Clericus seu grapharius electorum Parisiensium
274 PROCÈS DE HEHABlLlTATlOxN DE JEANNE
Peu après son arrivée elle envoya un message aux assiégeants et les somma, par une lettre bien simplement faite en sa langue maternelle, d'à voir à se retirer, selon la volonté de Dieu : « Messire vous mande que » vous en aliez en vostre pays, car c'est son plaisir, » ou sinon, je vous feray ung tel hahay... *. »
Lors de l'affaire de Saint-Loup, Jeanne était en train de dormir dans la maison de son hôte. Tout à coup elle s'éveilla, dit que ses gens avaient à faire, sef fit armer et sortit de la ville. Ce même jour il fut proclamé par son ordre que nul ne prît des biens d'église^^
Sur le propos tenu par Jeanne le jour où la bastille du Pont fut prise, je ne puis que confirmer la déposition de ma femme -.
Jeanne semonçait les hommes d'armes qu'elle savait en faute, surtout ceux qui juraient ou blasphémaient. Elle chassait les femmes qui venaient à la suite de l'armée et leur faisait force menaces pour les faire partir.
Je crois fermement que ses faits et gestes furent œuvre divine plutôt qu'œuvre humaine.
J'ajouterai que j'ai ouï dire par le sire de Gaucourt et par d'autres capitaines que Jeanne était fort docte au métier des armes. Tous s'étonnaient de son habileté.
Je ne sais rien autre.
1. La citation de Milet s^arrête ici; et ces mots sont en français dans le texte.
2. « Et pariformiter deponit de Bastiiia PonUs sicut uxor sua. »