‹ Procès de J.-Bte. Beauregard convaincu du meurtre d'Anselme Charron [microforme]Chapitre 3 sur 14 · LE · texte numérisé non relu

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: Le prisonnier avait l’habitude, quand il se trouvait en: train, de porter sa garcelte dans sa poche. Avant de partir, le prisonnier m'a demandé d’aller chercher mon père pour jouer aux cartes. Comme je n’y allais pas, il s’en est allé en se dirigeant du côté Re c’est dans cette direction que se trouve l’auberge de amme, Le prisonnier, avant de partir, m'avait demandé si je voulais aller avec lui aux cabanes à sucre, où nousserions, disaitil, rendus à minuit. Je n’ai pas revu le prisonnier ce soir-là.

Le lendemain, le dimanche, le prisonnier a voulu me faire éveiller, m’a dit ma femme. Beauregard serait. ensuite revenu chez moi une seconde fois, puis une troisième. Cette fois, je l'ai vu. Je lui demandai quel avait, été le succès de sa veillée ; il m'a répondu qu'il était allé manger un steak avec Maurice, Dansereau et Charron. Je lui ai demandé quel était ce Charron. I] me répondit : “ C’est un Charron de St. Charles ; il vend des moulins” Beauregard m'a invité à aller chez lui, et j’y suis allé. Là le prisonnier dit à sa femme: “ Ce n’est pas Guertin qui a crié, au meurtre, cette nuit ; je le lui ai demandé, et il m’a dit que ce n’était pas lui. ” J’ai demandé au prisonnier qui lui avait dit qu'on avait crié au meurtre. Le prisonnier m’a dit que c’étaient des nommés Charron. Ces Charron restent à St. Hyacinthe, de l’autre côté de la rivière. En sortant de chez Beaurepard, la première personne . que pai rencontrée a été un de ces nommés Charron. Je demeure à 75 pieds du pont environ. J'avais passé Ja veillée du samedi chez Marchessault. Ce monsieur demeure sur le bord de la rivière. Je suis revenu de chez Marchessauli vers onze heures et trois quarts, et j'ai passé au bout du pont.

Dans la veillée, vers dix heures et 8 quarts, j’ai entendu deux cris de détresse ; quand le premier cri a été entendu, mon père a dit “ Qui c’est que ça?” Aussitôt, on a ouvert la porte et ona entendu un second cri. Ces cris n'étaient pas distincts, mais on voyait que c'était la voix d’un homme en peine. Ces cris venaient du pont. On entendit aussi l’aboïiement des chiens dans cette direction. On se remit ensuite à jouer aux cartes, et, après une dizaine de minutes, je m’en retournai chez moi Mon père et won frère demeurent chez un M. Girard près du pont, et du côté Nord. Ce M. Girard a un chien. |

Par M. Drummond.—Marchessault demeure en haut du pont. Pour me --ndre chez moi, j'ai descendu la côte qui mène au pont ; ma demeure est à environ 80 pieds du pont. Beauregard m'avait dit, le samedi soir, qu’il viendrait me chercher à minuit pour aller rejoindre ses parents à la sucrerie. Je n’ai pas été surpris de voir Beauregard chez moi, le dimanche matin, de bonne heure ; il était entendu entre nous que nous irions à la chasse, de bonne: heure, ce matin-là, . Nous avions Phabitudede chasser, soit..dans le-do-

maine, soit sur le bord de la rivière, dans les rapides vis-à-vis de

la ville.

JOSEPH ST, GERMAIN, père.—Je demeure à St. Hyacinthe, près du pont Biron. : Le 2 avril dernier, j'ai passé la veillée chez Thomas Marchessault. Je suis parti avec mon fils, vers une heure. Durant la veillée, vers dix heures et demie, j'ai entendu “uû cri pitoyable ; alors j'ai dit à ceux qui se trouvaient avec moi: “ Qui c'est que ce cri là? Ecoutons donc.” Et nous avons entendu un second cri, mais plus faible que le premier. Ces cris venaient du bout nord du pont. De chez Marchessault au pont, en ligne droite, il peut y avoir environ deux arpents et demi. Les cris que j'ai entendus étaient certainement ceux d’un homme, mais je n’ai pas distingué les mots. J'ai aussi entendu 7apper un chién dans la direction du pont. Trois semaines avant cette époque, j'avais vendu une terre et le prisonnier me dit alors : “ Père, ne rôdez pas trop avec votre argent; pour moi, je tuerais un homme comme je tuerais un rat, pour avoir dé l'argent. ” Je lui répondis, en le regardant; “Tu es bien assez crapaud pour le faire” Il me répliqua: “ Vous n’avez qu’une mort à mourir, père” et j'ajoutai: “Tu serais bien trompé si tu me tuais ; je p'ai jamais plus de deux piastres quand je sors.”

Par M. Drummond.—Qrand j'ai entendu ces deux cris, il avait avec moi, chez Marchessault, M. Girard dit Lazonne, Josep Marchessault, et Frs. Viau. Quand je suis arrivé chez moi, après la veillée, il était une heure, et j'étais parti un des premiers. J'aitenu cette conversation avec le prisonnier, chez mon fils, Narcisse St. Germain ; c'était au commencement de mai. Je voyais le prisonniet, et je jouais souvent aux cartes avec lui. Il ‘était ami avec mon fils. Lorsque le prisonnier m'a dit ce que j'ai rapporté, j'ai eu peur. Après cette conversation, j'ai loué an ‘beau-frère du prisonnier, une maison que le prisonnier devait occuper. J'ai aussi signé une requête recommandant le prisonnier comine étant qualifié pour tenir une auberge de tempérance. ‘Après que les cris eurent été entendus, je suis resté avec les autres un peu plus de deux heures chez Marchessault.

DENISE DANSEREAU.-—Je demeure maintenant à Verchères.—Le 2 avril dernier, je restais à St. Hyacinthe, dans une maison qui se trouve à 40 ou 60 pieds du pont, du côté nord. Cette muison est bâtie sur la grande rue. Le soir du 2 avril, j'étais chez moi, et mon mari, Michel Girard était allé veiller. Louis St, Germain se trouvait avec moi. Je me suis couchée vers 104. h. À 10 h. 85 minutes, à notre horloge, la porte de la naison a été défoncée. En ce moment, je ne dormais pas encore; “en entendant le bruit, je me suis levée, et je me suis aperçüe que la porte avait été enfoncée ; elle était toute grande ouverte, quoique je l’eusse fermée à la clef; les vis avaient été arrachées de la serrure. Je n’ai entendu qu'un seul coup qui m’a paru être un coup de pied. J’ai allumé une chandelle, et je suis allée voir l'heure ; on a ensuite réparé la porte, ce qui a pris huit ou neuf minutes. Alors j'ai entendu plaindre, ainsi que Louis St. Gerthin. ‘Je euis certaine que les cris que-j’ai.entendus, étaient les

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LOUIS ST. GERMAIN.--Le 2 avril dernier, je demeurais à St. Hyacinthe, chez Michel Girard où j'étais en service. La maison de Girard est à environ 60 pieds du pont. J'ai passé la veillée chez Girard. Il y avait aussi dans la maison Mme. Girard et sa servante. Ce soir là, le magasin a été fermé à 84 h. et M. Girard est parti avec son commis. A 94h. ou 94 h. je suis allé me coucher; je dormais quand la porte a été défoncée. Eveillé par le bruit, je me suis levé et je suis allé voir ; j'ai trouvé la porte défoncée. J'ai regardé dehors, mais je n'ai rien vu. J’ai fermé la porte avec des morceaux de bois. Un homme qui s’est nommé Kennelly ou Connolly est venu me demander une chandelle. J'ai ensuite entendu trois cris dans la direction du pont. C’étaient des cris de détresse. J'étais alors sur le perron, derrière la maison. J'ai voulu sortir, mais Mme. Girard qui avait peur m'en a empêché. Le chien jappait beaucoup en se tournant du côté de la rivière. Je suis allé ensuite à la porte de devant; en ce moment, j'ai entendu marcher une personne, et aussitôt après, une autre. Ces personnes n’allaient pas dans la même direction. Le chien qui était alors sorti revenait en jappant. J'ai demandé à Mme. Girard, quelle heure il était ; je pense qu’elle m'a répondu: “10h. et 11 minutes” Les cris venaient du côté du pont, à cent pieds environ dela maison. Les cris étaient de la même voix. Ce soir là, le temps était clair ; il y avait des étoiles. On pouvait voir un homme à une distance de 150 ou 160 pieds.

Par M. Carter—Je me suis rendu à la porte avant que la chandelle fût allumée. Après que le coup qui a défoncé la porte eût été donné, je n’ai pas employé plus d’une minute pour me rendre à la porte. Arrivé à la porte, j'ai mis la tête dehors pour voir. C’est pendant que je fermais la porte qu’on m'a demandé

une chandelle. La personne qui s’est nommée Connolly parais-

sait contrefaire sa voix. Je refusai de donner une chandelle; alors, j'ai remarqué que la personne qui me l’avait demandée s’en allait. Le pont n’est pas entourré ; il y a des gardesfous. Du perron de la porte de derrière, des bâtisses et une clôture de 13 pieds, empêchent de voir le pont ; mais on peut voir le moulin qui se trouve au côté. Je crois qu’il était minuit moins un quart quand Girard est arrivé.

DENISE DANSEREAU.—(Ce témoin est appelé pour la seconde fois). Les cris paraissaient venir de dessus le pont. Lors-

que Louis St. Germain est allé à la porte de derrière, je suis allée avec lui.

__ Par M. Carter—.Lorsque la porte eût été enfoncée, j’ai entendu la voix d’une personne qui voulait entrer. contrefaisait sa voix. Je ne l’ai pas reconnue.

. MICHEL GIRARD.—Je demeuraisà St. Hyacinthe le 2 avril

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dernier, Ce jour là, j'ai passé la veillée chez M. Thomas Marchessault, Pendant que j'étais à parler avec deux autres personnes, des cris ont été entendus. On a ouvert la porte. J'ai alors entendu les aboïements d’un chien et je crois que c’étaient les aboiements de mon chien. Il passait minuit, quand je suis sorti de chez Marchessault pour retourner chez moi. . Chez moi, on m'a raconté ce qui s'y était passé. J'ai été surpris de voir que ma rorte-avait été défoncée.—Le 8 avril, après la messe, je parlais avec quelqu'un, à ma porte, lorsque je vis passer Beauregard. Je l’arrêtai et je lui dis que ma porte avait été enfoncée Ja veille et ue je ne pensais pas avoir des ennemis assez méchants pour le aire. Beauregard me répondit que ce ne devait pas être des gens sobres qui avaient fait le coup. “ Quant à moi, ajouta-t-il, je pense que ce sont des personnes ivres qui ont commis cette faute.” Le lundi, il y avait encan chez Mme. Dumaine qui demeure de l’autre côté de la rivière ; je m’y rendis et de là j’allai voir le prisonnier chez lui, pour lui demander cinq piastres et trente sous qu'il me devait. Le prisonnier me dit que, dans le moment, il ne pouvait me rembourser cette somme, son intention étant d'acheter une licence pour vendre des boissons fortes. Il me dit aussi qu’il avait juste la somme nécessaire à cet achat, qu’elle lui avait été prêtée par un ami, et qu'il me payerait ce qu’il me devait dès qu'il aurait gagné un peu d'argent.

Par M. Drummond.-La distance entre ma demeure et celle de Marchessault est de 6 à 7 arpents.—Entre nos deux maisons, il y

a une dame.—C'est en arrivant, la nuit, que j'ai trouvé la porte de

ma maison enfoncée ; aucun chassis n'avait été brisé. Je parlui de cet incident à St. Germain qui me dit qu’une personne s’appelant Connollv était venue demander une chandelle, mais il ne pensait pas que c'était Jui qui avait enfoncé la porte.—Je ne fus pas étonné en entendant le prisonnier me dire que c'était probablement des personnes ivres qui avaient enfoncé la porte de ma maison. Lorsque Beauregard me dit cela, je pense que M. St. Germain, père, et quelques autres, étaient avec moi.

J. B. CHARRON.—Je demeure à St. Hyacinthe à un demi urpent du pont. Le 2 avril, au soir, j’étais chez moi; je jouais aux cartes avec ma femme et mon neveu. Vers dix ou onze heures, j'entendis au dehors deux ou trois cris; je demandai à ma femme si le feu était en ville ou si quelqu'un se battait. Je suis sorti et j'ai entendu deux forts cris “au meurtre! au meurtre ! Mon voisin étant aussi sur sa porte, je lui demandai ce que c'était; il me répondit q'e l’on se battait. J'aurais désiré aller voir ce qui se passait, mais j'étais nu-pieds. Nous reprîmes notre partie de cartes interrompue. Les cris que j'avais entendus venaient dans la direction. du pont Biron. Je n’ai pas reconnu la voix de celui qui a crié. |

Par M. Carter.—Mon neveu s'appelle Xavier Charron. 11 s’est écoulé 2 on 3 minutes entre chaque cri. La distance de chez moi au bout du pont est d'environ 4 où 5 arpents,

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4 NOËL LUSSIER.—Je demeure à St, Charles. Le 9 avril der. ier, je suis allé à St. Hyacinthe où j'appris en arrivant que Charon était disparu. D’après les informations que j'avais prises, je

ne rendis avec le chef de police Pagé à l'hôtel Guertin où je fis

enir le prisonnier et où nous mangeûmes un steak aux huîres. Je demandai à Beauregard ce qu'il avait fait de Charron: me répondit qu’il ne l'avait pas vu depuis qu’il avait mangé ju lui dans ce même hôtel. Je lui demandai alors s’il. était

oûl ce soir là, car la police m'avait dit l'avoir rencontré avec Charron, après qu’il eût mangé avec lui dans l’hôtel. Le prisonier me répondit qu’il n’avait pas été ivre lorsqu'il s'était trouvé fes Charron. Je lui dis alors qu'il n’avait pas dit la vérité, car un homme de police m'avait dit l'avoir rencontré avec Charron, vers les dix heures, bras dessus bras dessous, et que je ne pen- ‘Bais pas que Fontaine m’eût conté des mensonges. Le prison- Hier continua à nier ce que je lui disais. Je fis alors entrer Fon- Haine qui dit au prisonnier qu’il l’avait rencontré avec Charron se dirigeant tous deux vers le pont, et que quand, lui, Fontaine, vait demandé au prisonnier où il allait, ce dernier n'avait rien répondu. Je dis alors au prisonnier : “ Voyons, Beauregard, qu’asfu fait de Charron ?” Le lendemain de cet entretien avec le pri- Bonnier, je visitai le pont Biron, et je m'aperçus qu'il y avait, entre Ja 2me et la 3me arcade, 5 ou 54 pieds d’eau. Lorsque l’eau.est ‘haute, il y a là un fort rapide. En descendant le courant, on trouve une dame en bas du pont. L'eau passait sur cette dame à une hauteur de deux pieds et demi environ. Je me suis rendu compte du fil de l’eau en jetant un morceau de bois entre la 2me jet la 3me arcade du pont ; le morceau de bois a gagné le large du côté du sud. Le corps du défunt, lancé du pont, pouvait fort bien alleren pleine rivière jusque chez M. Cadoret. Un peu avant que le cadavre fut retrouvé, on avait ouvert les pelles du moulin qui se trouve au-dessus du pont, afin de faire lever le corps, que l'on croyait dans les rapides. | Par M. Drummond.—Le prisonnier m’a dit qu’il n’avait pas vu Charron depuis qu’ils avaient mangé des huîtres ensemble, chez Guertin, vers huit heures, le soir.—J’ai commencé à saîner pour trouver le corps de Charron le 10 avril, et j'ai continué les jours ‘suivants, k GEORGE FRED. AUSTIN.—Arpenteur.—J’étais à St. Hya- .cinthe le 2 avril dernier.—Je connais bien la rivière dans les envi- -rons du pont Biron, j'en ai même dressé deux plans. La distance ; .de la rue Cascade au côté Sud, est d'environ 800 pieds. Le pont, est en bois. La hauteur du pont, à partir de l’eau, est d'environ . onze pieds ; sa largeur est de 22 pieds.—J'étais à St. Hyacintho, lorsqu'on a fait des recherches pour retrouver Charron.—Depuis . le jour du meurtre, on a posé un nouveau portage au pont; à part . cela, il est le même. Ni on laissait passer l’eau entre la seconde

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