‹ Procès perduChapitre 7 sur 29 · PROSPECTUS · texte numérisé non relu

PROSPECTUS

Du charbon de Paris de Popeun- Ducarre depuis 1 847 .

1° Ce nouveau combustible brûle sans odeur ni fumée.

2° Son incandescence est si persévérante qu’un morceau allumé et mis isolément hors du foyer se consume entièrement.

3° Sa durée dans la combustion est le double de celle du charbon de bois de première qualité.

4° Une de ses qualités les plus remarquables, c’est de conserver le même degré de calorique pendant toute la durée de sa comi »iustion... 11 suffit de le laisser en repos pour avoir une chaleur régulière.

3° Il a naturellement plus de cendres que le charbon de bois.

6° Il résiste très-bien à l’action du soufflet de forge.

Eil un mot, il n’est pas une phrase, pas un procède de Popelin-Ducarre qui ne soit la reproduction littérale de la phrase et des procédés spécifiés aux brevets qui sont ma propriété*

Ainsi, meme langage* mêmes annonces, mêmes produits, et par conséquent mêmes procédés; non-seulement parce qu’il n'y a pas deux procédés qui puissent donner un même produit, mais encore parce que le contrefacteur ne se donne pas même la peine de déguiser le larcin, et qu’il le dévoile lui-même. Tout ce que Popelin dit, il l’a pris dans les brevets, surtout dans celui du 21 janvier 1843 (Wurmser et Fourchon). Tout ce qu’il fait, il a été l’apprendre à l’usine fondée par la compagnie Sanson, à Vaugirard. C’est là qu’il a copié les appareils, qu’il a pris à son service le principal employé, à qui il ne s’est pas cache pour donner des appointements, tant qu’il a eu besoin de ses services.

C'est moi qui suis l’inventeur, c’est lui qui en a la gloire, Tulit alter honores. m

Oh! ces honneurs, qu’il les garde ; sous ce rapport, je n’ai rien à lui envier ni rien à lui soustraire. Mais qu’il rende le bien dont il a pour sa part contribué à me spolier; qu’il soit déclaré contrefacteur; car je ne sache pas qu’il en fût jamais de plus coupable.

Vous en déciderez ainsi, messieurs, si vous jugez l’affaire sur la simple comparaison des brevets corrélatifs, et non d’après ce monceau de rapports d’experts si peu dignes de la science et de la justice.

Vous en déciderez ainsi, en faisant abstraction de mon nom politique, mais dans l’intérêt de la moralité de l’industrie, et surtout dans le but de donner un exemple sévère à ces hommes qui n’ont du génie que pour spolier les inventeurs.

J’ai dit la pure vérité : le contraire serait un mensonge ; je ne saurais répondre autrement au contraire de ce que j’ai dit.

Ce mémoire me servira de plaidoirie, je ne l’aurais pas écrit, s’il m’avait été permis de vous le dire.

Mais, à la distance où je me trouve de la loi, il m’aurait fallu bien plus de temps pour me concerter par correspondance avec mon avocat, que pour m’adresser directement à la Cour même.

J’ai cru devoir prendre ce dernier parti.

Et puis, vous le concevez, messieurs, mieux que je ne

pourrais l’exprimer : mes causes k plaider ne sont pas Un brillant cadeau k faire k un avocat, si honnête et si dévoué que l’avocat soit aux intérêts de son client (et je place le mien dans cette catégorie des plus honnêtes et des plus dévoués).

Si je perds ma cause , j’aurai du moins la demi-satisfaction de l’avoir perdue tout seul.

Enfin, en poursuivant celte affaire, j’aurai rempli un devoir, un triste devoir , mais un devoir impérieux ; cela fait , on ne s’inquiète plus du devoir des autres; et l’on attend, avec l’impassibilité d’un philosophe l’issue quelconque d’un procès.

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