‹ Procès de J.-Bte. Beauregard convaincu du meurtre d'Anselme Charron [microforme]Chapitre 2 sur 14 · VENDREDI, 7 OCTOBRE · texte numérisé non relu

VENDREDI, 7 OCTOBRE

JEAN-BAPTISTE BEAUREGARD, incarcéré sous prévention de meurtre, est appelé à la Barre.

M. JOHNSON agit comme Avocat de ‘a Couronne et MM. DRUMMOND, CA TER et CHURCÆ, sont chargés de la défense.

Les Jurés suivants sont assermentés :—Julien Miron, Lambert Desn pr Pierre Grenier, William Andrews, Alexis Joubert, Jean Bte. Dubonville, Edouard Lefebvre, Vital Demers, Nicolas Claide, Barthélémy Groulx, Patrick Bower, Jos, Dépatis.

Cinquante quatre témoins sont appelés de la part de la couronne ; il leur est défendu par la Cour d’entrer dans la chambre d’audience durant le procès. La même injonction est faite aux témoins de la défense, qui sont au nombre de dix.

L'avocat de la couronne s'adressant aux jurés, donne un court aperçu de la cause et le premier témoin est appelé.

PRUDENT PALARDY.—Je demeure à la Présentation- Je connaissais bien le défant Anselme Charron, depuis trente deux ans. J’ai vu son cadavre en mai dernier, dans la rivière Yamaska, et j'étais présent à l'enquête tenue à St. H yacinthe, Le défunt était un cultivateur à son aise ; il possédait un mou

ee

mg

Wn,'et était Agé de quarante et quelques années, Le deux avri. ti dernier, j’ai vu Charron sur le marché de St. Hyacinthe, mais je b ne lui ai pas parlé. Le cadavre du défunt a été trouvé dans la li rivière, en ma présence, près du rivage, le 5 Mai derrier.—Je jure re

que ce corpstrouvé, et sur lequel une enquête a eu lieu, était celui d’Anselme Charron. Ji remarqué qu’il avait une blessure au menton et une autre, entre les deux yeux.

Interrogé par M. Carter : —Lorsque le cadavre a été trouvé, il a avait la figure en bas ; il ne flottait pas ; celui qui la trouvé l’a- . dd vait accroché par le bras. J’ai reconnu le défunt de suite À en! lui voyant'ié derrière” de la'tête, et je n’ai plus eu de doute m sur son ilentité;: Après lui avoir étaminé la figure C’est vers üne cl heure:et demie où deux:heures dé l'après-midi, le 2 avril dernier, que j'ai va Charron’sür le marehé de’St. Hyacinthe: Ÿ q :: PIERRE CADORET,-—âgé de 78 ans, cultivateur de St. d Hyacinthe.-—C’est:moi' qui aï trouvé le. défunt: danis la rivière re Yamaska. J'étais occupé à faire de la clôture, lorsque j'ai aperçu té quelque chose dans un remoux ; j'ai vu que c'était un corps, et je bi lai amené au rivage ; j'ai jeté quelque chose dessus, puis jé suis d allé chercher la police. Je n’ai pas reconnu le cadavre. q

Par M. Carter.—J’ai trouvé le corps du défunt, près du Collége de St. Hyacinthe, à dix-huit arpents du Pont Biron et à 60 pieds.du rivage ; il était courbé et avait la figure en bas. Ce sont MM. Pagé et Fontaine qui l'ont retiré de l'eau :: NARCISSE .HEBERT, —de St. Charles et beau frère du défunt... Ce dernier était un homme robuste et jouissant d’une bonne ‘santé ;”° il'étuit à l’aise.—J’ai vu le corps à l’eau, devant la porte de. M. Cadoret, et à l'enquête du coroner. Je l’ai parfaitement bien reconnu. Après l'avoir retiré de l’eau, ila été conduit au village le St. Hyacinthe, où l’enquête a eu lieu. Sa figure étant lavée, j’ai remarqué qu’il avait une blessure sur le menton et une entre les deux yeux. :

+ Par M. Carter.—Il y avait plusieurs personnes sur le rivage lorsque je suis arrivé ; le cadavre n'était pas retiré de l’eau. En ! voyant la figure de Charron, je l’ai parfaitement reconnu. Il ? n'avait que les deux blessures dont je viens de parler, à la figure. La peau du front était enlevée comme par de l’eau bouillante. 1! avait les doigts un peu crochis. Le défunt était de moyenne taille, et il aurait été de même grandeur une fois noyé, s’il n’avait pas êté plié. |

LOUIS CHARRON, —Agé de 13 ans, neveu du défunt. Je restais avec mon oncle à St. Charles, le 2 Avril dernier. Ce jour là mon oncle est parti pour aller à St. Hyacinthe. C’est la dernière fois que je lai vu.. Il se rendait là par affaires, pour y ® { retirer de l'argent. Je suis resté à la maison, avec mon oncle ! Vital, frère du défunt. Quand mon oncle Anselme est parti, il “a pris deux rouleaux de billets de banque, et les a mis dans ses poches de veste, un rouleau dans chaque poche. Ces rouleaux ‘de papiér étaient gros comme mon poignet.--Mon oncle est par-

ES

De

rs À "à ©

eh © eo

x avri.

| mais je dans la Je jure eu, était ne bles-

rouvé, il ouvé l’aie suite e doute vers üÜne 1 dernier,

de St.a rivière ai aperçu rps, et je is jé suis

4 du Coln et à 60 bas. Ce

1 frère du int d’une 1, devant e l’ai par- , ila été lieu. Sa re sur le

le rivage eau. En onnu. Il à la figure.

ouillante.

» moyenne , s'il n’a-

éfunt. Je rnier. Ce

C'est la 8, pour y non oncle st parti, il ; dans ses rouleaux le est par-

ti en charrette vers neuf heures : il m'a dit en partant d’avoir bien soin de la maison, qu’il reviendrait le soir.—Je ne sais pus lire—Le défunt gardait son argent dans la valise où il a pris les rouleaux de papier. C’est le samedi, 2 avril, qu’il a laissé la maison.

Par M. Carter.—Le défunt est parti vers huit heures pour St. Hyacinthe :—je n'étais pas seul dans la maison ; il y avait aussi un autre ménage, la famille de Vital Charron, composée de trois enfants plus jeunes que moi, du père et de: la mère. Mon oncle était dans sa chambre, quand il a ouvert la valise où il mettait son argent.—Des deux rouleaux qu’il a mis dans ses poches, il en a regardé un.—J’ai examiné ces rouleaux ; mon oncle me les montraît par ce que je connaissais peu les billets de banque. Je connais la différence entre un billet d’une piastre, et un de deux.—Mon oncle avait des billets de toutes façons dans ses rouleaux.—{(On montre au témoin un billet de la banque de la Cité ; il dit que/e’est un billet de la Banqueïde Montréal Un autre billet de la Banque du Haut-Canada lui étant exhibé, il dit que ce doit être un billet des Etats. On lui montre un cinq piastres, qu'il dit être un deux piastres.)

Par M. Johnson.—Je connais peu l’argent.—Je ne pourrais pas bien voir la différence entre les billets de Montréal et des Etats-Unis.

VITAL CHARRON,—est frère du défunt et restait avec lu à St. Charles. J'étais là le 2 avril au matin. Ce jour là, moni frère est parti pour St. Hyacinthe entre huit et neuf heures, en voiture. J1 m'avait dit qu’il avait quelques affaires, et qu'il devait retirer de l'argent. Mon frère vendait des moulins ;. je ne sais s’il en a vendus à St. Hyacinthe.— A son départ, je n'étais pas à la maison, étant parti plus à bonne heure pour aller travailler.—L’argent du défunt était dans sa valise, qui était à clef. Cette valise avait un pied et demi de long et était couverte en cuir.—]1 n’y avait que mon frére qui la visitait. Le corps du défunt n’a été trouvé que la 5ème semaine après le 2 Avril.—J’ai vu le corps chez M. Etienne Lussier je l’ai bien reconnu.—Depuis la mort de mon frère, nous avons transporté la valise chez le notaire Leblanc, le premier dimanche d'Avril, avant l’enquête. sr a été ouverte, j'étais présent ; il y avait dedans 888 ou #89.

LUDGER PAGÉ.— Je suis chef de police à St. Hyacinthe. Le 2 avril, je passais devant l’auberge de Laflamme, aveé 4 hommes de police, parmi lesquels se trouvaient Fontaine et Guernon. Il y avait chez Laflimme, MM. Auguste Leclaire, Nazaire Civalier, M. Guitté, J. B. Paillon, Octave Maurice et Félix Robitaille. J’entendis du bruit dans la maison; je vis que c'était une chicane qui s’y était élevée ; j’entrai et je vis, si je me rappelle bien, le défunt Charron avec le prisonnier, assis au pied de l’escalier; un peu plus loin se trouvait M. Guitté avec Madame Laflamme, Etant sorti de la maison, je rencontrai Fontaine et

Guernon qmelqnes : instants après, Fontaine me tit Paré,

temreourd et Charron sen vont, et Charron est bien en rain. db rentrai chez Laflumune à deux ou trois reprises. Lori dix heures, j’ai revu Benuregurd ; il revenait dans la rue Cascade, et dans la direction du pont Biron. Il a rencontré les hommes de police Fontaine #t Guernon et est arrivé à moi en se frottant les mains. Eusuite il est entré chez laflimme où je lui ai vu prendre un c:#», puis je ne-l’ai plus revu ee soir-là, Le 5 Mui dernier, je faisuis des recherches dans la dame du moulin, pour trouver le corps de Charron, lorsqu'on est-venu me dire de ne plus chercher, que le corps était retrouvé. Je me rendis sur les lieux, et je retirai le widaivre de l’ean—J'avais bien connu Charron et quand je le soriis.-de l'eau, je n'eus pis de peine à le reconnaître. Le défunt n'avait pis de ehapeau ; il avait un surtout gris, un pantalon gris et un autre noir, une veste noire, une cravate remplie de sang, deux chemises, et des bottes. J'ai gardé soigneusement quelques uns de ces objets. Je produis iei un mouchoir, une montre en argent et une clef en or; Fheure marquée par la montre n’a pas été changée. La montre marque 11 heures moins 18 minutes. Je produis aussi des argents que j’ai trouvés sur le défunt, savoir: $12 en billets de Banque, $11 en trente sous, une piastre en quinze sous, une cent et onze sous, formant 824 et 12 sous. Je produis un chapeau que j'ai pris chez M. Désilets.— Le lendemain du jour où le cor s a été retrouvé, une enquête a eu lieu. Charron avait 41 ou 42 ans.—Il y a un rapide près du pont ; ce rapide est formé par des cuilloux, mais ces cailloux ne sont pas bien haut, En bas du pont, il y a des dames faites pour retenir Peau.

M. Dawsow, horlnger, examine la montre et remarque que, lorsqu'elle arrêtée, à 11 heures moins 13 minutes, lu chaîne n'était pas r..iue au bout.

FÉLIX FO .TAINE.—Je demeure à St. Hyacinthe depuis 8 ans; j'y suis homme de police. Charron venait à St. Hyacinthe tous les samedis: on le disait riche. J'ai vu le défunt pour la dernière fois, le 2 avril. Je pense lavoir vu deux fois dans la journée. La première fois, il sortait de chez Ducharme; il chambran'ait ; il était bien en train. La seconde fois, je l'ai vu sortir de chez l'aflimme ; c'était vers 104h. ou 11 heures. Il était encore.bien ivre: le prisonnier lFaccompagnait et paraissait à jeûn. Quand ils sont passés tous les deux près de moi, j'ai demandé au prisonnier : “ Beauregard, où vas-tu avec Charron ?” Jlne m'a pas répondu ; il tenait Charron par le bras et il se dirigeait du côté du pont Biron. Une minute après, je dis à Pagé :—Je viens de voir passer Beauregard et Charron; Charron est bien en train ; la tête lui traînait jusqu'à terre.”—Beauregard marchait bien droit et il allait vite. Pagé m'a dit: “ C’est bon, Beauregard l’amène chez lui.”’--15 ou 20 minutes après, je vis le prisonnier venir vers nous tout essoufflé et en se frottant les mains. J1 venait du pont Biron, même direction que celle dans laquelle il était allé,

| Jl rev

pauvr inquice qui ve un ba pass le rait eu demet pont.

lui, m Depui sonnie eu de ice, m1 des bo me dis Pa:

aux er as vu Ja dire pouva pont, |

Charr.

arpent ayant souve PI cinthe Charr témoir nous € du côt vu un Je l'ai m'a pi trouvé frottar demie prend æôté Q J'ai ét être e Fonta de no “elles faut le

4 Pa

amm

4 Paré, JOLI ee lers dix cade, et nmes de ttant les vu prendernier, ouver le hercher, je retirai ind je le e. défunt lon gris de sang, nt quel- » montre ntre n’a 8 minu- > défunt, e piastre 12 sous.

e lendeeu lieu.

pont ; ce sont pas * retenir

que que, x chaîne

depuis 8 yacinthe

pour la ; dans la il chamvu sortir était ent à jeûn.

lemandé Ine m'a geait du -Je viens on {TAin ; ait bien gard l’annier ve- Jl venait tait allé,

ÎTI revenait -senl. Alora je Mi demandni :=4 Qu'as-tu fait de ce

pauvre Charron?/—IT me répondit: 1{l est bien: ne sois pas inquiet, Fontaine : il est assez bien, qu'il s’en va comme un chapeau qui va sur Jl'ean.”—J’ai pensé que le prisonnier voulait faire un badinage. Tout en parlant ainsi, nous avions fait quelques pas- le prisonnier et moi. Je ne pense pas que le prisonnier auait eu le temps d'aller chez luiet de revenir en 15 minutes, car il demeure de l’autre côté de la rivière à un arpent, au moins, du pont. Le défunt ne devait pas passer le pont pour se rendre chez lui, mais c'était la route du prisonnier pour se rendre chez lui.— Depuis cette époque, je n’ni pas eu de conversation avec le prisonnier. Mais avant ces faits, le prisonnier m'a dit,— Si j'avais eu de l'argent, je n'aurais pas-demandé une licence de tempérance, mais je n'avais pas assez d'argent pour avoir une licence pour des boissons fortes.” C'était le vendredi, la veille du 2 avril, qu’il me disait cela.

Par M. Carter.—J’ai rôdé avec les autres hommes de police, aux environs de chez Laflamme, pendant 3 ou 4 heures. Je n’ai as vu d'autre personne que le prisonnier et le défunt, allant dans la direction du pont. Ce soir là, il faisait un peu noir, mais on pouvait reconnaître les gens à 60 pieds. De chez Laflamme au pont, il peut y avoir cinq ou six arpents. Quand le prisonnier et

‘Charron sont passés près de nous, nous les avons suivis un demi-

arpent ; nous n’avons pas été plus loin, le chef de police nous ayant dit de ne pas nous éloigner de chez Liaflamme. Il arrive #ouvent au prisonnier de se frotter les mains, en parlant. PIERRE GUERNON.-—Je suis homme de police à St. Hyacinthe. Je connais très bien le prisonnier et je connaissais bien Charron. J'ai passé la soirée du 2 avril avec Félix Fontaine. (Le témoin corrobore le témoignage précédent jusqu'ici.) Après que nous eûmes perdu de vue Beauregard et Charron qui s’en allaient du côté du pont, nous sommes allés chez Laflamme ; nous y avons vu un nommé Morin qui était ivre et qui demandait Beauregard. Je l’ai conduit à la station de police, sur l’ordre de M. Pagé ; cela m'a pris environ un quart d'heure ; revenu à mon poste, j'ai retrouvé Fontaine. Aussitôt le prisonnier est arrivé à nous en se frottant les mains ; il nous a dit :— Est-il tard ?”’—< Dix heures et demie, onze heures ” lui fut-il répondu. “Il est temps d'aller prendre un coup” répliqua le prisonnier. Il était revenu du Ææôté du pont, seul. J1 n'avait pas eu le temps d'aller chez lui, et J'ai été surpris de le voir arriver si vite. Fontaine lui a demandé où il avait mis Charron, et il répondit qu’il était bien, de ne pas ‘être enpeine. Puis il s’est dirigé du côté de chez Laflamme avec Fontaine. Il avait l’air pressé et semblait vouloir se débarrasser de nous. Le samedi suivant, M. Lussier m’a demandé des nouelles de Charron; je lui ai répondu : “ S'il n’est pas chez lui, il faut le chercher dans la rivière.” # Par M. Carter.—Quand le prisonnier est sorti de chez Laflamme, je l'ai vu sortir; j'étais à environ 80 pieds de chez La.

flamme. D'autres personnes peuvent être sorties de chez La. pont ? flamme. J'ai suivi le prisonnier et Charron à quelque distance, ajouta La nuit était assez sombre, mais elle était parfois éclairée par des #épond signaux ou tirants. Je pouvais reconnaitre une personne à 80 ward.— pieds. Nous avons demeuré près de chez Laflamme jusque vers &'était minuit, C’est peut être de moi seulement que le prisonnier vou- sonnie lait se débarrasser. Il y avait encore du monde chez Laflamme {Wu mo quand le prisonnier y est retourné. qu’il le NAZAIRE CIVALIER-—de St. Hyacinthe. Je suis allé, le : Le v

2 avril au soir chez Laflamme. J'ai connu Charron, et je lai vu qui vo à. Ila fait venir une traite, et j'ai pris un verre avec lui ; le pri- précéd gonnier et un autre en ont aussi pris avec nous, entre dix et onze #ÿour o heures. Ensuite le prisonnier et le défunt sont sortis ensemble. Eu ] Je n'ai point revu ce dernier, et je ne me suis pas aperçu qu'il eût #empér de l'argent sur lui. Beauregard est revenu chez Laflamme, un &onnie: quart d’heure après en être sorti avec Charron. Alors il m'a dé- 'aube mandé si les personnes qui avaient entendu du bruit étaient par- fous, 1 ties. Nous avons pris une traite ensemble, le prisonnier et moi, ft que c’est un nommé Poulin qui a payé. Avant ce temps, Beaure- nomme ard tenait une auberge sans licence. Le lundi, le 4 avril, il m'a @vait e it, chez lui, qu'il allait au village afin d'obtenir une licence, pour #4 Par vendre de la boisson forte. Il m'a dit qu’il n’avaitpas eu les gens q! moyen d'en prendre une nlus tôt, ila ajouté qu'il avait trouvé des hé à t amis, qui lui avaient procuré les moyens d’avoir cette licence. flisparu Par M. Carter.—Le soir en question, je suis entré chez La- it, prè: flamme une fois, au commencement de la veillée, et une autre # ED\ fois à dix heures, Il y avait là d’autres personnes. Je connais me tro: Joseph Lusignan, et je sais qu'il est en prison. Je ne me rap- @n que pelle pas l'avoir vu chez Laflamme, cesoir là ; on m’a dit qu’il y é. sieurs tait. Il fesait noir, mais je ne puis dire à quelle distance on pouvait funt ét reconnaître un homme. Au meilleur de ma connaissance, Beau. $# Par regard n’a pas été plus d’un quart d’heure absent. presqu . LEON DUCHARME.-—-Je demeure à St. Hyacinthe et je 4 LOT m'y trouvais le 2 avril.—Je tiens une auberge.—Je connais le gvec m prisonnier depuis 10 à 15 ans : je connaissais aussi le défunt.— re d Le 2 avril, j'ai vu le prisonnier deux fois; une: fois ên compagnie funt CI du défunt. Ils ont pris un coup snsemble ; je erois que c’est &iron. Charron qui a payé.—Le dimanehe matin, je rencontrai de nou: 8on pè veau le prisonnier vers 6 ou 7 heures.—“ As-tu eu connaissance de quelque chose hier soir ? “ Hier soir, lui ai-je répondu, il y & 4 vait quelqu’un chez nous ; vers 11 heures, nous avors entendu à du bruit ; étant sortis, nous avons apergu plusieurs personnes sortant de chez Laflamme. ” Le prisonnier me dit alors : “ Ce n’est 4 pas de cela que je veux parler ; il y a des gens qui disent avoir. entendu crier au meutres dans la direction du pont Biron. ” Je 4 n’ai pas entendu parler de cela, lui ai-je répondu. … Lorsque cette conversation eut lieu entre moiet le prisonnier, 4 un nommé Guertin, qui est mort depuis, se trouvait avec nous Le prisonnier lui demanda ; “ Ce n’est pas toi qui a crié sur le

e chez La.

e distance, irée par des ‘sonne à 80 usque vers onnier vou-

Lafiamme

suis allé, le et je l'ai vu lui; le pri- » dix et onze s ensemble.

qu qu'il eût aflamme, un rs il m'a déétaient parnier et moi, ps, Beaure.

avril, il m’a licence, pour

pont ? ”—Non,répondit Guertin, “ As-tu rencontré quelqu'un, miouta le prisonnier, toujours en s'adressant à Guertin.—Non, répondit encore ce dernier. Guertin était le voisin de Beaure. gard.—Celui-ci dit avoir entendu siffler et demanda à Guertin si c'était Ini qui sifflait. Guertin répondit que non. Alors le priisonnier lui dit :— Comme je débarquais de sur le Pont, du côté du moulin, je crois que c'est toi qui emharquais ” Il voulait dire qu’il laissait le pont en gagnant le village.

1 Le vendredi, ler avril, on avait accordé des certificats à ceux qui voulaient avoir des licences. Duns le cours de la semaine précédente, le prisonnier m'avait dit qu’il n'avait pas d'argent pour obtenir une licence pour vendre des boissons enivrantes, Cette licence coûtait 862 tandisqu’une licence pour boissons de tempérance ne coûtait que $20. Le lundi suivant, je vis le pri- #onnier ; il me dit :—Vous saurez que je vais prendre une licence d'auberge.—Pourquoi ne l'as tu pas prise en même temps que hous, lui ai-je dit ?— C’est qu'alors je n'en avais pas les moyene æt que maintenant, je les ai, me répondit le prisonnier, sans nommer qui lui avait fourni cet argent, ou, quelle somme il fvait eu. ”?

4 Par M. Drummond.—Le prisonnier avait dit qu'il y avait des

pas eu les gens qui lui procureraient de l'argent. Je demeure près du mart trouvé des hé à un arpent et demi de chez Laflamme.— Quand Charron est e licence. fisparu, il n’y avait plus de glace dans la rivière Yamaska, dont le ré chez La- Mit, près du pont Biron, est formé de galais et de roches nigûés, t une autre # EDMOND CHAGNON.—Je demeure à St. Hyacinthe où je Je connais me trouvais, le 2 Avril, engagé chez M. Laflamme. Le soir ne me rAp- f@n question, il y eut chicane entre Paillon et Luc Soly. Plu. dit qu'il y 6: sieurs personnes s’étaient rassemblées; le prisonnier et le dée on pouvait funt étaient du nombre.

sance, Beau. # Par M. Drummond.—Pendant la soirée en question, j'ai resté presque continuellement chez Laflamme.

inthe et je 4 LOUIS FONTAINE.—Le 2 avril, au soir, je me tronvais e connais Île vec mon père (témoin déjà entendu) et trois autres personnes e défunt.— gr de chez Laflamme.—Entre 10 et 11 heures, j'ai vule décompagnie #unt Charron et le prisonnier se dirigeant ensemble vers le pont s que c’est Biron. ( Le témoin corrobore pour cette partie la déposition de trai de nou. son père.)—J’ai vu ensuite le prisonnier en compagnie de Lusi. onnaissance nan, tous deux venant dans la direction du pont Biron. Ils se ondu, il y & #ont laissés près de chez M. Cadoret. Beauregard est alors brs entendu #enu nous rejoindre. Mon père lui a demandé :-—Où as tu mis s personnes Æharron *—Beauregard répondit: “ I! est bien ; il va comme un s: Ce n’est @hapeau sur l’eau.”—Je crois que le prisonnier, depuis le moment disent avoir @u je l'ai vu passer, la première fois, jusqu’au moment où il est Biron. ” Je $enu noue rejoindre, aurait eu le temps d’aller chez lui; il de. eure de l’autre côté du pont Biron à un arpent environ.—A Ja e prisonnier #uite de la conversation qu’eut le prisonnier avec les hommes de t avec nous $olice, il est entré chez Laflamme ou il a payé une traite en dicrié sur le@ant: “ Nous allons boire à la san'é de celui qui va comme un

a à Ja Le ire

chaprou sur l'eru.” Enanite, le prisonnier est sorti: j’étais alors chez Laflamme. Lorsque la traite a été payée, il y avait à peus près dix personnes dans la maison; je ne me rappelle pas Îles noms de ces personnes, mais je sais que c’est M. Laflamme qui a servi la traite.—Dans ce moment là, Beauregard n’était pas ivre: # il était un peu en train—Quand la traite eñt été payée, je m'en suis retourné chez moi : je demeure à 6 arpents de chez La. ÆPrès fiimme—Le lundi, je suis parti pour les Etats-Unis ou j'allais 01 faire les semences; avant mon départ, je n’ai pas entendu par. #18 ler de la disparition de Charron. Bon d Par M. Drummond. —Le soir du 2 avril, je me trouvais dans d Pa la rue avec mon père, Guernon, un nommé "l'étreun. et au meilleur #01 ê de ma mémoire M. Pagé.-—Nous avons tous suivi de près Char. P0rl ( ron et Beauregard quand ils allaient du côté du pont. —J'étais #% lu chez Laflamme à environ dix pieds de la barre, quand Beaure. 4 GA gard a payé la traite dont j'ai déjà parlé. Je suis resté un quart d'heure chez Laflamme après que le prisonnier y fut revenu ; je famaiïs ma pipe. Je n'ai pas bu un seul verre durant la veillée. Quand la traite a été payé, je n'ai vu que Laflamme dans l barre ; le commis Edmond Chagnon était absent. —C'est aprè:é que Beauregard eût payé la traite que je l’ai vu avec Lusi: PE J'étais alurs au coin chez M. Leclerc. Beauregard et} usienan venaient ensemble et ils se sont séparés au coin chez M. H ébert. —Ce soir là, il faisait assez clair pour voir à cent pieds. On pouvait distinguer un homme de chez M. Lecler:

jusqu'au pont ; il peut y avoir trois ou quatre arpents de chez & oui se M. Leclerc au pont, mais la rue est en droite ligne. —Je suis 1 FAAPE St. Hyacinthe depuis 7 ou 8 ans. J'ai demeuré trois mois où! “EN

trois mois et demi dans les Etats-Unis ; environ quinze jours & après mon départ, ji entendu dire que M. Beauregard étai ie ris.

Par S. H. Le juge Aylwin. —Le prisonnier était chez La. Hyaci flamme quand je lai vu pour la dernière fois. —Je n'ai pas vu ke 0CC Lusignan chez Laflamme ce soir 1à. —C’est après que le prison 4” nier eût quitté Lusignan, qu’il a payé la traîite:—J'étais à envi ron cinquante pieds de Beauregard et de Lusignan quand ils st sont laissés. ; :

MADAME VITAL CHARRON.—(Julie Fontaine.y—Je de ier é!

demeure à St. Charles et j'y restais au commencement d’Avri ! 44 dernier. Le défunt Anselme Charron demeurait chez nous.— #705€; J'ai vu le défunt pour la dernière fois, le 2 Avril—1la pass! @t2it dans le côté de la maison où je reste avec ma famille. Outn @ait P: mes trois enfants, il y avait aussi deux de mes neveux: dans |: ntraî maison.—Anselme Charron est parti pour St. Hyacinthe en cha o y rette vers 8 ou 9 heures.. A. M.—Il portait ce jour là une@ "27 bougrine d'étoffe grise, des culottes d’un gris noir, une veste de pe

drap noir, un mouchoir autour du cou, une chemise blanche rayét® P rouge, en- guillaume, Ün : chapeau de laîné noir-et des -grande: Î ” bottes noires. Il était nu mains quand il est parti; il tenait a@

ÈS

à BEAUREGARD. 11 “pipe —(Le chef de police Pagé produit le chapeau que le témoin j'étais alors! roit reconnaître.) —Je ne reconnaîtrais pas-les objets qui ont été y avait à peugetrouvés sur le défunt. Ce dernier avait une valise dont lui pelle pas les peul gardait la clef.—Le cheval et la charcette du défunt ont été flamme qui a gamenés à St. Charles, le 10 avril; c’est mon mari qui est allé tait pas ivre: ES chercher à St. Hyacinthe.—Le défurt,à son départ de St. té payée, je harles, le 2 avril, m'a dit qu’il reviendrait de suite. Deux jours s de chez La- après son départ, on ne pouvait s imaginer ce qu'il pouvait faire. nis ou j'allais Ë Ton mari est parii, le 8 avril, pour aller le chercher—Le corps entendu par. ! HO ue Charron a été retrouvé presque cinq semaines après trouvais dans Par M, Carter.—La porte dela chambre d’Anselme Chart au meilleur #0n était fermée quand il s'est habillé ;—il était seul lorsqu'il est de près Char. 4 orti de sa chambre. Ilest venu chez nous allumer sa pipe et ont. —J’étais @a lui a pris du temps. ve and Beaure. À GABRIEI, RENAUD.—Le 3 avril dernier, je demeurais à resté un quart À t. Barnabé, à trois lieues de St. Hyacinthe.—Le 8 du mème ut revenu : je SN0IS, en chassant les rats musqués, le long de la rivière Yamaska, ant la veillée J'ai trouvé un chapeau noir, de laine; je lai lavé et emporté nme dans l#bez moi; je lui ai mis une petite boucle de ferblanc.— —C'est aprètk On montre le chapaau au témoin qui dit le reconnaïitre).—J'ai 1 avec Lust prouvé le chapeau sur la greve à deux pieds et demi de l'eau ; enuregard el l'avait alors une boucle de ruban.—C'est à deux lieues et demie ‘au coin che HE St. Hyacinthe, que j'ai trouvé le chapeau.—La grève, en cet voir : à cenl ndroit, était un peu plus haute que l’eau. La glace était alors , M. Lecler: artie; il y avait encore, cependant, quelques glaçons sur la rive. nts de chez *, Par M. Drummond.—Il y a des ponts entre l'endroit où le e. —Je suis } Fhapeau a été trouvé et St. Le ne a j'ai trouvé le “oies -maié ot hapeau, la glace était partie depuis quelques jours. quinze jour! ANTOINE JOLY.—Je demeure à St. Baruabé et j'y restais uregard étai de 8 avril dernier.—Je n’ai pas vu trouver le chapeau, mais j'ai Vu venir Gabriel Renaud portant le chapeau. Etant allé à St. ait'chéz" La. Hyacinthe, j'ai entendu parler de la mort de Charron, et, à cetn'ai pas vo fe occasion, j'ai parlé du chapeau trouvé. Aussitôt le frère du que le prison. éfunt est parti pour aller chercher le chapeau.—Je connais le l'étais à envi Prisonnier et je connaissais aussi Anselme Charron, pour l'avoir n quand ils ge Yu plusieurs fois. Le 2 avril, j'ai rencontré le défunt chez M. La. q amme, à St. Hyacinthe ; c'était, je crois, vers midi. Le prisonaine.y—Je de hier était avec Charron et tous deux parlaient ensemble. —Beaument d'Avri fegard me donna la main, et me demanda de prendre quelque chez nous.— hose, ajoutant que son ami Charron paierait la traite, car il Ta pass! tait plein de fonds.—ÆEn disant ces mots, le prisonnier me temille. Outre Pait par la main et tenait le défunt par le bras, essayant de nous sveus déns LR ntraîner dans la barre ; mais je ne voulais pas entrer et le déinthe en cha Œunt ne s'en souciait pas non plus. — Je crois que le corps de e jour à un Æharron a été retronvé le 5 mai. Jai vu le cadavre cornme on une veste di © sortait de l’eau, et j'ai reconnu que c'était le corps d’Anselme

harron.

rm Le : Par M. Drummond.—Je n'ai pas bu avec Beauregard et Char-

i; il tenait si

LU

rer ee

ton et je ne-les ai pas vu boire, mais Beauregard chetchait à ! entraîner Charron. Ça ne m'a pas étonné, car ça se-voit tous les à jours dans les auberges. | VITAL CHARRON.--Je suis le frère unique du défunt.—Le 4 samedi qui a suivi celui du. avril, je suis parti pour aller à la recherche de mon frère. M, Joly (le témoin précédent) m'a in- { formé, à St. Hyacinthe, qu’un jeune homme de St. Barnabé avait 4 trouvé un chapeau. Je suis allé à St. Barnabé chercher } le chapeau. Je reconnaîtrais le jeune homme qui a trouvé le chapeau.—(On fait venir le jeune homme que le témoin re- ! connait).—Dès que je fus en possession du chapeau, je le remis au bureau de police, à $t. Hyacinthe Quand mon frère est parti, le matin, son chapeau n'avait pas la boucle blanche qui s’y trouve maintenant. l ADOLPHE DÉSILETS.—Je suis ls du Shérif Désilets et à en même temps, son député —Je me rappelle que, dans le mois d'avril dernier, on m'a remis un chapeau. C’està l'office du Shérif que le chapeau a été déposé par M. Pagé.—(Le témoin reconnait le chapeau) —Le chapeau à été apporté seul; ce n’est que plus tard, après que le corps eût été retrouvé, qu’on a appor: ! té d’autres effets.—J’étais présent lorsque les effets ont été trouvés sur le corps du défunt.—(Au moyen d’une liste qu’il a préparée, le témoin énumère et identifie tous les effets mentionnés et produits par Pagé) -Les billets de banque étaient dans la poche droite de la veste du défunt. Je crois que les comptes et les enveloppes de lettres étaient dans la poche ganche de son pantalon. La monnaie était dans la poche droite du pantalon; une partie se trouvait dans une bourse. La montre était dans la poche gauche de la veste JOS. EUSÈRE LEBLANC, N. P.-Je réside à St. Charles et je connaissais bien le défunt Anselme Charron; je le voyais souvent ;—je l'ai vu peu avant sa disparition.—Le défunt était cultivateur et commerçant ; c'était un homme en moyens.—Après la mort d’Anselme Charron. j'ai fait nommer un tuteur au mineur Pierre Charron.—-Le 10 Avril, une valise appartenant au défunt a été apportée chez moi, et n’ayant pas de clef, je l'ai ouverte en présence de quatre témoins. La clef trouvée sur le cadavre et juan par l'officier de police, ouvre parfaitement bien cette vaise, Elle contenait, tant en monnaie qu’en billets de banque, 888.50, une montre en or, et divers billets et obligations. Jai fait un procès verbal de l'ouverture de la valise et de son contenu; cette valise est toujours demeurée depuis en ma possession. Je n’ai pas vu le corps après qu'il eût été retrouvé.—(Le témoin reconnaît une obligation en faveur du défunt par Eustache Beauregard et Vital Beauregard.) Par M. Drummond.—J'ignore s’il existe aucun degré de parenté entre le prisonnier et les nommés Eustache et Vital Beau- :

regard + D na Li Et ju ii + : PIERRE LUC JOLY.—Le 2 avril, entre midi et deux heures, : i

À cherchait à -voit tous les

défunt.—Le ur aller à la dent) m'a in-

3atnabé avait

bé chercher qui a trouvé

e témoin re-

1, je le remis on frère est anche qui s’y

F Désilets et dans le mois à l'office du —(Le témoin eul; ce n’est u’on a apporont été trou- > qu'il a prés mentionnés at dans la pos comptes et nche de son du pantalon; e était dans

it, Charles et : voyais sount était culens.— A près r au mineur t au défunt i ouverte en » cadavre et en cette vade banque, htions. Jai

son contepossession.

(Le témoin r Eustache

egré de paital Beau-

eux heures,

L défunt est venu chez moi pour acheter des moulins à battre. «Je devais le rejoindre chez M. Laflimme—Les personnes qui étaient chez Guertin, étaient Beauregard, Octave Maurice, Au:

BÉAUREGARD.

Îls mangeaïent un steak. Charfon a demandé un verre à M. Guertin qui tenait la barre. Guertin lui répondit: “ Vous en avez assez.” Benuregard dit alors: ‘ Si Charron en a assez, nous n’en avons pas assez nous

[ain Brune dix heures et un quart et dix heures et demie,

a Lefébvte, et Dansereau.

J'ai van Beauregard et Charron entrer chez Laflamme. J'étais moi-même chez Laflimme.-Il y avait eu une difficulté dans la maison entre moi qui avais été attaqué et un autre. Il y avait du bruit à propos de cette difficulté quand Beauregard est entré chez Laflamme.-- Après que Beauregard et Charron furent partis, Je ne les ai pas revus ce soir là. Je suis parti de chez Laflamme vers onze heures et vingt ou onze heures et demie. Charron et Beauregard étaient partis avant moi.--Ce jour là, j'ai fait des affaires avec le défunt Charron.

Par M. Drummond.--:Nous nous étions entendus, Charron et moi, pour nous rencontrer le soir, vers 7 ou 8 heures.—Lorsque Beauregard et Charron sont entrés chez Laflamme, je m'y trouvais pour la secoñde fois.

ROBERT ERVING.—Je demeure à St. Hyacinthe, et j’y étais le 2 avril dernier. J'ai connu le défunt que j'ai vu, la dernière fois, vers deux heures de l'après midi, au jour que je viens de mentionner. Pendant cet après-midi, il m'a donné $44. Il y avait $80 en billets du Canada, $61 en argent dur, et deux cif piastres en billets de Banque des Etats-Unis, 11 n’a coribté que cet argent devant moi ; Je ne puis pas dire s’il en avait d’autre, etil l’a pris dans sa poche de veste, je ne sais laquelle-—Le soir, il est revenu prendre le thé chez moi, vers sept heures et demie.—Je tiens hôtel.—En partant, il m'a dit qu'il allait aw petil rang, environ vers 74 heures.-J’ai vu le cadavre sur le rivage et je l’ai bien reconnu pour celui de Charron.

Par M. Drummond.--Je ne sais pas, au juste, sur quelle joue étaient les égratignures que j'ai vues sur le visage du défunt ; je

ense qu’elles auraient pu être faites par les gravois qu'il y a ans la rivière.

PIERRE PALARDY.—-J'ai connu le défunt, et l’ai vu le 2 avril dernier, à St. Hyacinthe, deux fois, dans l’après-midi. J’ai acheté de lui un moulin, que j'ai payé 1,500 francs ou $250 ; sur ice montant, je lui ai payé $25 ; au meilleur de ma connaissance, $16 en billets de banque, et le reste en trente sous.—L’argent de :papier consistait en un billet de $5, un ou deux de $2, et les autres de $1.—Quand j'ai vu Charron, pour la première fois, . c'était chez Laflamme ; le prisonnier était à ses genoux et lui pur- | lait.—Je lui ai alors demandé si c'était le bon temps pour lui

“À donner de l'argent ; il m'a dit que oui.—Nous sommes sortis, et chez M. Préfontaine, je lui ai remis la somme que j'ai déjà men“ ï tionnée, . Lorsque je lui ai donné cette somme, - il a tiré

tour desquels il a roulé ceux que je lui donnais. et remis les tout dans la même poche de veste.—Quand il a tiré l'argent de sa 4 poche, il en avait la main pleine. Après que je l’eus payé, nous 4 sommes partis quatre, pour aller prendre un verre de bière chez 4 Laflamme ; c’est Charron qui a payé ; après quoi, il est parti, vers 4 4 heures. î

Par M. Drummond.—Je suis certain que c’était de l’argent 4 de papier que le défunt avait dans la main; je ne sais pas lire, maisje puis distinguer une piastre d’un deux piastres. 1

MICHEL GUERTIN.—Je suis hôtellier à St. Hyacinthe. —Je #

connais le prisonnier qui est venu chez moi, vers huit heures du # soir, avec le défunt, un nommé Maurice et une autre per. # sonne du nom de Dansereau ; îls m’ont demandé un steak.—En- 4 suite, Charron et Dansereau ont fait venir des huîtres ; ils m'ont donné chacun 30 sous, et je leur ai fait quatre soupes aux hut- ® tres. Ils m'ont demandé de la boisson, je leur ai dit qu’il y en » avait un qui en avait trop —Ils ont ous pris, à part le défunt. : Maurice est sorti le premier, Beauregard et Charron ensuite.—Il : était alors 94 heures. —Je revenais de reconduire des femmes, : quand, passant devant la maison de Laflamme, vers 104 heures, * j'ai entendu du bruit ; je suis entré ; et j'ai vu le défunt dans l’estalier, la femme de Laflamme et M. Guitté ; c’est là que j'ai vu Charron pour la dernière fois.

Par M. Carter.—Je sais où demeurent MM. Hébert et Cadoret. De chez eux à la maison de Laflamme, il peut y avoir 200 pieds. Du coin de chez M. Leclerc à la demeure de Laflamme, il y a 80 pieds.—La nuit en question était noire. — De chez Laflamme au pont Biron, il y a pour le moins 4 arpents.

OCTAVE MAURICE.--Je connaissais bien le defunt Charron. Le deux avril dernier au soir, j’étais avee lui chez Michel Guertin. Lefebvre et Dansereau étaient avec nous.—Nous nous sommes mis à table vers 9h. ou 93h. J’aperçus alors le prisonnier

:: dé sn poche de veste “droite, plusieurs billets de Banque, “4

qui était à un bout de la table; je ne sais pas comment il se trou- . |

vait là, Après avoir pris notre souper, je demandai au défunt un 30 sous à emprunter. Il me répondit: “ Je n’ai pas de 80 sous, mais je vais te prêter une piastre,”et il m’en remit une. Il y avait deux chandelles sur la table où nous étions.

NARCISSE ST. GERMAIN.—Je demeure à St. Hyacinthe: Je connaissais le défunt Charron. Le 2 avril, le prisonnier est entré chez moi vers six heures et demie ou sept heures du soir. Il m'annonça que des Irlandais avaient fait du bruit dans la ville et qu'ils avaient été pris. “ On veut aussi, dit-il, prendre un Canadien, mais le Canadien n’est pas si aisé à prendre ; ” ce : disant, il donna nn conp de garcette sur la table. Je n'ai pas vu la sarcelle, mais ma femme l’a vue. Alors, j'ai dit au prisonnier ; “ Tu es un peu en train, tu ferais mieux de t’en aller chez vous,

oer on pourrait te mettre dedans à la place du Canadien que tu 4

Page 1