‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 109 sur 171 · GUERRE DE JEANNE · texte numérisé non relu

GUERRE DE JEANNE

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Après Dunois, on entendit déposer noble et puissant homme le seigneur Raoul de Gau»

COURT, ancien gouverneur d'Orléans, chevalier, grand maître de Thôlel du roi, âgé de quatre^ vingt-cinq ans. C'était un vétéran des guerres contre l'Anglais, La jeune gloire de Dunois avait fleuri à l'ombre de celte vieille gloire.

On va lire avec plaisir ce que dît Gaucourt des débuts de la mission de Jeanne. Je regrette de ne pouvoir donner sa déposition sur le siège d'Orléans, la campagne de la Loire et le voyage à Reims ; mais les greffiers n'ont pas jugé à propos de la reproduire. Usant d'un procédé malheureusement trop fréquent dans leurs procès-verbaux, ils se contentent, comme on le verra, de constater que, sur les points précités, Gaucourt fut d'accord avec Dunois*.

i. A Concordât dictas depoueas cum prœfato domino de Du-

J'étais présent à Ghînon, quand Jeanne vint en cette ville. Je la vis se présenter devant la majesté du^ roi, avec grande humilité et simplicité, pauvre petite bergère qu^elle était; et je Tentendis prononcer ces paroles: « Très illustre seigneur Dauphin, je suis venue et suis envoyée de la part de Dieu pour donner secours au royaume et à vous*. »

Après l'avoir vue et entendue, le roi, voulant être plus amplement informé de son état, la fit donner en garde à Guillaume Bellier, son majordome, mon lieutenant à Chinon, depuis bailli de Troyes, dont la femme était personne de grande dévotion et de réputation très recommandable. Puis, il la fit visiter par des clercs, \

des prélats et des docteurs, pour savoir s'il devait ou • ' pouvait légitimement ajouter foi à ses dires. Ainsi fut fait. Les clercs examinèrent les dits et faits de Jeanne pendant plus de trois semaines tant à Poitiers qu'à Chinon. Leur avis fut qu'il n'y avait rien de mauvais j

en elle ni en ses dires. j

Finalement, après plusieurs questions adressées à Jeanne, il lui fut demandé quel signe elle pourrait montrer, pour qu'on crût à ce qu'elle disait. Elle répondit : « Le signe que je ^vous montrerai, ce sera Orléans

noys. » Ledit déposant est d*accord avec le susdit seigneur de Dunois,

1. « Viditque eam quando ipsa prœsentavit se in coDspecta regise majestatis, cum magna humilitate et simplicitate, una paupercula bergerota, et audivit verba sequentia, quae dixit ipsi régi in hune modum : « Clarissime domine Delphine, ego

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