INTESTINS
La surface de la partie transverse du duodenum
était de couleur rougeâtre et paraissait congestionnée. ja surface interne était également congestionnée. En grattant cette surface avec le scalpel, j'ai détaché une couche de mucus d’un rouge brun. Ls portion ascendante et descendante paraissait plus légèrement enflammée. Le reste du canal intestinal était dans un état de putréfaction extraordinairement avancé, et il était très difficile d'y distinguer les traces d’inflammation qui devait dans tous les cas être peu forte. Aïnsi je ne peux pas me prononcer sur l’état du canal alimentaire, sans qu'une analyse du contenu soit faite.
Drs. N.C. LAporcEUR.
E. G. PRovosr, Député Coroner.
Je n'ai trouvé sur le cadavre, aucune lésion extérieure. Voyant que le député Coroner me demandait mon opinion sur les causes de la mort, j'ai dit que je ne pouvais me rendre raison des causes de la mort, sans faire l'analyse chimique de tous les organes. Sophie Boisclair m'a demandé si je lui en voulais, sur ce que je disais que la mort avait dû être violente, et que le défunt n'était pas mort naturellement. J'ai répondu : non. Je n'ai pas alors compris son intention en me faisant cette question.
Avant de faire mon rapport au Député Coroner, j'avais ligaturé l'estomac à son orifice cardiaque et pilorique. J'avais aussi ligaturé la vésicule biliaire qui contenait un liquide. J'avais aussi divisé le colon. Il y avait une partie du duodenum transverse attachée à l'estomac. J’ais mis le tout dans une assiette que m'a présentée le Député Coroner: elle paraissait bien nette. J'ai demandé quelque chose pour couvrir l'assiette. J'ai couvert le tout de papiet, par-dessus lequel j'ai mis une assiette qui m'avait éte donnée, par je nesais qui. J'ai deman dé peut-être vingt fois un bocal ou bouteille à large ouverture, tant dans la maison du défunt que chez
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les voisins. ‘ On m'a répondu que l’on n'en avait pas. J'ai d’abord essayé à mettre ces organes dans une bouteille ordinaire, dont j'avais cassé Le goulot ; mais l'estomac était trop rempli de gaz pour cela. J'ai mis ns orme ie dans le Me de la voiture qui me conduisait avec le Dr. Provost. Rendu chez moi, jai mis cette assiette dans mon bureau que j'ai fermé à clef, laissant la clef en dedans, c’està-dire la clef d'une porte. L'autre je l'ai fermée et j'ai emporté la clef. Je ne puis dire s'il y a d’autres clefs qui ouvrent la porte dont j'avais emporté la clef. Je ne me suis jamais aperçu que cette porte avait été ouverte. Je suis allé dont curé Trahan où je pris mon déjeuner avec Le Dr.'Provost, et là j'ai demandé à la sœur du Curé, un bocal. Elle a vidé un bocal plein de marinades, et l’a lavé avec soin. Je suis certain qu'il n’est resté empreint d'aucune particule de la substance qu’il contenait d'abord. Je me suis rendu à mon bureau avec Ernest Turcotte. J'ai trouvé l'assiette dans l’état où je l'avais laissée. J'ai pris ces organes; je les ai mis dans le bocal que j'ai soigneusement fermé d’un bouchon de liège, que j'ai ciré et cacheté à l'empreinte d’un cachet que m'avait donné le Député Coroner. J’ai ensuite donné ce bocal ainsi cacheté. Il était impossible de n: rien introduire dans le bocal sans briser le cachet. Il y avait toujours du monde, entrant et sortant de l'appartement, en faisant lautopsie. Alexandre Hart, ainsi qu'un nommé Théophile Lahaie ont scié les os du crâne. Damase Parent m'éclairait.
Le 31 Décembre, quand le défunt est venu chez moi, il m'a remis la poudre qu’il m'a dit être celle que je lui avais envoyée par sa femme, le 25, jour de Noël. Il m'a dit que cette poudre lui avait été inutile, vu qu'il était mieux quand sa femme avait été rendue.
Un jour, en Décembre j'ai vu la femme de Joutras avec le prisonnier, chez Thomas Hart, mar-
chand de St. Zéphirin, essayant des bottines. Je me suis informé comment était son mari. Elle me dit qu’il était mieux.
Le jour de l'enterrement de son mari, le 4 Janvier, après les funérailles, j'ai vu la femme Joutras chez moi. Elle m'a dit : Je suis dans une mauvaise position ; je ne sais pas ce qu'on veut faire de moi; on a envie de me faire mourir de peine. Pour vous, vous m'attendrez bien pour ce que je vous dois. J'ai dit owi. Elle me dit: Docteur, vous n'êtes pas fâché contre moi ? J’ai répondu : Non, vous ne m'avez rien fait, ni moi non plus, il me semble. Elle me dit : Tâchez de n'être pas trop dur pour moi.
Le 22 Décembre, le défunt avait des: intermissions dans ses convulsions tétaniques ; mais les douleurs d'estomac duraient toujours; quoique d'une manière moins intense. es maxillaires étaient serrés pendant la convulsion, et se relàchaient quand elle cessait. Il parlait facilement alors. D'après l’autopsie je n'ai pu découvrir les causes de la mort. |
Les symptômes que j'ai observés chez le défunt, le 22 Décembre, ressemblent à ceux de l’empoisonnement pat lastrychnine. Je n’attribuerai pas non plus les symptômes qu’il m'a décrits le 31 Décembre, à d’autres causes qu'à l’empoisonnement par la strychnine.
TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU
C'est très difficile de’ faire une autopsie à la campagne. Il était possible à quelqn'un qui aurait été il interttionné et désireux de faire du mal, de jeter quelque substance dans les organes que j'ai retirées du cadavre. J'e connais les frères du défunt. J'en ai vu quelques unis dans la maison. J'ai pris 44 à 5 heures, pour faire l’autopsie. J'ai commencé vers minuit à faire l’autopsie. J'ai remis les viécères au Dr. Provost, entre 9 ou 10 heures:a: m. L'impression que j'ai exprimée sur les symptômes
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du défunt, n’est pas celle que j'avais le 22 Décembre, mais a 6t6 acquise depuis. Je n'ai soupçonné l'empoisonnement que le 31 Décembre. L'empoisonnement par les champignons produit des symptômes ressemblant à ceux de l’empoisonnement par la strychnine. Je ne connais pas grand’chose dans la maladie appelée trichine. Je crois que la proportion de la noix vomique avec la strychnine, est de un à trois cents. Je ne puis dire, nila quantité de strychnine nécessaire pour causer la mort, ni le temps dans lequel la mort est produite. Je n'ai jamais été témoin du tétanos idiopathique. Je n’ai été témoin que du tétanos :traumatique. Il y a certains cas de tétanos idiopathique qui ressemblent à l'empoisonnement par la strychnine. Le tétanos idiopatique est celui dont la cause n’est pas appréciable. Le tetanos idiopathique peut être causé par des peines morales. Un ruihntisthe aigu peut
e déterminer. L’intensité du froid peut surtout le déterminer. Il peut être aussi causé par une forte indigestion.
Quand j'ai vu Provencher et la Joutras chez Hart, ils n'avaient pas l’air de vouloir cacher leur présence. J'ai entendu dire lors de l'enquête, qu'il y avait soupçon d'empoisonnement. Les accusés ont été arrêtés cinq ou six jours après le commencement de l'enquête ; ils ne se sont pas cachés. J'ai dit au Jury du Coroner, que le défunt n'était pas mort naturellement ; je voulais dire qu’il était mort par le crime. Un sixième de grain de stryehnine, peut causer la mort. Le détunt était maigre, mais assez sanguin : son tempérament était nerveux. Il faut 480 grains pour faire uné once. Je n’ai pas eu lo-
inion que l’empoisonnement était dû au crime.
a voiture avec laquelle nous nous sommes rendus chez moi, appartenait au Docteur Provost. Il y avait M. Elzéar Poitier chez M. Hart quand le prisonnier y est venu le 31 Décembre.