‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 50 sur 171 · Quia erat tota bona · texte numérisé non relu

Quia erat tota bona

2. « Dixit ipsi testi quod erat una paella inter Couzeyum et Vallis-Golorem, quœ, antequain esset annus, ipsa facëret consecrare regem Franciaï. »>

nette. Je crois que les enquêteurs interrogèrent notamment Jean Begot, chez qui ils avaient été logés. J'ai aussi en ma créance que, dans l'information entreprise, ils ne trouvèrent sur le fait de Jeanne rien qui fût à reprendre.

Je ne sais rien autre.

Jean Waterin, de Domremy, laboureur au village de Greux près Domremy, âgé de quarante-cinq ans, déposa ainsi :

J'étais enfant quand Jeannette était enfant, et je la voyais souvent. Nous allions ensemble à la charrue de son père ou dans les prés et dans les pâturages, en compagnie d'autres jeunes filles. Souvent, tandis que nous étions à jouer, Jeannette se retirait à part, et parlait à Dieu *. D'autres et moi nous la plaisantions à ce sujet. Notre curé la citait comme se confessant volontiers. Maintes fois elle portait des cierges à Notre-Dame de Bermont où elle allait en pèlerinage. Elle était simple et bonne ^.

1. « Et loquebatur Deo. » — Dans les dissertations que publia un clerc allemand sous ce titre « Sibylla francica » La sibylle de France, il est dit de Jeanne qu'elle se plaisait dans la solitude et aimait à contempler pendant la nuit les astres du ciel : « Ipsa nocte astra cœli contemplatur, »

2. « Simplex et bona », tous les témoins s'accordent làdessus. — D'après la tradition, la bonté de Jeanne était comme un cheirme auquel les oiseaux eux-mêmes obéissaient. Il est dit dans le Journal d'un bourgeois de Paris que « quand elle » estoit bien petite^ qu'elle gardoit les brebis, les oiseaux des

Quant à l'arbre des Dames, j'ai ouï conter que les fées y allaient anciennement; mais je n'ai pas ouï dire que personne les y ait vues. Chaque année, pendant Tété et le dimanche dit des Fontaines, les jeunes filles et les jeunes gens de Domremy ont coutume d'aller sous l'arbre des Dames. On y apporte des petits pains ; on y mange et on y danse. En revenant on va boire àlafontaine-des-Groseilliers et quelquefois aussi à d'autres fontaines. Jeannette, à ce qu'il me semble, allait sous l'arbre avec les autres jeunes filles, pour jouer et gambader comme elles.

M'étant trouvé à Neufchâteau avec les autres habitants de Domremy, j'ai pu constater que Jeannette y fut toujours en compagnie de son père et de sa mère.

Lors de son départ pour Vaucouleurs, je vis Jeannette au moment où elle quittait le village de Greux. Elle disait aux gens : « A Dieu ». De fait, j'ai entendu dire plusieurs fois qu'elle relèverait la France et le sang royal*.

» bois et des champs, quant les appelait, ils venoient mangier » son pain dans son giron comme privés ». « In veritate apo- » cryphum est. » En vérité, c^est apocryphe, se hâte d'ajouter le chroniqueur bourguignon. D'autre part, le vieux chroniqueur Eberhard de Windecken, qui, dans son Histoire du règne de Pempereur Sigismond, dont il était le trésorier, a consacré à Jeanne d'Arc quelques pages inspirées par les relations officielles envoyées de France au souverain allemand, dit, en racontant le combat des Tourelles : <( Plusieurs dirent qu'on avait vu, pendant l'assaut, deux oiseaux blancs voltiger sur les épaules de Jeanne. »

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