LE GIL BLAS
ré les tristes incidents de l'affaire Ballerich, le Peuple continue avec la même légèreté à r les accusations les plus formidables contre 5 croit des haines politiques, e ses collaborateurs, M. Jules Boulabert, a, i feuilleton intitulé les Vaincus de i8ji, graveiffamé M. Delamarche, actuellement receveur roi de Paris. M. Delamarche, en 1870-71, colola légion des volontaires de Montrouge, ayant l'armée régulière à Versailles, était-il dit en ce, était rentré à Paris à sa suite, avait reçu la nce d'une Cour pré vôtale, qu'il avait fait fusiller id nombre de personnes; que, connaissant le r, il avait su alimenter son tribunal de prévenus X, c'est-à-dire convenables pour la boucherie, ot boucherie n'est pas déplacé, puisque la maii se tint cette Cour martiale, boulevard des :aux, est encore, dans le quartier, désigné sous om de V Abattoir.
: déjà passablement raide, et pourtant résumant, le.
)elamarche a assigné ses diffamateurs devant le 1 correctionnel. Une exception d'incompétence levée et accueillie, car les imputations calom- . s'adressant a un fonctionnaire public et la étant permise en pareil cas devant le jury. Donc i Cour d'assises que nous avons retrouvé aujour-
d'hui MM.. Jules Boulabert et Mivielle, le gérant du Cri du Peuple.
Là, nous avons assisté à un spectacle bien singulier. Malgré tous ses efforts le Cri du Peuple n'a. pas pu produire un témoin oculaire des faits reprochés à M. Delamarche, ni même qui articulât un fait précis.
M. Boulabert lui-même a reconnu avoir intercalé dans son roman l'incident Delaaiarche d'après des racontars de fédérés internés avec lui à bord du ponton VHerniione,
Quand aux autres témoins, parmi lesquels figuraient MM. Camille Pelletan et Camélinat, ils n'ont rien dit, sinon que le bruit de la participation, de M. Delamarche avait couru dans le monde de la Commune, et que les Cours martiales avaient fait exécuter une foule de gens, ce dont nous nous doutions bien un peu.
Après l'audition des personnes citées à la requête du Cri du Peuple, ses imputations pouvaient être jugées déjà calomnieuses, il n'en restait plus- rien. Les témoins cités par M. Delamarche entendus, on s'est demandé avec stupeur comment M. Boulabert avait pu recueillir et publier comme vrais les commérages, les potins de portières qui transformaient son adversaire en un bourreau.
Non seulement, en effet, M. Delamarche n'a pas joué le rôle odieux qu'on lui attribuait, mais on ne peut en vérité que le féliciter de sa conduite.
Rentré à Paris à la suite de l'armée de Versailles, comme je l'ai dit plus haut, il fut distribué dans son arrondissement, le XIV% des secours en nature à tous les pauvres, aUiés ou non aux combattants. Une mine destinée à faire sauter le quartier- est découverte
par lui et par lui furent coupés les fils électriques qui
devaient en déterminer l'explosion. Si les bébés déposés anx Enfants- Assistés échappèrent à l'incendie,. c'est encore grâce à lui. M. Delamarche n'oubliait pas ses devoirs d'humanité, même envers les vaincus. On rapporte qu'il arracha à ces mêmes Cours martiales, qu'on lui reproche d'^avoir présidées, des fédérés sur le point d'être passés par les armes. Des listes de soldats de la Commune lui furent remises par des traîtres, il brûla les listes et chassa les dénonciateurs à coups de botte où vous savez. Cent fois il apostilla des recours en grâce, s'interposa pour sauver une foule de gens compromis, et fit si bien, qu'il devint suspect à l'autorité militaire.
Mais, en- faisant 4e bien, on risque parfois de blesser ceux pour qui l'on s'emploie.
Ainsi on reproche à M. Delamarche d'avoir certifié qu'un fédéré, était un imbécile^ irresponsable et illettré. Or, grâce au certificat ainsi formulé et aussi aux démarches de M. Delamarche, cet homme condamné aux travaux forcés à perpétuité, a vu sa peine commuée en cinq^ns de prison. Le gracié n'a jamais pardonné au bienfaiteur le subterfuge . employé pour le tirer d'affaire.
Je m'arrête. Je remplirais des colonnes si je rapportais les faits d'humanité et de courage que j'ai entendu raconter à l'actif de M. Delamarche.
M. le substitut Banaston a apprécié avec toute la sévérité qu'elles méritaient les accusations de M. Boulabert.-
Après une remarquable plaidoirie de M'' Laguerre, qui défendait une cause perdue, MM. Boulabert et
Mivielle ont été condamnés à deur mois de prison, 1,000 francs d'amende, 4,000 francs de dommagesintérêts, aux dépens et à l'insertion du jugement dans dix journaux, laquelle insertion ne doit pas dépasser
cent lignes.
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