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Quand j'ai trouvé le revolver, j'ai pu facilementen faire sortir une des cartouches qui était marquée, Voici cette cartouche,
Kliza TrERNRY, assermentée, et interrogée par M, J, O’Reilly, dit :
* Je demeure chez Michael Starr, J'y suis ontrée six semaines avant le meurtre do M. McGee, Le prisonnier pensionnait chez Starr ; je le connaissais. Trois semaines après mon entrée chez Starr, j'ai vu dans le tiroir du miroir de sa chambre, (laquelle est au premier étage,) un pistolet: une autre fois j'ai vu le même pistolet sur une chaise dans la chambre, près du lit de Whelan. Il était Th. 30m. du matin et Whelan était encore au lit. Le lundi, Whelan sortit après souper et c’est dans la nuit de lundi à mardi qu'eut lieu le meurtre. Il avait des pantalons couleur claire et un habit et une casquette noirs. Je ne l’ai pas revu le soir, Le lendemain matin, il sortit sans déjeuner, entre 6 et Th. Il se lava dans la cuisine, remontaet sortit un instant après, M. Dillan vint dans la cuisine et dit que M. McGee avait été tué.
Interrogée par l’hon. J. H. Cameron :
Ce matin-là, entre 6 et Th., le prisonnier me demanda si le déieuner était prèt. Je lui dis que non;alors il sortit, Il était ouvrier tailleur et travaillait chez M.
Egleson.
Joseph FAULKNER, assermenté, dit :
Je demeure à Huntingdon, P. Q., depuis le mois de mars dernier, J'habitais précédemment Montréal. Je suis tailleur, et j'ai fait la connaissance du prisonnier à Montréal, au mois de juin 1868. Nous avons
travaillé dans la même boutique, chez An-|.
derson, grande rue St. Jacques. Je me souviens de l'élection où M. McGee et M.
Devlin se présentèrent. Whelan en parlait souvent dans la boutique et nous en
arlions tous un peu. Je connaissais M.
cGee de vue. Un jour, Whelan, en lisant un discours de M. McGee, nous dit : ‘“ McGee est un traite |” Ilen parlait souvent, Je me rappelle un pique-nique qui eut lieu à Montréal peu de temps après l'élection. Whelan se rendit à ce pique-nique. IL mit un pistolet dans sa poche. Ce pistolet ressemblait à celui que je vois là, mais je ne l'ai pas
‘bien observé. Il voulut me faire examiner
le pistolet ; je lui dis que je n’y tenais pas, mais lui demandai pourquoi il emportait un pistolet. Il me dit que c'était pour se protéger lui-même en cas de bataille (row), qu'autrement il nes’en servirait pas, Quel-
ques june entrèront dans la boutique, et il dit devant ces personnes qu’il brâlerait la cervelle à McGee avec ce pistolet. Il ne s'était pas beaucoup occupé de l'élection,
M.0'Reilly voudrait savoir quel nom se donnait alors le prisonnier et quels principes il affichait. Les MM. Cameron s’opposent à cette question.
James INauis, assermenté, dit :
Je suis né en Irlande, près d'Edimbourg ; je demeure à Montréal. Je connais le prisonnier, Je me rappelle une conversation qui eut lieu vers le temps de l'élection McGee-Devlin, et d:,ns laquelle le prisonnier dit que si M. McGee était élu, il ne prendrait pas son siége en chambre ou du moins pa pour longtemps. Je lui demandai qui l’en empêcherait: “ Moi,si personne ne s'en charge. ” Je l'ai entendu appeler M.
McGee “ traître. ’” Quelque temps après l'élection, il vint dans ma chambre, — (je ne demeurais pas avec lui, mais au no. 24, rue Carmin.) — et me montra un pistolet qui ressemblait à celui-ci et, appela encore M. McGee “ traitre. ”” Un jour que je jouais aux cartes chez Mad. Soantan, Whelati était là.
Examiné par M. M. C. Cameron :
Je n'ai jamais eu de discussion avec le prisonnier au sujet de. M. McGee. Je ne lui ai jamais dit que j'étais opposé à M.
McGee. L'élection fut assez chaude: M.
McGee avait beaucoup d’opposants. J'étais ‘“ collector ”” au mois d'avril.
A M. J. O’Reilly :
Plus tard, je n’ai pas entendu le prisonnier faire de menaces contre M. Mctiee, Léon Dion, assermente, dit :
Je travaille chez M. Davis, au Ridean.
Je me rappelle quand M. McGee fut tné.
Examiné par l’hon. J. H. Cameron :
Je rencontrai un homme de ce côté du pont. Je crus que c'était Lacroix que je connais un peu. Je me rendis près de chez Mad. Trotter. Il y avait foule.
Mme MoKENNA, étant assermentée, dit :|
Je tiens un hôtel dans la rue Sparks, du côté opposé à la maison de Mme Trotter.
Je connaïs le prisonnier de vue. Une semaine avant le meurtre, il est venu chez moi avec un nommé Doyle, et y est resté environ deux heures. Le jour suivant ou le surlendemain, je le revis encore le soir, un per après minuit. Il me dit qu'il attendait.
yle. Il resta jusqu’à environ 2 heures.
I1 me dit que la Chambre s'était ajournee à minuit 20 minutes. C'était le jeudi avant:
le meurtre. Je n'ai rien remarqué d’étrange
en lui.
Alexander J, Turner, assermenté, dit :
L'an dernier, j'étais employé au St, Lawreènce Hall, à Montréal, J'ai fait la connaissance du prisonnier en 1866, J'ai même pensionné avec lui. Quelque temps avant l'élection MeGee-Devlin, je fus au *héâtre avec le prisonnier, Ce soir:là, je l’enandis faire des menaces chez Mme McDonald, Ildit qu'il ne ferait pas plus de cas de tuer MeGee que d'avaler une tasse de thé ! il a tenu plusieurs d'a du même genre en ma présence, Un jou en lisant un discours de M, McGee, il dit à sa femme d'un air trèsirrité, qu'il flamberait la cervelle de ce s...é McGee, Un soir il causa avec moi dans un restaurant et me dit que le soir précédent il était allé jusqu'à la maison de M. McGee avec un nommé Enright. Deux ou trois jours après l'élection, je vis M. McGee passer en voiture dans la rue Notre-Dame et je me rendis chez Mme Scanian à trois quarts de aille de là. Whelan s’y trouvait et dit : “ MeGee a de la chance que sa maison n'ait pas été brûlée hier au soir." Deux ou trois jouts lus tard, entre 8 et 9 heures du soir, Whea me dit : ‘“ McGee est élu, mais par pour longtemps, car, avant la fin de la session, je lui ferai sauter la cervelle, le s...6 vieux salaud ! ”’ (Sensation dans l'auditoire).
Une quinzaine de jours après l'élection, je crus devoir avertir M. McGee des propos qu'on tenait à son sujet. Je lui dis que les gens qui tenaient ces propos se rétnissaient ordinairement à la taverne de Scanlan, et que, certainement, ils‘avaient l’intontion sinon de le tuer, du moins de lui faire nn mauvais be M. McGee me demanda sj ces gens-}® étaient des partisans de Devlin.
Je lui r‘ affirmativerient. M. Me- Gee x : était une irritation due à l'électic - cela passerait, puis il me quitta, J . endu le prisonnier dire que
M. McGee 1. ait reçu de l'argent des féniens, que c'était un “ traître ” vendu aux protestants. Kinsella, un d2s individus qtii se réunissaient chez Scanlan, m'a vu, je crois, parler à M. McGee, A ce sujet, le pfisonnier a dit que j'étais un ‘“ maudit espion ” etqu'il ne me parlerait plus. J'ai prédit à Kinsella que Whelan finirait mal,s'il ftisait tant de bruit à propos de M. MeGee.
J'a’ été emvloyé ensuite à l'hôtel Russell, en cette ville. J'y ai connu un nommé Doyle, ami de Whelan. Ce Doyle est aujourd’hui en prison. C’est le 1ér no- : veimbre dernier que je partis dé Montréal
souvent chez Whelan, à Montréal, et qu'ils étaient très-intimes. C’est en novembre ow décembre que j'ai vu Whelan ici pour la première fois. Doyle était alors, comme moi, à l'hôtel Russell, et Whelan est souvent venu l'y voir. Un jour que j'étais à
me laver les mains dans l'office, j'enten-"
dis üne conversation entre Whelan et Doyle, C'était au moisde janvier, Whelan était allé à Montréal en décentbre et Doyle lai demandait s'il était allé à la maïson de M. MeGee. Whelæn dit : “ owi. ” Doyle lui demanda si Dércy avait ouvert la porte lti-même :-—- “# Non, dit Whelan, et il a ew bon nez, car je l'aurais tué comme un chien.
Son frère est venu ouvrir et je lui ai dit qu’on voulait mettre le feu à Ia maison de M. MeGee cé soir là, M.T, D. McGee me remit une lettre. Je l'ai ouverte cette s...6e lettre, avant de Ia remettre aux hommes de police, et elle m'a disblement fait rire. ”’
À ce moment, Doyle s'aperçut que je les voyais par la porte et la conversation cessa. Je rentrai dans la salle à manger, Je suis de Londres, Angleterre. Je m'engageai à 16 aus dans l’armée et je suis allé aux Indes, Après quatre ans de service, j'ai quitté l’armée, à Lucknow, pour cause de maladie, et je suis revonu à Londres. J'étais dans le 48e régimont, commandé par le colonel Richie, qui est mort à Allahabad,
Interrogé par M. M. C. Cameron, le témoin répète;en les complètarit un pett,les détails sur ses antécédents, son arrivée en Canada n 1866, son engagement comme graçon de table (waiter) au St. Lawrence Hall, puis il continue :
Je restai au St. Lawrence Hall jusqu'au mois de juillet 1867 et alors j'allat demeurer avec Whelan, J'yvis deux jeûnes émigrants Irlandais nouvellement arrivés et qui, au bout de deux jours, s'en allèrent à Chicago; j'ignore leurs noms. Le 1er juillet, j'étais chez Whelan où pensionnaierit Mary Johnson, James Inglis ét deux jeunes gens, un teneurde livres et un cordoïier e teneur de livres quitta la maison à la suite de difficultés avec la femme du prisonnier, Le 21 juillet,j'allai travailler à l'hôtel d'Ottawa où je suis resté jasqu’en novembre. A l’époque de l'élection de M. McGee, j'ai entendu le prisonnier —-qui, f! est vrai, avait un petit coup de trop,—dire, en maprésence :
“ Je suis amouretüx d’une belle: fille de
Québec; je ne tiens pas à la vie et je ne ferais pas plus de cas dé tuer MoeGlee que de
pour venirici. Je sais que Doyle allait | prendre une tasse de thé.” :