‹ Procès en diffamation: M. Delamarche contre le "Cri du peuple"Chapitre 55 sur 57 · DAVID · texte numérisé non relu

DAVID

Nota.— Indépendamment de ces secours ennature, la solde apu être allouée pendant quelques jours, aux gardes nationaux de service à tour de rôle. Les états et registres d'émargement produits au procès, indiquent qu'une somme de 1,925 fr. 25 cent, a été employée à cet usage, sur l'ordre de l'étatmajor de la garde nationale.

Ce n'est ((uc vers la lin de mai que le gouvernement fit coimaitre sa résolution de ne pas continuer la solde et que des secours en nature furent appelés à la remplacer au XIV* arrondissement.

Les choses ne se passèrent pas de même dans les autres quartiers, car, ainsi que l'a déclaré M. Héligon dans sa déposition, les secours distribués aux nécessiteux du XIV*, du 25 mai au lor juillet, représentent environ le tiers des secours distribués dans tout Paris pendant la même période.

Paris, le 13 juin 187i.

Mon cher Commandant,

J'ai l'honneur de vous informer que M. le Ministre de l'intérieur, consulté par moi sur la destination u donner aux sommes provenant des caisses de secours des anciens bataillons de la fi^arde nationale, a décidé qu'en raison des circonstances actuelles, il convient d'en laisser la disposition aux maires des arrondissements qui auront à pourvoir à l'existence des anciens gardes nationaux.

Veuillez, en ce qui concerne les bataillons de votre arrondissement, vous conformer à cette décision, mon cher commandant, et recevoir l'assurance de mes sentiments dévoués.

Le Lieutenant-Colonel, souS'Chef d'état-major général.

Signé: P.-B. de MORTEMART.

Monteur Delamarche, ex-commandant du XIV* arrondissement.

SPÉCIMKNS

es rapports et certificats établis par M. Delaxnarche en fayenr des prisonniers .

Paris, ij juin i87i.

Demande tendant à obtenir la mise en liberté des hommes du 46" bataillon, arrêtés en masse le 21 mai 1871, au chef d'étatmajor de la garde nationale.

Il résulte de l'enquête que j'ai faite au sujet des compagnies (le guerre du 46^ bataillon, d'ancienne formation, que, durant toute la période insurrectionnelle, le 46^ hataiUon a été suspect aux autorités communales, aux comités, ainsi qu'aux bataillons nouveaux de l'arrondissement.

Les hommes comprenant ce bataillon sont presque tous établis dans l'arrondissement, et jusqu'au dernier moment ils ont refusé de marcher pour la Commune. Ce n'est que la veille de l'entrée des troupes à Paris, c'est-à-dire le 20 mai, que le

nouveau commantlant, M. P parvint, se servant de la

pression exercée par les comités, à entraîner son bataillon du côté de Passv.

Mais loin Ae se battre contre l'armée, les hommes du 46% aussitôt qu'ils aperçurent nos soldats, s'empressèrent de se rendre à eux et se constituèrent prisonniers sans brûler une amorce.

Aujourd'hui le bataillon tout entier est prisonnier a bord du Napoléon, à Cherbourg.

Prenant en considération la position spéciale qui était faite au 46* dans l'arrondissement, les circonstances particulières dans lesquelles ce bataillon s'est rendu, et invoquant les instructions toutes clémentes que j'ai reçues de M. le chef d'état-major au sujet des hommes qui viendraient à nous, aussitôt la rentrée de l'armée dans Paris; je viens vous prier, mon colonel, de faire. les démarches les plus pressantes auprès de l'autorité m,ilitaire et du gouvernement fonr obtenir la mise en liberté de ceux des hommes du 4G« battiillon sur lesquels ne pèse aucune charge spéciale.

L'état des esprits dans le \\\^ arrondissement est aussi satisfaisant que possible, la population, un instant troublée par les mensonges et les calomnies des gens de la Commune, a pu

fournir un assez grand nombre de soldats à l'insurrection. Mais tous ces hommes sont des ouvriers laborieux que les circonstances ont jetés dans de mauvaises habitudes» mais qui, désillusionnés d'espérances chimériques et par la rude leçon qu'ils viennent de recevoir (1), vont, je n'en doute point, reprendre leurs travaux avec ardeur. Comptant sur votre bienveillance et votre justice, je vous laisse, mon colonel^ la suite complète à donner à cette demande, laquelle est appuyée des vœux de tous les notables du X1V« arrondissement. Veuillez agréer, mon colonel, etc.

Signé : DELAMARCHE.

Note tendant à faire remettre en liberté tous les hommes arrêtés sur le plateau de Chàtillon les 3 et 4 avril, adressée le 15 juin 1871, au colonel chef d'état-major de la garde nationale.

L'arrondissement compte un certain nombre de veuves, beaucoup de femmes de prisonniers restent avec des enfants en bas âge ; la municipalité déjà surchargée de dépenses pour secourir la nombreuse population indigente,, serait dans rimpossibilité d'aider ces malheureux.

11 y aurait donc, dans l'intérêt public, afin d'éviter le développement trop considérable du paupérisme, à faire prendre des mesures générales au sujet des hommes sur lesquels ne pèse aucune charge spéciale, notamment sur les prisonniers des 3 et 4 avril et à rendre ces hommes à leurs familles pour qu'ils les nourrissent par leur travail.

Certificat ayant pour but de faire remettre en liberté M. de la Bachellene, ouvrier maçon^ père de quatre enfants/ ex-sergent aux volontaires de Montrouge.

Je certifie que M. de la Bâchellerie a servi sous mes ordres du 6 novembre au 18 mars, avec honneur, courage et dévouement.

(1) Dans la pensée du rédacteur, et ainsi que rindique le sentiment de clémence qui a inspiré ce rapport et qui règne dans tout ce document, cette phrase doit nre complétée et interprète dans le sens de : « iffon reçue des événements, »

Je l'ai toujours considéré comme mon meilleur sous-oflîcicr, il a fait le service des avant-postes d'une façon distinguée.

Au combat de Buzenval, devant la Malmaison et sous mes yeux, il a enlevé une grille occupée par les prussiens, d'où ceux-ci nous fusillaient à bout portant.

11 est notoire, au XIV' arrondissement, que c'est par miracle . qu'il n'a pas été tué dans cette circonstance.

Pour sa belle conduite, je l'avais porté d'abord pour la médaille, puis plus tard pour la croix, et s'il n'a été cité qu'à l'ordre de l'armée le 29 janvier, cela résulte d'un travail fait trop rapidement à l'état-major.

J'ajoute que de la Bachellerie était aussi discipliné que brave; en un mol, en ce moment de défaillance» je l'ai toujours considéré comme un type achevé, représentant à un haut de^ré l'honneur et l'obéissance militaires. Pendant la période qui a précédé le 18 mars, de la Bachellerie a été à mes côtés pour défendre l'ordre.

Au dernier moment, je dus abandonner la capitale et me rendre à Versailles,

De la Bachellerie ^e trouvant isolé, sans conseil, ayant besoin de rester dans la garde nationale pour faire vivre sa femme et ses quatre enfants, eût la faiblesse d'accepter le grade de capitaine, mais je réponds, sous ma responsabilité personnelle, qu'il a été trompe lorsqu'on l'a fait sortir de Paris, il i)e croyait pag, j'en suis convaincu, se heurter à l'armée de la France aont il possède les vraies traditions et qu'il a toujours aimée au-dessus de tout.

£n raison de tout ce qui précède, je supplie les juges de M. de la Bachellerie d'être cléments et de rendre à son foyer un ouvrier laborieux et un vrai soldat, capable jusqu'à son dernier souffle de verser son sang pour la France (1).

J'afGrme en outre que de la Bachellerie n'a pas d'autre opinion politique qu'un culte pour la gloire de son pays.

DËIAMAROHE.

<l) M. Delamarche, appelé en témoignage, a répété (levant le conseil de guerre ce qui est rapporté dans le certificat.

De la Bachellerie a été condamné à un mois de prison pour usurpation de fonctions.

r août 1871.

Sommaire du certificat à Kayl, faisant coniiaitre ses bons services pendant le siège .

Demande aux juges d'être cléments pour lui, au sujet de la part qu'il a prise à l'insurrection du J8 mars.

DELAMARGHE.

15 août 1871.

Demande au général Appert pour qu'il fasse mettre MiOT, Claude, du 161» bataillon, pris le 4 avril à Châtillon, en liberté.

DELAMARGHE.

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