‹ Procès de l'Hon. Daniel E. Sickles [microforme]Chapitre 8 sur 19 · SEPTIÈME JOUR · texte numérisé non relu

SEPTIÈME JOUR

avoir été immédiatement transporté | Luxn1, 11 avril 1859. lorsqu'il vit l’homme qui l'avait lésé,: La cour s’ouvrit à l’heure ordinaire.

sachant qu’il rôdait dans les environs de. M. Graham continua en ces termes sa maison pour y imprimer la trace de | l'adresse an jury qui avait rempli la ses souillures. La proposition de la dé- séance de la veille : fense, dit-il, est la suivante: si la prove -! L'accomplissement du devoir qui lui cation reçue du défunt fut d'une nature !a été dévolu arrivera bientôt à son teraussi grave que celle mentionnée dansime. Si aucune autre raison ne l’en la loi, et si, en conséquence, le défen-!avertissait, son épuisement en serait une deur était dans une faiblesse mentale, | raison suffisante. L'intérêt qu’il ressent en raison de l'influence de cette provo- | | pour le prisonnier doit lexcuser de la “ation, telle que celle qui serait ie ré- tâche qu'il a imposée à la cour et au sultat d’un mal intellectuel qui exo-|jury. Il récapitulera brièvement les arnérerait de la responsabilité de l’action | guments qu’il a soumis. Il a démontré qu'il a commise, il devait en être éga-|que là loi humaine n’atteignait pas tous lement irresponsable sous les circon-'les délits; que cette omission à l’égard stances du présent cas. d’une offense particulière devait simple- Le point cardinal est celui-ci: le dé-|ment nous rejeter sur nus propres infunt était-il en paix avec Dieu et les stincts, réglés par la loi naturelle. IL « Etats-Unis quand il fut tué, et M. Sick- | pré tendu qu’à l’égard des rapports entre les fut-il poussé et séduit par l'esprit du | le mari et la femme, le parent et Penmal quand il le tua. Tel sont les termes | fant, la nature avait institrié des devoirs de l’acte d'accusation. Rappelez- -vous | pour leur protection qu’il n’était nonque si vous le déclarez coupable, s uivant | seulement pas criminel d'exécuter, mais cet acte d'accusation, vons déclarez que | que nous étions obligés de remplir. Ia Satan le poussait, et qu'il n'a pas agi | prétendu que linvitation d’un ami ou suivant les nobles impulsions de sa na-! d'un voisin à jouir de l’hospitalité, imture. Quel verdict atroce serait-ce | pliquait la condition de la part de cede déclarer, sous le serment d’un jury, |lui-ci,que toute convoitise et toute souilque, quand Philip Barton Key reçut la |lure à l’égard de la femme ou de la fille mort, il était dans Ja paix de son Dieu |de celui-là seraient réprimées par l’hôte et de la société, lorsqu2 le fait est patent et bannies de son cœur, et que de s’y qu'il remplissait alors l'œuvre de l’adul- |rendre sons le déguisement d’un ami, tére, et que Daniel E. Sickles, le mari lorsque dans son cœur on est son enneoutragé et injurié, lorsqu'il le tua sous | mi, constituait un abus de la permission l'ofet de ia provocation recue, au lieu ‘accordée, Il a aussi prétendu que la

ncts auxquels il ne enté et poussé pur est, cependant, le ite vous demande éfendeur.

s figuré, car s’il nu prit du mal, il mu +, S'il s'est laissé nets dont son créadé au contrôle de luences, influence sister. il n’a pas crimes que ceal du graud jugeation sera légère.

ement étant arrit son arguinenta-

JOUR

NDI, 1} avril 1859.

’heure ordinaire.

a en ces termes avait rempli la

lu devoir qui lui bientôt à son terraison ne l’en ent en serait une crêt qu’il ressent l’excuser de la à la cour et au ièvement les ar- . [Il a démontré teignait pas tous nission à l'égard re devait simple- Uus propres innaturelle. Il « > rapports entre 2 parent et l’enit'ié des devoirs vil n’était nond'exécuter, mais de remplir. Ila nn d’un ami ou hospitalité, imla part de cese et toute souilne ou de Ja fille mées par l’hôte » et que de s’y ient d’un ami, n est Son ennee la permission étendu que Ja

fémme consente elle-même à livrer sa ébasteté ou non, les droits du mari sont toujours les mêmes à l égard du séducteur ou du ravisseur ; que, moralement parlant, la femme était la propriété du ‘+ qu’elle ne possédait ,au préjudice

ce dernier, aucun droit sur su per- #onne qui lui ns tte d’en disposer en faveur d’un autre

Il a alors examiné ‘comment la Bible êt la loi commune considéraient l’adultère. Puisque la Bible déclare que laduitère est un si grand crime, on doit prposer que notre esprit est revêtu de lan même perception, — en d’autres termes, que le Tout-Puissant représentant ladultère comme une offense aussi grave, il doit nous avoir invesii de la qualité d'esprit nécessaire pour nous le faire considérer sous les mêmes couleurs avec desquelles il le représente lui-même. De Ja manière dont je comprends la loi de tout raisonnement Je dois maintenir que tout pouvoir qui crée le devoir donne la Capacité de le comprendre et de l’apprécier. — L'orateur réfère à ce qu'ont dit s anciens juges : que la Aie est la

age la plus forte de l’homme et l’adul-

ère la provocation la plus sensible qu’il uisse recevoir. louchant la criminali- | x de l'acte de M. Sickles, il croit que

Ja base de toute resnonsabilité consiste en

la possession de cette somme de raison qui rend un homme capable de voir le Aroit chemin et lui donne la volonté nécessaire pour le suivre. L’intention ou la volonté est le principe qui donne la vie au crime. Il est impossible de séparer l'intention du corpus delicti, où du corps de l’offense.

Quoiqu'un être humain ait été tué dans le présent cas, il n°y a pas eu cette volonté ou cette intention chez l’auteur | de l'acte qui, autrement, le rendrait comptable à la justice criminelle. [limporte peu de quelle manière Pins: ité

de l'esprit a été produit, pourvu qu'elle

l'ait été.

M. Sickles n’a cause de la provocation qui a agi sur lui.

IL est parfutement étranger à la conduite de l’adultère. Iln°y a nivé, et la première intimation qu'il en eut fut le motif dominant qui l’induisit

à commettre l’acte pour lequel il a été mis en accusation. Il a démontré que toutes les fois que linsanité mentale était

pas été partie à la|sur le

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alléguée, le jury devait alors s'assurer si la cause de l’insauité mentale était | suffisante pour là produire. Cette ques- |tion est déjà venne devant le juge main- | tenant sur le banc. Il réfère aux directions données au jury par le juge Craw-

ford dans le procès des Etats-Unis contre John Day. Le défendeur, dans ce dernier cas, était accusé d’avoir tué sa femme. La défense se fondait sur l’insanité, la cause de l'acte provenant de la mortification ue par le prisonnier parce que Sa femme avait donué naissance à un enfant, trois mois |après son mariage. Le juge déclara que si le fait de la naissance de Penfant et les impressions cansées par cet événement sur l'esprit de l'accusé avaient été d’une telle intensité que son esprit en était devenu troublé ; et si, dans ces paroxysmes de colère, sa faculté de discerner avait été détruite où suspendue, et qu’il avait comunis l’acte dont il était |acensé, il n’était pas coupable de meurtre; en d’autres termes, si la honte avait agi sur lui au point que son esprit en fût troublé, il n’était pas coupable de meurtre. La honte ne fut que l’une des émotions dont l'esprit de M.

Sickles avait refoulé ; c’est lu loi que {la défense désire enjoindre à ce jury.

Il réfère aussi à à l'opinion de son honneur, lurs du second procès de Day, et particulièrement à ce passage : “Le jury doit savoir que la honte causée par la naissance dun enfant, sous de semblables circonstances, ne peut pas être comparée à la mortification et à Ja honte d’un homme dont la femme a été déflorée.” Le juge déclara, dans ce cas, que :si une certaiue condition mentale avait [été produite par quelque cause prédisposante, le prisonnier n’était pas responsable de son acte. Il réfère aussi à ]a | décision du juge dans le procès de Jarba, accusé de meurtre pour avoir tué le séducteur de sa sœur. Rendu furieux !par la conduite du séducteur, il le tua lieu méme. Le savant Juge dit alors que les faits établis constituaient le crime de meurtre, mais que l'étut

jJamuis con- | mental du prisonnier était un sujet de

considération pour le jury. D’après ces instructions le jury déclara que le frère jétait excusable. Nous demandons si uu frère, qui entreprend volontairement de redresser les torts de sa sœur. est eXo-

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néré par le verdict d’un jury des consé- tance. Il n’y a donc rien qui puisse quences de son action parce que la pro- |avoir été délibéré dans le présent cas. vocation était telle qu’il n’a pu la sup- | La férocité de l’assaut, telle que peinte porter, sur quel principe peut-on établir | par les témoignages, est le fait même une différence ou une distinction tou-|sur lequel , pardessus tous les autres, chant le cas d’un mari intervenant pour | je m’appuierais pour montrer l’état frénévenger l’outrage porté à ses relations | tique de l’esprit de l’homme qui fut l’auconjugales ! teur de cet acte. Ainsi que je l’ai déjà La question que le jury doit considé- | dit, la douleur, le désespoir et la venrer est celle de savoir jusqu’à quel point | geance sont tous des sentiments excités l'esprit du défendeur a coïncidé avec | par une telle provocation, sans qu'aucun l'épreuve subie, dans la perpétration de | ne puisse être retracé particulièrement, Pacte. Vous pouvez répondre à cette | mais chacun d’eux soulevant tous ces question comme époux et comme pères. |éléments de l'esprit dans la lutte enga- Nous n’avons besoin d’aucun livre hu-|gée pour la suprématie. main pour vous instruire des affections| Sous ces circonstances le jury pourradont l'esprit humain est doué ; c’est un |t-il déclarer que la raison exerçait sa sujet dont vous pouvez tout aussi bien | puissance au milieu d’un tel combat de disposer, dans le verdict que vous ren-| passions, tandis qu’il était impossible drez, avec les bons sentiments innés |que l'oreille de son esprit püût donner en vous, que vous pourriez en disposer | audience à la raison ou à la conscience! avec toutes les lumières que je pourrais | Il réfère la cour au procès du major vous donner pour léclaircir. Il vous | Robert Owersley, 17, State Trials, et de appartient de juger de l’accès de fréné-|la reine contre Fisher, pour i/ustrer le | sie dont fut pris M. Sickles au moment | présent cas. Le temps ne peut être un où il rencontra M. Key, sous les circon-|agent de refroidissement ; jamais le stances qui causèrent la mort de celui-|temps ne pourra opérer ainsi durant la ci, car rappelez-vous-le qu’il n’y avait | durée d’une vie humaine : aussi souvent rien de délibéré de la part de M. Sick-|que le souvenir rappelera sa femme à les, dans cette rencontre. Si M. Sickles | son esprit, son exaltation s’enflammera lui avait tendu un piége, s’il avait invité | dans toute sa force. Il réfère au procès M. Key à cet endroit, ufin de pouvoir | qui eut lieu, en Angleterre, d’un homme lui-même s’y rendre armé, dans le but|qui en avait tué un autre parce qu’il

de le tuer, tel que la poursuite l’a repré-|s’étuit rendu coupable de sodomie — dev senté, alors il pourrait y avoir dans le pré- | crime d’un caractère si horrible qu’il ne ler | sent cas quelque chose de propre à nous | devait pas être méntionné au milieu par! effrayer. Mais il n’en est rien. Lorsque | d’une société chrétienne ; le jeune hom- çon Key était dans les environs de la de-| me, âgé de quatorze ou quinze ans, céda âgé meure de M. Sickles il obéissait à ses in-|à la convoitise impie d’un infâme; le fort clinations aussi méchantes qu’impies | père, apprenant le crime, le pourchassa . ten et mauvaises. La férocité de cette |et le poursuivit pendant toute une nuit, jou attaque, telle que la poursuite l’a repré-|et l’ayant atteint, le tua délibérément. me sentée, le caractère meurtrier même | Aucun jury peut-il déclarer que ce cas pel qu elle a essayé de lui prêter, démontrent comportait des sentiments de pureté il e la manière la plus évidente quelle | semblables à ceux qui s’attachent à une pol était la condition mentale qui le poussait | femme ? Il est de l’essence de la nature il! à la perpétration de cet acte. C’est un humaine d’aimer la femme avec une au fait significatif. M. Sickles rencontra M. | tendresse qui ne s’identifie avec aucune Vic Key sans nullement s’y attendre. Il le [autre passion. C’est la plus enthousias- mo rencontra aussi accidentellement que s’il | te, la plus ardente passion qui entoure la A avait rencontré une personne qui lui eût | femme et c’est celle qui lui donne droit fes été parfaitement étrangère, et la féro- | à la protection. Plus l’offense est consi- qu cité même avec laquelle les témoins |dérée, plus elle exalte. Quoique le père disent qu’il fonça sur M. Key et le tua, | eût tué délibérément l’homme qui avait la est une preuve de l’irrésistible impul- | perpétré cet horrible crime, et malgré ét sion qui le poussait, et à laquelle il lui |que le juge enjoignit au jury de le con- | de

était impossible d’opposer aucune résis- | vaincre de meurtre, néanmoins, en face 4

> rien qui puisse ns le présent cas, , telle que peinte est le fait même s tous les autres, ontrer l’état frénémme qui fut l’ausi que je l’ai déjà espoir et la venentiments excités on, sans qu'aucun particulièrement, ulevant tous ces ans la lutte engaes le jury pourra- Ison exerçait sa un tel combat de était impossible prit pût donner à la conscience ?

procès du major tate Trials, et de , pour i//ustrer le ne peut être un ent ; jamais le r ainsi durant la e : aussi souvent era sa femme à n s’enflammera réfère au procès re, d’un homme utre parce qu’il de sodomie — orrible qu’il ne nné au milieu ; le jeune homuinze ans, céda l’un infâme ; le >, le pourchassa toute une nuit, délibérément.

arer que ce cas nts de pureté ttachent à une e de la nature ime avec une e avec aucune us enthousiasqui entoure la ui donne droit nse est consiuoique le père me qui avait ne, et malgré ry de le conoins, en face

de la loi, le jury ne ledéclara coupableque d’homicide simple. On pourrait faire un parallèle entre les deux cas. Dans le remier, le père, après avoir poursuivi ’offenseur durant une nuit entière, exécute la vengeance. Dans celui-ci la conduite adultère de M. Key se présente & l'esprit de M. Sickles au moment où il le rencontre ; en un instant sa déter- Mination est prise ;— et parce que le mari injurié le tue immédiatement, il est mis en accusation comme un criminel ! M. Sickles, n’a pas eu le temps de manifester, comme ce père auquel je Ylens de faire allusion, aucun de ces indices d’insanité mentale tels que ceux ui sont causés par des offenses de ce genre ; il ne peut appeler de témoins, ur prouver l’exaltation dans laquelle il était lorsqu'il commit l’acte ; mais je püis dire que, dans la condition mentale que de telles circonstances peuvent produire naturellement, M. Sickles commit l’acte pour lequel on voudrait le priver de son existence.

Maintenant, messieurs, une briève narration du cas actuel, et je vous le sSüumettrai, en autant que le soin de la

éfense me concerne. Demandons-nous quelles ont été les parties dans ces évèements? Ainsi que je l’ai déjà dit, je de veux pas manquer de générosité à l'égard de M. Key ; j’exposerai les faits devant vous, et je les laisserai vous par-

Ter pour eux-mêmes comme l’humanité

parle toujours sous de semblables circonstances. M. Key était un homme âgé d’environ quarante ans, suis-je informé ; il avait été marié, et, dans le temps même dont il est question, il avait journellement sous les yeux les monuments de cette alliance sacrée qui l’a- Vertissaient de l’odieux de sa conduite ; il avait lui-même contracté le vœu conjugal, il en connaissait la solennité ; il pouvait se dire à lui-même ce qu’il aurait ressenti si sa couche avait été violée, et il pouvait facilement concevoir ce qu’il aurait fait s’il avait découvert l’auteur de son abaissement. Sa profession, de plus, aurait dû imprimer quelque gravité à son caractère.

Il existe des occupations auxquelles la frivolité de la nature humaine doit être étrangère. S’il y a une profession

dans ce monde, à part celle de la chaire » qui, si je puis ainsi parler, peut et doit

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sanctifier la nature humaine,et lui communiquer une gravité qui n’est pas son apanage naturel, c’est la profession à laquelle j’appartiens Le but de notre profession est d’étudier les droits des autres hommes, et de les faire observer.

Le premier des devoirs qui nous sont dévolus, et le dernier dont nous puissions nous exempter, est l’étude des relations sociales et personnelles de l’homme ; l'étude des devoirs qui se rattachent à ces rapports est la première charge et la principale a Tire de notre profession ; conséqueminent l'avocat, pardessus tous les autres hommes, devant aucun tribunal, qu’il soit érigé audessus de l’arche céleste ou sur la surface de la terre, l'avocat, dis-je, doit s'attendre à la considération la moins charitable.

De plus, quelle était sa position? Il était l'officier public de ce district. Il avait été choisi pour veiller à la cause de la moralité et de la décence publiques. Il devait voir à ce que vos maisons fussent protégées contre les séducteurs, les adultères, et toutes les autres espèces de criminels; et, cependant, il se drappe du manteau de l'hypocrisie, vient dans cette cour et poursuit, avec un succès presqu’incomparable, les pauvres êtres qui traînent avec peine leur existence sur la surface de la terre, tandis que lui-même, homme mûri dans le crime, circule au milieu de cette société, non-seulement impuni, mais pas même prévenu. Tel est donc le caractère de cet adultère. Est-il un seul mot en cela qui ne soit pas vrai ? Quelle est la femme avec laquelle il a commis l’adultère ? Elle est assez jeune pour être sa fille. Je ne connais pas ses disposisitions ; mais en raisonnant d’après ses années et la connaissance que nous avons de la conformation mentale de la femme, ce n’est pas trop de supposer que la frivolité, qui est le lot de la femme à cet âge, était son défaut ; qu’elle était susceptible d’être flattée et de recevoir les attentions des hommes, attentions qu’elle regardait comme autant d’offrandes faites à l’éclat de sa beauté.

A cette période de sa vie, le vœu du mariage ne s'était pas imprimé à son esprit dans toute sa gravité ; elle ne se rendait pas compte des termes d’après lesquels elle s’était livrée, corps et âme,

a la possession et an contrôle de son mari. Sil fut jamais uu cas où l’homme fût tenté par une femme, il aurait dû imiter l’exemple de Joseph, qui laissa son vêtement entre les mains de la femme de Putiphur. Le présent cas est uu de ceux qui, pardessus tous les autres, dénote que cet homme succomba à l'empire de ses convoitises ; car, autrement, il aurait dû laisser après lui quelque preuve qui aurait pu rejeter sur la femme la plus grande partie du bläme.

Quel est le muri, dans le présent cas? C’est un homme qui n’a pas toutè-fait le même âge que M. Key; il était connu dans votre ville comme l’un des membres des conseils de la nation; il est de Ja grande métropole comumerciale de ce continent, de cette cité que toutes les parties de Union regardent avec orgueil, etqui,nonobstuntleschoses reprochables qu’on puisse lui imputer, est considéré par tout esprit américain comme la première cité de l'Union; il remplissait ici son devoir; et afin de vous montrer la confiance qu’il a dans la protection qui lui a été garantie par les lois de votre district, en y amenant sa femme et son enfant, il s’en est remis à vous et aux lois de ce district pour le soin de sa protection.

Maintenant, quelle était la nature des relations qui existaient entre M. Key et M. Sickles. Nous avons vu ce qu’elles étuient. Pour ce qui concernait M.

Sickles, elles étaient celles d’une amitié sincère. De la part de M. Key, elles étaient d’une amitié prétendue et avouée, Il est dit dans le Psalmiste : “ si c’eût été un ennemi qui m'eût attaqué, alors j'aurais pu le supporter ; ce n’était non plus celui qui me haissait qui se leva contre moi, car alors je me serais caché de lui ; mais ce fut toi, mon

gal, mon guide et mon ami; nous nous donnions de doux conseils et entrionis ensemble dans la maison du “cis.eur.” Le tort d’un étranger peut ctie-supporté avec patience, mais la perfidie d’un ami est intolérable.

Nous allons vous démontrer, messieurs, que M. Sickles avait intercédé pour faire nommer M.Key à l'office que sa vie privée à dégradée; que tonte l'influence qu'il a pu employer pour lui assurer la haute position d’officier publie à la barre de cette cour fat mise

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dans la balance, afin de l'aider à atteindre le but de son umbition. Nous allons vous faire voir que M. Sickles lui envoya des clients particuliers ; et nous vous montrerons aussi que M. Sickles ayant eu lui-même besoin de services professionnels, se servit de ce A. Key et l’opposa à ce savant confrère, l’un des avocats de la présente poursuite.

Ainsi, il y avait non-seulement entr’eux des relations amicales, mais même professionnelles ; et l’homme qui penserait, sous de semblables circonstances, à en compromettre un autre, serait descendu duns les plus noires profondeurs de l’avilissement,.

M. Key prétendait qu’ilétaiten mauvaise santé ; je dis qu'il le prétendait, parce que, tout en n'ayant pas la force de remplir les devoirs qui lappelaient ici, il en avait assez cependant pour accomplir ses desseins à l'égard de la femme de son voisin. Fil avait dirigé d’un autre côté les eflurts physiques quil mettait à l’accomplissement de Pœuvre adultère, il aurait été aussi compétent physiquement qu'il l'était mentalement, à exécuter les devoirs qui lui étaient dévolus. Mais, tandis qu’il w’aait pas assez de force pour se rendre aux exigences de son devoir, il en avait assez pour soutenir ailleurs les eflorts de la virilité. Il devint un habitué de la muison' de M. Sickles. Ces relations datent, je le crois, de pas moins de six années.

M. Sickles est dans la vie publique ; il était forcé de s’en remettre à la pureté de sa femme, étant souvent obligé de s’ubsenter de la demeure de sa famille pour de longs intervalles de temps et d'abandonner la garde et la protection de sa femme à sa propre chasteté. M. Key prend les dehors d’un ani et fait parade de ces égards que la galauterie semble ordinairement motiver, mais qui, dans cette occasion, furent la base sur laquelle l’adultère chercha à établir sou pouvoir destructif.

Nous vous ferons voir que, dès le 26 mars, 1858, il était rumeur que M. Key déshonorait le défendeur ; M. Sickles le munde chez lui ; lui, Key, s’en remet à ton hônueur comme uu homme; il nie la vérité de l’accusation ; il demande le nom de son auteur, et il envoie des billets à celui-ei et à celui-là set, incapn-

de l'aider à atteinition, Nous allons IT. Sickles lu eniculiers ; et nous si que M. Sickles csoin de services vit de ce M. Ke uit confrère, l’un résente poursuite.

‘ulement entr'eux , inais même prone qui penserait, lrconstances, à en >, seruit descendu rofondeurs de l’a-

ju’ilétait en maulil le prétendait, yant pas la force qui l’appelaient cependant pour s à l'égard de la . S'il avait dirigé eflorts physiques omplissement de ait été aussi comqu'il l’était menes devoirs qui lui tandis qu’il n’a- > pour se rendre evoir, il en avait leurs les efforts t un habitué de es. Ces relations as moins de six

vie publique ; il ettre à la pureté went obligé de re de sa famille es de temps et

la protection de hasteté. M. Key ni et fait parade galauterie semiver, Mais qui, ht la base sur laa à établir sou

que, dès le 26 eur que M. Key r; M. Sickles le y, S'en remet à homme ; il nie ; il demande le envoie des bili-la set, incapa-

PROCESS SICKLES 31 Vle de decouvrir l'auteur de ce qu'il dans la salle, il trouve M, Key ussis à tétend être une calomnie, il écrit ulors | côté d'elle. Aussitôt que M. Key lapà M. Sickles, qualifiant l'accusation | perçoit, il quitte subitement cette femd’être une ridicule et dégoûtante calom- | me. Il n°y avait que son sens intime d’afilé; et cependant, nous vous moutre-|vilissement qui pouvait le décider à se tons que si l'intimité n'existait pas en- | séparer de la femme de M. Sickles. M. éôre lorsqu'il écrivit cette lettre, elle! Sickles retourne chez lui; au nombre existait dans tous les eus peu de jours|des lettres qu’il a reçues ce jour-là, il aprés. ‘trouve un billet anonyme, qui fut l’ori- "Eh bien! messieurs, voyez la fourbe-|gine de la triste découverte et qui sera rie de ce M. Key: il sent combien il| mis devant vous comme faisant partie est vil. Accusé de desseins pervers à |de la preuve de la défense. La substun- Pégard de M. Sickles, il dit : “ C’est le |ce de cette lettre est que M. Key et plus grand affront qui puisse m'être fait,| Mme Sickles sont dans l'habitude de se ét, quelqu’en soit Pauteur, il doit mme | rencontrer dans une maison située sur féncontrer sur le terrain de l'honneur, |la 15e rue, entre les rues Ret L; que äu bout du pistolet.” Il supprime toute | M. Key a loué cette maison dans ce but, communication sociale avec M. Sickles ;|et qu’il y obtient autant de la personne ét ce fut la raison pour laquelle, pour uue!de Mme Sickles que M. Sickles luipériode de pas moins d’une année, quoi- | même. il pratiquât journellement, nul doute,| Le caractère de M. Sickles ne lui au- Ja fourberie contre son ami, jusqu'à ce |rait jumais permis de se fier à une lettre que les conséquences l'en rendirent lu | anonyme, formulée tel qu’elles le sont victime, comme je vais le faire voir ordinairement; c’est un homme d’un dans un instant, — ce fut la raison pour {noble caractère ; 1l aurait regardé la laquelle, dis-je, M. Sickles n’eut jamais | lettre avec mépris. Muis cette lettre est ücun soupçon contre lui. Nous vous tellement circonstancielle, elle entre émontrerons que de ce moment jus-|tant dans les détails — car elle indique qu’au 24 février 1859, les rapports de | même où est située cette maison — et M. Sickles et de M. Key furent parfai- | respire tant de boune foi, qu’il ne put tement amicaux, et que M. Sickles lui | s'empêcher de croire qu’il y avait sujet Manifesta sa confiance habituelle. [à investigations ; il ne douta plus que . Le 10 février, deux jours avant sa |de l’identité des personnes qui visitaient mort, M. Key dîne avec d’autres per- | cette maison. IL découvre qu’il y a une Sonnes à la demeure de M. Sickles ; il] maison à l’endroit indiqué ; que M. Key n’y a amené que sa sœur ; oui, il amène | a loué cette maison, etqu’il est dans l’hasa sœur à la maison de celle qu’il a | bitude de s’y rendre avec une femme, prostituée—car c’est la seule expression | mais que celle-ci s’y rend plus souvent qui puisse être appliquée à la femme | seule, avant ou après lui. Alors la scuic: qui trahit son mari—il accompagne | question qui lui reste à résoudre est de effectivement :1 propre sœur à la mai-|savoir si cette personne est sa femme. son de la femme avec laquelle il culti- Eh bien, messieurs, remarquez encovait cette odieuse intimité. Est-il un |re la fourberie de ce M. Key en choifrère qui voudrait, avec calme et sang- | sissant cette maison. Il était nécessaire froid, conduire sa sœur daus une sem- | pour lui qu’elle se trouvât située dans un blable atmosphère pour en faire la com-|endroit retiré, ou au moins dans une pagne de Ju femme avec laquelle il|section de cette cité où des témoins ne cultiverait une intimité illicite, quelle |se lèveraient pas contre lui, et suffisamque ft la position de Mme Sickles aux | ment près de la maison de M. Sickles yeux du monde? pour pouvoir satisfaire ses convoitises Le jeudi avant la mort de M. Key, |aussi souvent qu’il le désirait ; c’est M. Sickles donnait, chez Jui, un autre |nour cela qu’il choisit cet endroit de dîner. M. Key n’y est pas invité ; il n’y | votre ville qui est habitée presqu’exest pas. Après le dîner, Mme Sickles | clusivement par des noirs. accompagne quelques «inis à un parti! Si ce w’était la presqu'impossibilité

» de plaisir, à l’hôtel Williard ; M. Sick- | où nous sommes mis par la loi de nous

les v arrive après elle; quand il entre | servir de ce genre de témoignage, l’in-

famie de M. Key se déroulerait devant vous d’une manière à vous dégoûter ; la preuve est suffisante, néanmoins, pour parer à cette incapacité dans laquelle nous sommes, et pour l'identifier comme l’auteur de toutes ces misères, de toutes ces disgrâces. — Le jour suivant, M.

Sickles prie M. Woolridge de s’euquérir de l'identité de la personne qui accompagnait M. Key à la maison en question ; M. Woolridge se rend dans le voisinage de la 15e rue, et obtient la permission des personnes habitant la maison opposée, d'occuper une chambre chez eux, le lendemain. Il s’y rend donc, et il y apprend que cette personne a été vue le jeudi, dans la maison louée par M. Key. Il informe M. Sickles de cela, et le jeudi suivant il retourne à son poste et surveille la maison durant cinq ou six heures, mais, ne découvrant rien, il se rend à sa maison de pension, où il apprend que M. McCloss- Key était venu avec une lettre pour lui.

Il était encore à sa maison de pension lorsque M. McClossKey y retourne et lui remet une lettre. Dans cette lettre M.

Sickles, ne voulant rs encore croire à la culpabilité de sa femme, lui dit d’être excessivement délicat dans ses perquisitions, car il a raison de croire que sa femme est innocente. Aussitôt après la réception de ce billet, il se rend au Capitol et voit M. Sickles ; il se trouve dans la nécessité de désabuser l'esprit de M. Sickles et de détruire lespoir qui lui restait touchant la fidélité de sa femme.

Il dit à M. Sickles que tandis qu’il était |'

dans la maison située vis-à-vis celle de M. Key, le samedi, il avait appris que la dernière fois que la personne en:

question s’y était rendue, avec M. Key, c'était le mercredi et non pas le jeudi.

Sans doute que M. Sickles s'étant ainsi convaincu que sa femme n’était pas allée dans cette maison, le jeudi précédent, et apprenant le véritable jour où elle y avait été, sans doute qu’il perdit toute sa confiance ; il se trouva ainsi convaincu que cette personne était sa femme. M. Woolridge lui décrivit les vêtements que portait la personne qui avait accompagné M. Key à l’occasion de sa dernière visite, et M. Sickles reconnut immédiatement que ces vêtements, tels que décrits, étaient ceux de sa femme. La conviction s’emparaît de

SICKLES

lus en plus de lui. 11 retourne chez lui ; il reproche à sa femme sa culpabilité de |manière à lui fuire croire qu’elle a été | découverte, et, croyant à la révélation de sa culpabilité, elle reconnaît son déshonneur et lui donne une confession écrite.

L’orateur peint la douloureuse agonie de M. Sickles en raison de ce qu’il vient de découvrir ; le départ de M. Butterworth qui reconduit cette femme à sa famille demeurant à New-York ; l’accablante afiliction de M. Sickles en proclamant sa honte devant ses amis; le domestique de M. Sickles dénonçant l’adultère qui, en passant devant sa demeure, agite son mouchoir, comme il avait l’habitude de le faire quand il passait en cet endroit, et les domestiques s’écriant : “ Voilà M. Key !” et M.

Woolridge regardant et voyant qu’il en est ainsi. Maintenant, continue l’orateur, il faut croire que M. Key était parfaitement désespéré ce dimanche-là, Il n'avait pas vu Mme Sickles depuis le jeudi. 1l n'avait pu communiquer avec elle par des signaux. Il avait loué une maison inutilement. Des jours s’étaient écoulés durant lesquels il n’avait pu violer l’objet de l’affection et de l’amour de son ami. Comme tous les libertins, il était anxieux de satisfaire ses passions. Ne pouvant leur résister, il rôdait honteusement, ‘au doux rayonnement de la lumière d’un soleil de dimanche,” dans les alentours de la demeure de son voisin.

Vous ne pouvez vous expliquer la conduite de M. Key d’aucune autre manière. M. Butterworth quitte la maison de M. Sickles quelques instants après, puis il y retourne. M. Woolridge fait cette observation : ‘ Pour quelle raison M. Key est-il passé devant la maison ?” Il ne dit pas cela à M. Sickles ; non, car M. Woolridge et M. Butterworth étaient résolus à céler à M.

Sickles, si c'était possible, que cet homme flairait autour de sa demeure avec des intentions déshonorantes pour lui.

Quelques instants uprès, M. Sickles redescend ; il est alors duns un état complet de frénésie.

M. Key avait été vu passant du côté opposé de la demeure de M. Sickles, accompagné d’une dame et d’un monsieur, et agitant son mouchoir, sous le

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rétexte de Pagiter devant les yeux ‘d’un petit chien ; ce procédé était le signul des rendez-vous. M. Sickles ‘ait lors que sa femme avait été dés. ,no- 16e par M. Key; il venait de voir cet homme dans le voisinage de sa demeure faisant ce mulheureux signal ; il sort ‘@n courant dans un état complet de fré- ‘mésie. Si subit et si prompt fut l’évènement que les domestiques n’apprirent #que M. Sickles était sorti de la maison waprès que M. Key eut été tué. M.

2Woolridge vit M. Butterworth sortir seul de la maison, et tandis qu’il regur- #‘dait un stéréoscope sur l’allége de la fenêtre de la bibliothèque, il vit courir des personnes et quelqu'un vint alors ui rapporter ce qui venait d’arriver.

“! Considérez l’état de M. Sickles. La nuit précédente sa femme avait recon- #pu sa culpabilité ; il avait passé la nuit “sans dormir ; — cette nuit s’était écoutlée dans les pleurs et les gémissements.

Ses amis étant venus le lendemain, il ‘ne put s'empêcher de leur faire part de ‘la triste histoire du déshonneur de sa #femme, et, pour couronner le tout, il voit l’adultère déployant son drapeau isous ses propres yeux, dans le but :d’attirer sa femme horsde la demeure qui #aurait dû la protéger. C’est à vous, mes- ‘sieurs, qu’il appartient de déclarer, d’a-

- rprès ces faits que nous allons prouver

{devant vous, quel doit avoir été la con- -dition de lesprit de M. Sickles au imoment où il se rendit à cette scène -dont la mort de M. Key fut le résultat.

: Un ou deux faits de plus et je termine.

Pourquoi M. Key était-il continuellement dans les environs de la demeure de M. Sickles. Il demeurait loin de cet endroit; il avait l’habitude d’y venir à cheval, de se montrer avec le plus d’avantages possibles, pratiquant toutes ces galanteries que les adultères cultivent afin d'accomplir le but qu’ils se sont

. préposé. Comment M. Key préparait-il

ses rendez-vous ? Il prenait avantage de vos salons ; s’il rencontrait Mme Sickles chez le Président, il y arrangeait un rendez-vous avec elle ; s’il la rencontrait dans la demeure de quelque sénateur, il en faisait autant, corrompant

PROCÈS SICKLES 33

contrait, son objet étuit de satisfaire sa convoitise ; il la suivait partout où elle allait; elle pouvait à peine s’éloiguer quelques centaines de pas de sa maison avant qu’il fût à ses côtés ; si elle marchait, il était à pied ; si elle était en voiture, la voiture était arrêtée et il y prenait place ; il se promenait ainsi avec elle pendant deux ou trois heures, donnant les ordres nécessaires pour que la voiture circulât dans les rues éloignées.

Il devint le sujet des cancans de cuisine ; les domestiques le nommaient “ Dégoût ;ÿ” tel était le nom qu’il portait dans le département de la cuisine de la maison d M. Sickles. Le procureur de district pour le comté de Washington était devenu un sujet de risée et de reproches, dans la cuisine de l’une des maisons de ce district ; aussitôt qu’il s’approchait de Mme Sickles, on y disait: “ Voici Dégot qui vient voir Disgrâce.” Les domestiques mêmes ressentaient la pression de ses attentions infâmes à l'égard de la femme de M.

Sickles. |

Il analyse alors la preuve qne ka défense sera capable de faire au sujet des visites de M. Key et de Mme Sickles à la maison de la 15e rue, et dit que M.

Key avait été vu avec Mme Sickles et sa fille, dans “ Pensylvania Avenue,” le jeudi avant sa mort, et qu’il lisait alors une lettre qui était semblable à celle envoyée à M. Sickles, l’avertissant du danger qu’il courait, en raison de la découverte de ses relations avee Mme Sickles.

La défense prouvera que les relations adultères de M. Key et de Mme Sickles, dans la bibliothèque, ont été entendues par un on deux domestiques, et que, en une certaine occasion, M. Key était resté dans la maison de M. Sickles, jusqu’à quatre heures du matin, lorsque celui-ci était à New-York.

La défense prouvera aussi que M.

Key, comme tous les hommes qui suivent la même ligne de conduite, était dans lhabitude de porter des armes.

Un effort a été fait, par la poursuite, continue l’orateur, pour rejeter M. Sickles sur la clémence exécutive. On vous

ainsi l’atmosphère que respicaient vos|a effectivement dit : “ Rendez votre

femmes et vos filles.

Reinarquez encore un indice très fort de son caractère, Partout où il la ren-

verdict et M. Sickles pourra en appeler à l’interposition de la clémence exécutive.” Je vous demande de nc pas vous

34 PROCÈS SICKLES

dépouiller dans le présent cas de vos/tient de plus chaste. Doit-ce être la droits comme jurés. Vous n’avez jamais | doctrine de votre localité? | occupé une position entourée de l’hon-| Devons-nous avoir un tarif de prix ou neur qui environne celle où vous êtes |d’impositions? La maison de prostituactuellement. Vous n’avez jamais été | tion de classe inférieure fixeru-t-elle un nee à rendre un verdict aussi solen- | prix, et la classe plus élevée en fixeranel et aussi important que celui que |t-elle un autre ? A l'égard de la premiél’on attend de vous dans la décision dere, le prix sera-t-il établi par les perla présente cause. sonnes qui lu tiennent, et, quant aux s mêmes sentiments qui pourraient | demeures plus respectables, les jurys décider l’exécutif à renverser ou à annu-|américains diront-ils ce qu’un adultère ler votre verdict sont absolument ceux | doit y payer pour la gratification de ses qui devraient vous enjoindre de ne pas |convoitises ? Du moment même où vous le rendre. Si l’exécutif intervenait de |agissez sur ce principe, vous fuites de quelque manière;'ce ne serait que sur le | chacune de vos maisons une maison de rincipe que M. Bickles, au moment de | prostitution, et vous dites à ceux qui a perpétration de l’acte, était un instru-|sont assez hardis pour y entrer que ment entre les mains de son Dieu qui|ce qu’ils ont à faire, c’est de compter le se servait de lui pour exécut:r d’une |prix en argent et que s'ils sont prêts à manière sommaire le jugement du Créa-|admettre le compte que présenterait teur. C’est précisément la question que |le verdict d’un jury américain, ils pourvous avez à décider : M. Sickles était-il | ront ainsi se jouer de la justice divine ou non un instrument volontaire cntre | et humaine. les mains de quelque puissance contrô-| Au nom de Dieu, répudiez ce princilante et impulsive pour mettre un|pe de vos poitrines! C’est votre inapterme effectif à la carriére adultère de | préciable privilège de siéger comme jurés M. Key ? Quand cette question ou de | dans une ville placée sous la protection semblables questions ont été soumises | immédiate du feu qui brûle sur le grand

à d’autres jurés, ii n’ont pas cherché à | autel où tous les autres flambeaux de Re en éluder la resporisabilité. votre gouvernement sont allumés ; vous con

L’orateur cite plusieurs procès à cet | vivez dans la ville où siége notre gou- être égard ; il continue en ces termes :— vernement fédéral ; vons êtes protégés int

Ainsi, vous avez tous ces exemples | par l’auréole du nom de Washington ; \ pour vous montrer que vos concitoyens | que le souvenir de ce nom vous inspire La et les citoyens des autres Etats, où la | des pensées dignes et convenables ; qu’il tio justice n’est pas vendue, et où elle ne | vous répugne d’admettre dans votre verpeut être achetée, ont rempli leur ser-| dict un principe qui, s’il est celui d’après | ment sur les mêmes principes dont nous |lequel vous agissez, aura un effet plus E avons étayé la défense, à un certain | démoralisateur qu'aucun principe qu’un co point de vue. Allez-vous retirer votre | jury intelligent pourrait soutenir ou d’a- on allégéance à ces principes ? Refuserez-| près lequel il agirait. co vous d’être guidés par ces exemples ?| L’orateur reprit son siége au milieu m Ou allez-vous plutôt suivre le sillon tra-| de nombreuses tentatives supprimées. pe cé par ces précédents, ce qui s’accordera | d’applaudissements et fut félicité par un sa parfaitement avec la justice et sera en | grand nombre de ceux qui l’entouraient. ‘q même temps conforme à la nature de| Après un ajournement de quelques n V’offense ? Quel est l'effet d’une doctrine | minutes, M. Brady produit la corres- d d’après laquelle on prétend qu’une com-| pondance qui eut lieu entre M. Sickles n pennnes pétuniaire est la seule manière | et M. Key, correspondance qui avait été d

’adoucir les blessures sanglantes d’un | provoquée par la lettre anonyme reçue

mari ? C’est faire de chacune de vos de-| par M. Sickles. x meures des maisons de prostitution. C’est| La poursuite objecte à la production À dire à tout homme que s’il veut payer|de cette correspondance. Après une « le prix qu’un jury impose à l’adultère et | courte discussion, la cour décide ainsi : au séducteur, il peut entrer dans aucune| “ L’objet de la défense est de montrer ’

maison qu’il lui plaira d’entrer et déro-|les relations qui existaient entre les ber le lit le plus pur de ce qu’il con- deux parties. La loi permet indubita-

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P. Doit-ce être }:

alité ?

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