‹ Procès Mercier [microforme]Chapitre 4 sur 66 · FAR · texte numérisé non relu

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conseil exécutif que de la manœuvre politique et de la direction d’un parti--qui à besoin des masses pour se maintenir, Le personne] de son administration ne satisfit pas tout à fait les “castors” religieux. Ils en avaient contre M. Blanchet-qu'ils ne trouvaient pas assez catholique et assez orthodoxe. Il y eut des députations et des représentations. Le Premier-ministre dut passer otre, en face des influences qui insistèrent pour que le “Castorisme” ne prit pas l’ascendant dans le nouveau gor verriement. | : | :

M. Ross était bien intentionné, mais son administration n'eut jamais de prise sérieuse sur le corps électoral. Aussi quand éclata l'affaire Riel, seux en état d'observer virent qu'il y aurait ‘bientôt péril en la demeure. Quelques Évêques, et beaucoup de prêtres, induits en erreur par l'Etendard, avaient pris feu au sujet des réformes apportées dans le fonctionnement des asiles, Les ministres cui voulaient mettre cette Province sux le pied des nations civilisées, furent traités d'hérétiques, de laïciseurs, de violateurs des immunités religieuses, ete. M. Mércier dut sans doute une partie de son succès de 1886 à sa prodigieuse activité, et à l'habileté dont il avait fait preuve en profitant de tous les mécontentements et de toutes les circonstances, mais sœur Thérèse ne lui donna pas un mauvais coup de main.

De 1883 à 1586, l'opposition battit en brèche le gouvernement sans relâche et sans merci. Je me suis convaineu durant cette période que, dans notre pays au moins, il est essentiel que le Prémier-ministre ait son #iège dans la chambre populaire. C'est sur lui qué retombent les responsabilités les plus considébles : c'est lui qui doit répondre aux contribuables et à leurs réprésentants, |

L'insurretion de 1885 éclata. Ce n'est pas ici l'a-propos d'en faire l'historique. Mais je ne puis m'empêcher d'exprimer

de la section française du cabinet de la Puissance, eût eu les you r les intérêts français dans le Nord-Ouest. ministres français et l'incapacité du lieute-

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Le procès de Riel, sa condamnation à mort et son exécution

surrexcitèrent au plus point degré l'opinion.

M. Vercier avait connu personnellement Riel et avait synpathisé avec lui après les événements de 1869-70. II l'avait rencontré pour la première foïs chez M. Alphonse Desjardins, ancien député d'Hochelaga, aujourd’hui sénateur, et avait toujours été en 1'apports avec lui dépuis. Il épousa sa cause avec ardeur. On se souvient qu'il offrit à M. Chapleau de l’accepter comme chef de la population française s’il voulait se démettre de sa churge de ministre et prendre la direction du mouvement. L'agitation atteignit de grandes proportions,et à la session de 1886 une motion de blâme éontre le gouvernement de la Puissance fut faite par M. Gurneau. Le cabinet de M. Ross s'opposa à cette démarche et en empêcha l'adoption, sur le principe qu'il n’est pas convenable ‘et sage que les législatures provinciales interviennent dans les affaires du gouveirnemént de la Puissance. A cela M Mercier et ses amis répondaïent en mettant sous nos yeux une résolution en faveur de l'autonomie de l'Irlande, proposée quelques jours avant par M. Carbray et unaniment'votée par l’assemblée législative.

Soit dit en passant, M. Flynn et M. Lynch avaient pris posi-

tion en chambre, saus égards pour l'avis ae leurs collègues,

m'a-t-on assuré,

Un amendement proposé par M. Asselin fut retiré. La motion Carbray, suivie dü refus d'intervenir dans l'affaire Riel, causa au parti conservateur un tort immense. |

Les dlectione de 1886.

M. Mercier tira un formidable parti de cette attitude, dans les élections générales qui suivirent de quelques mois la prorogation de la législature. Il fit le tour de la Province et en-

- flamma le sentiment national à un degré inconnu depuis long-

temps.

Le ministère avait prorogé le parlement sans se préparer

aux élections, et comine ce n'était pas un gouvernement qui HAE réglait vite les choses, M. Mercier eut près de trois mois lui

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pour faire sa campagne. Il invitait partout le Premier-ministre, qui d’abord n'était pas de taille à lui faire face devant les foules, et qui en second lieu était affaibli pa. la maladie, M. Taillon fit une lutte vaillante, et négligea tellement ses intérêts dans Montréal-Est qu'il y fut vaincu, Mais il n'était pas le chef du gouvernement !

M. Mercier fut présent à quatre vingt dix-huit assemblées en plein air durant la période électorale,

Une faute câpitale fit décidément pencher la balance contre le cabinet.

L'hon. M. Garneau, chef de l’une ‘des maisons de commerce les lus florissamtes de la Province et ancien ministre conser-

vateur, s'était, après l'exécution de Riel, engagé à présenter une .

motion de blâme contre le Cabinet fédéral. A la suite de promesses non exécutées par Sir Adolphe Caron, il était plus qu’en froid avec lui: Tous deux représentaient le comté de Québec, l'un au parlement du Canada, l'autre dans Ja législature. M. Garneau ne désirait pas changer d'allégeance politique, au fond, mais il avait contracté un engagement et le voulait tenir jusqu'au bout. Fallait-il le combattre dans l'arène provinciale, à cause de la position qu'il avait prise sur l'affaire Riel ?

Sir Adolphe Caron se jeta avec passion dans laffirmative. Le Cabinet provincial opinait dans le sens contraire. J'étais moi-même de l'avis des ministres de Québec. Le Col. Forsyth et moi fûmes en négociations jusqu’à la dernière minute avec M. Garneau qui se montrait très droit, très franc, mais très ferme. “Je suis conservateur, disait-il, mais j'avais donné ma

parole de présenter une proposition de blâme contre le gou-

vernemeat de la Puissance, je l'ai fait et ne le regrette pas,” La plus élémentaire prudence voulait que nous ne fissions pas de lutte à M. Garneau, dans les circonstances. Sir Adolphe

.insista tellement et remua tant d'influencss sur r lesquelles il avait du contrôle, que nous dûmes céder.

M. Chapleau, qui vint à Québec pendant que rious débitéién

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