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refusa celte consolation; on craignait avec raison que la vue de son fils n’eût d'autre effet que d’augmenter ses regrets et le rattacher à la vie. Il lui fut permis de voir les autres membres de sa famille ; sa femme et ses deux filles les plus âgées vinrent souvent le visiter. Beauregard avait une grande confiance en la miséricorde de Dieu. Quelques jours avant sa mort, M. l’aumônier lui disait: “ Espérez-vous que Dieu vous donnera son Saint Paradis :” Il répondit en souriant : “ Z7 & faut bien qu’il me le donne ; à doit me le donner.” C’était un homme jovial, quoique sa figure parût d’abord dure et repoussante. 11 aimait beaucoup à plaisanter. On peut s’en convaincre en lisant les deux traits suivants. Les Sœurs allaient souvent le visiter. Un jour, quelques-unes d’entre elles ayant passé plus d’une heure à lui faire des exhortations et à réciter des prières, parlérent de se retirer. % Ah! ms Sœurs, comme vous êtes
pressées, leur dit-il ; fumez donc encore un peu !”
Il badinait même sur les faits les plus tristes. Chose atroce et digne de la barbarie de Néron, on mit plus de quinze jours à construire l’échafaud. Le eondamné entendait le bruit des morceaux de bois trainés sur le gravier de la cour de la prison, et chaque coup de maïteau
résonnait jusque dans son étroite cellule. Il paraît que la
veille de l'exécution les ouvriers frappèrent plus fort que les jours précédents. Lorsque, ce jour là, Beauregard vit arriver le Rév. M Villeneuve; Mon pére, luidit-il en riant, ê/s ont cogné aujourd’hui plus fort que de coutume.”
La veille de sa mort, Beuregard recut les derniers se crements avec beaucoup de ferveur. Il y trouva un su: croit de force et de courage pour attendre l’épreuve du lendemain. Comme il le dit lui-même dans son testament, il passa sa dernière nuit sur la terre en compagnie de Monseigneur Bourget évêque de Montréal. Ce fut en présence de ce saint Evêque et du curé de Saint Hyacinthe qu’il fit son testament écrit de la main méme du Rév. M. Resther.
C’est à tort qu’on a prétendu que Beauregard s’était reconnu publiquement coupable du meurtre d’Anselme Charron. Sur l’échafaud, par l'organe du Rév. M. Villeneuve, il a seulement déclaré qu’ offrait sa mort en expiation de ses péchés. De plus, dans son testament, com-
me on le verra, il pardonne à ceux qui lui ont fait du
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mal, et en pariiculier à ceux qui pourraient être la cause de sa mort. Ces faits ne doivent pas être sans inspirer quelque crainte à ceux qui ont coopéré à la condamnation du malheureux Beauregard. Ils prouvent aussi combien généralement est dangereuse l'application de la peine de mort.
Quelques journaux anglais ont insinué que le monstre qui a servi de bourreau était un canadien français. Cet avancé est tout-à-fait sans consistance. Tout, au contraire, porte à croire que c’est le même nègre qui a rempli cet office le 25 de Juin de l’an dernier.
Il ne nous reste plus qu’à reproduire le testament de Beauregard ; ruaïs avant de le faire, nous nous permettrons une dernière réflexion,
Il est bien consolant de voir combien la religion adoucit le sort des malheureux suppliciés. Autrefois, ils étaient, pour ainsi dire, un objet d’horreur aux yeux de tous ; leurs corps n’étaientrpas admis dans les cimetières communs aux catholiques son les 1etait dans un endroit à H part, appelé, à cause de sa destination, le cimetière des Ne pandus L'Eglise a voulu que cet usage fut aboli.
Elle accorde aussi, maintenant, au condamné, de nombrenx secours religieux qu’il ne recevait pas aupa- ” ravantet qui ne contribuent pas peu à lui faire parcourirheureusement le court et dangereux chemin qui le conduit à l’éternité,