‹ Procès de l'Hon. Daniel E. Sickles [microforme]Chapitre 7 sur 19 · PROCES RICK LES · texte numérisé non relu

PROCES RICK LES

motion de la défense, D’alleurs, il n’y, direction en aueun autre jour, nous le a rien qui prouve que leur comparution | voyons assiéger, avec les intentions les devant le grand jury se rapporte à la | plus noires, le chäteau-fort où la loi avait présente cause. placé la femme et les enfants de son —— voisin.

SIXIÈME JOUR. | Cette grande puissance qui a donné [les lois à tous les départements de la | création —— qui a incrusté les cieux de DISCOURS DE JOHN GRAHAM, ECUIRR, POUR 14 leurs feux et assigné au jour et à la nuit PAPA ER HAE ONERS la limite de leur durée, — cette même Qu'il plaise à la cour etaux messieurs | puissance qui se déploie sur toute la surdu jury :— | face de la nature, étend sur la terre le Voici pour moi le temps des pensées | manteau de Ja verdure, puis le lui solennelles, et en me levant pour vous!'enlève pour la couvrir de la toilette adresser la parole, mes impressions | Moins agréable de lhiver—cette même livrent un rude combat à mon esprit. grande puissance qui a fixé le temps où C’est un beau sentiment, mieux expri- | les feuilles doivent tomber et les moimé dans la langue latine que par la tra-|neaux s'envoler, est la volonté qui orduction, “ amicos res opimeæ pariunt ad-|donne et la main qui tient la verge qui versæ probant” — la prospérité est la|doit nous punir dans cette vie. Quand parente des amis: la mauvaise fortune | nous serons sortis des procédés dans lesest le feu auquel ils sont éprouvés. L’a-|quels nous sommes engagés, qu’il nous mitié est le plus sacré de nos attache-| soit alors permis de dire le résultat que ments artificiels, pour les distinguer|j’anticipe avec confiance comme une d’avec les affections naturelles. C’est conso.ation pour l’accusé des rudes celui qui touche de plus près à ceux que | épreuves par lesquelles il est passé. Si le Ja main de la nature a enlacés aux ob-|defunt avait observé le précepte solenjets qu’elle crée elle-même. Je dépose | nel :—“ Souviens-toi qu’il te faut passer sur son autel ma présente offrande. Cette | saintement le jour du Sabbat,” il serait offrande emporte avec elle l’onction | peut-être encore aujourd’hui au nombre d’un cœur chaleureux. Puisse-t-elle être | des vivants. Le père, le mari déshonoré un tribut efficace à l'amitié de mon/se précipite sur lui à linstant même de client. | sa faute, et, sous le coup d’un accès de J'ai été le compagnon de son bonheur, ! frénésie, il exécute sur lui un jugement et je suis maintenant appelé à partager | qui était aussi juste que sommaire. la mélancolie de son affliction. Le trou-! La question que vous êtes appelés à bie est un mystérieux visiteur ; il sem- | décider est celle de savoir si cet acte ble être le sort inévitable de l’homme. | rend son auteur justiciable des lois du On a eu raison de dire que “si l’afHiction | pays. Vous avez un profond et solennel ne vient pas de la poussière, le trouble | intérêt, messieurs du jury, dans la décine surgit pas de la terre ;” l’homme | sion de cette question. Vous êtes ici est né.pour la peine comme les étincelles| pour établir le prix du lit conjugal ; pour s'élever ; ” “apprenez qu’heureux | vous êtes ici pour dire quelle estime un est l’homme que Dieu éprouve.” jury américain intelligent attache à Il ya quelques semaines le corps d’un | cette couche sacrée. Vous êtes des ci-

Saxent, 9 avril 1859,

être humain fut trouvé dans les crispa-|toyens fortunés ; vous habitez une ville

tions de la mort, dans une des rues de |

qui possède le gouvernement fédéral votre ville. C’était celui d’un adultère | dans ses murs, une ville consacrée à la habituel et reconnu. En un jour trop|liberté — non à la licence du libertin — sacré pour être profané par des soins |une ville qui porte le nom de l’illustre

temporels—durant lequel il lui était dé-| Washington, le père de notre patrie,

… fendu de mouiller son front des sueurs | dont on a dit avec vérité, qu’il était le = d’un travail honnête — en un jour où il | aurait dû s’élever au-dessus de l’imper-|la paix, le premier dans le cœur de ses

premier dans la guerre, le premier dans

fection de sa nature —en un jour où il aurait dû diriger ses pensées vers le iel, quoiqu'il ne leur eut imprimé cette

concitoyens.

Vous pouvez éprouver de la pitié, en considérant cette affaire, pour la vie qui

SICRLES

a été enlevée ; vous pouvez regretter ,sor; sa poitrine est le réceptacle où il la nécessité qui produisitcet évènement; |la dépose ; l’âge ne réclame rien de sa

mais, si vous avez pitié du mort, rappelez-vous que vous devez aussi avoir de la comimisération pour le vivant. Cette | exKtence, enlevée comme elle la été, est votre gain et le mien, Vous ignorez si ia femme ou la fille de quelqu'un d’entre vous m'aurait pas été de fait vous ignorez si votre femme ou votre fille n’a pas été flétrie par les regards qui ont détruit les affections conjugales du défendeur—vous ignorez si le jardin de délices sur lequel vous présidez n'aurait pas vu ses fleurs servir à la satisfaction de l’insatiable appétit du défunt, si | son existence avait été épargnée, L'in-!

terposition dans les rapports conjugaux | est de tous les torts celui que tout esprit | réfléchi doit considérer comme le plus | grave qui puisse être commis contre un | être humain. On a dit avec raison que PafHiction, la honte, la pauvreté et la aptivité étaient préférables, et je crois ne pouvoir mieux exprimer ce sentiment qu’en récitant les paroles que le grand dramatiste a mis dans la bouche du Maure, au moment où il découvrit Pinconstance de sa Desdémona :— |

&Sileût plu au ciel de m'eprouver par des revers ; s'il eût fait plenvoir sur ma tête nue mille chagrins et mille affronts ; s'il m'eût plongé dans la plus profonde misére ; s'il eût enchainé moi et mes plus belles espérances, j'aurais trouvé dans quelque repli de mon âme un reste de patience ; mais, hélas! m'attacher au poteau pour que le mépris dirige sur moi son doigt lent et immobile. ..,.0!0!...,Eh ! bien, | cela encore j'aurais pu le supporter; mais le! sanctuaire auquel j'avais confié mon cœur, dans | lequel je devais vivre où mourir, la source d'où mon bonheur devait couler, la voir se tarir et moi en être chassé, ou la voir sécher où servir de citerne à de hideux crapauds s'entrelançant pour y engendrer!....fixe tes yeux sur ce spectacle, 6 patience ! ange aux lévres de rose, et tu devicndras aussi hideuse que l'enfer.”

Vous êtes ici pour décider si le défenseur du lit conjugal est un meurtrier, et s’il doit être placé au rang du premier meurtrier et consideré dans son aspect moral et légal sous des conleurs aggravantes comme celui-ci. Messieurs, le meurtrier est un être détestable, et loin de moi l'intention de le défendre devant ce jury ou tout jury quelconque.

La société ne peut pas, ne doit pas le contenir. Calme, froid et calculateur, il cache sa malice comme l’avare son tré-

considération, et le sexe de su victime jne le préoccupe nuñement ; il voit son arme dans Pair mème qui le dirige où il veut aller ;ilchoisit quelqu’être innocent pour victime et un endroit solitaire pour Ja perpétration de son horrible cri- |ine ; nuit ; à cette heure où une moitié de Ja nature semble morte et de mauvais réves troublent les ombres du sommeil, il vole à l'accomplissement de son projet |sanguinaire ; eflrayé de ses propres mou-

il s’enveloppe du manteau de la

vements,il est forcé ‘ de s'adresser à la terre qui le porte et la supplier, lni en-

Joindre de ne pas entendre le bruit de ses pas, n'importe où il les dirige, de crainte que les pierres mêmes ne le dé-

voilent et ne l’accusent.” Si vous pouvez trouver quelque ressemblance entre l’acte qui a conduit le défendeur où il est maintenant et l’acte d’un iei criminel, ce sera à vous d’établir la comparaison et de la compléter ; la chose n’est pas en mon ponvoir.

Il y a d’autres matières, messieurs, auxquelles je ferai brièvement allusion, avant de procéder à remplir l'important devoir que la volonté des savants confrères associés avec moi pour la défense m'a dévolu ; et le seul regret que je puisse exprimer en entrant dans l’exécution de ce devoir, c’est que je serai obligé de vous inposer une tâche plus forte

ique celle qu’il serait convenable de

vous imposer sous tant d’autres circonstances. Il y a des incidents dans ce procès, messieurs, que votre esprit doit saisir immédiatement. En premier lieu, il s’est produit quelque chose de bien extraordinaire dans le choix du corps même de jury que vous-mêmes constituez.

Vous avez entendu lexplication que le savant procureur du gouvernement a donné sur la marche qu’il a suivie. La cour n'avait d'autre alternative que ludministration de la loi. L’objection était d’une nature qui séiait parfaitement au cœur du procureur du district.

Vous avez été témoins du spectacle émouvant du fils de l’infurtune écarté de son droit pour aucune autre raison que celle du malheur qui en a fait un infortuné.

Vous vous souviendrez aussi d’un autre incident. Le savant avocat de ln

réceptacle où il clame rien de sa xe de sa victime ment ; il voit son » qui le dirige où quelqu'être innon endroit solitaire * son horrible crinùn manteau de Ja | une moitié de la t de mauvais réres du sommeil, il ent de son projet e ses propres moude s'adresser à la a supplier, lui enendre le bruit de

il les dirige, de ; mêmes ne le dént.” Si vous pouessemblance entre le défendeur où il te d’un iei crimiétablir la compater ; la chose n’est

tières, messieurs, èvement allusion, mplir important

des savants conoi pour la défenseul regret que Je rant dans l’exécuque je serai oblibe tâche plus forte it convenable de t d’autres circonncidents dans ce

votre esprit doit , En premier lieu, te chose de bien hoix du corps mêmêmes constituez.

Pexplication que 1 gouvernement a qu’il a suivie. La alternative que à loi. L’objection ui séiait parfaiteureur du district.

ins du spectacle linfvrtune écarté une autre raison qui en a fait un

rez aussi d’un auant avocat de ln

ère extraordinaire du discours du sa- “Want avocat, qui a été une éloquente

PROCÈS SICKLES 15

poursuite, en interrogeant un des té-|coin d’un genre élevé d’habilité ; muis moins, lui demanda de dire ce qu’il |il vous appartiendra de dire, quand vous gvait vu lors de la rencontre dont la lle passerez en revue, quel degré de con- Mort du témoin fut le résultat. Vous!sidération vous devez lui accorder. Yous souviendrez que le témoin auquel! Vous observerez ces expressions extrala question fut faite désirait exposer, à lordinuires, telles que—“ le prisonnier se Ja face de la cour et du jury, tout ce | rendant au carnaval de sang”?—‘‘comme quil avait vu et entendu. Le savant |unarsenul ambulaut”—#ajoutant la muprocureur se leva et protesta contre la |tilation au meurtre”—“eomimne s'il avait partie du témoignage qui n'était pas|eu un poignard dans sa main, prêt à le directement une réponse à la question, et |lni plonger daus le sein.” Mais que n°estce monsieur fit une admission,—-tel qu'il lil aussi arrivé au savant avocut de déest à la connaissance de la cour et du ju- |erire en même temps les armes que #y,— qui semble être très malheureuse, | l'adultère avait en su possession ? car il dans tous les cas, en autant que la pour-|avait une luuette d'opéra et un mousuite y est concernée. Le savant con-|choir blanc—objets aussi propres à causeiller du gonvernement déclara qu’il {ser la mort de l’adultère que les armes avait fait cette question au témoin dans [de l'accusé. Pintention de l’induire à discerner ce (Ildétinit le crime de meurtre, d’après gui avait vu de ce qu’il avait entendu.|les plus hautes autorités, et établit la ous vous souviendrez d’avoir entendu |distinction entre ce crime et le meurtre sans préméditation ; le premier étant commis d’une manière délibérée, avec malice préméditée ; l’autre l’étant dans un état d’excitation, Pexcitation de la passion qui doit être contrôlée, mais qui ne l’est pas,—et sans malice préméditée.)

Je démontrerat que la passion qui ne peut être contrôlée ne rend pas un homme comptable a la loi criminelle. Mais la grande question, c’est de savoir dans quel état moral était le défendeur, au moment où il tua l’homme qui avait souillé la pureté de sa femme? Il est

Phonnête juge sur le banc dire, —et ses LL wétaient pas l'effet d’un esprit e sévérité, mais une bienveillante réprimande,— que lorsqu'un témoin est placé dans la boîte, n’importe la manic- %e dont les questions sont fuites, il doit dire toute la vérité et rien que la vérité, et qu’il est du devoir de la cour de protéger le témoin, afin qu’il puisse dé- @larer tout ce qui est à sa counaissance.

we Est-il quelque chose dans ce procès qui demande qu’il soit fait de la manière dont il l’a été. Pourquoi n’y eut-il que les détenteurs de propriétés d’admis | parfaitement immatériel de savoir de ans ce juré? Pourquoi la poursuite |quelle manière la mort fut infligée—soi! #et-elle examiné ses témoins d’une ma- |qu’elle lait été par un seul où par trois nière particulière, afin d’exclure cer-|coups de feu, soit que le défunt ait été täins faits particuliers qui auraient pu,|tué debout ou non. La question est celledans l’examen de la preuve, tourner en |ci: quelle fut l'influence de la provocafaveur du défendeur ? C’est à vous qu’il |tion sur l'esprit de l’homme qui a tué? appartient de se rendre compte de ces |Quel était l'état mental du défendeur incidents extraordinaires qui se sont |au moment où il tua le défunt ? moduits dans la ligne de conduite suivie | Après avoir donué lecture de différ la poursuite. Une autre chose fort |rentes autorités légales, M. Graham marquable, c’est Papparition d’un as- {ajouta : Ni vous pouvez trouver un vertant conseiller pour la poursuite. dict contre la personne du mari qui tue "Je suis informé que ce conseil extra- | l’homme qui a violé le lit conjugal, alors ordinaire n’a pas été assigné par acte |je m'adresse à des hommes qui ne sont du gouvernement; c’est à vous de dire | pas ce que je les crois être. Je vous #i le présent cas justifie ce procédé. Une |ai donné la définition des crimes de äütre chose à remarquer, c’est le carac- | meurtre et d’homicide simple. Il vous appartieudra de déclarer si ce cas tombe dans l’une ou l’autre de ces définitions et s’il est le fait d’un cœur criminel, Si c’est un crime pour le mari de défendre

foduction, réfléchissant du crédit sur esprit dont il « émané et marqué au

{6 PROCES l'autel de son humble famille, et si la mort lui est infligée parce qu’il le défend, alors le plus grand honneur qui puisse être conféré à aucun homme, est de mourir pour une pareille cause.

M. Graham établit ensuite ces diflérents points, à savoir : Lo les lois car nes ne prohibent pas là jouissance des droits de l’homme ; 20 l’umour est parfait par la loi divine, sans être cependant régi par la loi humaine ; 30 la loi divine confère des devoirs, et les exécuter ne constitue pas un CTIIme: Ces deux premiers points doivent être considérés

ensemble. | Die, | Votre système légal n’atteint pas tous

les cas. Il y a certains torts ue sont pas punis ; conséquemment unique loi, alors, est celle que le doigt de Dieu a tracée dans le cœur humain—la loi de la nature humaine et l'instinct. Quand la loi ne nous protège pas, nous sommes rejetés sur nos propres instincts, et nous avons le droit de nous défendre contre le mal. La conservation personnelle est la première grande loi de la nature,— et l’orateur en donne des exemples. Il maintient que, par la loi de Dieu, il est permis de tuer l’aduhäre. Si la Bible établit que l’homme a le droit naturel de protéger sa femme contre line telle flétrissure, il n’est pas au pouvoir de la loi humaine de lui enlever ce droit.

Vous n'avez pas pourvu dans ce district à la protection du mari contre l’adultèe. Le résultat inévitable est que vous êtes rejetés sur le principe de la défense personnelle, vous et les vôtres. Ne désirez-vous pas être en sûreté contre le brind ? Combien plus contre l’adultère !

La loi vous dit que si le brigand vous trouble pendant la nuit, vous pouvez prendre sa vie ; Mais elle permet que votre maison soit polluée par la présence de l’adultère. La raison pour laquelle la société n’a rien pourvu contre l’adultère, c’est qu’elle considère qu’il est juste que tout homme se défende contre Jui, et ce droit est parfait sous la loi divine. Il n’est rien dans cette doctrine qui soit révolutionnaire ou subversif de la paix et du bon ordre de la société. Il n'existe aucune loi dans ce district qui vous enlève vos droits domestiques.

Quant à l’enormité du crime d’adultère, l'acte en est flétri par Dieu lui-même.

I n'est pas nécessaire que, pour la Jus-

ga

SICKLIS

tification de celui qui tue ladutère, le criminel soit pris sur le fait; il suffit que celui qui le tue soit si près de la vérité qu'il ne lui reste aucun doute à l'égard de la culpabilité de celui-ci.

Nous regardons ce point comme trèsimportant.

Je dis que si la société ne vous a pas protégés dans la chasteté de vos femmes, c’est une preuve conclusive que vous avez le droit naturel de la protéger, tout autant que vous avez le droit de protéger vos propres existences.Ce serait outrager la décence que de comparer lu félonie à l’adultère. La Bible nous enseigne que l’un des crimes les plus graves est l’adultère. On pourra dire que Sickles avait un recours civil à exercer contre Key, si ce dernier avait défloré sa femme, et que, malgré qw’il ne pût poursuivre Key criminellement, il pouvait recevoir une compensation pécuniaire. Quel est l’homme dont les pluies pourraient être cicatrisées par le sal argent qui sortirait des poches de celui qui aurait souillé sa femme?

Si un homme entre dans votre maison contre votre volonté et qu’il se couche dans votre lit, c’est un délit, et vous pouvez employer la force pour le faire sortir ; et cependant s’il s’y couche avec votre femme et lui ravit ce qui ne peut être restauré, il n’a droit à aucune réparation quelconque, d’après la position hypothétique de la poursuite. Il existe certains rapports auxquels la loi attache les plus grandes responsabilités et qu’elle investit de pouvoirs considérables ; ce sont les rapports entre le parent et l’enfant, le mari et la femme ; ils sont les plus saints et les plus chers. L’attachement qui lie le frère avec la sœur est celui de l’amour, car ils sont sortis des mêmes parents ; mais la connexion entre le parent et l’enfant, le mari et la femfemme, est fondée sur la loi divine, et celle-ci étant la plus faible, c’est le devoir et le droit du mari de la défendre ; c’est son devoir de la protéger contre sa fragilité autant que contre la violence du brigand.

On a dit avec raison : “ fragilité, ton nom est la femme.” Un homme qui obtient les affections de la femme d’un autre est aussi coupable que celui qui la déflore par le viol. C’est le devoir du mari de contrôler ses affections et de

ue l’adutère, le e fuit; il suffit it si près de la aucun doute à té de celui-ci.

nt comme très-

> ne vous à pas té de vos femconclusive que el de la protéavez le droit de Lences.Ce serait de comparer la Bible nous enes les plus graourra dire que rs civil à exerrnier avait démalgré qu’il ne minellement, il mpensation pémme dont les catrisées par le s poches de ceemme ?

ans votre maiet qu’il se couin délit, et vous 2e pour le faire y couche avec ce qui ne peut à aucune répaès la position suite. 1l existe s la loi attache ilités et qu’elle sidérables ; ce parent et l’ende ; ils sont les ers. L’attacheec la sœur est sont sortis des bnnexion entre ari et la femloi divine, et ble, c’est le dee la défendre ; éger contre sa re la violence

fragilité, ton omme qui obà femme d’un 1e celui qui la le devoir du fections et de

veiller à ce qu'elles ne lui soicut pas enlevées par l’adultère. C’est une offense aussi grave, quoiqu’elle consente, que si elle était victime d’une violence réelle, En Angleterre, jusqu’au treizième statut d’Edouard I, l’adultère et la fornication étaient des offenses contre la loi commune; mais ils furent ensuite transmis à la jurisdiction des cours spirituelles. Il ‘existe une déclaration du parlement britannique par laquelle l’adultère est mis au nombre des péchés mortels, et doit être puni ecclésiastiquement pour le salut de l’âme.

Par la loi commune du Maryland, dérivée de l’Angleterre, et qui prévaut actuellement dans le district de Colombie, l’adultère n’est pas une offense. En conséquence un statut est requis pour déclarer que l’adultère est une offense ‘punissable par les tribunaux judiciaires de cette localité. Quatre Etats de l'Union ont déclaré l’adultère un crime punissable, le Massachusetts, la Virginie, l'Ohio et la Pennsylvanie. Dans le premier de ces états l’adultère est puni de deux ou trois ans d’emprisonnement, mais cette punition est disproportionnée.

Vous, messieurs, vous siégez ici pour prononcer l’appréciation faite par un jury américain de la valeur du lit conjugal.

C’est le grand principe de votre verdict, et sur ce principe vous allez déclarei si vous voulez jeter la terreur dans le cœur de l’adultère, ou si vous allez l’encourager dans ses actes et le laisser répéter son -crime.S’il vous entend dire qu’un homme qui ôsera prendre sa vie jouera la sienne, vous portez le plus violent coup au cœur de la moralité qui lui ait jamais été porté par un jury américain.

C’est un principe légal bien établi, que la maison de tout homme est son château, aussi sacré à lui-même qu’à sa famille. Ce terme est celui de la loi. Il ne signifie pas des murailles fortifiées.

C’est une image qui doit démontrer que la cabane la plus humble même est autant la forteresse qui doit protéger la famille d’un homme que la forteresse destinée à des fins défensives. Si vous invitez un homme duns votre maison, et qu’il convoite votre femme ou votre

… fille, il est aussi coupable que s’il y était | entrécontre votre volonté. Vous auriez

droit de l’éconduire. S’il y entre avec €

SICKLES 17 un cœur impur, 1l abuse de votre permission.

Un des caractères aggravants du présent cas, c’est que M. Key entrait dans la demeure de M. Sickles en qualité d'ami. Nous montrerons qu’ils étaient aussi intimes que ces deux êtres humains, les jumeaux siamois, qui sont liés ensemble par un lien qui les rend indissolubles, Les cœurs de ces deux hommes ont pour ainsi dire battu ensemble. Leurs cœurs paraissent avoir eu des pulsations alternatives, en autant que leurs relations personnelles y sont concernées. Anssi, quand M. Sickles invitait M. Key dans sa maison, et que celui-ci y entrait pour opérer l’avilissement de sa femme, il était aussi coupable que s’il y était entré sans y avoir été invité ; car, lorsqu'un époux invite un ami à venir chez lui, il l’invite, de fait, à se départir de toute souillure.

La personne de la femme est la propriété du mari, et la femme ne peut disposer de sa pureté ; et si elle en dispose, le mari a le même droit contre l’adultère que s’il la lui avait ravie.—Il cite, de Wheeler’s Criminal Cases, le procès du gouvernement vs. Ryan, pour montrer que si la vertu de la femme ne repousse pas l’adultère, qu'elle fasse intervenir la crainte du mari. Il cite aussi d’autres autorités à cet égard, montrant wen défendant sa femme, le mari se défend lui-même.

L’orateur se propose d’arguer sept points, savoir : — 1° Jusqu’à quel point le gouvernement est tenu de faire le procès du défendeur, et quelle preuve doit satisfaire !» jury ; 2° Jusqu’où l’on doit présumer que l’ancienue règle touchant la malice peut prévaloiraujourd’hui dans l’administration de la justice criminelle, et jusqu’à quel point elle esc contrôlée par la présomption fondamentale que tout accusé est supposé innocent jusqu’à ce qu’il ait été trouvé coupable ; 3’ L’énormité du crime d’adultère d’après la Bible ; 4° La raison du principe de l’ancienne règle qui pallie l’acte commis par le mari qui découvre l’adultère ; 5° Quel fut l'effet de la règle qui réduisit cette offense à l’homicide simple, et le rendit équivalent à nn acquittement ; 6° Jusqu’à quel point la provocation du défunt affecta l’esprit de l'accusé de manière à le placer au-dessus

IS PROCESS de toutes les conséquences légales ; 7° S'il s’est écoulé un temps suffisant pour que sa passion ait pu se refroidir.

Nous attaquons la théorie de la poursuite. L’accusation doit être établie par la poursuite, sur la preuve et non pus avec des présomptions. Nous disons que l’ancienne règle de la loi—que l’action de tuer est une preuve présomptive de malice—n’existe plus, C’est sur des faits, et non pas sur des présomptions, qu'un homme doit être condamué pour une offense comportant sa liberté et sa vie.

Le jury ne peut convainere que s'il croit conciencieusement que la présomption embrasse les faits. Suivant l'argument du procureur du district, la loi présumeruit, du moment que la simple action de tuer est prouvée contre un homime,qu'il y a malicia cogaté dans son cœur. Telle

SICKR LES

de convaincre un homme sur la preuve qui est devant vous et qui a été faite par la poursuite.

La présomption cardinale de la loi est que tout accusé doit être cru innocent jusqu'à ce que sa culpabilité ait été prouvée. Non pas, dit la poursuite ; lu loi doit présumer que M. Sickles est un meurtrier, parce qu'il est prouvé qu'il a déchargé son pistolet dans la poitrine de sa victime. La poursuite ne doit-elle pas prouver que le prisonnier était alors sain d'esprit et de mémoire ? Oui, elle y est obligée. Le seul effet d’une semblable présomption est d'empêcher que recours puisse être obtenu contre la poursuite.

Le serment d’un jury Pastreint à faire une vraie délivrance suivant la preuve. Non pas, dit le procureur du

n’est pas la présomption de la loi, Quant | gouvernement ; le jury doit agir sur la à lui-même, il présumerait plutôt que | présomption légale. Mais le serment

celui qui a commis l'acte était aliéné, dans le cas où aucun motif ne pourrait être montré. A ce sujet il réfère à une décision dans le procès du gouvernement vs.MeCanne, Srith's Reports.C’est le devoir de la poursuite de prouver son accusation. Si elle allègue que l’action de tuer dans le présent cas n’était pas justifiable elle doit le prouver. Elle ne l’a pas fait. Le juge Brown, dans le procès auquel il vient de faire allusion, décida que la preuve de malice et des motifs était d’abord nécessaire de lu part de la poursuite.

La règle de la présomption origina dans le temps où la propriété du félon retournait à la couronne,et alors qu'il était de l'intérêt du gouvernement de convaincre les accusés. Il prétend que état de l’esprit de l’offenseur devait être établi aflirmativement par la poursuite. Nous pourrions demander ce matin même l’acquittement de M. Sickles, On en connaît assez sur cette afluire pour amollir les cœurs qui n’ont pas été tranchés de linébranlable chêne noueux de la morale ; car, dans l’agonie de son esprit, lorsque l'acte fut commis et qu’il retomba dans une espèce d’aliénation, il s’écrie, en proie à sa douleur: “ [la entaché,il a souillé mon lit !” Tel était le sentiment qui dominait son esprit. Douze Indiens, sur lesquels la lumière de la civilisation ne se serait jamais épanouie, repousseraient avec indignation l’idée

d'un jury,je puis le dire, ne peut être racheté que si, regardant je Créateur en face, il peut déclarer que tous les faits sur lesquels il a bâsé son verdict sont des faits prouvés par les témoignages entendus.

L'orateur passe à la seconde proposition, savoir, si lu règle par laquelle la loi présume la malice en raison de la simple action de tuer, fait maintenant partie de la jurisprudence criminelle du pays. Il maintient la négative et cite du vol. XXII des State Trials, p. 60, le procès de Mawgridge ; Blackstone, p. 302, et le procès de MeCanne, dans lequel la cour fut d'opinion que le prisonnier devait être acquitté, parce que l'avocat du district s'était borné simplement à prouver Pacte de tuer.

A-t-il été prouvé quoique ce soit dans le présent cas qui corresponde à la définition du meurtre par Blackstone? Non.

Par la décision intervenue dans le procès de MeCanne, le juge déclara que pour constituer le crime de meurtre, la preuve des motifs ou de la volonté devait être ajoutée à celle de l’acte. En estil ainsi dans le présent cas,ou M. Sickles était-il, au moment de l’homicide, tellement sous l’action impulsive de l'instinct qu’il ne pouvait se contrôler, et qu’il fut poussé, comme une simple machine, à la commission de cette prétendue tragédie?

Il peut être tragique de verser le sang humain ; mais je maintiendrai que ce

me sur la preuve qui a été faite

nale de la loi est re cru innocent Ipabilité ait été la poursuite ; lu l. Sickles est un st prouvé qu’il a ns la poitrine de ite ne doit-elle unier était alors aoire ? Oui, elle ffet d'une seml'empêcher que tentt contre la

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conde proposir laquelle la loi ison de la simaintenant parcriminelle du gative et cite Trials, p. 60, Li Blackstone, cCanne, dans bn que le pritté, parce que borné simpletuer.

ie ce soit dans ude à la défikstone ? Non.

> dans le prodéclara que le meurtre, la volonté de- ’acte. En estoù M. Sickles micide, tellee de l'instinct er, et qu'il fut machine, à la due tragédie?

erser le sang drai que ce

d'est pas une tragédie que de tuer l’adultère ; son crime ôte à l’acte ce caractère. L'adultère meurt aussi justement | que ces hommes qui ont été exécutés hier, dans les limites de l’état du Marylaud. Ils ont été condamnés par la loi.

Quelle était leur offense ? Ils avaient versé le sang humain. Cette offense n’est pas plus grave que celle du défunt, car il a renversé l'institution divine du mariage, établie et créée rar la main du ‘Tout-Puissant.

Nous prétendons que la règle est que la poursuite, prouvant la déclaration du| prisonnier, cette déclaration doit être tenue comme vraie jusqu’à ce que la fausseté en ait été prouvée. La déclaration | du prisonnier fut que Key avait déshonoré son lit, et que, sous l'effet de ce tort, il avait tué Key. La poursuite devait prouver que Key n'avait pas pollué la femme de Daniel E. Sickles ! A-telle démontré que cette déclaration était fausse, ou s’en est-elle remis au jury? Admettre que telle fut la rai-

..son de l’acte, c’est amener l’investiga-

tion à son terme.

Je prétends que cet acte était de sain droit et que le fait est maintenant prouvé que Philip Barton Key séduisit la femme de Daniel E. Sickles, et que, pour cette raison, M. Sickles, dans un transport de colère, l’envoya rendre un compte sévère à son Dieu. C’est ainsi que le cas: est posé devant ce jury.

Nous pourrions done soumettre le cas au jury dans l’état actuel du témoignage ; car il est une règle bien établie — par laquelle la déclaration d’un prisonnier, lorsqu'elle est prouvée par la poursuite, est considérée comme vraie, jusqu’à ce que la poursuite ait démontré, aleunde, que cette déclaration est fausse. C’est là le secret de l’ingénuité de notre savant ami. La position de Daniel E. Sickles doit-elle étre considérée de manière à le convaincre de meurtre ?

Est-ce en tranchant et cette partie-ci et cette partie-là de la vérité, ou est-ce sur la moralité du présent cas que nous devons attendre dans cette cour l’action du jury ? Que ressentireriez-vous si l’on vous mettait un bandeau sur la vue et que l’on vous forcerait de rendre un verdict, lorsque vos sens et vos facultés he seraient pas convaincus? Un tel de-

PROCÈS SICKLES> 19

voir ne sera pas exigé de vous en cette occasion.

La poursnite a débuté par un faux pas. La défense n’est pas tenue de prouver l’adultère, quoiqu’elle puisse le faire devant le jury de la manière la plus dégoûtante. Nous pourrions montrer,nonseulement que Key fut un adultère, mais qu’il était l’ami prétendu de Daniel E. Sickles, et qu’il a abusé de la confiance même de son ami.

Je crois en la maxime: de mortuis nil nisi bonum, (ne parlez des morts que pour en dire du bien.)Il a été dit que “le mal que font les hommes leur survit; le bien est souvent enterré avec leurs os.” Cet axiome est vérifié en ce moment; mais non pas dans le but de noircir gratuitement la mémoire du défunt. Je le laisserais où il repose ; mais comme il est un fait dans lu cause, et vuque sa conduite est un autre fait dans cette même cause, il est nécessaire de l’exhumer. J’ai un devoir à remplir.

Je procède donc à la considération de ma troisième proposition—l’énormité du crime d’adultère, comment la loi Pot précie comme provocation et de quelle manière elle le considère par rapport à Pacte dont il est la cause.

Si j'abuse trop longtemps de la patience de votre honneur ou du jury, j'espère en être averti, car je n’ai pas d'amour-propre à satisfaire ici. Si Je puis réussir à faire rendre la liberté à mon ami, la mesure de ma gratification sera non-seulement comble, mais surabondante. Si j’ui de l’ambition, ce n’est pas ce qui me guide en cette occasion. Je vais d’abord considérer la gravité de l’adultère aux termes de la Bible, et, ensuite, aux termes de la loi commune. Quand le Tout-Puissant envoya un profond sommeil à Adam et qu’il prit une de ses côtes et en fit la femme, il l’amena à Adam :—

Alors Adam dit: ‘“ Et cette fois celle-ci est l'os de mes os et la chair de ma chair ; on la nommera hommesse, car elle a été prise de l'homme.”

C'est pourquoi,l'homme laissera son père et sa mère, et il se joindra à sa femme, et ils seront une même chair.

Alors que le Sauveur était en Judée, il se servit presque du même langage, quand des Pharisiens essayèrent de le tenter, au sujet du divorce :—

Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair, Que l'homme ne sépare donc point ce que Dieu a uni.

Quand Abraham descendit en Egypte en raison de la famine, Saraï, sa femme, passa pour sa sœur. [l craignait la mort en raison d'elle. Les principaux de la cour de Pharaon lu virent et l’'emmenérent à Pharaon. Le Seigneur frappa de grandes plaies Pharaon et sa maison.

Et Pharaon appela Abraham et lui dit:

K Qu'est-ce que tu m'as fait ? Que ue m'as-tu averti qu’elle était ta femme ? ”

“Pourquoi as-tu dit, c'est ma sœur ? Et je l'avais prise pour être ma femme; mais maintenant, voici ta femme, prends-là et t'en va.”

Il en arriva ainsi lorsque Abraham habita Gérar.

Le septième commandement dit :—

Tu ne commettras point l':Aultère.

Et le dixième commandement dit :—

Tu ne convoiteras la femme de ton voisin.

L’adultère est ainsi condamné dans le Lévitique, chap. 50, v. 10 :—

Et pour l’homme qui aura commis adultère avec la femme d'un autre, puisqu'il a commis adultère avec la femme de son prochain, on fera mourir l’homme et la femme adultères.”

Et encore dans le Deutéronome, ch.

Quand on trouvera un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, tant l'homme qui & couché avec la femme que la femme ; et tu ôteras le mal d'Israël.

Moïse mourut en l’an 2,558 du monde, 1,445 avant la mort du Christ.

Josué lui succéda. Josué lut au peuple, sur la montagne d’Hébal, une copie de la loi de Moïse, écrite sur des tables de marbre, et cette loi fut acceptée par le peuple.

Le jury remarquera qu’en ce tempslà le gouvernement judaïque était théocratique, c’est-à-dire que Dieu régnait.

Il continua d’en être ainsi jusqu’en l’an 1095 ou 1065 avant Jésus-Christ, sous Saül, le premier roi. Quand les Israëlites assiégèrent Rabbah, David était à Jéruselem, où il commit l’adultère avec la femme d’Uriah. Dieu le menaça de mort. David s'étant repenti, Nathan dit :—

Dieu te pardonne ton péché, tu ne mourras pas.

Le savant procureur rapporte alors l’histoire de Tamar,séduite par Amnon, IT Samuel, ch. 13, v. 1—39— :

Alors Amnon dit à Tamer, sa sœur: Appor-

SICKLES

te-oi daus le cabinet ce que tu m'as apprêté, et que j'en mange de ta mainu.‘‘Et Tamar prit les beignets qu'elle avait faits et les apporta à Amnon son frère dans le cabinet.

Etelle les lui présenta afin qu'il en mangeät, mais il se saisit d'elle et lui dit :‘‘Viens, couche avec moi, mn sœur,’

‘Ét elle lui répondit : Non, mon frère, ne me fais point violence ; car cela ne se fait point en Israël. Ne fais point cette action infime.

Et moi que deviendrais-je avec mon opprobe ?

et pour toi tu passerais pour un insensé en Israël. Maintenant donc, parles-en, je t'en prie, au roi, et il n'empêchera point que tu ne m'aies pour femme.”

Mais il ne voulut point l'écouter, et il fut plus fort qu'elle ; il lui fit violence et coucha avec elle.

Ensuite Amnon eut pour elle une très-grande haine ; et la haine qu'il lui portait était plus grande que l’amour qu’il avait eu pour elle. Ainsi Amnon lui dit : ‘‘Léve-toi, va-t-en.”

Et elle lui répondit : ‘Tu n'as aucun sujet de me fuire ce grand mal, que de me chasser, après ce que tu as fais avec moi;” mais il ne voulut poiut l'écouter.

Il appela donc le garçon qui le servait, et lui dit: “Qu'on la chasse maintenant d’auprès de moi, hors de la maison, et ferme la porte après elle.”

Or, elle était vêtue d’une robe bigarrée ; car les filles du roi qui étaient filles, étaient ainsi hubillées. Celui donc qui servit Amnoo, la fit sortir de la maison et ferma la porte après elle.

Alors Tamar prit de la cendre sur sa tête, et déchira la robe bigarrée qu’elle avait sur elle, et mit sa main sur sa tête et s'en allait criant.

Il continue en ces termes : Deux ans après, Amnon tomba au pouvoir d’Absolon, et celui-ci ordonna à ses serviteurs de le tuer. Ils exécutèrent cet ordre et Absolon s'enfuit à Geshur, où il demeura deux ans, puis il retourna à Jérusalem. Il demeura deux ans à Jérusalem sans voir la figure de son père.

Quand son père le fit demander, il vint à lui, et le roi embrassa Absolon. Le sort du séducteur est peint dans cette histoire ; il est le même que celui de l’adultère. Il n’y a pas de tempérament à une pareille offense. Parler d’amoindrir la provocation qui consiste à souiller la femme d’un autre! Une simple injure personnelle peut se refroidir ; mais si M. Sickles est de sang-froid maintenant, il est plus qu’un être humain !—1l cite encore à ce sujet l’histoire de Dinah, ravie par Sechem.

Malaéhie, le prophète, qui vivait 430 ans avant Jésus-Christ, a dit sous l’inspiration de Dieu :—

oo

Je m'approcherai de vous pour juger et je me hâterai d'être témoin centre les adultères.

enn étai:

style tré € ‘de |’ 8e c effre de ‘Bib ‘fem jug aux teté ipas anjr ‘fen ' ‘con du Ile soit end n’a

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a qu'il en mangeät, dit :‘‘Viens, couche

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robe bigarrée ; car illes, étaient ainsi ervit Amnon, la fit a porte après elle.

andre sur sa tête, et elle avait sur elle, s'en allait criant.

mes : Deux ans pouvoir d’Absoses serviteurs ent cet ordre et shur, où il deetourna à Jéruk ans à Jérusade son père.

mander, il vint a Absolon. Le bint dans cette e que celui de e tempérament 'arler d’amoinonsiste à souil- ! Une simple se refroidir ; de sang-froid qu’un être huce sujet l’his- Sechem.

qui vivait 430 dit sous l’ins-

pour juger et je re les adultères.

PROCÈS SICKLES 9!

Dans le Nouveau Testament le Sauveur enjoint ce précepte en termes positifs. La pensée de ladultère dans le cœur est ainsi réprouvée dans le Sermon | sur la Montagne :—

tère reste impuni? Non; elle vous re-

jette sur la loi de votre cœur,—c'est là

le réceptacle de vos instincts; suivezles et vous exécuterez la volonté divine. Si tel n’est pas le raisonnement de la

“ Vous avez entendu qu'il a été dit aux an- | s0ciêté, alors la société n’a pas rempli

ciens : ‘Tu ne commettras point adultère.”

Mais moi je vous dis que quiconque regurde une femme pour la couvoiter, il a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur,

L'homme qui a convoité la femme de son voisin à commis une faute qui appelle la justice du ciel autant que s’il avait souillé sa personne ; de sorte que le but de la Bible est de détruire ce crime à son germe, et de faire même un crime de la simple intention entretenue à l’égard de la femme d’un autre. Il n'y a qu'un pas de l’intention à l’acte ; et, en conséquence, pour empêcher l'acte, la loi divine prévient même l'intention.

Les apôtres prêéchèrent ce précepte.

St.-Paul, dans son épiître aux Romaius, chap. XII, v. 8 et 9, dit :—

Ne soyez redevables à personne, si ce n'est de vous aimer les uns les autres; car celui qui {aime les autres, a accompli la loi.

Car ce qui est dit: “ Tu ne commettras point adultère ;tu ne tueras point,’ etc. ; et s’il y a “quelqu'autre commandement, tout est compris

sommairement dans cetle parole : “ Tu aimeras | ton prochain comme toi-mème.”?

M. Sickles avait-il sur terre un pire |

| . , + ses convention avec Daniel E.

Sickles.

Quelle était cette convention entre lui et la société? Qu'il abandonnerait une certaine partie de sa liberté naturelle et que la société lui donnerait une considération en re nur? Lorsqu’il est entré dans la société a-t-il enlevé sa femme à la protection de la loi? L’a-t-il laissé à la merci d’un adultère reconnu? Non. La société savait que c'était une affaire individuelle, et elle a laissé l’adultère où la loi de Dieu l’a placé, pour être la victime de ce jugement qui est exécuté contre lui par la justice divine qui se sert de l’homme comme instrument. Si vous prononcez un verdict par lequel vous déclariez qu’il n’y a d’autre protection pour votre maison qu’une vile action pour dommages provenant de conversations criminelles entre votre femme et un adultère, alors, messieurs, vos femmes vivent dans une atmosphère bien dangereuse. Si c’est là toute la protection dont vos familles soient entotirées, que l’infamie s’abatte sur vous et que l’or de l’adultère calme

ennemi que Philip Barton Key ? Si Key | vos sentiments blessés. Mais c’est une était venu à lui et lui avait enfoncé un | doctrine qui ne prévaut pas en dehors stylet dans la poitrine, il se serait mon- | de ce district, ct c’est une doctrine qui tré clément. Mais ilse drape des dehors | ne devrait pas prévaloir dans ce district. de l’amitié, et couvert de ce mantenu et| La liberté de ce district devrait être, 8e croyant masqué, il commet le plus | par-dessus toutes les autres sections du effroyable et en même temps le plus vil | pays, un modèle et un exemple de liberde tous les crimes. Ces citations de la té pour toutes les autres parties de ce ‘Bible démontrent que la pureté de la | même pays. Le jus gladü, le droit de femme, par rapport à la connexion con- | l'épée réside quelque part.Est-il l’apanajugale, est de la plus grande importance | ge de la Toute-Puissance, où appartientaux yeux de la loi divine ; que la sain- | il à l’offensé? Mais, malgré que lx loi teté de l'institution de la famille ne doit | ne punisse pas l’adultère comme crimi- ‘pas être entachée ; que la violer est une | nel, ne refuse-t-elle pas sa vengeance, hnjure à Dieu, et que le ciel doit la dé- | lorsqu'elle est invoquée, contre le mari ifendre. qui se constitue son propre vengeur ? Et cela m’amène à considérer la se-| L’orateur explique ensuite de quelle ‘conde face de la question : l’énormité | manière la loi commune considère l’a-

du crime aux yeux de la loi commune.

Il est étrange que malgré que l’adultère soit défendu dans le décalogue, en deux endroits différents, aucune loi humaine n’ait saisi et exécuté l’esprit de la loi di-

| vine. Quelle en est la raison ? Pensez- … vous que la société entend que Padul-

dultère comme provocation, et il réfère au procès de Maddy, présidé par le célèbre juge Hale, et à plusieurs autres autorités. Le savant procureur réfère aussi au procès qui eut lieu dans cette même eour, il y a un an ou deux, procès d’un homme accusé du meurtre

du séducteur de sa sœur, durant lequel le juge dit aux jurés que l’état de l’esmit du prisonnier était une chose qui 4 appartenait à eux seuls de considérer,—munière de dire qui fuisait le plus d'honneur à l'humanité de la cour, et le jury, dans ce cus, rendit le prison-

nier à la liberté, après quinze minutes |

seulement de délibérations, L'orateur dit qu’il a cité ces autorités pour démontrer que la provocation lu

plus forte qu’un homme peut donner

à un autre homme est de polluer su femme. Quel est celui que ladultère spolie ? IL produit dans votre famille une postérité illégitime ; il est cause

que le fruit des entrailles de vos femmes |

se mêle avec le bâtard. Ces résultats du

crime co-habitent avec vos légitimes!

enfants. N’en est-ce pas assez pour bouleverser l'esprit de celui qui songe un instant à cela? Lord Holt dit: “ Un adultère est pire qu'un voleur, car il vole à un homme sa postérité.” Penser que le procureur de ce district poursuit les voleurs et les brigands, pour sortir ensuite de cette cour et implorer le ciel de détourner sa vue pour ne pas voir l'énormité de ses crimes, et refuser de protéger lu demeure de Daniel E. Sickles contre le plus grand malfaiteur qui puisse marcher sur toute la surface de la terre, et empêcher le brigand d’y entrer pour laisser l’adultère s’y introduire!

Eh ! lénormité du crime du brigand ne saurait être comparée un instant à l'énormité du crime de l’adultère.

La question que je soumets à votre esprit est :elle-ci: Lorsqu'un homme reçoit une provocation qui excite chez lui sa passion à un degré tel qu’elle ne peut plus être contrôlée, est-il responsable de ce qu’il fuit sous l'influence de cette passion ? C’est folie de punir un homme pour ce qu’il ne peut s’empêcher de fuire, si vous admettez que l’excitation est telle qu’elle ne peut être contrôlée. Vous ne pouvez pas le rendre criminellement responsable de ce qu’il fait sous son action. Tuer un adultère n’est pas se servir d’une arme de la manière comprise dans les termes dustatut de Jean I, quand bien même l’adultère n’aurait aucune arme, car ce statut n’a jamais eu en vue la protection de l’adultère. Emlyn dit que lorsque l'empire romain devint chrétien, c’est-à-dire

SICKRLES

[que lorsqu'il fut établi sur les doctrines |de Celui qui parla comme Jamais homme n'a parlé et qui précha l'humilité et la paix sur lu terre, l'adultère devint un crime cupital, sous le règne de Cons tantin, et il continua d'en être ainsi jusqu'au temps de Justinien et longtemps après.

| Certains hommes sont d'opinion qu’il jen était ainsi, même lorsque l'empire | était païen. Aussi, une fois la société devenue chrétienne, il est chrétien de punir | l'adultère de mort. Celu m'’amène à la quatrième proposition : la raison de la règle qui déclure laction de tuer un adultère où une adultère un homicide simple. Est-elle restreinte à la découverte de l’udultère sur le fuit ? N’admetelle que ce cus? L'homme qui dé- |couvre quelque preuve, après que sa | femme n admis sa culpabilité, corroborant cette admission, n'est-il pas autant la victime de la passion que celui qui surprend l’adultère sur le fait même?

| Cet homme doit-il uttendre qu’il ait découvert l’action du coït, pour |se trouver en dedans de cette règle?

Semblable chose peut arriver ; mais si le mari n’a jamais le droit de punir ladultère tant qu'il ne l’a pas trouvé en état de coït avec sa femme, il n'aurait jamais ce droit. On a dit que le roitelet se divertit et que la petite mouche dorée se livre à la lubricité sous notre vue, mais c’est le seul cas de coït qui ait lieu SOUS 1n10S YEUX.

Or, la position que nous prenons est celle-ci: que de découvrir ladultère sur | le fait signifie qu’il doit être découvert |si près du fait qu’il n’y ait pas de doute sur sa culpabilité. Si vous surpreniez {l’adultère sortant du même lit où se trouve votre femme, n’auriez-vous pas le droit de le tuer ? Si vous le surpreniez sortant de la chambre où est votre femme, dans un état indiquant Pacte qu’il vient d’exécuter, n’auriez-vous pas le droit de le tuer? La question ne se rapporte pas à la manière dont vous les surprenez, mais à ce fait: les parties sont-elles coupables, et êtes-vous satisfaits et convaincus qu’elles sont coupables? N'importe la manière dont la preuve vous en est donnée, c’est la provocation qui agit sur le cœur humain.

Que le fait ait effectivement lieu sous les yeux du mari, ou qu’il en soit con-

val c'es

voc:

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mu mèn cité ble d'u récll la ci Vo stupi Au leurs Com vous :

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sur les doctrines ne jamais homcha l'humilité et lultère devint un règue de Cons.

d'en être ainsi stinien et long-

it d'opinion qu’il lorsque l'empire fois la société dechrétien de punir lu m'amène à la : la raison de la tion de tuer un ‘re un homicide inte à la découe fuit ? N’admethomme qui dée, après que sa pabilité, corroboest-il pas autant n que celui qui r le fait même?

attendre qu’il \ du coït, pour de cette règle ?

arriver; mais si roit de punir l’aa pas trouvé en mme, il n'aurait it que le roitelet te mouche dorée Sous notre vue, coït qui ait lieu

ous prenons est ir l’adultère sur t être découvert ait pas de doute rous surpreniez néme lit où se auriez-vous pas vous le surprebre où est votre ndiquant lacte ’auriez-Vous pas question ne se e dont vous les it: les parties êtes-vous satis- Îles sont coupaanière dont la ée, c’est la procœur humain.

ement lieu sous ’il en soit con-

PROCESS SICKLES 4

Vaincu par des preuves irréfragnbles , jun semblable attachement peut exister c’est parfaitement immatériel, La pro-|entre les individus et le gouvernement vocation est ce que lu loi considère. qu'ils subissent, combien fort doit être Nous disons done que la règle qui ré- | l'attachement qui existe entre les memduit à l'homicide simple l'uction de !bres d’une même famille ! Que la même Wer l'adultère, est exprimée d'une ma-!inviolabilité qui eutoure la reine d’une miére fiuurée, Elle déelnre que l’homme | nation s'attache aussi à lu reine de chaqui en tue un autre pour extse d'adul- !que famille, tère, s'il le tuc lorsque la preuve lui « n | Les légitimes enfants d'un homme ést donnée, sous la passion ulors excitée |devront-ils cohabiter en la compagnie à un tel dégré qu'elle devient incontrô- |des monuments vivants de linconstanlable, ne comporte pas, d'après la loicom-!ce de sa femme? Le fruit des lombes munce, cette criminalité nominule, Le!d'un autre homme partageru-t-il votre Méme grand poëte dramatique que j'ai | patrimoine avec vos légitimes enfants? cité ce matin nous fait voir le miséra- |l'outes les portes vont-elies s'ouvrir à ble Jago enflammant le Maure au sujet | l'adultère ? Les trônes et les couronnes d’une infidélité supposée muis non|ne nous appartenant pas par droit de téclle. Le Maure demande la preuve de | uaissance, que l'égide de la loi entoure la culpabilité, et ago répond :— | la demeure de chuque fimille, Cocu ! Voudriez-vous, vous le surveillant, bailler | Qui voudrait vivre pour voir ce mot Hupidement...,.,0,.4404eoevesrorsosorese affiché sur son dos ? Quel est l’homme Au diable, si jamais d'autres yeux que les !si rude qu'il puisse marcher au milieu leurs sont témoins de leurs amours, Quoi donc ! de ses semblables et souilrir l’idée que Comment! Que dirais-je / il est impossible que , : vous voyiez tout eela, seraient-ils aussi primes quelqu un se moque et rit secrètement que des chevraux, aussi ardents que des singes, de Jui, parce qu il connaît l’inconstanaussi lubriques que des loups en chaleur,et des |ce de sa femme, si toutefois il n’en fous mg gr À M rc jouit pas. Que reste-t-il à faire au mari, rer. 8 sf oba- É Ditités, oi PLavntalion et de fortes KP dans le moment de sa colère et de son Qui vous conduiront jusqu'au seuil de la vérité, désespoir ? L alternative est ou de s’ôter süffisent pour vous satisfaire, vous pouvez être | violemment la vie et de laisser le champ libre au séducteur de sa femme, ou de prendre la vie de celui qui l’a justement

satisfaits.

C'est tout ce qu’un mari peut attentorlute. Rappelez-vous que nous fûmes faits à l’image de Dieu, L'hoinme fut

dre : les imputations et les circonstances

conduisent au seuil de la vérité ; et s’il

n’est investi du droit que quand il ob- [fait pour marcher droit sur la terre, et quand son cerveau reçut le souffle de limmortalité, il fut investi de cette di-

tient plus, alors le droit lui est entière-

ment dénié. Pur la loi d'Angleterre c’est guité de caractère, de cet instinct de la protection qui lui apprirent que son Dieu

üne trahison que de violer la reine consort ou la reine régnante. Nous n’avons

veille à la défense de cette dignité, méme au sacrifice de sa vie ou de celle de

pas de reine ici. Nous n’avons ici d’auson Voisin.

tre gouvernement que le gouvernement des familles. Mais le diadème de l'hon- Cela m'amène à la dernière considération de cette proposition — quel fut

neur de la famille n’est-1l pas aussi cher

et aussi appréciable que celui qui orna

jamais le front d’un monarque? Quel l'effet des règles légales qui réduisirent à

“st l’homme qui ne contemple pas l’hon- | l’homicide simple l’action de tuer, dans

heur de sa famille descendant de père | de telles circonstances ? De la rendre équivalente à un acquittement, et je me propose de démortrer que la règle de la

en fils, avec la même vénération et le

même attachement avec lesquels il concommune qui qualifia d’homicide un tel acte, déclare que ce n’est pas une offen-

templerait l’honneur de la couronne passant des mains du titulaire à ses fu-

se où que c’est une si légère offense qu’elle ne mérite pas de châtiment. —

tures successeurs ? Vous connaissez L’orateur prétend ensuite que vu l’ex-

tous la loyauté de PAnglais pour son gouvernement. La peinture la plus for-

tinction de la forme du châtiment connue dans la loi commune comme le privile-

te qui pue être faite de l’allégéance gium clericale, par lequel un mari con-

serait d'exprimer la loyauté d’un sujet anglais envers son souverain. Si

RE mn

vaincu de l’homicide d'un adultère était marqué d’une légère brûlure à la main, et le statut n’y ayant rien substitué,il n°y a aucune autre ligne de conduite à adopter que l’acquittement de la personne traduite en justice sous de semblables circonstances. — Il cite Blackstone, vol. &,p. 364 et 375, et Foster, p. 288.

L’orateur est ainsi amené à sa sixième proposition : Jusqu’à quel point la provocation reçue par le défendeur agit sur son esprit ou l’affecta, relativement à la prétention de l’exonérer de toute conséquence légale provenant de lPaction de tuer ; si, tant que dura l’influence de la provocation, le défendeur en fut aliéné ; si cette provocation n’opéra pas un état d’insanité mentale suffisant pour laver de toute criminalité l’acte prétendu du défendeur, en supposant que Pacte fut immédiatement et directement occasionné par la provocation. En d’autres mots,si le présent cas est pardonnable ou excusable pour raison d’insanité d’esprit, ou s’il est le résultat de la lascivité et d’une passion ingouvernable; si le défendeur, n'étant pas à blämer pour la provocation, la colère et ses résultats, peut être tenu coupable decrime? Cela, messieurs du jury, est regardé comme l’un des points les plus importants dans cette poursuite. Nous prétendons dire, non pas que M. Sickles était en état d’insanité en conséquence d’une maladie mentale permanente, mais que la condition de son esprit, lors de la commission de l’acte en question, était telle qu’il n’est pas légalement coupable, pas plus que l’état de son esprit a été le résultat d’une maladie mentale. En d’autres mots, la proposition que nous arguons devant le jury est celle-ci :

Il n'importe aucunement de quelle manière un homme devient aliéné ; estil aliéné, c’est-là la question. Que cela résulte d’une maladie d’esprit ou de corps ou d’une provocation, c’est parfaitement immatériel, et les priviléges de Pirresponsabilité appartiennent autant à n’importe lequel de ces cas. La maladie est le plus mystérieux visiteur. Nous avons souvent vu des personnes prises d’un accès de maladie sans qu’elles en eussent reçu aucun avertissement ; ainsi est constitué l’esprit humain. Une transition soudaine détruit l'équilibre du

SICKLES

corps; ilen est précisément de rnême de l’esprit— la réaction est aussi forte sur esprit que sur le corps.

Sous l’ancienne loi, la doctrine de l’insanité était fondée sur une base étroite. Il en réfère à Hale, vol. I, p. 30, pour montrer la difhculté qu’on avait à définir Pinsanité de l'esprit. Nous nions que ce cas présente un exemple de passion incontrôlable, car ces termes impliquent une passion disproportionnée à la provocation. Je réfère de nouveau au procès de Mawbridge à ce sujet. — La poursuite peut vous représenter le présent cas comme le fait d’une passion ingouvernable du caractère de M. Sickles, mais nous pouvons dire que nous vous avons démontré que la provocation la plus forte qu’un homme puisse recevoir est la pollution de sa femme ; et le jury a dû entendre les opinions des savants juristes sur la question de la provocation. Quelle hypocrisie serait-ce que de permettre qu’un homme qui en tue un autre sous le coup d’une passion excitée par un langage outrageant soit placé sur le même pied qu’un homme qui tue le séducteur de sa femme ; et cependant la loi commune regarde le premier cas comme une provocation et réduit Pacte de tuer à l’offense d’homicide simple (manslaughter.)

La loi anglaise était une loi très incertaine à cet égard ; elle a fluctué considérablement. — L’orateur cite plusieurs autorités sur ce point — entr'autres le procès de Chetwynd, celui de Foster, etc.

La défense peut cuncéder à cet égard que la vie Ôtée de sang-froid, ou sous l’influence d’une excitation qui ne proviendrait pas d’une provocation équivalante, est un acte criminel. Mais comment cela affecte-t-il le cas de M. Sickles ? Il n’a pas agi de sang-froid. S'il en a été ainsi, il est plus où moins qu'humain. Il savait, lorsqu'il rencontra M. Key dans l'après-midi en question, que lui,M.Key, était près de sa demeure afin de se préparer un rendez-vous avec sa femme, il savait que M. Key avait loué une maison tout près de la sienne, où pour la satisfaction de sa passion animale, il avait pollué sa femme ; il savait que M.

Key, s’aidant de la position particulière d’un parc et d’une maison de club et d’une lunette d'opéra, pouvait, à aucune distance de sa demeure, facilement voir

sement de rnême n est aussi forte orps.

, la doctrine de e sur une base lale, vol. I, p. 30, Ité qu’on avait à sprit. Nous nions exemple de pases termes implioportionnée à la de nouveau au ace sujet. — La présenter le préd’une passion inère de M. Sicks dire que nous 1e Ja provocation ame puisse recesa femme ; et le opinions des sastion de la provole serait-ce que inie qui en tue ane passion exciigeant soit placé | homme qui tue e ; et cependant e le premier cas 1 et réduit l’acte omicide simple

he loi très incera fluctué consiir cite plusieurs entr'antres le

ui de Foster, etc.

à cet égard que d, où sous l’inqui ne provienon équivalante, Mais comment M. Sickles ? Il . S'il en a été qu’humain. Il a M. Key dans que lui,M.Key, afin de se préc sa femme, il loué une maine, où pour la n animale, il savait que M.

on particulière son de club et vait, à aucune acilement voir

aucunement que M. Key s’y en allait

PROCES SICKLES qi

s’il était prudent pour lui d’en appro- alors être? M. Sickles n’avait pas invicher. Cela doit être bien considéré. té M. Key à cet endroit; il ne savait

M. Key loua cette maison dans une | pas qu’il devait s’y trouver dans ce fatal partie de la ville où il savait qu’aucun | après-midi : l’y voir fut le résultat d’un témoin ne se présenterait contre lui; il accident ; mais lorsque ses yeux l’aplona cette maison, si je comprends bien, | perçurent par hasard, les faits qu’il condans une partie de votre ville exclusive- | naissait déjà frappèrent immédiatement ment habitée par des noirs, supposant, | son esprit, et sous l’effet dun transport que

| a à ses connaissances légales,que des | cette pensée excita en lui, il consomma

its vus par ces gens n’étaient pas vus | l’acte que vous connaissez. D’autres tédu tout. Il résonnait sur la parfaite im-| moignages seront donnés sur ce point; punité de son offense. II se servait de ce | mais j'en parle maintenant afin que vous park qui se trouve situé entre la maison | puissiez apprécier cette partie de la du club etla demeure de M. Sickles, et | preuve qui concerne le motif ou la cause Dr il n’était pas prudent d’être vu | de la condition mentale dans laquelle

ns le park, il pouvait être trouvé à la! M. Sickles devait être dans ce moment. maison du club, où il avait accès àtoute! M. Sickles a-t-il pu agir de sang-froid, heure, regardant par les fenêtres, avec |sous de pareilles circonstances? Con- Paide de sa lunette d’opéra, jusqu’au | naissant ce qu’il avait appris touchant centre même du cercle domestique de | M. Key, lui était-il possible de le voir, M. Sickl 5. même accidentellement, et de conser-

Toutes les armes dont M. Key avait | ver son équanimité ? Et s’il était excité, besoin comme adultère, il les avait dans | était-ce un cas de passion injustement Paprès-midi du fatal évènement. Il n’a- | excitée? S'il s’est trouvé dans un état vait pas besoin d’un deringer pour arri- | d’extrême excitation, cette passion était ver à sou but, quoiqu'il n’y ait aucune | elle excitée à un trop haut degré chez devant vous qui démontre que |un homme qui voyait devant lui le

. Key n’était pas armé dans ce fatal | séducteur insatiable et endurci de sa après-midi. Une des prétentions de la | femme

éfense sera qu’il était dans l’habitude| M. Key ne succomba pas à la tentade porter des armes sur lui. Il n’y a rien |tion dans un moment d’erreur. Ce ne qui prouve qu’il n’en avait pas dans l’a-| fut pas dans un accès subit qu’il souilla près-midi en question. Il était sans dou-|la femme de son ami. I! choisit une te pourvu de tout ce qui était nécessaire | maison spacieuse, séparée de la demeure à la protection de sa vie, dans le cas où | de celui-ci, dans le but d’effectuer en il aurait été découvert. Dans tous les|sécurité son coupable projet. Malgré cas, il était pourvu de tout ce qui lui|qu’il ait quitté la scène des vivants, et était nécessaire pour l’aider dans l’ac- | quoiqu’il ait droit d’être rappelé à votre complissement de ses intentions adultè- | souvenir avec bienveillance, quand en res, savoir, son mouchoir et sa lunette | le fait gratuitement, cependant, en aud'opéra. tant que ce procès le comporte, ses fau- M. Sickles savait que M. Key avait|tes doivent être montrées sous les couloué cette maison ; il savait que M. Key | leurs qui leur conviennent et dans toute était dans l’habitude de porter sa lunet- | leur gravité. te d'opéra et de se servir de ce park| M. Sickles avait-il contribué à causer situé entre le club et sa demeure ; ilsa-|sa propre passion ? S’il avait été sous vait que M. Key était dans l’habitude | linfluence des liqueurs ; s’il avait de se réfugier dans ce club quand il n’é-| provoqué M. Key et qu’il eût alors été tait pas prudent pour lui d’en être en | provoqué par celui-ci, le cas se présendehors ; il savait que M. Key y avait | terait différemment. La provocation fut été constamment vu et qu’il s’y tenait | entièrement causée par M. Key, parce ainsi afin de faire des rendez-vous avec | qu’il avait souillé la femme de son ami sa femme ; d’un autre côté, il ne savait | et essayé de lui cacher sa faute. L’intention est l’âme du crime. Ce doit être ou une intention calme et froide, ou une intention passionnée ; mais quand l’esprit est dans un état de frénésie il est

dans l’après-midi de la rencontre et dans quel but il s’y rendait.

Dans quel état son esprit devait-il

20 PROCESS SICKEEX

incapable de passion, et là nature hu-, de céder a des instincts auxquels il ne muine est dépouillée de sa partie immor- | pouvait résister, fut tenté et poussé pur telle, et l’homme est . soumis aux | l'esprit du mal! Tel est, cependant, le

impulsions qui le pousse! t que si tont | verdict que la poursuite vous demande son pouvoir était dans sa simple struc- ; de rendre contre le défendeur. ture physique. Ce langage rest pas figuré, car s’il n'a

Nous maintenons donc à ce sujet que pas été guidé par Pesprit du mal, il nu M. Sickles, un mument de l'évenement, ! pas commis de crime. S'il s'est laissé était tellement sous le contrüie d'un entrainer par les instincts dont son créaacces de frénésie qu'il n'est pas respon- teur l’a investi, il a cédé au contrôle de sable de son acti on. L'orateur cite lord | la plus élevée des influences, influence Ersksine au sujet des dif lérentes causes | à laquelle il n’a pu résister. Fil n’a pas qui peuvent produire une partielle alié-'à répondre d’autres crimes que cenation intellectuelle. Il y a deux espè- | lui-là devant le tribunal du grand jugeces de folie — intellectuelle et morale ; ! ment, certes, son expiation sera légère. il prétend que M. Sickles à agi sous! L'heure de l’ajournement étant arril'influence de la folie morale. Il cite la: vée, l'orateur suspendit son argumenta- Jurisprudence Médicale de Deane, p.ltion.

188 et 510. Il nie et repousse dédai- — —— wneusement l'idée que 31. Kickles était dans un simple état d'excitation. I] doit !

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