‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 94 sur 171 · YI. — DÉPOSITION DU CONSEILLER GENERAL · texte numérisé non relu

YI. — DÉPOSITION DU CONSEILLER GENERAL

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Noble homme, maître François Garivel, conseiller général de notre seigneur le roi au fait de la justice et des subsides, âgé de quarante ans en 1456, n'avait que quinze ans lorsque Jeanne subit à Poitiers Texamen sur lequel va principalement porter sa déposition :

J'ai souvenir qu'au ten^ps de l'arrivée de Jeanne la Pucelle, le roi l'envoya à Poitiers, et qu'elle y fut logée dans la maison de feu maître Jean Rabateau, alors avocat du roi au Parlement. Dans cette cité de Poitiers, par ordre du roi, furent délégués de solennels docteurs et maîtres, savoir: messire Pierre de Versailles alors abbé de Talmont, depuis évêque de Meaux ; Jean Lambert, Guillaume Aimery de l'ordre des Frères prêcheurs, Pierre Seguin, de l'ordre des Frères des carmes, fous docteurs en théologie ; puis Mathieu Mesnage, Guillaume Le Marié, bacheliers en théologie, en compagnie de plusieurs autres conseillers du roi, licenciés en droit civil et en droil canon.

A plusieurs reprises et environ pendant trois semai-

nés, ces personnages examinèrent Jeanne, parcourant et étudiant ses dits et ses faits. A la fin, vu son état et ses réponses, its déclarèrent que la Pucelle était une simple fille qui, interrogée par eux, persévérait à répondre qu'elle était envoyée de la part du Dieu du ciel en faveur du gentil dauphin pour le replacer dans son royaume, pour lever le siège d'Orléans et pour le conduire à Reims; mais quïl fallait d'abord qu'elle écrivit aux Anglais et les sommât de se retirer ; et que telle était la volonté de Dieu**.

Il fut demandé à Jeanne pourquoi elle appelait le roi dauphin^ au lieu de lui donner son nom de roi. Elle répondait : « Je ne l'appellerai pas roi , jusqu'à ce qu*il aura été couronné et sacré à Reims. C'est dans cette cité que j'entends le mener ^/ »

Peu après, les clercs dirent à Jeanne : « Vous devriez montrer un signe obligeant à vous croire et à penser (îu'en efl'et vous êtes envoyée de Dieu. » Elle leur répondit : « Le signe que Dieu m'a donné c'est de lever le siège d'Orléans ; et je n'ai doute qu'ainsi ne soit fait, si le roi veut me donner des geils, aussi peu qu'il lui plaira ^. »

1 . « Perseverabat in istaresponeione, videlicet quod erat raissa ex parte Dei cœli in favoreiu nobilis Delphi ni pro reponeudo cuiu in suo regno, pro levando obsidionem Aureliancnsem, et cnnducendo Ipsum Remis ad consecrandum ; sed oportebat primitUB quod ipsa suiniuaret et scriberet Anglieis quatenus ipsi recédèrent, et quod erat voluntas Dei. »

2. « Respondebat quod non vocaret eum regem usquequo esset Remis coronatus et sacratus, in qua clvitate ipsa intendebat eum ducere. »

a. « Kt?8poudit illls quod siguum sibi datum erat levare obsi-

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