CHER PÈRE
“ Nous avons reçu votre lettre qui nous a fait ‘“ beaucoup de plaisir d'apprendre de vos nouvelles “et un même temps qui nous a bien chagriner “ d'apprendre la mort de notre belle mère. Mais “ comme vous me dite Dieu la voulu et il faut se “ soumettre à sa ste. volonté, et pour moi cette “ anné je ne ferez pas chantier je vas travailler au *“ mois et mon frère aussi et si vous pouviez monter ‘“ avec vôtre jumen et une autre pareil on pourêt “ les vendre un bon prix le printant prochain et si “ vous voulez les faire travailler vous le pourrez si “ vous voulez et comme vous qui savez la médésine “au renard, je vous prit d’apporter de la poison “ car elle est un peu difficile à avoir par ici et je “ vous assure qu'on peut gagner beaucoup de cette “ manière la parceque il y a bien des renards par “ ici rien de plus pour présent que des respect a “ tous nos parents et amis. On est et sera pour la ‘“ vie votre tendre fils
“x. PROVENCHER.
C'est là la lettre que j'ai écrite à mon père, à Pleintield dans les Etats-Unis, le ou vers le 9 Décembre 1866. J'ai retrouvé cette lettre et j'en ai pris possession, il y a une quinzaine de jours. Depuis ce temps là, je l'ai gardée en ma possession.
est après avoir vu mon père que Je l'ai re-.
PROVENCHER-BOISCLAIR. 218
trouvée. Il m'avait parlé des lettres qu'il avait reçues de moi. Dans le cours de l’automne dernier, je lui ai souvent écrit pour le faire venir aux Etats- Ünis nous retrouver.
Nous étions entrés mon frère et moi chez le Dr. Giroux, pour avoir une médecine pour le mal d'yeux de mon frère Alexandre. Il nous a demandé d’où nous venions. Nous avons dit : de Ste. Monique. Il nous a demandé si nous connaissions un nommé Provencher. Sur notre réponse affirmative, il nous a demandé quelle était sa réputation à Ste.-Monique. Nous lui avons dit que nous le connaissions pour un parfait honnête homme.
Pourtant, l'animal “a être pendu comme un chien ; moi seul je vais le faire pendre, parcequ'l a acheté ici huit grains de poison; et il a donné la description de sa figure, comme je viens de le dire.
TRANSQUESTIONNÉ PAR M. ARMSTRONG
Mon frère Alexandre demeure à Ste.-Monique.
L'avocat Boudreau des Trois-Rivières, nous avait écrit qu’il avait des moyens pour sauver la vie de notre père ; et nous sommes allés à Trois-Rivières le 17 Mars, un Dimanche.
Nous avons demandé à un individu s’il ne connaïssait pas un médecin? Il nous a indiqué le Dr. Giroux. Ila dit que mon père serait pendu comme un chien parceque lui prouverait que c'était lui qui lui avait vendu du poison. Ila dit que le prisonnier avait une grande moustache et une grande barbe, en faisant (le Dr. Giroux) un geste pour marquer une longue barbe tombant sur le menton.
Je n'avais pas vu le prisonnier depuis le mois de Janvier 1866 quand je l’ai vu après son arrestation. Quand je l'ai vu alors, il avait la barbe comme aujourd’hui.
J'ai envoyé trois ou quatre lettres au prisonnier depuis la St-Michel dernière au 10 Décembre. C’est
moi-même qui écrivais mes lettres. J’adressais nes lettres à St,-Zéphirin à peu près toutes comme celle qui est produite.
J'ai appris ce que je sais en fait de lecture et d’écriture, à Ste.-Monique, à une petite école. J'ai été environ 6 à 7 ans à l’école. J'ai écrit cette lettre sur le papier immédiatement. Je jure que la lettre a été écrite et envoyée le 9 Décembre à sa date.
J’ai lu un ou deux témoignages, celui de Madame Cajoiet et celui d’un médecin. Nos avocats m'ont dit qu'on ne devait pas lire les témoignages. Je n'ai pas lu le témoignage du Dr. Giroux.
PAR LA COUR
Il y a du bois à 3 ou 4 milles de l’endroit où je demeure, à 9 milles de Montpellier. Il y a des renards, et mon bourgeois en a pris lui-même. Il me disait que c'était avec du poison. Il ne m'a pas dit où il prenait son poison. Je n’ai pas cherché à avoir du poison, parce que je n'étais pas connu.
ALEXANDRE PROVENCHER—Cultivateur de Ste.- . Monique—27 «ns,—fils du prisonnier.
Le 28 et le 29 Décembre j'ai vu le prisonnier. fl ne portait pas de moustache. Je ne lui en a ai jamais vu. Je signe mon nom, mais je ne sais pas lire l'écriture manuscrite.
Après son arrestation, il m'a été livré à St.-Zéphirin une boîte qu’on m'a dit contenir des effets appartenantà mon père et que je n’ai regardée qu'àprès être rendu chez nous. 3 al une commode.thez moi avec des tiroirs. Je ne puis dire si les papiers de mon père ont été mis dans quelques uns de ces tiroirs. : |
Le 29, mon père avait un capot rougeàtre quand il est venu chez nous. Le 29 il n’est pas retourné à St.-Zéphirin. Je suis marié; ma femme est vivante. Je ne puis dire quelle était cette boîte, ni ce que l’on en a fait.
PROVENCHER-BOISCLAIR. 215
TRANSQUESTIONNÉ PAR M. ARMSTRONG
Quand mon père allait à Trois-Rivières, il passait ordinairement à Ste.-Monique.
La Défense clot son enquête.