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qu'il sortit de sa retraite de Berthier, je voulais le lancer de nouveau dans la vie militante, en le faisant passer de Spencer- Wood au cabinet de la Puissance.
Ce n'est pas un secret dans les cercles bien renseignés. du parti conservateur qu à Ja mort de sir John A. Maëdonald, je fis tout en mon pouvoir pour que le cabinet se reconstruisit avec sir John THompson comme Premier-ministre ét M. Angers comme memore du gouvernement, à la placs de sir Hector Langevin—dont la chûte était inévitable.
Certains dessous politiques des jours'qui suivirent immédiatement le décès de sir John, seraient d’un immense intérêt dans ce modeste livre, Mais ils doivent rester secrets d’honneur, et Dieu merci, je n'ai jamais eu la tentation de les dévoiler. Seulement, ils ont servi à expliquer pour moi beaucoup de choses qui sont survenues depuis.
M. Angers fut, je crois, un lieutenant-gouverneur constitutionnel jusqu'à l'heure où, emporté par une sorte de vertige, il entra «ans la voie des illégalités et de la violence. Il n'est ; 8 homme à s'arrêter à mi - chemin. Son tempérament n'admet pas 2'obstacle à aaa volontés. Il à évidemment espéré que M. Mercier, poussé à bout par les incroyables traitements auxquels il le soumit, lâcherait prise et donnerait sa démission. Quand il vit que son Premier-ministre restait quand même au poste que le corps électoral et les chambres lui avaient confié, il le renvoya d'office.
Comment a pu arriver à cette extrémité l’homme qui mena avec une si persévérante tenacité lu lutte contre M. Letellier ? L'homme qui bondissait d’indignation à la seule idée d’user de prudence, en face des refus du Marquis de Lorne, et des hésitations du cabinet d'Ottawa à jeter le gant au Gouverneur- Général ? Pour tout dire en un mot, l’homme qui de la “ Maison Bleue” dirigen la procédure par laquelle Sir John A,
Macdonald fut acculé à la nécessité de démettre M. Letellier
ou d'être renversé lui-même ? é M. Angers, disent ceux qui l'ont appuyé dans &es violations constitutionnelles, avaît la conviction profonde que M. Mercier.
dirigeait les affaires publiques sans honnêteté et au détriment des intérêts de la Province.
N'était-ce pas la prétention de M. Letellier ? N'était-il pas sous l'impression que M. de Boucherville était dominé par des combinaisons d'hommes de chemin de fer? Ne reprochaït-il pas à ses ministres de créer des impôts inutiles et ruineux, d’abuser du crédit de la Province, d'agir. hors la connaissarce et le concours du Lieutenant-Gouverneur ?
Il & été destitué parce que la Couronne ne gouverne pas ; parce qu’elle a le aovoir impérieux de suivre l'avis des conseillers que le peuple et les chambres ont le droit de lui imposer.
Cette doctrine n’est plus discutée et contestée nulle part ailleurs que sur ce coin de terre française qui s'appelle la Pro-* vince de Québec.
M. Angers a commis une lengue succession de fautes graves, qui sont la conséquence les unes des autres
Il a renvoyé d'office ses ministres qui £cssédaient la confiance des chambres, auxquelles seules ils étaient resronsables ;
Il a choisi leurs successeurs dans un parti qu’il savait être en une infime minorité dans la législature ;
Li à ontrainé là iMagisvruiure dans une voie d'où elle est sortie discréditée et fatalement atteinte dans son prestige ;
Il x ouvertement violé l'esprit et la lettre de la constitution, en laissant s'écouler plus d’un an sans convoquer la législature ;
Il a admis auprès de sa personne, pour en recevoir et suivre les conseils, des officiers fédéraux entièrement irresponsables au corps électoral de cette Province ;
Il a enlevé aux représentants du peuple le Jugement et la connaissance des actes et de la conduite de ses ministres, et il leur a substitué des magistrats choisis par lui.
En d'autres termes, M. Angers à joué le rôle d’un dictateur— au lieu d'exécuter les devoirs de sa charge en la manière prescrite par les traditions et les lois constitutionnelles.
… Quels qu'aient été ses motifs, il ne s’en est pas moins rendu
coupable d'un attentat contre les institutions de son pays et les libertés publiques. Il à mis sa volonté personnelle ar-des-
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