‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 16 sur 171 · L'INAUGURATION DU PROCÈS A NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

L'INAUGURATION DU PROCÈS A NOTRE-DAME

de Jeanne et qui étaient venus prêter assistance à sa mère. Ils prirent tour à tour la parole, racontant les rigueurs de la prison de Jeanne, les violences de ses juges, les perfidies des interrogatoires, les mensonges de Taccusation, les contraintes de l'abjuration, la sim- 4)licité, l'intégrité et la chasteté de la jeune fille, la vaillance et les services de l'héroïne *.

— « Où on a imaginé le crime, disaient-ils, il y a la vertu ; où on a imaginé l'hérésie il y a la religion ; où on a imaginé le mensonge il y a la vérité; où on a imaginé la honte il y a la gloire. Vous, commissaires délégués par le souverain pontife, écoutez avec une compatissante bénignité les doléances de cette femme qui vous demande justice. »

Tandis que parlaient tous ces défenseurs de sa cause, Isabelle d'Arc ne pouvait se tenir de pleurer et de s'écrier. Elle redoubla ses supplications ; et bon nombre d'assistants joignirent leur voix à la sienne ^. Bientôt ce ne fut plus qu'un grand cri de toute une multitude demandant justice ^.

Les commissaires s'émurent de cette agitation qui ne permettait plus de délibérer avec calme, et ils firent venir la mère de Jeanne, ainsi que ceux qui l'assistaient, dans la sacristie de l'église, à l'écart de la foule du peuple.

1 . Le procès-verbal ne donne pas ici de détails. Il se borne à une énumération générale : « Multiplicia referebant ».

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