VIL — LES PREMIÈRES SÉANCES DE ROUEN
Le 12 décembre, l'archevêque de Reims, 1 évoque de Paris et l'inquisiteur Brehal, tinrent à Rouen la séance annoncée. Mais la famille de Jeanne d'Arc
comparut seule, dans la personne du procureur Guillaume Prévosteau.
Isabelle, empêchée par l'âge, et ses deux fils, empêchés par leurs occupations, avaient adopté comme leur représentant le même homme qui, lors de l'enquête de 1452, avait été constitué promoteur de la cause par le cardinal d'Estouleville,
Prévosteau demanda défaut contre les non-comparants; et il fut sursis jusqu'au 15 décembre.
Le 15 décembre, malgré la multiplicité des citations affichées dans les carrefours et aux portes des églises, il ne se présenta encore personne, ni au nom de Cauchon, ni au nom de Lemaître, ni au nom de Jean d'Estivet. >
Après avoir ouï l'avocat Maugier et le procureur Prévosteau, les juges fixèrent aux défaillants comme dernier délai le 20 décembre.
En même temps, se prévalant de l'absence de toute opposition aux lettres apostoliques du pape Galixte III,
les juges affirmèrent leur compétence et constituèrent définitivement le tribunal. Ils choisirent, pour remplir les fonctions de promoteur ou avocat général, un maître es arts,, licencié en droit canon, Simon Chapitault. Gomme greffiers, ils adoptèrent le licencié en droit canon François Ferrebouc et le bachelier en droit canon Denys Lecomte.
Ghapitault, Ferrebouc et Lecomte, prêtant le serment d'usage, jurèrent qulls s'acquitteraient de leur office fidèlement, sans faveur et sans haine.
Un fait important eut lieu à cette séance.
Le procureur Prévosteau et le promoteur Ghapitault, prenant acte de la présence des greffiers du procès de Jeanne, et notamment du greffier principal Guillaume Manchon, leur firent demander s'ils voulaient en aucune façon se faire les défenseurs du procès où il avait été recouru à leur office.
Les greffi.ers, et en particulier Guillaume Manchon, répondirent qu'ils n'avaient aucune espèce de justification à produire.
Alors le promoteur et le procureur Ijîs invitèrent à remettre toutes les pièces qu'ils pourraient posséder concernant le procès.
Guillaume Manchon déposa la minute du procès écrite de sa main. En même temps, il reconnut les signatures et constata l'authenticité du procès-verbal officiel qui fut mis sous ses yeux.
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