‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 134 sur 171 · DÉPOSITIONS DES ÉPOUX MILET · texte numérisé non relu

DÉPOSITIONS DES ÉPOUX MILET

courir par la grande rue si rapidement que le feu jaillissait du pavé. Elle alla droit à Saint-Loup et fît publier au son de la trompette qu'on ne prît rien dans l'église.

. Le matin du jour où la bastille du Pont fut prise, Jeanne étant dans la maison de son hôte, on lui apporta une alose. A cette vue, elle dit à son hôte : « Gardez-la jusqu'au soir, parce que je vous amènerai ce soir un godon et repasserai par-dessus le pont * . »

Jeanne était fort sobre dans le manger et le boire. Il n'y avait qu'honnêteté dans son maintien, dans ses gestes et dans toute sa façon de vivre. Ma ferme croyance sur son fait et sur ses œuvres est qu'il s'y révélait une main divine plutôt qu'humaine.

Pierre Milet, clerc ou greffier des Élus de Paris % vieillard de soixante-douze ans, fut entendu après sa femme et dit :

Je n'ai connu Jeanne qu'à Orléans, pendant le siège de cette ville par les Anglais. J'étais avec les autres enfermé dans la place. Jeanne était venue se loger chez Jacques Bouchier. Elle vécut là justement, sobrement, saintement. Il y avait la plus grande honnêteté dans toutes ses façons d'être. Elle entendait chaque jour la messe et communiait souvent.

1 . <( Custodiatis eam usque sero , quia ego adducam vobis hoc sero ung godoriy et repasseray par dessus le pont, »

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