XIII. — LES RECLAMATIONS DE MAITRE BREDOUILLE ET DU PRIEUR CHAUSSETIER
Au jour fixé qui était le 16 février 1456, maître Réginald Bredouille et frère Jacques Chaussetier se présentèrent à l'audience .
Bredouille, promoteur de Beauvais, était le fondé de pouvoirs du présent évêque de Beauvais, Guillaume de Hellande, judiciairement considéré comme le tenant de Cauchon son prédécesseur.
Chaussetier, prieur du couvent d'Évreux, était Je fondé de pouvoirs des frères prêcheurs de Beauvais chez lesquels on supposait qu'était caché le second juge de Jeanne, le vice-inquisiteur Lemaître.
Lecture ayant été faite des cent un articles, maître Bredouille dit :
« Il ne nous parait pas croyable que monseigneur Pierre Cauchon ait usé de procédés aussi iniques que ceux qui sont articulés dans les cent un articles. Mais, quoi qu'il en soit, nous n'entendons pas comparaître, et nous nous en remettons à la sagesse du tribunal. »
Chaussetier, le prieur des frères prêcheurs d'Évreux, parla. ainsi :
« Les frères prêcheurs de Beauvais ont à se plaindre des citations lancées chez eux à l'adresse de certain vicaire inquisiteur. Cela jette le scandale dans le couvent et trouble grandement les bons frères*. Veuillez leur épargner désormais toutes ces assignations concernant un homme qu'ils ne connaissent pas. »
Il fut fait bon accueil aux conclusions de Bredouille et de Chaussetier.
Puis, personne ne contestant les cent un articles, les juges les admirent au procès.
1. « Quia fratres ejusdeiH conventus ex hoc erant multum turbati. »