires mis en route par le National, aux itinéraires, aux directions, aux routes d'étape, aux fausses nouvelles publiées par le National , pour dérober la trace de ceux qu'il aurait fait évader, je dis que, tout cela étant admis par la commission d'instruction comme la vérité même, il y avait lieu, non pas seulement d'interroger le rédacteur en chef du National, mais de le mettre en jugement à côté des hommes qu'il aurait eu un si grand intérêt à faire disparaître. Ainsi donc, ce n'est pas du trop de sévérité que je me plains, c'est du trop d'indulgence. Si la commission pense et admet tout ce que son rapporteur insinue, ce n'est pas dans un article de journal, c'est à la barre de la cour des pairs que je dois me défendre. Pourquoi n'y suis-je point appelé, si tout ce que le rapport affirme sur le National et sur moi est suffisamment établi? Si, au contraire, l'on n'a pas même pris la peine de vérifier ce que tant d'imputations réunies pouvaient avoir de fondé, comment ces imputations tiennent-elles tant de place dans un document qui semblait ne devoir présenter que le résultat d'investi^^alions approfondies, graves et discrètes? Diffamer ceux qu'on ne pourroit incriminer, seraitce un privilège de la haute juridiction qui a délégué M. le comte Portalis?

La cour des pairs a le droit d'ordonner des détentions pré. venlives de 20 mois ; elle dispose arbitrairement de la fortune, de la liberté, de la vie des citoyens; elle crée, lorsqu'il lui plaît, des rapports entre des choses qui n'en ont point, et disjoint, pour la facilité de sa procédure, les causes qu'elle avait réunies pour établir sa compétence 5 jamais tribunal politique plus puissant, plus riche de facultés, d'attribution et d'expédiens, n'a existé dans aucun pays civilisé 5 la cour des pairs est au-dessus de toutes les garanties : nos domiciles, nos secrets de famille, tous les asiles de notre pensée lui sont ouverts. La France a voulu ou accepté tout cela; mais il n'est pas encore admis que la considération, la réputation, l'honneur des citoyens lui appartiennent , et qu'il suffise d'être rapporteur d'une commission d'instruction de la cour des pairs pour pouvoir calomnier impunément des citoyens qui n'auraient aucun recours devant la justice ordinaire, et qu'on n'oserait amener devant le tribunal extraordinaire.

J'ai honte d'avoir mis la main à la plume pour repousser des imputations qu'on m'engageait à mépriser. Mais, en dénaturant les explications que j'ai pu donner lors de mon arrestation, en me prêtant, depuis, des démarches et une conduite si contraires à ces explications, on a voulu que je parusse lâche aux yeux des uns et coupable aux yeux des autres, et qu'en même temps la commission d'instruction de la cour des pairs semblât fort généreuse en m'épargnant et laissant vivre le National. J'avais moins besoin, peut-être, de prévenir de telles impressions que de flétrir publiquement ces haines sans générosité qui abusent de hautes positions politiques, pour se permettre la diffamation contre des hommes sans pouvoir, et dont l'honneur invoquerait inutilement la protection des lois. Réduit à demander justice à la publicité, il m'a suffi, monsieur, d'opposer les faits aux fausses allégations qui me concernent dans votre rapport à la cour des pairs.

J'ai l'honneur, etc.

Paris, 19 décembre i835. a. carkel.

Pour ne rien omettre de ce qui tient au principal personnage de ce procès , et réunir sous les yeux du public tous les traits qui peuvent servir h caractériser le bizarre esprit de cet homme, nous plaçons ici deux lettres de Fieschi dont l'orthographe a été fidèlement conservée.

M. Parquin , n'ayant cru devoir accepter que conditionnellcment la défense de Fieschi , adressa la lettre suivante h M. le président de la cour des Pairs.

"Paris, ce 3o novembre i835.

« Monsieur le président ,

«Vous m'avez fait l'honneur de me désigner d'office comme l'un des défenseurs de l'accusé Fieschi à la cour des pairs.

« La loi, d'accord avec l'humanité, ne veut pas que même les plus grands coupables soient abandonnés devant leurs juges.... J'accomplirai un pénible devoir 5 j'assisterai Fieschi dans rinstruclion et aux débats j mais, le jour de l'audience arrivé, je ne puis pas promettre que ma voix trouvera quelques paroles pour sa défense.

J.-B.-Parquin.

— IVP Parquin avait eu soin aussi d'envoyer à Fieschi cetle lettre, afin que l'accusé fut parfaitement à même de choisir un autre défenseur, s'il le jugeait à propos. Fieschi lui adressa la réponse suivante :

LETTRE A M. ParQUIN.

fi M. Parquin, avocat près la cour royale à Paris. « Monsieur, j'ai reçue la copie de la lettre que vous avais envoyé a M. le président de la chambre de peire.

« Monsieur, vous avais axepté ma cause , c'est qu'il est tre

grave et je vous 'assure que si j'ai fait le cliouais pour vous nomer mon défanseur, ce n'est pas dans l'espoire de me fairre abcoude. Non, monsieur, je sais que sus couppable et si le grand Cicerons ou le grand Omere vint défendre ma cause , il lui serait impossible de me faire acquitte , puisque moimême j'ai avouer mon cruele attanta , et je n'espère à rien mais je suis satisfait davoi fait conaittre a mes juge que jeaie dict la verrité san provocation de persone , sans mavoir fait aucune promesse, et aussis je déclare a face du monde entié pur que je pusse servir d'ezemple. Mais aussis les personne quil mon interogé doit me rendre justice que je desclare de navoir demandé riens à persone, non, monsie pour sover ma teste, non !

a Je nai pas crain de fair le maie et aujourdehui il me rest de méprisé le dangé, l'esecution que porterai ma tette sus le gleve avecque le courage, en regretant les victimme faites par ma propr main. Je me sens hereux que vous avais assecte ma défence, il est empossible de la blanchir et si vous chercherez a la blanchir sur un parayc preteste ; Ion diret alors que monsieur Parquin n'est plus Ihomme que la France croyé.

« Au rest il me faut en défenseur. Je ai fait en vous mon chouix et loin que la lettre que vous avait écrit a monsieur le président de la cour de perre me face regrelé de vous avoir chouasi, comme elle nezprime que des sentiment quil sont le mient et que elle vous honore a mes yeux, je vous prie de vouluir bien continuer a m'assister de vos conseyles et vous me ferait memme plaisir de rendre ma lettre aussi publique que a éttail la TÔtlre.

«Je vos salu de to mon cœur. fieschi.

«Fai a la Corsiergeri le 2 décembre i835. »

IFTTRE A M. SAJOU.

« Monsieur Sajout, huissier pré la Cour des Pcires.

«Monsieur, pardonné moi et soyé indulgent au fautte sans nombre que vous trouverez dans cette lettre , soit pour la forme de mon Tangage comme les faulte d'ortografe, car sj j'ose prendre la plume écrire en français, je vous dirais que sui citait mon professeur moi-même j mais j'espère trouver chex vous de la pitié pour mon ignorance ; mais aussis vous jugerez d'apré la présente le tableaux de mon caractère.

ce Au reste il doit pas vous ettre inconnue d'appré avoir resté 9 année dans mon paii, vous ettes en même juger le Corse, et j'espère achever mon ouvrage à mon jugement.

u Monsieur Sajout , vous fict bien de quitter la carrière militaire pour vous o'ccuper a suivre une si belle sour tou^ et employé à la digne chambre de premier corps législatif du Rro'yomé.

K Heureux cefoui qui comme vous arrive à cette âge et qu'il blanchi se cheveux san réjaroche. Alors l'homme désire de vivre loug-temp parce que il peut servire de menteaur pour les a'utre ; mais cet homme pourrégele trouver? Sa serais de faire comme Diogène qu'il cherché en plain midi avec un lanterne l'homme sage, mais l'a t il trouvée ? Pour moi mon parti est pri, qu'il est de boire le calice jusque à la lie.

«Ouii celui qu'il à comi un si orrible a'ttenta sans réfléchir à ce qu'il devait ettre si o'dieux à la société, doit si conformer à quel paine quelconque qu'il le soit affligé.

ccE bien pour mon compte je me dict que le lâche seule crain la mort, au point qu'il réduite que la terre nen souvre sour se pas.

«Mais moi je l'attends comme un festin que je devrais en faire parti , je regarde la mort comme un loi générale, et je nais jamais regardé la vie comme un plaisir, car le Brave préfère l'honour à la vie, et il préfère cette mort que de souryiyre à la honte et à l'exclayage.

392 PROCÈS DÉ FIÊSCIII

« Oui la mort rant un service à la nature lorceque elle en- .lève l'homme qu'il souffre comme moi, que quan même je survivrais j'aurais toujours le tableaux en présence de mon orible attantat.

«Enoreque je fuse libre mon cœur serait cajjlife, et alors je serais plus hereuxl'orceque j'aurais payé le tribut de la nature.

«Malgré que je fasse une fin si m'alhereuse, mes juge me diron : La loi vous comdane à la mort et alors il faut se conformé et je me suis résolu de l'attendre à piet ferme.

« 3Iais si je survivait e'ncore toutte lé foi que je me trouverais en présence d'un homme je craindrais qu'il dise luimême : Yoila l'homme délateur, lâche d'avoir vendue se complice. Oui je suis son délateur, mais 'moi je dict que le diable se rens a'rmite et appré que un parègle circonstance que un homme envoyé pour insi dire du ciel me fict dérangé la machine.einfcrnal , appré il vient dans mon cachot , je fus alors frappé de voir l'homme qu'il avait etté mon bienfaiteur. Je n'en pus résisté j'en fict le clioiz parmi lé ministre , et que je l'aurais fait parmi lé couroné.

« Vous , Monsieur, que vous connaisses le caractère Corse qu'il ia tout à l'extrême ; le Cors n'oblie jamais ni le bien ni le mal.

« Je rendis alors le service que je pouvait rendre â mon pais dans l'espoire de requler à jamais une révolution procliène. Pour prover mon répantis , et je me décida à faire ma confession politique, je fit le choix de M. L sans provocation de persone , sans que persone mais prorai ma grâce.

u Comme aussi je n'en lais pas mandié à aucoun. Mandier ma vie , non , non , je maudirais plus tôt celle de mé complice parcequil son des lâche , et qu'il craigne de porter lor tette à l'échaffaud mais moi je me die : Cant l'on m'aura couppé la tette je douerais le reste au diable , arrive qu'ij pourra.

«Tous à vous, agrez Monsieur vottre très emble serviteur.

« Fait à la Conciergerie le 18 janvier i 806.

«Le regisside FIESCHI. »

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