JEUDI
1 , ‘ Ér1zE JoUuTRAS de nouveau entendue.
C'est quelques jours avant la Toussaint que ma mère est vente à Sorel avec le prisonnier. Elle
PROVENCHER-BOISCLAIR. 209.
est partie un Vendredi et cst revenue le Dimanche après la messe, Ma mère était venue à Sorel le printemps dernier, avec mon père, et elle n’y est pas revenue jusqu'au jour où, l’automne dernier, elle est venue avec le prisonnier. Elle n’est pas revenue depuis.
Je me rappelle le jour de Noël, après que, le matin, ma mère fût montée en haut, disant qu’elle allait s'habiller, mon père y est monté. Il a resté à peu près une demi-heure. Le père Modeste était en bas. Pendant que mon père était en haut, le
risonnier est monté pour s'habiller. Mon père a dit que c'était bien propre. Je suis bien certaine de cela, Ma mère a fait la remarque que c'était de bien belles chambres. J'étais dans la cuisine avec les enfants et Mathilde Joutras.
TRANSQUESTIONNÉ PAR M. ARMSTRONG
Ce n’est pas le jour de Noël que mon père a monté en haut ; il n'a pu y monter ce jour là ; il était malade. 11 a monté avant d’être malade.
RÉ-EXAMINÉ
Ma mère a fait le beurdas en haut, le jour que mon père est tombé malade dans le bois. Le jour wil est ainsi monté en haut, Mathilde Joutras n’y tait pas. Mon père souffrait le jour de Noël ; pe: têtre qu'il aurait pu monter, mais il n’a pas monté.
Question.—N'avez-vous pas dit- devant George Boisclair, votre oncle, et devant d’autres personnes, quelqués jours avant le commencement du procès, à Sorel, que, le jour de Noël, avant la messe, après que le prisonnier fût monté en haut pour se chan-
er, votre père était monté dans les chambres d'en
aut ; que votre mère l’y avait suivi et qu’elle lui avait montré combien les chambres étaient propres, depuis qne le beurdas était fait ?
La Couronne s’objecte à la question.—Objection mi
éponse.—J'ai dit que cela était arrivé avant le jour de Noël.
HONORÉ LAFONTAINE—Huissier de St.-Cuthbertt.
<-26 ans.
J'ai un oncle qui tient hôtel sur le chemin de Higne à Sorel. J’ai vu le prisonnier, chez mon oncle, un Vendredi soir, entre la St.-Michel et lu Toussaint. Je crois que c’est plus près de la Toussaint qe de la Saint-Michel. Il avait une femme avec
ul. « n
[Sophie Boisclair étant amenée en Cour, et confrontée avec le témoin, il croit qu’elle est la personne qui était avec le prisonnie:.]
Il rm’a paru qu'ils logeraient là ce soir là, et luimême me l'a dit. Je n'ai pas connaissance qu'il y ait eu quelque bruit, ce soir là chez mon oncle.
TRANSQUESTIONNÉ PAR M. ARMSTRONG
Je suis parti de chez mon oncle entre sept heures et-demie et huit heures et-demie. Le prisonnier m'a dit : Je vais vous introduire la dame qui est avec moi, et il m’a présenté à elle. Je ne me rappelle pas le nom qu'il lui a donné. Tout me paraissait comme si c'était sa femme.
PAR LA COUR
Je ne connaissais pas le prisonnier auparavant. Il ne n'a pas dit son nom ce jour là. Je ne me rappelle pas de quels termes il s’est servi, quand il a dit : Je vais vous introduire. Je né sais pas s’il a dit: je vais vous introduire à la dame qui est avec moi, ou à Madame. Tout ce que je sais, c’est qu'il l’a nommée par son nom de baptême, en lui demandant : Sophie, veux-tu prendre un verrede vin? Nous prenions, la personne et moi, un verre de bière. C'était la première fois que je voyais le prisonnier, et je ne l’ai pas revu.
Mon oncle est un homme marié ; sa femme vit encore. Il a un grand garçon, vivant avec lui. Il a un autre petit garçon de neuf ans, Mon oncle, sa femme etses deux enfants étaient dans la maisi.
PROVENCHER-BOISCLAIR. 211
RÉ-EXAMINÉ
J'ai couché là avar t-hier, et ma tante m'a dit que son mari et son grand garçon étaient à Montréal.
JEAN LEVASSEUR—déjà assermenté.
Après l'Enquête, je me suis rendu à St.-Zéphirin. le 4 Janvier, et j'ai dit au prisonnier : Si vous connaïssez quelque chose dans cette affaire là,ou si vous ètes coupable, je vous conseille de vous sauver, et je lui ai offert $30.00 que j'avais sur moi, lui disant que je lui en donnerais davantage s’il en avait besoin, Je lui ai même conseillé de se sauver, dans le cas où il ne serait pas coupable, parceque ga faisait du dommage à ses enfants. (C’était vers cinq heures de l'après-midi, et je lui ai dit de venir chez nous dans la nuit du 6. rl a refusé ma proposition.
—-Pas de transquestions.
Svreré . HITAIRE PROVENCHER—<Scieur de Philadelphie, Etat de Vermont,—22 ans.
Je suis le fils du prisonnier. Je connais le Dr. Philippe Giroux des Trois-Rivières qui a été entendu comme témoin de la part de la Couronne, Je suis allé là avec mon père Alexandre. Le Docteur m'a dit qu’il reconnaîtrait le prisonnier, par ce qu'il avait une moustache et de la barbe, et qu'il était picotté, Dans le mois de Décembre, j'étais encore aux Etats-Unis, j'ai écrit à mon père en Décembre. J'ai retrouvé la lettre à Ste.-Monique, dans un tiroir de commode où étaient les lettres de mon père. ù
Cette lettre est produite. Il reconnait les timbres, qui sont Comme suit :
| 10 PLAINFIELD, Déc. 10 Vt.
du côté de l’adresse qui est ainsi :
‘“ M. MoDESTE PROVENCHER, ECR.
" “St.-Zéphirin de Courval, CE, 4 Distrièt of Three Rivers, B.-Ünnada.
20 Sur le côté opposé : ‘“ STANSTEAD DE. 12 1866, L. C.” ‘“ LABAIE, D. 18, 6 C. E.” “Sr. Zé-
“ PHIRIN 14 DEc. 66. L. C.” La lettre elle-même est ainsi conçue :