‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 56 sur 171 · DE DOMREMY · texte numérisé non relu

DE DOMREMY

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Perrin le drapier, de Domremy, âgé de soixante ans, était un ancien marguillier de l'église de Domremy, où lui incombait la fonction de sonner les offices. Mieux que personne, Perrin avait pu remarquer combien Jeanne aimait l'harmonieuse sonnerie des cloches qui furent comme les berceuses de son enfance.

Il dit :

Jeannette est née à Domremy de Jacques d'Arc et d'Isabellette. Les deux époux étaient de bons catholiques et d'honnêtes laboureurs, estimés de tout le monde. Jeannette fut baptisée à Saint-Remy, Téglise paroissiale du village. Elle eut, dit-on, plusieurs parrains et plusieurs marraines. Mais je ne les connais pas ; je sais seulement qu'à l'heure présente il' y a, au village de Domremy, deux femmes qui passent pour avoir été ses marraines : c'est Jeannette Thévenin, et Jeannette Thiesselin.

Pendant le premier âge, depuis qu'elle eut la connaissance jusqu'à son départ de la maison pater-

nelle, Jeannette ne cessa d'être une fillette bonne, chaste, simple, réservée, ne jurant ni Dieu ni ses saints, craignant Dieu, fréquentant l'église et allant à confessé. Je sais bien ce que je dis, car j'étais en ce temps-là marguiller de l'église de Domremy et souvent je voyais. Jeannette y venir à la messe ou aux complies.

Lorsque je manquais de sonner les complies, elle me reprenait et me grondait, disant que ce n'était pas bien fait *. Elle m'avait même promis de me donner de la laine de ses moutons {ou de ces gâteaux qu'on appelle des lunes) * à condition que je sonnerais exactement.

Souvent Jeannette se rendait avec une sœur à elle et d'autres personnes à l'ermitage de Bermont, chapelle fondée en l'honneur de la sainte Vierge. Elle faisait beaucoup d'aumônes, était laborieuse, filait et vaquait aux soins du ménage, allait quelquefois à la charrue, et, son tour venu, gardait les animaux.

Il y a chez nous un arbre qu'on appelle communément l'arbre des Dames. J'ai vu une dame châtelainede notre village, la femme du seigneur Pierre de Bourlemont, ainsi que la mère dudit seigneur, aller quelquefois s'y promener. Elles emmenaient avec elles leurs demoiselles et quelques jeunes filles du village. On emportait du pain, des œufs et du vin. A l'époque du

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