JEANNE AUX MAINS DE SES ENNEMIS
<< L'évesque de Beauvais et sa compaig^ie » ne se moDstrèrent pas moint affectez â » faire mourir ladicte pucelle, que Cayphe » et Anne et les scribes et phaiisées se » nionstrèrent affectez à faire mourir Nostre- » Seigneur. »
{Narraiion de îa vie et du procès de la Pucelle écrite au xv* siéelê par un auteur inconnu.)
» Tu t'es épanouie, lis éclatant de blan- » cheur, miroir de toutes les vertus. Sou- » dain arrive l'aquilon glacé. Il traverse » la plaine, siffle, hurle, mugit et te ren- » verse. Sa furie n'est apaisée &i par ta » beauté, o tendrt fleur, ni par ton doux » parfum. »
Mahtiii Opitz.
I. — MATIÈRES DES ENQUÊTES SUR LA CAPTIVITÉ, LE PROCÈS ET LA MORT DE JEANNE
Les dépositions recueillies sur Jeanne d'Arc ont été partagées ici en trois séries qui correspondent aux trois phases de l'existence de la Pucelle,
Dans les deux précédents livres, on a entendu les témoins qui ont raconté les mœurs, les propos et les actes de Jeanne, d'abord simple paysanne, puis chef de guerre.
Nous voici arrivés aux dépositions concernant la captivité, le procès et la mort de Jeanne, victime du parti anglais.
C'est à cette dernière phase de la vie de la Pucelle que se rapportent toutes les dépositions qui furent réunies dans l'enquête ébauchée par Bouille en 1450, et dans la double enquête à laquelle procédèrent le cardinal d'Estouteville et son délégué Philippe delà Rose en 1432.
Dès lors, dans le présent livre, il y aura lieu de compléter les témoignages que recueillirent en 1456 les juges du procès de réhabilitation par les témoignages rassemblés dans les enquêtes antérieures.
Je vais faire successivement connaître les programmes de ces diverses enquêtes. Il importe qu'on sache sur quels points ont porté les questions faites aux témoins avant de lire l'ensemble de leurs dépositions.
Articles sur lesquels ont été interrogés les témoins
lors de V enquête faite en 1452 par le cardinal d* Est outevilhy avec le concours de Vinquisiteur Jean Brehal :
L'enquête a porté sur les propositions suivantes :
I. — * Monseigneur Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, aujourd'hui défunt, était mû par une passion désordonnée quand il institua un procès contre feue Jeanne la Pucelle. Parce que Jeanne avait été en guerre contre les Anglais, il la poursuivait et détestait, ayant soif de sa mort et y visant par tous moyens.
II. — Ledit évêque s'adressa au seigneur duc de Bourgogne et au seigneur comte de Ligny, et les requit et somma par lettres de livrer Jeanne au roi d'Angleterre, mettant en cela l'Église en seconde ligne ^. Il demanda que la Pucelle lui fût expédiée et livrée, avec promesse de donner à ceux qui la détenaient ou l'avaient prise une somme d'abord de six mille francs, puis de dix mille francs ; peu lui importait la quantité d'argent, pourvu qu'il eût Jeanne *.
III. — Jeanne inspirait aux Anglais une véhémente terreur. Aussi cherchaient-ils, par toutes voies, à la faire mourir, pour que, passant de vie à trépas, elle ne pût plus les terrifier *.
1. Dans le présent formulaire et dans les autres, le premier article débute par les mots » in primis » d*abord ; et chacun des articles qui suivent débute par le mot « item » de même, — J'ai cru pouvoir supprimer ces remplissages sans manquer £i mes devoirs de traducteur.