INTRODUCTION
ves, a une entrevue avec sa femme, le trée nous a montré dans ses gravures, samedi soir. Elle nie d’abord la vérité | comme regardant tranquillement passer de la terrible accusation. Son mari luilce drame à quelques pas des acteurs, demande si le mercredi précédent elle | prend alors M. Sickles par le bras et le n’est pas allée à la maison de M. Key | conduit chez le procureur-général. Quelavec tels ettels habits. La malheureuse ques moments après, il montait en voifemme ne peut plus y tenir, “ Je suis tra-|ture avec lui et quelques-uns de ses hie et perdue,” s'écrie-t-elle, et elle tom- | amis, pour se rendre à la prison.
be sans connaissance sur le parquet. Un! Le corps de M. Key fut transporté à peu revenue de cette cflrayante secous-| la maison où se tenait un elub auquel il se, elle écrit une confession de sa faute, | appartenait. Il respirait encore ; ce reste dans laquelle elle reconnaît avoir eu|de vie s'écoula en queiques instants. des relations criminelles avec M. Key, | Un grand nombre d'amis et plus de eudepuis le mois de mai, 1858, tantôt sous | rieux assistaient à sa mort.
le toit de son mari, tantôt dans la mai-
j L'enquête du coronaire fut tenue au son de la 15e rue.
Il n’est pas nécessaire de décrire lu HARAS RIRE peE tr ser 14 scène déchirante qui doit avoir suivie la Rare vordiet he rendu d'après x À “ “les faits qui viennent d’être narrés succonstatation de la faute de cette femme et | ainternent du déshonneur de son mari.Mais peut-on Les hé : SH tse de imaginer le désespoir d’un homme que |. €5 16708 de pie lee dut de le malheur a déjà atteint, en voyant de | VIVaient tous dans le cercle immédiat de ses yeux, de ses yeux mères, l’auteur ! va as ed et deux de son indicible malheur passer vis-à-vis | CENT EUX CCAENL AUSSI DIN GONRUS à la fenêtre de Ja chambre de sa femme, New-Y ork que duns la capitale. le jour suivant (ie dimanche), agiter son Key appartenait à une des meilleures mouchoir et donner ainsi le signal d’un | et des plus anciennes familles du Marynouveau rendez-vous ?— Le séducteur|land. Sa sœur est mariée au Juge-enignorait quelle vengeance il préparait | chef de la cour suprême, l'honorable imprudemment au-dessus de sa tête. | racev. M. Key avait six pieds de hau- M. Sickles venait d'envoyer un mes-|teur. Il était âgé de quarante-deux ans ; sage à un de ses amis intimes, M. But-|Saus qu'il n'y eut rien de particulièreterworth. Celui-ci arrive en ce moment, | ment remarquable dans son apparence, et, après une longue entrevue, il quitte | SA belle figure, son air fashionable et ses son pauvre ami dans un état déplora-|muanieres agréables | avaient rendu très ble. Il m'avait fait que quelques pas! populaire dans l'estime des dames de lu quand il rencontre M. Key avec lequel capitale américainc.Cependant, une mail cause nn moment, le salue, puis le ladie de cœur dont il souffrait depuis quitte. Au même instant il entend M. deux ans, en affectant considérablement Sickles, qui s’avançait rapidement vers | Son teint qui état d’une grande pâleur, eux, s'écrier d’une voix forte: “ Æey,|avait rendu ses manières un pett brusvous misérable, vous avez déshonoré malques; ceux qui étaient à portée de le muison : mourez ! ” connaître lui attribuaient un excellent Key porta immédiatement la main à cœur. Il était veuf, et quatre enfants ressa poitrine comme pour saisir une arme ; | tent, en eflet, pour pleurer la perte aussi Sickles, au même instant, tire un pisto- violente que soudaine d’une existence let de la poche de son pardessus et fait | qui avait déjà atteint nne haute née feu. Le coup atteint Key dans l’aine. | dération et serait peut-être parvenu à la Key saisit Sickles, qui se dégage de son gloire et aux honneurs. étreinte après une courte lutte, suit son! M. Sickles est né à New-York et ennemi qui retraite par la seizième rue, | représente le Ille district de cette et lui tire un second coupqui atteint Key | ville au Congrès des Etats-Unis. L’éau-dessous du cœur. Un troisième coup|tat d’imprimeur fut d’abord le sien;
suit immédiatement, à bout portant ; la balle frappe près de la seconde blessure et glisse. Ce n’est qu’alors que Key tombe.
M. Butterworth, que la presse illus-
mais un heureux changement de fortune lui permit de compléter son éducation. Quelques années après, on l’appercoit au barreau de New-York, où il u
s ses gravures, illement passer as des acteurs, ar le bras et le -général, Quelnontuit en voies-uns de ses prison.
! trunsporté à club auquel il core ; ce reste ques instants, et plus de cut.
> fut tenue au M. Key fut rendu d’après e narrég suc-
de ce drame e immédiat de ne, et deux ien connus à itale.
es meilleures Iles du Maryau juge-en- , l'honorable eds de haute-deux ans ; particulièren apparence, onable et ses t rendu très dames de la int, une mafait depuis lérablement inde pâleur, 1 peu brusortée de le n excellent enfants resperte aussi e existence aute consiarvenu à ]n
w-York et
de cette Unis. L’é- A le sien; it de fortuson éducan Papper- K, où il u
PROCÈS SICKLES
gagné beaucoup de considération en, Sicklessugagner l'admiration et l'estime peu de temps. | de tout le monde, brillant autant par la IL est maintenant âgé de trente-sept | quieté et l’innocente légèreté de son caans, de bonne apparence et manières | ractère que pur les charmes de sa pergracie uses; taille moyenne, mais bien sonne et l'élégance de ses manières, De régulière, teint bl inc, yeux bleus etex- retour aux Etats-Unis, M, Sickles vint pressifs, bouche ferme, Tout chez lui demeurer a Washington, aussitôt après indique F inflexible énergie qui a carac- son élection au Congrès ; il occupait une térisé jusqu'à présent la carrière de cet} muison près du Presidents Square. 11 homme. en sortait lorsque la terrible rencontre Comme membre du sénat local ainsi qu'il fit de M. Key douna lieu au proque de la chambre des représe ntants, il cès que nous avons cru devoir analyser, est surtout remarquable par le sang-froid vû Pimmense intérêt qu’il comporte, à et le contrôle qu'ilexerce sur Iui-même quelque point de vue que l’on considère dans les débats. Ces qualités lui ont ga- les causes qui l’ont produit et les faits gné la réputation bien méritée de l'un qui en sont la substance. des jeunes chefs du parti démocratique qui promettent le plus. “ CE ï 1852, M. Sickles scella par le ma | LE PROCES. riage l'existence de sa femme et ln! Lexot, 4 avril 1859. sienne, Il Pavait connue dès son:
enfance, et lorsqu'il l’épousa elle n’était encore qu’une enfant, tout récemment sortie d’une maison d'éducation où elle avait déjà perfectionné les qualités de son esprit. Elle était encore remarquable par la douceur de ses manières, | une amabilité et une gaieté de caractère qui faisaient ressortir le type particulier d’une rare beauté, L'éclit de ses veux | RS GRR et la profond ‘ur de son regard déno-! "REMIER JOUR. tent facilement son origiue : elle est! A onze heures moins vingt minutes, italienne et joint aux ares de son 31, Sickles, accompagné du shérif et esprit une candeur et une délicatesse de plusieurs amis, entra dans la cour et qui se produisent à un hau degré sursa prit sa place à la barre. IT était habilfigure et dans ses manières. :ime Sick-|lé avec goût et sa contenance était fales est âgée de 23 ans: elle wa qu une lcile et digne. fille, charmante enfant de 5 ans. Bagio-} L'avocat des Etats-Unis, Robert Ould, li, le célèbre compositeur et profvsseur |éer,, annonça à la cour que J, M. Carde musique de New-York, est le père !lisie, éer., de W ashington, ugirait comme de Mme Sie 'S .V ictime de son inpru-|son associé durant le procès. dence et de sa faiblesse, nous avons pu! MM, James 'l, Brady et John Graêtre téinoih, à à cette distance mème, que jham, de New-York; E. H. Staunton, tous ceux qui l’ont connue ont eu de la | éer., de Washington, et plusieurs autres sympathie pour ses malheurs, son abais- avocats de Washington, représentaient sement et l'éclat de sa chute, plutôt que | l'accusé, du mépris pour sa fublesse et ses fautes. | L'acte d'accusation fut alors lu, et à P'humaaité se sent trop fragile pour! l'interrogation d’usage, l’accusé, d’un condamner irrévocablement ceux de ses | ton de voix ferme, répondit : “ Non coumembres les plus faibles, que lPinfidélité pable l”? attire dans ses guet-apens, par un con-| Le juge fit alors observer que la pracours de circonstances que les victimes | tique de la cour avait été précédem-
Le jeudi, 24 mars dernier, après un examen complet des faits, le grand jury rapporta un acte d'accusation contre Daniel E. Sickles, pour le meurtre de Philip Barton Key, et le procès fut fixé au lundi, 4 avril dernier,
Le procès eut lieu à la cour eriminelle du district de Colombie, devant son honneur, FT. EH, Crawford,
regrettent profondément et plus que tout autre.
Peu de temps après son mariage, M.
Sickles fut nommé secrétaire de la léation amériesoine à Londres, où Mine
|ment de faire des questions aux jurés afin de s'assurer dun jury impartial. La même pratique devra être suivie dans Re affaire.
Le premier juré assermenté fut Jos,
6 PRHOCES SICKLES
B. Bryan, auquel la cour fit cette ques tion :
-,tion est fuite et maintenue par l'avocat
| du gouvernement, le juré doit être dé-
— Avez-vous en aucun temps formé ou | chargé.
exprimé une opinion à l’égurd de la cul pubilité vu de l'innocence de l'accusé Le juré.—Oui.
-| Lewis Brook, ayant été subséquem- !| ment assermenté, déclare qu'il entretient des sympathies, mais qu’il croit, néan-
M. Phillips, un des conseils de la dé-| moins, pouvoir rendre un verdict im-
fense, demande à lu cour s'il lui ser:
permis de demander au juré sur quoi i
\| partial d'après la preuve.
1} M, Stuunton prétend que la déclara-
a bâsé l'opinion qu’il a formée, pour en-|tion que vient de fuire le juré n’est pas suite lui demander si, dans le càs où la | de nature à le disqualifier. La cour dépreuve serait diflérente de ce que la ru-!cide le contraire, la défense prenant exmeur a redit, il croirait pouvoir rendre | ception de cette décision.
un verdict impartial.
Sur un grand nombre de jurés qui
La cour décide que les questions qui | répondent successivement à leurs noms, viennent de lui être soumises peuvent | un seul est déclaré qualifié. L’un d'eux être faites au juré, quoiqu'il ait déclaré | déclare que les préjugés sont une chose
qu’il a formé une opinion,
qu'il n’a jamais entretenue dans son es-
Le juré dit alors qu’il a formé son prit et qu'il n’a aucun scrupule con-
opinion d’après les rumeurs courantes. | tre la peine capitale. Il est néanmoins
Ayant ajouté qu'il ne pouvait rendre un
récusé. Un autre dit qu’il se croit qua-
verdict impartial, parce qu’il était trop! lifié sous tous les rapports,—““ mais mal-
révenu en faveur du prisonnier, 1l est D , déclaré disqualifié.
| heureusement , ajoute-t-il, c’est cet argent qu'il faut, et je vaux moins que
Plusieurs autres jurés sont alors suc- | rien.”
cessivement assermentés, et
d'eux se trouve disqualifié pour la mè-|
me ruison que celle que nous venons de rapporter.
Henry Hurdle, étant assermenté, répond qu’il croit pouvoir rendre un verdict impartial, wayant ni formé ni exprimé aucune opinion.
L'avocat du gouvernement.—Avezvous des scrupules qui vous feraient hésiter à rendre un verdict qui impliquerait la peine capitale?
Le jnury.—Non.
L'avocat du gouvernement.— Valezvous $ 8007
Le jury.—Non.
Dans mon opinion, cela constitue la disqualification du juré.
M. Staunton, conseil de la défense.— Je désire savoir si mon savant confrère a lintention d’insister sur ce point, comme étant essentiel à la qualification
requise de chacun des jurés ? Je ne crois
pas que Ja loi l’y oblige ; elle confère simplement à l'avocat du gouvernement le droit d’exercer sa discrétion à cet égard. La défense, de son côté, ne fera aucune objection de ce genre.
La cour décide ainsi :—Par une loi de état du Maryland, le jury, pour être dûment qualifié, doit posséder des propriétés au montant de $ 800. Si l’objec-
chacun |
La liste régulière de trente jurés, étant épuisée, la cour ordonne d’assigner 75 Jurés supplémentaires, pour le lendemain, à 10 heures a. m.
M. Staunton, de la part de la défense, | demande que lu boîte où est reléguée le
prisonnier soit changée de place, de
| manière à permettre à l’accusé de pou- | voir communiquer facilement avec ses |avocats.
La cour promet que ce privilége sera accordé au prisonnier dès le lendemain.