‹ Procès de Patrick James Whelen [microforme]Chapitre 7 sur 19 · TROISIÈME JOUR · texte numérisé non relu

TROISIÈME JOUR

Séance du 9 septembre.

John Dowxess, assermenté, dit :

Je demeure dans la rue Metcalfe, avec M. Buckley. Je me rappelle bien la soirée du 6 avril dernier. A 8 heures moins in quart, je conduisis Sir John A. McDonald à la Chambre des Communes dans une des voitures de Buckloy. Je retournai à la maison et, une heure plus tard, je revenais à la Chambre des Communes Je connais le prisonnier. Depuis trois ans, je l'ai connu à Québec, il portait alors le nom de Sullivan. Je ne sais pas quelle est sa profession. Je l'ai vu une couple de fois à Ottawa, avant le soir du meurtre. C’est bien la même personne que j'avais vu à Québec. La dernière fois que je lai vu, je crois que c'était près de l'entrée principale du parlement loxsque je conduisais Sir

‘ John A. McDonald. Il était alors entre 8

et 9 heures. Je l’ai vu aussi une heure plus tard, lorsque je revenais de soigner mes chevaux. Je crois l'avoir vu entrer au parlement et en sortir. ŒEnfin, je l'ai vu plus tard encore et lui ai demandé si la Chambre était ajournée. Il m’# répondu :

“ oui, ” et, en eflet, les gens commençaient Il était alors près de la porte d'entrée principale, adcssé contre le mur.

Sir John A. MacDonald venait avec Buckley. Sir John monta dans la voiture et je partis; Buckley resta aux bâtisses.

helan descendit par l’allée centrale du carré des bâtisses. Je n'ai vu personne avec lui. Whelan est la première personne que j'ai vu sortir de la Chambre après l’ajournement. Je conduisis Sir John chez ui; il demeure dans la rue Daly. Je 1 près de la ‘ Revere House. ” Je ne

sais pas quelle distance il y a du parlement chez Sir John, mais le trajet ne m'a pas pris beaucoup plus de 5 minutes. J'ai vu du monde en revenant de conduire Sir

John, vis-à-vis chez M. McGillivruy, hor-

loger, rue Sparks ; il était alors 2 heures et quart à l'horloge de M. McGillivray qui est éclairée la nuit. Je me rendis à la maison.

Buckley était dans la rémise.

Examiné par M. M. C. Cameron :

J'ai connu le prisonnier à Québec, et je sais qu'il était dans la cavalerie volontaire, mais je ne connaissais pas sa profession,

(Le témoin répète ici ce qu'il a dit des entrées et sorties de Whelan par la porte principale de la Chambre des Communes.)

Il continue :—Je suis parti, en voiture, par la dernière allée à main gauche en sortant des bâtisses du parlement. J'ai vu, dans cette allée, plusieurs personnes que je ne connais pas. J'ai vu, en partant, Whelan prenant l'allée centrale. Environ d :zxe personnes marchaient derrière lui.

L’hon. W. MacDougall monta dans la voiture avec Sir John. Je les conduisis tous les deux chez M. MacDougall, et Sir John descendit aussi à cet endroit, puis marcha jusqu’à sa résidence qui se trouve quelques pas plus loin. Pour faire ce trajet et revenir jusque chez M. McGillivray, horloger, rue Sparks, j'ai dû prendre environ 15 minutes.

À M. O’Reilly :—Le prisonnier portait un habit noir ce soir-là.

À M. M. C. Cameron :—Il était 2 heures et 15 minutes du matin, lorsque j'ai passé devant chez M. McGillivray, et 3 heures lorsque j'ai eu fini de dételer mes chevaux.

Wm. GRAHAM, assérmenté, dit :

Au mois d'avril dernier, j'étais employé à la Chambre des Communes comme gardien de la galerie réservée au public. Pour se rendre de mon poste à l'entrée princi-

ale, il faut tourner à droite. Je connais

uckley. Il se tenait à quatre pieds de moi. Je ne saurais dire quand je l'ai vu pour la première fois. Il était aussi employé comme gardien à la (Chambre des Communes. Je connaissais bien M.

McGee. Le prisonnier avait l'habitude d'assister aux séances de la Chambre. Je/ me rappelle très-bien qu'il y entra par trois fois ce soir-là, entre 9 heures 30 m.

et minuit moins un quart.

Il me donna une carte chaque fois. Il paria de choses indifférentes avec Buckley.

À avait l'air d’être intime avec ce dernier.

Chaque fois que je les ai vus ensemble, ils n'étaient pas à trois pieds l’un de l’autre.

Il monta Ï la galerie une première fois et en redescendit un quart d’here après, chaque fois qu'il redescendit de la galcrie

il parle à Buckley. Ce soir-là, il attira mon attention plus que de coutume. Il semblait trèsagité. Il avait un habit noir, des pantalons d’une couleur claire et un bonnet de couleur sombre. La dernière fois qu’il monta à la galerie, il me donna une carte, comme les autres fois ; il était environ minuit moins un quart ; c'est la dernière fois que je j'ai vu ce soir-là. Il y a d'autres entrées pour se rendre dans les galeries.

Je n'ai pas vu M. McGee se soir-là, mais je sais qu’il était à la Chambre.

Interrogé par l’hon. J. H. Cameron :

Je ne me rappelle pas avoir vu M. McGee durant la: première partie de la session.

Mais je sais qu’il était à Ottawa durant la seconde partie de la session parce que je l'ai vu. Le 6 avril au soir, je sais qu'il fit un discours à la Chambre à propos de la Nouvelle-Ecosse, Je ne sais pas s'il a assisté régulièrement aux séances durant la seconde partie de la session. Je ne l'ai point entendu faire de discours en Chambre.

(Ici le témoin réitère, en insistant, ses assertions au sujet des cartes qu’il a données à Whelan et précise encore la couleur de l'habillement que portait le prisonnier.)

Edward J. O’NErLz, assermenté, dit :

Je suis agent de police secrète en cette ville, J'exerçais les mêmes fonctions au mois d’avril dernier. Je me rappelle trèsbien le meurtre de M. McGee ; c'était le 7 au matin, entre deux et trois heures. Je fis des recherches pour découvrir le meurtrier et, sur divérs renseignements, j'arrètaile prisonnier. Je l'ai trouvé à la taverne de Starr, le Ÿ avril au soir. Davis, Cullen et d’autes ra’accompagnaient. Le

risonnier se nomma James Whelan. Il

t emmené entre Davis à droite et moi à gauche. Je fouillai ses poches et y trouvai une boite de cartouches. (La boite de cartouches est produite). Je trouvai aussi sur lui les objets suivants :

quelques papiers et un journal, l’Zrish American du 7 mars 1868 ; un insigne de la ‘Hibernian Benevolent Society de Toronto — (L'insigne est produit) ; — une carte de la ‘ St. Patrick Bengvolent Society ; ” une

photographie de femme ; des billets du Shamrock quadrille club ; des billets de la société St. Patrice ; enfin, une paire d'’éperons. Le sergent Davis trouva sur le prisonnier un revolver et une baguette à nettoyer (cleaner). Le revolver était dans la poche droite de son habit ; ies cartouches dans la poche gauche ét la baguette à nettoyer dans une poche de côté audessus de

cette dernière. Je menai le prisonnier. à sa chambre et fouillai ses habits. Je trouvai des rosettes et des insignes. Dans la chambre, il y avait une housse et quelques parties d’un harnais. Les cartouches étaient marquées L. Ce sont des cartouches de Leit, qui sont ordinairement employées pour les revolvers de Smith et Weston.

. Le sergent Davis produit le revolver, puis, étant assermenté, dit :

J’appartiens à la police de la cité. J'étais avec O’Neill lorsque le prisonnier fut arrêté chez Michael Starr. Je fouillai le prisonnier avec O’Neillet trouvai un révolver dans sa poche. Je connaissais le

risonnier. Je l'ai vu, durant l’hiver, chez

igleson, tailleur de cette ville. J'ai montré le prisonnier à O'Neill. Le revolver était charge,

L'agent de police secrète O’NerLL, étant rappelé, dit :

Je crois que c’est bien là le revolver. Je l'avais examiné dans le temps. Je constatai que cinq canons avaient été chargés quelques jours auparavant et le sixième récemment. J'ai jugé de cela par le degré de fraicheur de la graisse qui se trouve sur le hautde chaque cartouche. Sur l’une, la graisse étaitfraiche ; sur les cinq autres, elle était vieille. Dans le canon où était la cartouche fraiche, il y avait de la poudre brûlée. La cartouche fraiche semblait plus grande, plus propre que les autres. Le Dr.

Van Cortland m'a donné une balle et des dents. La balle est de la même grosseur que celle des cinq cartouches. Quand j'ai enfermé le prisonnier, je lui ai demandé de rendre compte de ses alléeset venues durant la soirée. Il me dit qu’il était sorti du parlement lorsque la chambre s'était ajournée, avait pris la rue Elgin, le pont des Sapeurs, la rue Sussex, et s’etait rendu à la basse-ville. T1 me dit qu’il avait l'habitude d'aller au parlement. Ilné m'a pas dit autre chose que je me rappelle.

M. J. O’Reilly veut questionner O’Neill à propos du journal l’Zrish American, mais l'hon. J. H. Cameron s’y oppose.

Examiné de nouveau par l’hon. J. H.

Cameron, le témoin répète les explications ci-dessus au sujet de la graisse dans les canons du revolver, puis il ajoute :

Dans tout revolver du même nombre de.

coups, la même balle pourra s’ajuster. Voici les habits que le prisonnier avait lorsque je l’ai arrêté.

John Da y1s, interrogé par l’hon. J. H.

Cameron, dit:

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