PREFACE
Le petit livre que nous publions aujourd'hui est la simple reproduction d'une .brochure curieuse, imprimée avec des. caractères écrasés, presque illisibles, sur unpapier bleuâtre et malpropre, et qui $e vendait en 1793 sur la voie publique et che:^ les marchands de nouveautés.
C'est le récit ou le procès-verbal, au point de vue de V opinion populaire du temps, du procès, de la condamnation et de V exécution de la reine Marie-Antoinette d'Autriche; une gravure, passablement naïve dans ses détails, représente la reine de France conduite au supplice, en présence d'une foule très-clair-semée , et nous l'avons fait reproduire en fac-similé, pour
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cçmpléter la physionomie originale de l'ouvrage.
Il n'est personne qui ne connaisse cette page de notre histoire, et depuis quelque temps surtout, une recrudescence d'intérêt s'est attachée aux figure^ du siècle dernier^ emportées par le premier JJuxfie^ la Révolution; La publication de correspondances inédites a jeté sur ces événements, commentés tnille fois, un jour presque nouveau, et offert un grave sujet de méditations aux esprits sérieux ^ijm veulent juger par eux-mêmes, et qui ne suoîssent pas sans contrôle les idées et les appréciatièns qu^on veut leur imposer.
V^us tenons singulièrement à n'en}f^ dans aucun développement de principes,, tout er\nous félicitant d'appartenir à une époque qui à :
versé Véchafaud politique, et dont les esprits JfiS plus généreux proscrivent et poursuivent peine de mort, sous quelque forme qu'elle se produise, appliquée par le crime. Ta guerre ou la \ société. ' ' ' ' ' \
Tossesseurs de documents nombreux et peu \ connus sur là Révolution de 1 789, il nous a sein- \ blé que la réimpression de certains ouvrages, \ où l'esprit du temps est fortement empreint, ne serait pas sans utilité. On est habitué à corisidérer cette époque de la Terreur à travers utt
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verre grossissant qui n'en montre que les côtés sanguinaires et les violentes aberrations. Il convient peut-être d'affirmer que .ly^"^ n'était déshérité ni de printemps ni d^aurores, qu'en dehors du culte de la déesse de la Raison, il existait des jeunes filles candides et de chastes épour ses; des hommes convaincus à côté d'esprits enivrés, et de grands sentiments à côté de cruelles représailles.
04 la distance où les grandes individualités de la Révolution sont placées, leur forme morale se modifie ou se transforme, sous l'effet d'un mirage produitpar le temps et les événements qui nous en séparent.
La reine coquette et souriante dç Trianon se transfigure en martyre, et dans ses longs vêtements noirs passe comme un fantôme dans les prisons du Temple et de la Conciergerie. — Nous voulons la montrer sous un troisième aspect, celui d'une pauvre femme à peu près abandonnée, qui défend sa vie avec une énergie instinctive, qui ne songe pas à décliner l compétence de ses juges, mais plutôt à les fléchir, à les désarmer, à les convaincre.
Qu'on ne s'y trompe pas : nous ne publions point un pamphlet , mais un compte - rendu sérieux, et sténographié, d'un procès au moins aussi intéressant que toutes les causes célèbres.
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Le Moniteur s^accoirde avec nous sur les points importants de ces débats ; notre rédaction est à peu près la même, mais nous avons de plus la physionomie de l'audience et cette animation du livre, qui naît d'un mot, d'une épithèie, et qui disparaît dans les colonnes d'un iournaL
5\jott5 n'avons aucune protestation à faire relativement à certaines crudités de style et d'expressions que nous avons dû respecter. Cet ouvrage ne souffrait nimodijications, ni retranchements, car ce n'est qu'en le reproduisant avec une fidélité scrupuleuse que nous avons pu lui conserver ce cachet, un peu sauvage, qui en constitue le mérite principal,
G. JR.
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