‹ Procés Provencher-Boisclair [microforme]Chapitre 18 sur 31 · NEUVIEME JOUR · texte numérisé non relu

NEUVIEME JOUR

MARDI, 2 Avril 1867.

Louis JosEpx MoLr, Ecuier, médecin de la ville de Berthier, 49 ans —Je pratique depuis à peu près 2Tans. J'ai entendu la description des symptômes donnés par les témoins qui ont assisté à la maladie de Frs. Xavier Joutras. J'ai lu le rapport de l’autopsie et les rapports d'analyse danscette même cause. D’après ce que jai entendu et lu je crois que les symptômes donnés par les témoins sont bien douteux et bien trompeurs comme indices d'empoisonnements par la strychnine.

Par le rapport du Dr. Ladouceur, en commençant par le cerveau, il décrit une forte congestion dans les membrane du cerveau tant dans la dure-mère que dans la pie mère ; il décrit un peu de sérosité dans ses ventricules et l’existence d’une matière

blanchâtre friable, d'épaisseur de plus d’une ligne exerçant une pression sur le cerveau. Passant à la cavité thaurachique, je prends d'abord le cœur dont la membrane interne est de couleur plus foncée que la couleur naturelle et l'apparence extcrieu: re de cet organe, du parenchine du e vur, porte une couleur encore plus prononcée que dans l'état normal ; la forte dilatation des aureillettes et des ventricules du cœur, dénote une force imprimée par le sang qui aurait tendu à donner plus de dimension à cet organe. De cet état de pathologie morbide du cœur, je conclus que cet organe a dû souffrir de mala lie inflammatoire soit aigue, soit chronique, préalible et antérieure, en m'appuyant sur cet épanchement d'une matière sero-sanguinolente, d’une couleur très prononcée, de la quantité d'a: peu près 2 onces, reufermée dans la péricarde du cœur.

Je passe aux poumons, et le rapport du Dr. Ladouceur nous y fait voir les 2 poumons, c’est-à-dire partie droite et partie gauche, dans ses différents lobes, remplis d'un sang très noir, avec à sa partie postérieure etinférieure, des taches cependant d'une couleur encore un peu plus foncée, représentant à ces piuces des points blanchâtres qui par la pression laissaient exhiber une matière blanche et dans les sacs de la plèvre, c'est à-dire dans cette partie de la membrane séreuse qui recouvre les poumons d'un côté et de l’autre, qui recouvre la partie intérieure des côtes formant un petit cercle.

L'autopsie du Dr. Ladouceur nous fait voir une accumulation dans le lobe droit du poumon, un hquide sero-sanguinolent d'une couleur tres prononcée, de la quantité d’un peu plus d’une chopine ; dans le sac gauche de la plèvre un épanchement de même liquide avec la même couleur d'une quantité un peu plus grande savs précision de la quantité.

J’abandonne la cavité thaurachique et passe à la cavité abdominale, je prends Pestomac qui d’après

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le rapport du Dr. Lsdouceur contient un enduit noirâtre. Dans ce rapport il ne s'étend pas plus loin, Dans l’autre rapportilest dit par ceux qui ont fait l'analyse que la muqueuse de l'estomac avait une couleur rouge très prononcée et même violacée à sa grande courbure; de plus l'apparence de plaques disséminées dans l'étendue de la muqueuse. Je reviens au rapport du Dr. Ladouceur qui nous représente les intestins comme dans un etat très avancé de putréfaction ; le foie sans y remarquer rien de bien étrange semblait étre un peu plus volumineux qu'à l'état normal. La rate était distendue et très regorgée.

L'état du cerveau pouvait amener chez le malade une maladie nerveuse et accompagnée de convulsions ; l'état du cœur avec épanchement dans ses enveloppes, la forte congestion des poumons avec l'accroissement du liquide sus-mentionné dans les cavités de la plèvre des deux côtés pouvaient fure appréhender une mort imminente. L'état d'inflummation très prononcée de l'estomac, le commencement de gangrène que l’on y a remarqué, car enfin on ne peut donner d'autre nom à linflammation que l’on a remarqué dans la muqueuse de cet organe; l’état fort avancé de putréfaction dans les 1ntestins qui dénote une inflammation chronique, ou qui a duré depuis quelques temps, sont des indices certains d’une mort prompte et imminente, et jen viens à la conclusion que le défunt à pu mourir, soit des lésions constatées dans la cavité thaurachique, soit des lésions constaties dans les cavités abdominales ; que ces sortes de lésions ci-dessus décrites, comportaient par elle-même et chacune par elles-mêmes l’imminence d’une mort prompte et certaine,

Quelquefois il peut arriver que quelques unes de de ces maladies et surtout dans les lésions morbides découvertes sur les organes de la cavité thaurachique, il peut arriver la déclaration d’une maladie

nerveuse qui serait alors regardée comme symptôme de la lésion des organes et causée par ces lésions des organes thomachiques ; la déclaration d’une maladie nerveuse dont les symptômes nous représentent ceux décrits par les témoins de la mort du défunt François Xavier Joutras.

Il ÿ aurait plusieurs maladies nerveuses qui ressembleraient à celles du défunt, mais celle qui est la plus semblable est l’angine de poitrine, à l’état violent, car il y a deux angines de poitrine: une idiopathique c’est à-dire celle qui provient sans que l'on remarque aucune lésion organique; et une nn Es qui est amenée par une lésion organique semblable à celles remarquées dans l’autopsie. Pour montrer jusqu'à énel point cette maladie est subite et dangereuse sur 164 cas, 94 en sont morts : statistique établi par le Dr. Forbes. On alu Watson sur l’angine. D’après cet auteur je puis dire que dans l'angine de poitrine il y a toujours une intermittence, car le malade ne pourrait pas subsister ; et c'est de même dans toutes les maladies nerveuses.

Il y a des symptômes du tétanos dans l’angine de poitrine, quand elle est très prononcée, autrement ils n’y sont pas toujours.

Y a-t-il dans cette maladie souvent crainte de la mort, anxiété, sentiment d'angoisse, convulsions tétaniques, contractions ? Ces cas là sont rares ; mais 1l ne faut pas conclure qu'ils ne peuvent pas arriver. ar les lésions organiques du cœur, par l’andocardite en un mot, qui devait être de longue date, si j'en juge par l'épanchement, le cœur n’a pas pu recevoir ia quantité de sang que lui envoient les poumons ; le résidu du sang a dû rester dans les capillaires des bronches, et s’y coaguler graduellement. La première partie du sang coagulé a dû se décomposer assez promptement et la partie séreuse du sang a dû transuder à travers la plèvre pour produire, dans le sac de cette membrane, l’é-

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panchement de sérum sanguimolent qu’on y a découvert ; c'est ainsi que le sang s’accumule et se coagule ee se congestionne et rend cet organe plus ou moins capable de remplir ses fonctions, c’est-à-dire l’oxigénation du sang, la gène de la respiration dans les derniers moments, a dû ou a pà amener l'attaque d’angine de poitrine avec des accès très prononcés et très violents, dont la série de symptômes nous offrent un ensemble, tel que remarqué par les témoins qui ont assisté à Ja maladie et la mort du défunt Joutras. Ce qui me ferait croire encore à l'hydrethorax, c'est qu'il y avait une anazarque très prononcée à l'extérieur parce que, dit le Dr. Ladouceur, en faisant une incision de chaque côté du sternum pour le détacher des côtes, il s’est échappé du tissu celluiaire qui recouvre le sternum,une certaine quantité de sérosité, ce qui me fait croire à l'existence de l'hydrothorax antérieure à la mort. Je veux dire que dans les cas d'expérience pour découvrir la strychnine ou tout autre poison végétal, il est certain procédé adopté par ceux qui ont fait des expériences en ce genre, qui ont eu des résultats très incertains.

Certains auteurs, tel que Christison, Angers, Flandin, Orphila, nous représentent les résultats obtenus par l'effet des réactifs comme très incertains et très illusoires ; d’autres auteurs prétendent pouvoir le découvrir à tout coup, chaque fois qu'il en existe, et se croient capables de le découvrir jusque dans la dernière fibrine du corps de l'organisme humain.

De ces ras, n'ayant pas d'expérience par moi-méme, je ne dois attacher mon opinion qu’à la somme d’autorités dont je croirai les opinions les mieux établies et les plus raisonnées. Je considère que l’expérience médico-légale dans ce genre de témoignages, doit donner son rapport avec toute la conscience et la plus grande réflexion possibles, si ce rapport doitêtre cru par les jurés ; et que l'expert médico-légal

ne doit rendre son témoignage que sur les meilleures preuves possibles.

Pour arriver à une conclusion de certitude sur un des cas d’empoisonnement, il faut d’abord que l’on démontre l'existence du poison dans la victime ; ensuite il faut démontrer si l’on a découvert du poison ; s’il est possible, que l'on lui en montre; en exiger la vue, et que l’on lui montre en nature ; ensuite, comme corroboration, car, en un mot, bien des poisons ont la même apparence, il doit exiger la preuve physiologique.

La preuve physioloque est un coroboratif qui me semble nécessaire pour bâser une conclusion certaine ; la protéine, la fibrine ont les mêmes éléments que la strychnine, dont les proportions mémes varient d’après les auteurs qui en traitent ; par l'opération des réactifs sur la protéine, on est venu à trouver de l'acide prussique, chose qui certainement n'avait pas été administrée.

Si en saupoudrant la poudre, elle ne peut toujours s’infiltrer que dans lesorganes qu'elle a touchés; mais elle ne peut pas passer des organes à l'estomac. D'après les symptômes décrits par l’examen pos! morlem et l'analyse chimique, l'on ne peut pas Venir à une conclusion certaine de l’empoisonnement par la strychnine, dans le cas de François- Xavier Joutras. Je n’ai pas d'expérience de ces analyses chimiques ; je n'ai pas vu de cas d’empolsonnement par la strychnine, excepté sur un chien. Je n’en ai pas fait d'examen post mortem, ni vu se vérilier les symptomes pré-existants à la mort. Je ai jamais vu les résultats de l'analyse chimique à part de l'analyse pour la strychnine, et je n'ai jamais vu d'analyse chimique quelconque. La strychnine n’a jamais ét6 produite dans la protéine par les réactifs. [1 peut se faire que la gangrène n'était pas aussi avancée le 81.

Le développement d’une inflammation, se fait dans bien peu de temps, depuis le commencement

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de l’inflammation des intestins, jusqu’à la suppuration, cela peut prendre à peu près huit jours. L’inflammation des intestins, à l’état aigu, a pu prendre pas plus que huit jours ; la congestion de cerveau

ouvait dépendre de la congestion pulmonique.

Diddl n’est pas une maladie qui mette la vie en danger, seulement en empéchant le cœur, de recevoir le sang qui lui est envoyé. Il a dû avoir cette andocardite deux ou trois mois avant la mort, l’hydrothorax a pu être produite par Yÿandocardite ; la maladie du foie et de la rate peuvent être causée par la congestion des organes ; la maladie du cœur a dü amener la congestion pulmonaire. J'ai vu des personnes mourir avec des gangrènes de l'estomac, fumer, marcher, durant la maladie, et, une heure après, mourir, les intestins dans un état de putréfaction ; un homme qui en est attaqué ne de pas vivre longtemps. La dégénérescence, ’ossification des artères coronaires, et les maladies des valvules du cœur sont des symptômes morblides de cette maladie. Je trouve les symptômes décrits par les témoins, plus compatibles avec la mort par l’angine de poitrine que la mort causée par la strychnine, ce qui me porte à croire qu'ils sont incompatibles avec la strychnine ; j'entends les symptômes par l’empoisonnement, donnés par les témoins, Je crois que Flandin et Taylor disent qu'il y a d’autres matières que la strychnine qui produisent la série de couleurs.

Dr. JEAN FRANçoIs REGIS EDELMAR ST.-CYR, Médecin et Chisurgien de Berthier—27 ans.

J'ai entendu les témoignages rendus en cette cause, et J'ai pris communication des procès-verbaux d’autopsies et d'analyses. D’après la description dessymptômes et des procès-verbaux d'analyses et d'autopsies, ma conclusion n’est pas que le défunt est mort d'empoisonnement par la strychnine. Les eymptômes de ia dernière maladie du défunt,

n'appartiennent pas nécessairement à cet empoisonnement. L’autopsie indique des causes morbides presque suffisantes pour causer la mort, car j'observe deux lésions anatomiques graves, dont chacune suflisait pour causor la mort.

L'épreuve par les analyses n’est pas très certaine, en l'absence de preuves physiologiques que je con-

sidère comme nécessaires pour éteblir la conviction

en cette matière. La série des couleurs donne quelqu chose, mais je considère que la preuve n’est pas certaine quand elle n’est pas appuyée par la preuve physiologique.

D’aprés le rapport de l’autopsie et d’après la constation des lésions anatomiques, je trouve là des causes suffisantes pour donner naissance à une maladie nerveuse que l’on appelle angine de poitrine. Cette maladie dont on supposerait une forte attaque, pourrait produire l’ensemble des symptômes observés chez le défunt. Cette maladie se détermine brusquement. Elle peut se déterminer par une maladie qui laisserait dans le système des lésions organiques décrites par le procès-verbal d’autopsie. L’hydrothorax est une maladie qui fait déterminer cette forte attaque d’angine.

Je crois que dans la description des symptômes du défunt, il y en a un qui n’a pas été remarqué et qui doit nécessairement se trouver dans tout empoisonnement par la strychnine ; la proéminence du globe de l'œil qui semole comme sorti de son orbite. {l en est un second mais qui n’est pas constant, c’est ja perte de connaissance dans les derniers accès.

La suspension complète de la respiration dans les dernières crises est un symptôme essentiel, parceque la strychnine produit son action sur la moëlle épinière ; les nerfs qui en émanent portent cette action sur les muscles de la poitrine que l’on appelle muscles respirateurs.

Je pense qu'il serait impossible à un homme qui

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mourrait par l’action de la strychnine, de prier dans les derniers accès ; bien qu'il péurrait le faire dans les premiers. Quant au serrement de la main, s’il arrive pendant le dernier accès d’une maladie nerveuse, 1l doit être plus fort qu’un serrement de main fait comme un dernier adieu.

Un homme attaqué de rhumatisme se plaignant de nausées, souffrant des douleurs dans les jambes, et atteint de découragement pourrait souffrir d’une maladie dont j'ai observé les traces dans ie procèsverbal d'autopsie.

QUESTION.— Quelle serait cette maladie ?

RéPONSE.— Le point départ est celui-ci: Les différentes attaques de rhumathismes concordent très-bien avec les 16sions qui ont été observées vers le cœur. Il a été constaté par le Rapport du Dr. Ladouceur que l’andocarde de la membrane interne du cœur était foncée livide et de couleur bleue ; que l'apparence extérieure du cœur était le mème ; etqu'il y avait dans le péricarde un épanchement de liquides Ceci dénote qu'il y avait eu antérieurement inflammation de l'andocarde ouandocardite; que nécessairement la substance, le parenchyme même du cœur avait dù subir l'effet de cette inflammation. Ce qui est remarqué là explique la congestion passive du poumon, congestion qui à dû se faire graduellement, parceque la circulation devait être nécessairement serrée et ralentie. Dans cette congestion passive des poumons, il a fallu nécessairement, qu'avec le temps, la partie aqueuse du sang ou le serum laissät la partie solide et transudât à travers les parois des soupiraux bronchites capillaires pour s’accumuler dans les cavités des plèvres, et constituer ce que l’on appelle hydrothorax ou hydropisée de la poitrine. Cette épanchement, comme je l'ai déjà observé, est dü à une gêne dans la circulation du sang ; et cette gêne de la circulation m'explique facilement l'état d’anasarde du tissu cellulaire recouvrant le sternum. Je re-

trouve dans l'hydrothorax la cause de l’angine de poitrine.

Dans mon opinion, le défunt est mort d’une an-

ine de poitrine causée par l’hydrothorax. Les Hstont organiques constatées pourraient recevoir une impression facheuse de froid, et cette impression fàcheuse accompagnée de ces lésions, pourrait produire la maladie qui à causé la mort.

L'état de putréfaction extrêmement avancée, remarqué dans le procès-verbal d'autopsie, et l’état maladif de l'estomac, remarqué dans le Rapport de l'analyse, sont aussi l'indice d'une autre meladie qui pourrait aussi causer la mort. Cette maadie serait l'inflammation de l'estomac et du tube intestinal ou digestif.

D'après ce que constate le rapport du Dr. Ladonceur, 11 y avait indice d’inflammation et même d’un commencement de gangrène, La rougeur de la muqueuse dans la grande courbure de l'estomac, dénotait qu'i y avait inflammation, et la présence de ces larges plaques brunâtres indiquait un commencement de gangrène. La muqueuse était aussi rouge, congestionnée, et la putréfaction était extraordinaïrement avancée. Ceci prouve qu'il y a eu une forte inflammation de cette partie des intestins.

TRANSQUESTIONNÉ PAR M. ARMSTRONG

J’exerce comme médecin depuis sixans. Je n'ai pas fait d'études spéciales de la chimie. J’ai fait comme tous les autres. Je n'ai pas non plus fait d’études spéciales de la toxicologie. Je n'ai jamais cherché à trouver de strychnine par des procédés chimiques.

Il y a plusieurs réactifs dont on peut se servir pour trouver la strychnine. Il y a le bichromate de potasse, le prussiate rouge de potasse, le péroxide de manganèse et plusieurs autres. En faisant usage de ces réactifs, je ne serais pas pleinement satisfait,

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parceque je crois que l’on doit attacher beaucoup d'importance à la preuve physiologique.

Je n'ai jamais fait d'examen pos! morlem du corps de personnes mortes par l’'empoisonnement par la strychnine.

J'admets la valeur de la série des couleurs, comme démonstration de la strychnine, mais pas toujours certaine. Je croirais cette démonstration toujours certaine, si elle était soutenue de l'épreuve physiologique.

D'après le témoignage du Dr. Letheby, le bichromate de potasse est de tous les réactiis le moins bon, parceque son action peut-être détruite par la présence d’acide tartrique et autres substances. Ceci est suflisant pour fonder mes impressions, Ce que je dis de’ la valeur de l'épreuve par les couleurs n’est qu'une impression. L'opinion du Dr. Letheby, sur laquelle je me fonde, est insérée au Braithwait's Retrospect, vol. 34, page 315. Ce Dr. Letheby est le même que celui qui a donné son témoignage dans l'affaire de Palmer. Me

C'est entièrement sur cette opinion du Dr. Letheéby rapportée au Braithwait’s Retrospect que je forme mon opinion de l'incertitude de la série des couleurs. Si l'épreuve physiologique corroborait la série des couleurs, Je serais convaincu de la présence de la strychnine, et n’exigernis pas qu'elle fut recueillie en cristaux.

Je n'ai pas lu le Rapport de l'analyse. mais je l’ai compris. Je sais que le binoxide de manganèse a été mertionné par les témoins qui ont fait l’analyse, mais je ne puis dire comment ils l'ont fait.

Je reconnais comme suflisants les procédés faits par les médecins de la Couronne pour obtenir la série de couleurs, seulement que suivant moi, il faut que cette épreuve par la couleur, soit corroborée par l'épreuve physiologique.

Queique minime que soit la quantité de strychuine qui produit, par la réaction, la série de cou-

leurs, elle est toujours suffisante pour produire, chez quelque animal, les désordres attribuables à la strychnine. Ce qui corrobore mon opinion, par rapport à ce cas particulier, c'est que le Dr. Girdwood dit qu'il l’a trouv :e en abondance.

Il est presque impossible de préciser la quantité de stréhine que l’on retrouverait dans la vésicule biliaire d’un homme du poids de 140 livres qui serait mort d'empoisonnement par un grain de strychnine. Si la vésicule biliaire pesait un once, il ne serait pas, dans la nature des choses, impossible de dire quelle quantité de strychnine on y retrouverait, mais c’est bien difficile. Je ne puis dire si la vésicule biliaire, proportion gardée de poids et de volume, absorbera plus de strychnine que les. intestins.

Suivant moi, le mot “ abondance ” dans le ra port me fait croire que l’on a dù trouver dans la vésicule biliaire une quantité suflisante de strychnine pour produire l'épreuve physiologique:

La millième partie d’un grain pouvait peut-être produire l'épreuve physiologique sur une souris. La grenouille est l'animal dont on se sert ordinairement et recommandée pour ces épreuves.

Je n'ai jamais fait d'expérience pour savoir quel effet un millième de grain peut avoir sur une souris. Je n'ai pas vu d'auteurs qui parleraient de l'action relative de la strychnine sur la souris.

Je partage l'opinion du Dr. Letheby sur la possibilité de découvrir par l'épreuve de la couleur le vingt millième d’un grain de strychnine.

Je ne puis dire si celui qui, par une analyse chimique, s’attendrait à trouver la vingt millième partie d’un grain de strychnine en trouverait un millième, serait Mona Done fondé à direqu'ilena trouvé avec abondance.

L'hydrothorax, dont un homme mourrait le 31 d'un mois, n'aurait pas bien souvent produit des

ses tétaniques le 22, le 24, le 29 et le 831, jour de

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la mort. Aussi souvent répétées ? Il dit non ; mais il aurait pu avoir une crise le 22 et mourir le 81; et je ne crois pas qu'il en aurait eues dans l’intervelle de ces deux époques.

Avec l'état morbide remarqué chez le défunt, je crois que dans l'intervalle cet homme là éprouvait du malaise Cet homme là pouvait vaquer à ses occupations dans l’intervalle.

Dans l'attaque du 27, je retrouve quelques sy mptômes de l'empoisonnement par la strychnine, à tremblement des membres avec la courbure du corps en forme d'arc, l’intermission des crises, c’est ce qu'il y a de plus saillant.—La crainte de la mort se rencontre dans cette maladie. La prévoyance du retour de la crise se rencontre aussi. Le secousse nerveuse produite par un bruit inattendu se rencontre aussi. À ces symptômes décrits par Marie Plourde, femme de Cajolet, je n’attache pas grande importance parce que je crois qu'elle seule, avec son seul secours, n'aurait pu donner un enchaine: ment de symptômes comme ceux-là ; et que si réellement ces symptômes avaient été remarqués, ils auraient pu être constatés par le médecin, après son arrivée, D’après la description qu'elle fait des symptômes, lattaque était assez forte pour qu'ils durassent encore quand le Dr. Ladouceur est arrivé. Si je compare les symptômes observés le 22 à ceux observés le 31, je ne retrouve pas dans cette dernière attaque tous les symptômes avec leur caractère de gravité qu'ils auraient dû avoir, puisque la mort en a été la conséquence.

Les symptômes comparés n'indiquent pas la même maladie le 22 et le 31 Décembre. Le 22, suivant moi, il a eu une forte attaque d’angine de poitrine, et le 31 les maladies internes, qu’il avait vérs le poumon, progressant graduellement,avaient pu déterminer la mort, sans même causer une attaque nerveuse aussi prononcée.

Il a eu suivant moi une attaque d’angine de poi-

trine le 22 Décembre, et il est mort d'une maladie de poumons le 31,accompagnéed’'accidents nerveux, car les lésions organiques étaient assez prononcées pour cela.

Le Dr. Ladouceur aurait reconnu, je crois, l’existence de l’empoisonnement par la strychnine, si le défunt en avait été attaqué le 22 ; car ces symptômés auraient dû durer encore quand il est arrivé, si c'était un empoisonnement,

J'admets comme correcte l'opinion du Dr. Christison et du Dr. Taylor sur la nature des symptômes de l'empoisonnement par la strychnine.

Dans les mêmes maladies, les symptômes varient à l'infini en nombre, en intensité et en caractères chez les divers individus.

J’admets qu'il y a des intermissions. Le Dr.

Taylor a donné deux heures comme durée moyenne des convulsions tétaniques et le Dr. Ladouceur n'est arrivé que deux heures environ après l’arrivée de la défunte chez :Ile,suivant ce qu’a constaté la femme Cajolet ; mais le Dr. Ladouceur disant qu'après son arrivée, ie défunt a eu une nouvelle crise, il aurait dû par cette crise en constater la cause, si le maladie était produite par l’empoisonnement.

Le Dr. Ladouceur a donné au défunt de l’éther et.de l'opium ; et ce remède lui a fait du bien. La seconde dose pouvait ayoir agi comme calmant.

Je reconnais dans le numéro du 15 Mars 1856, du Lancet, les symptômes de l’empoisonnement par la strychnine, dans le cas de Madame Dove. Mais tous les symptômes ne s’y trouvent pas, il n’est pas

uestion de la proéminence de l’œil, de la suspension de la respiration, ni de la perte de la connaissance dans les derniers accès. Ceci prouve que les symptômes peuvent varier dans cette maladie là comme dans les autres. Quoique en règle générale, ces trois symptômes se reproduisent ordinalrement.

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Dans une angine de poitrine dont la cause éloignée serait un rhumatisme et la cause déterminente une maladie de cœur, produisant l'hydrothorax, il y aurait des lésions au cœur et aux poumons.

Watson qui a écrit un livre intitulé “ Practice of Physie ” est un auteur à qui je prête le caractère d'une autorité en médecine. Je reconnais, à la page 6%1, comme correcte la description qu'il fait des cau:es et de l’état morbide attribués à l'angine de poitrine.

Je ne sais si on peut admettre la toux comme un symptome constant de l’hydrothorax sans affection des bronches.

Ré-EXAMINÉ.—J'admets aussi la description que Watson donne à la page 678.

PAR LA COUR

Il n'y a pas de maladie présente à ma mémoire, qui ait un symptome qui lui soit propre, et qui ne pourrait pas se reproduire dans une autre. C’est par un ensemble de symptômes qu'on reconnait üne maladie. Je ne connais pas d'autre substance que la strychnine qui, dégagée complètement de la matière organique, donnera par l'analyse chimique, la série de couleurs bleu, violet, pourpre et rouge. J’admets que la série de couleurs démontre la présence de la strychnine, mais j'exige l'essai physiologique comme complément de la démonstaation.

Je crois, mais ie ne suis pas sûr, que la quantité suflisante pour produire la série de couleurs est suffisante pour donner l'épreuve physiologique.

Je crois que s’il y a assez de strychnine dans un ou plusieurs organes pour répéter l'épreuve de 12 couleur, il doit y en avoir assez pour l'épreuve physiologique. C’est mon opinion qui n'est pas due à aucune expérience, mais que J'emprunte à une connaissance générale de la matière.

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