‹ Procès Mercier [microforme]Chapitre 2 sur 66 · AS IS · texte numérisé non relu

AS IS

de propos de rappeler que le parti conservateur s'empara

du pouvoir au moyen de l'intervention d’un corps irresponsable au peuple, le Conseil Législatif. J'ai contribué, comme mes amis d'alors, à ce résultat. Ce fut une lourde faute qui fut commise par nous tous. Notre justification—elle n’en est pas une aux yeux de l'histoire—était que le pouvoir nous avait été

4 , * enlevé par la violence. Nous le reprenions par des moyens

analogues. | + |

Il est tout de même curieux de constater que MM. de Boucherville et Ross, qui étaient en 1879 les esprits dirigeants du Conseil Législatif, ont été en 1891 les organisateurs" actifs de la chûte de M. Mercier, au moyen de la céièbre enquête sur l'affaire de la Baie des Chaleurs au Sénat-—un autre corps irresponsable d'abord, et de plus étranger à l'administration des afluires des provinces.

Toùs deux, on le sait, sont conseillers législatifs ét sénateurs.

M. Mercier suivit M. Joly äans l'opposition et s'occupa de législation. Le Cubinet de M. Chapleau avait une force suffsante pour administrer avec efficacité les affaires de la Pro-

vince, et il était inutile de songer à le renverser. M. Mercier

en prit son parti et se contenta de faire les critiques d’ usage en pareil cas. g

J'étais à cette époque membre de la Législature et assez au mal avec M. Chapleau, qui préparait le suceès de son projcé de vente du chemin de fer du Nord. Avec MM. Angers, de Boucherville, Ross, Landry, Casgrain, ete. j'étais opposé à cette politique qui, aux débuts, fat combattue aussi par messieurs Beaubien, Mathieu, Loranger. Je connaissais peu M. Mercier. Durant la crise Letellier la fureur des animosités politiques alla si loin que la plupart des députés r’échangeaient pas même

de saluts entr'eux, La détente se fit par la force ss choses,

après la chûte de M. Joly.

.… J’eus pour la première fois des rapports politiques avec M ‘ Mercier dans'les circonstances que voici. M. Chapleau n'avait

. pas d'amour exagéré pour M. Irvine, qui avait été son adver-.

saire acharné depuis l'affaire des Tanneries en 1873, et pour

DE A da dE oo

PR AE PAT AN u

Ë Bi î $

ons ai, k }

sa PR

M Robertson qui, tout en étant sou collègue, le vontrvenrrais

souvent.

Un jour, dans lé session de 1891, M. Lavallée, député de.

Joliette, fit de son siège au sujet d'une opération queleonque de la Cie du Québec-Central, uuc déclaration qui visait MM. Robertson et Irvire. (C'était en fait une mise en accusation. J'en vis ds suite la portée, et aussi la faute de tactique commise par le premier-ministre. Je préparui la motion suivante, et sans en parler à d’autres qu'à M. Irvine et à M. Robertson, je demandai à M. Mercier s'il la seconderait. Le débat devint acrimonieux, il y eut des motions, des amendements, ete., et

l'orateur allait déclarer la motion Lavallée adopte je de ss

fs mon amendement.

“ Cette chambre satisfaite je explications dont: par

l'honorable député de Mégantic et ayant pleine confianre aussi

dans les AP de l'honorable trésorier lee faites de son siége, pas > à l’ordre du jour.”

M. Chapleau fus battu et la chambre s'ajourne vu milieu d’une grande confusion. Deux des chèques même du Frans

ministre avaient voté contrelui !

M. Mercier le coup d'œil parlementaire très large et bris sûr.

En matière de tactique, il est nn opportuniste.

Les élections de 1882 furent un immense > tés he. pour M. He Chapleau. Il était aux plus beaux jours de sa puissance, et il

avait attelé à son char une p'éiade d'hommes d'action et d'ar-

gent. Il parle bien aujourd'hui, Mais l'atmosphère de la Chambre des Communes a changé son genre d'éloquenee, et de. ses forces physiques l'ont trahi. Quelle fougue, quels élans il

avait alors! S'il électrisait les sr il n’en exerçait pas moins d’ascendant sur la chambre.

\Y rangs du parti Te

{fit adopter haut la main toutes ses mesures, et il ne : nue contra d'opposition sérieuse que sur la vente du chemin de fac” = -du Nord, à propos de laquelle une scission des de pi

Page 1