NEUVIEME JOUR
Maedi, 2 Avril 1867.
Louis Joseph Moll Ecuier, médecin de la ville de Berthier, 49 an s. —Je pratique depuis à peu près 27 ans. J’ai entendu la description des symptômes donnés par les témoins qui ont assisté à la maladie de Ers. Xavier Jouiras. J’ai lu le rapport de 1 autopsie et les rapports d’analyse dans cette meme cause. D’après ce que j’ai entendu et lu je crois que les symptômes donnés par les témoins sont bien douteux et bien trompeurs comme indices d’empoisonnements par la strychnine.
Par le rapport du Dr. Ladouceur, en commentant par le cerveau, il décrit une forte congestion dans les membranê du cerveau tant dans la dure-mère que dans la pie mèr^; il décrit un peu de sérosité dans ses ventricules et l’existence d’une matière
PEOCÈS
?.sTf„‘Sïri
tricVlP^n ! aWion des aureillettes et des rensang qui aurSrtèndu à douLÏ* pfuïde^d
maladie inflrmmatâre li- '?" de
préalable etTSeTre en "ST épanchement d’une mati^rp^f^^
Je passe aux poumons, et le rapport du TV T »
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PEOYENOHEE-BOISCLAIE.
ie rapport du Dr. Ls douceur contient un enduit nuirâtre. Dans ce rapport il ne s’étend pas plus loin. Dans l’autre rapport il est dit par ceux qui ont fait l’analyse que la muqueuse ' de l’estomac avait une couleur rouge très prononcée et même violacée à sa grande courbure ; dé plus l’apparence de plaques disséminées dans l’étendue de la muqueuse. Je reviens au rapport du Dr. Ladouceur qui noos représente les intestins comme dans un état très avancé de putréfaction ; le foie sans y remarquer rieu de bien étrange semblait être un peu plus volumineux qu’à Fétat normal. La rate était distendue et très regorgée.
L’état du cerveau pouvait amener chez le malade une maladie nerveuse et accompagnée de convuljsions ; l’état du cœur avec épanchement dans ses enveloppes, la forte congestion des poumons arec l’accroissement du liquide sus-mentionné dans les . cavités de la plèvre des deux côtés pouvaient faire appréhender une mort imminente. L’état d’inflammation très prononcée de Festoniac, le commencement de gangrène que l’on y a remarqué, car enfin on ne peut donner d’autre nom à l’inflammation que l’on a remarqué dans la muqueuse de cet organe ; Pétat fort avancé de putréfaction dans les intestins qui dénote une inflammation chronique, ou qui a duré depuis quelques temps, sont des indices certains d’une mort prompte et imminente, et j’en viens à la conclusion que le défunt a pu mourir, soit des lésions constatées dans la cavité thaurachique, soit des lésions constatées dans les cavités abdominales ; que ces sortes de lésions ci-dessus décrites, comportaient par elle-même et chacune par elles-mêmes l’imminence d’une mort prompte et certaine.
Quelquefois il peut arriver que quelques unes de de ces maladies et surtout dans les lésions morbides découvertes sur les organes de la cavité thaurachique, il peut arriver la déclaration d’une maladie
jPEiOOjES
nerveuse qui serait alors regardée comme symptôme de la lésion des organes et causée par ces lésions des organes thomacliiques ; la déclaration d’une maladie nerveuse dont les symptômes nous repVésentent ceux décrits par les témoins de la mort du deiiint Franpois Xavier Joutras.
Il y aurait plusieurs maladies nerveuses qui ressembleraient à celles du défunt, mais celle qui est la plus semblable est l’angine de poitrine, à l’état yioieiic car il y a deux angines de poitrine: une idiopatiiique c est à-dire celle qui provient sans que 1 011 lemarque aucune lésion organique ; et une symptomathique qui est amenée par une lésion organique semblable à celles remarquées dans l’autopsie. Jrour montrer jusqu’à quel point cette maladie est subite et dangereuse sur 164 cas, 94 en sont morts: statistique établi par le Dr Forbes On a lu atson sur l’angine. D’après cet auteur je puis dire que dans f angine de poitrine il y a toujours line intermittence, car le malade ne pourrait pas subsister ; et c’est de même dans toutes les maladies nerveuses..
Il y a des symptômes du tétanos dans l’angdne de poitrine, quand elle efst très prononcée, autrement ils 11 y sont pas toujours.
Y a-t-il dans cette maladie souvent crainte de la. mort,^ anxiéle, sentiment d’angoisse, convulsions tétaniques,^ contractions ? Ces cas là sont rares mais il ne laat pas conclure qu’ils ne peuvent pas, arriver. Par les lésions organiques du cœur, par 1 andocardite en un mot, qui devait être de longue date, SI J en ] uge par l’épanchemënt, le cœur n’a pas pu recevoir la quantité de sang que lui envoient les poumons ; le résidu du sang a dû rester dans les capidaires des bronches, et s’y coaguler graduellement. La première partie du sang coagulé a dû se décomposer assez promptement et la partie séreuse du sang a dû transuder à travers la plèvre |iQur produire,, dans le sac de cette membrane, l’é-
PROYENCHEE-BOISCLAIE.
pan(5liement de sérum sanguinolent qu’on y a découvert ; c’est ainsi que le sang s’accumule et se coagule graduellement, se congestionne et rend cet organe plus ou moins capable de remplir ses fonctions, c’est-à-dire l’oxigénation du sang, la gêne de la respiration dans les derniers moments, a dû ou a pu amener l’attaque d’angine de poitrine avec des accès très prononcés et très violents, dont la série de symptômes nous offrent un ensemble, tel que remarqué par les témoins qui ont assisté à la maladie et la mort du défunt Joutras. Ce qui me ferait croire encore à l’bydr ©thorax, c’est qu’il y avait une anazarque très prononcée à l’extérieur parce que, dit le Dr. Ladouceur, en faisant une incision de chaque côté du sternum pour le détacher des côtes, il s’est échappé du tissu cellulaire qui recouvre le sternum, une certaine quantité de sérosité, ce qui me fait croire à l’existence de l’hydrothorax antérieure à la mort. Je veux dire que dans les cas d’expérience pour découvrir la strychnine ou tout autre poison végétal, il est certain procédé adopté par ceux qui ont fait des expériences en ce genre, qui ont eu des résultats très incertains.
Certains auteurs, tel que Christisoii, Angers, Elandin, Orphila, nous représentent les résultats obtenus par l’effet des réactifs comme très incertains et très illusoires ; d’autres auteurs prétendent pouvoir le découvrir à tout coup, chaque fois qu’il en existe, et se croient capables de le découvrir jusque dans la dernière fibrine du corps de T organisme humain.
De ces cas, n’ayant pas d’expérience par moi-même, je ne dois attacher mon opinion qu’à la somme d’autorités dont je croirai les opinions les mieux établies et les plus raisonnées. Je considère que l’expérience médico-légale dans ce genre de témoignages, doit donner son rapport avec toute la conscience et la plus grande réflexion possibles, si ce rapport doitêtre cru par les jurés ; et que l’expert médico-légal
PROCÈS
Poar arayer à une conclusion de certitude sur un des cas d empoisonnement, il faut d’abord que l’on r poison dans la victime ; en-
«™ il faut démontrer si l’on a découvert du poison ; s’il est possible, que l’on lui en montre - en exiger la vue, et que l’on lui montre en nature ; 'ensuite, comme corroboration, car, en un mot bien des poisons ont la même apparence, il doit exiger ia preuve physiologique. «<• exiger
physioloque est un coroboratif qui me semble necessaire pour bâsor une conclusion certeine ; la proteine la fibrine ont les mêmes éléla strychnine, dont les proportions mêmes varient d apres les auteurs qui en traitent ; par I operation des reactifs sur la protéine, on est v^u à trouver de I acide prussique, chose qui certainement n avait pas 'été administrée.
Si en saupoudrant la poudre,ellenepeuttoujours s infiltrer que dans les organes qu’elle a tou-
IWoLT" P«^«« o’-ganes à
* vci taixit; ue lempoison-
nement par la strychnine, dans le cas de Francois-
pas d’expérience de ces analyses chimiques ; je n’ai pas vu de cas d’empoisonnement par la strychnine, excepté sur un chien, de n en ai pas fait d’examen post mortem, ni vu se
veriüerles symptômes pré-existants à la mort. Je ai jamais vu les résultats de l’analyse chimique
a part de 1 analyse pour la strychnine, et ie n’ai jama^ vu d analyse chimique quelconque. La strychnine n a jamais été produite dans la protéine par les reactifs.^ Il peut se faire que la gangrène n était pas aussi avancée le 31.
inflammation, se fait a s bien peu de temps, depuis le commencement
PEOYENCHER'BOISCLAIE.
de l’inflammation des intestins, psqn’à la suppuration, cela peut prendre à peu près flnit jours, hmflammation des intestins, à F état aigu, a pu prendre pas pins que huit jours ; la congestion de cerveau pouvait dépendre de la congestion pulmoniqne. L’andocardite n’est pas une maladie qui mette la vie en danger, seulement en empêcnant le cœur de recevoir le sang qui lui est enyoyé.^ 11 a dn> avoir cette andocardite deux ou trois mois ayant la mort l’hydrothorax a pu être produite par- l’andocardite ; la maladie du foie et de la rate peuvent être causée par la congestion des organes la maladie du cœur a dû amener la congestion pulmonaire. J’ai vu des personnes mourir avec des gangrèncsde Festomac, fumer, marcher, durant la maladie, et,, une heure après, mourir, les intestins dans un état de putréfaction ; un homme qui en est attaqué ne peut pas vivre longtemps. La dégénérescence,. Fossification des artères coronaires, et tes maladms des valvules du cœur sont des symptômes morbides de cette maladie.. Je trouve les symptômes décrits parles témoins,, plus compatibles avec la. mort par F angine de poitrine que ia mort causée par la strychnine, ce qui- me porte à croÿre qu üs. sont incompatibles avec la strychnine ; j entends les symptômes par l’empoisonnement, donnés par les témoins, Je crois que Flaiidin et Taylor disent qu’il y a d’autres matières que la strychnine' qui. produisent la série de couleurs..
Dr. Jean Franpois'^ Ee-G^ Edelmab St;-Gyb,. Médecin et Chirurgien de Berthier— 27 ans.
J’ai entendu les témoignages rendus en cette cause, et j’ai pris communication des^ procès-verbaux d’autopsies et d’analyses. D’après la description des symptômes et des procès-verbaux d’analyses et d’autopsies, ma conclusion n’est ims que le délunt est mort d’empoisonnement par la str^^'chiiine.. Les. symptômes de la dernière maladie du. défunt^
PEOGÈS
n appartiennent pas nécessairement à cet emnni ■sonnement. Uautopsie indique dos caust 3 ^ des piesque suffisantes pour causer la mort car i’ob serve deux lésions anatomiques graves, dont clîacii ne suffisait pour causer la mort ^
L «preuve par les analyses n’est pas très certainp en l absence de preuves physiologi^L qLTe con’
'’cptto™™ la conviction
quelque cC "mais je œSd^rfq^m ffi pr"euve3
P’aprés je rapport de l’autopsie’ et d’après la cons-
s2 su£nllT“® “«atomiques, je trouve là des can-
imrTO Que 13 '^“^®“ance à une maladie
nciveiise quel ou appelle angine de poitrine. Cette
maladie dont on supposerait une forte attaaue
léTXTdS™ '"«t -t-pi™* S.“;
brusauemeiit FIIp maladie se détermine
Dru.5quemeiit. ülle peut se déterminer pa'- une
maladie qui laisserait dans le système des^llsions rfvdmt'h* Pa^’ procès-verbal d’autopsie
du'^défiiiit description des symptômes
et nVii dnP ® P“® été 'remarqué
et qui doit nécessairement se trouver dans tout em’
poisonnement par la strychnine ; la pVoénüneîr;
orbite.^ Il en est un .second mais qui n’est pas consaccès° ‘''® dans les'cierniers
La suspension complète de la respiration dnns i^s deriiieres crise.s est un symptôme essen«ej
moelle epimere ; les iieifs qui en émanent portent cette action sur les muscles de la poitrine nue l’on appelle muscles respirateurs. 1 on
e pense quil seiait impossible à un homme qui
PEOVENCHEE-BOISGLAIR.
mourrait par l’action, de la strychnine, àe prier dans les derniers accès ; bien qu’il pourrait le faire dans les premiers. Quant au serrement de la main, s’il arrive pendant le dernier accès d’une maladie nerveuse, il doit être plus fort qu’un serrement de main lait comme un dernier adieu.
Un homme attaqué de rhumatisme se plaignant de nausées, souffrant des douleurs dans les jambes, et atteint de découragement pourrait souffrir d’une maladie dont j’ai observé les traces dans le procès-^ verbal d’autopsie.
QuESTiOiSr.™ Quelle serait cette maladie ?
Eéponse. — Le point départ est celui-ci : Les; différentes attaques de rhiimathisines concordent très-bien avec les lésions qui ont été observées vers le cœur. Il a été constaté par le Eapport du T)r. Ladouceur que i’andocarde de la membrane interne du cœur était foncée livide et de couleur bleue ; que l’apparence extérieure du cœur éts^it le même ; et qUiby avait dans le péricarde un épanchement de liquides. Ceci dénote qu’il y avait eu antérieurement inflammation de l’andocarde oiiandocardite ; que nécessairement la substance, le parenchyme même du cœur avait du subir l’effet de cette inflammation. Ce qui est remarqué là explique la congestion passive du poumon, congestion ^qiii a dû se faire graduellement, parceque la circulation devait être nécessairement serrée et ralentie. Dans cette congestion passive des poumons, il a fallu nécessairement, qu’avec le temps, la partie aqueuse du sang ou le sérum laissât la partie solide et transudât à travers les parois des soupiraux broncliites capillaires pour s’accumuler dans les cavités des plèvres, et constituer ce que l’on appelle hydrothorax ou hydropisée de la poitrine. Cette épanchement, comme je l’ai déjà observé, est dû à une gène dans la circulation du sang ; et cotte gène de la circulation m’explique facilement l’état d’anasarde du tissu cellulaire recouvrant le sternum. Je re-
PEOCÈS
Srine*!"”' de l'angine de
Dans mon opinion, le défunt est mort d’une an- ^ne de poitrine causée par l’hydrotborar Toc lésions organiques constatées posaient
une impression fâcheuse de froid et cette fmr»rûo sioii factieuse accompaffnée de ces P^®?'
putréfaction extrêm^ement arancée
procès-verbal d’autopsie, et l’état maladif de 1 estomac, remarqué dans le Eapport de
s‘o!;ts“™ S“»brS-
D’après ce que constate le rapport du Dr La8on.
œur, il y avait mdice d’inflammation et même d’un commencement de gangrène. La rougeu“ do la muqueuse dans la grande courbure de^rLtomac dénotait qu i j avait inflammation, et la présence dé ces larps plaques brunâtres indiquait un commet cernent de gangrène. La muqueuse étafl STssi
et la putréfaction était extraordinairement avancée. Ceci prouve qu’il v a eu^une forte inflammation de cette partie dls intes-
Teansquestionné par M. Armstrong'.
r./’f -f m médecin depuis sixans. Je n’ai pas tait d études spéciales de ia chimie. J’ai fait comme tous ies pires. Je n’ai pas non plus fait d’étpes spéciales de la toxicologie. Je n’ai iamais
p™®édés.
Il y a plusieurs réactifs dont on peut se servir pur trouvp la strychnine. 11 y a k LhrSl P potasse, le prussiate rouge de potasse lepéroxide
de SfréS En feisant usage
e reactifs, je ne serais pas pleinement satisfait,.
PEOVENOHER-BülSCLÂlE. 189
parcequeje crois qne l’on doit attacher beaucoup d’importance à la preuve physiologique.
Je n’ai jamais fait d’examen pos/ mortem àw. corps de personnes mortes par l’empoisonnement par la strychnine.
J’admets la valeur de la série des couleurs, comme démonstration de la strychnine, mais pas toujours certaine. Je croirais cette démonstration toujours certaine, si elle était soutenue de l’épreuve physiologique.
D’après le témoignage du Dr. Letheby, le bichromate de potasse est de tous les réactifs le moins bon, parceque son action peut-être détruite par la présence d’acide tartrique et autres substances. Ceci est suffisant pour fonder mes impressions. Ce que je dis de la valeur de l’épreiive par les couleurs n’est qu’une impression. L’opinion du Dr. Letheby, sur laquelle je me fonde, est insérée au Braithwait’s Eetrospect, vol. 34, page 315.- Ce Dr. Letheby est le même que celui qui a donné son témoignage dans l’affaire de Palmer.
C’est entièrement sur cette opinion du Dr. Letheby rapportée au Braithwait’s Eetrospect que je forme mon opinion de l’incertitude de la série des couleurs. Si l’épreuve physiologique corroborait la série des couleurs, je serais convaincu de la présence de la strychnine, et n’exigerais pas qu’elle fut recueillie en cristaux.
Je n’ai pas lu le Eapport de l’analyse, mais je l’ai compris. Je sais que le binoxide de manganèse a été mer tionné par les témoins qui ont fait l’analyse, mais je ne puis dire comment ils l’ont fait.
Je reconnais comme suffisants les procédés faits par les médecins de la Couronne pour obtenir la série de couleurs, seulement' que suivant moi, il faut que cette épreuve par la couleur, soit corroborée par l’épreuve physiologique.
Quelque minime que soit la quantité de strychnine qui irroduit, par la réaction, la série de cou-
PROCÈS
leurs, elle est toujours suffisante pour produire chez quelque animal, les désordres attribuables’ à la strychnine. Ce qui corrobore mon opinion, par rapport a ce cas particulier, c’est que le Dr. Gird- »vood dit qu il l’a trouvée en abondance.
il est presque impossible de préciser ia quantité de strychnine que l’on retrouverait dans la vésicule biliaire d un nomme du poids de 140 livres qui serait mort d empoisonnement par un grain de .strychnine Si la vésicule biliaire pesait un once il ne sermt pas dans la nature des choses, impossible de dire quelle quantité de strychnine on v retrouverait, mais c’est bien difficile. J e ne puis^ dire SI .a vésicule biliaire, proportion gardée de poids et
îitestinr*^’ ‘i® strychnine que les
Suivant moi, le mot “abondance” dans le rapport me feit croire que l’on a dû trouver dans la
vésicule biliaire une quantité suffisante de strych-
niiie pour produire l’épi euye physiolosfique.
partie d’mi grain pouf ait peut-être pioduïre | epreuye pliysiologique sur une souris. La grenonnie, est 1 animal dont on se sert ordinallement et^^ecomniandée pour ces épreuyes.
ai jamais fait d’expérience pour sayoir quel effet un millième de grain peut ayoir sur une souris= Je nai pas yu d’auteurs qui parleraient de - action relatiye de la strychnine sur la souris.
hilfféT ^ Letheby sur ia possi-
oiiite de decouyrir par l’épreiiye de la couleur le yingt iniiiieme d’un grain de strychnine.
q'ib par nue analyse chimique, s attendrait a trouver la vingt millième partie d un grain de strychnine en trouverait un millième, serait raisonnablement fondé à dire qu’il en a
L hydrothorax, dont un homme mourrait le SI y mois, Il aurait pas bien souvent produit des ses tétaniques le 22, le 24, le 29 et le 81, jour de
PEOVENCHEE-BOISCLAIE,
la mort. Aussi soiiyent répétées ? Il dit non ; mais il aurait pu avoir une crise le 22 et mourir le 31 ; et je ne crois pas qu’il en aurait eues dans l’intervalle de ces deux époques.
Avec l’état morbide remarqué chez le défunt, je crois que dans l’intervalle cet homme là éprouvait du malaise Cet homme là pouvait vaquer à ses occupations dans Piiitervalle.
Dans l’attaque du 27, je retrouve quelques symptômes de r empoisonnement par la strychnine, le tremblement des membres avec la courbure du corps en forme d’arc, l’intermission des crises, c’est ce qu’il y a de plus saillant.-— La crainte de la mort se rencontre dans cette maladie. La prévoyance du retour de la crise se rencontre aussi. Le secousse nerveuse produite par un bruit inattendu se rencontre aussi. A ces symptômes décrits par Marie Plourde, femme de Cajolet, je n’attache pas grande importance parce que je crois qu’elle seule, avec son seul secours, n’au‘»’ait pu donner un enchaînement de symptômes comme ceux-là ; et que si réellement ces symptômes avaient été remarqués, ils auraient pu être constatés par le médecin, après son arrivée. D’après la description qu’elle fait des symptômes, l’attaque était assez forte pour qu’ils durassent encore quand le Dr, Ladonceur est arrivé. Si je compare les symptômes observés le 22 à ceux observés le 31, je ne retrouve pas dans cette dernière attaque tous les symptômes avec leur caractère de gravité qu’ils auraient dû avoir, puisque la mort en a été la conséquence.
Les symptômes comparés n’indiqnent pas la même maladie le 22 et le 31 Décembre. Le 22, suivant moi, il a en une forte attaque d’angine de poitrine, et le 31 les maladies internes, qu’il avait vers le poumon, progressant graduellemeii bavaient pu déterminer la mort, sans même causer une attaque nerveuse aussi prononcée.
Il a eu suivant moi nue attaque d’ angine de poL
PROCÈS
trine le 22 Décembre, et il est mort d’une maladie de poumons le 31, accompagnée d’accidents nerveux car les lésions organiques étaient assez prononcées pour cela.
Le Dr. Ladouceur aurait reconnu, je crois, l’existence de Pempoisonnement par la strychnine, si le défunt en avait été attaque le 22 * car ces symptômes auraient dû durer encore quand il est arrivé, si c’était un empoisonnement.
J ’admets comme correcte l’opinion du Dr. Christison et du Dr. Taylor sur la nature des symptômes de l’empoisonnement par la strychnine.
Dans les mêmes maladies, les symptômes varient à l’infini en nombre, en intensité et en caractères chez les divers individus.
J’admets qu’il y a des mtermissions. Le Dr, Taylor a donné deux heures comme durée moyenne des convulsions tétaniques et le Dr, Ladouceur ii^est arrivé que deux heures environ après 1 arrivée de la défunte chez elle, suivant ce qu’a constaté la femme Cajolet ; mais le Dr. Ladouceur disant qu’après son arrivée, le défunt a eu une nouvelle crise, il aurait dû par cette crise en constater la cause, si le maladie était produite par l’empoisonnement.
Le Dr. Ladouceur a donné au défunt de l’éther et de l’opium ; et ce remède lui a fait du bien. La seconde dose pouvait avoir agi comme calmant.
Je reconnais dans le numéro du 15 Mars 1856, du Lancet, ^ les symptômes de l’empoisonnement par la strychnine, dans le cas de Madame Dove. Mais tous les symptômes ne s’y trouvent pas, il n’est pas question de la proéminence de Pœil, de la suspension de la respiration, ni de la perte de la connaissance dans les derniers accès. Ceci prouve que les symptômes peuvent varier dans cette maladie là^ comme dans les autres. Quoique en règle générale, ces trois symptômes se reproduisent ordP îia ire ment
PEOVENOHEE-BOISCLAIR.
Dans une angine de poitrine ‘ dont la cause éloignée serait un rkumatisme et la cause déterminente une maladie de cœur, produisant Thydrottiorax, il Y aurait des lésions au cœur et aux poumons.
Watson qui a écrit un livre intitulé “ Practice of Physic ” est un auteur à qui je prête le caractère d’une autorité en médecine. Je reconnais, à la page 681, comme correcte la description qu’il fait des causes et de l’état morbide attribués à l’angine de poitrine.
Je ne sais si on peut admettre la toux comme un symptôme constant de l’bydrotborax sans affection des bronches.
Eé-exâminé.— J’admets aussi la description que Watson donne à la page 618.
PAE LA COUE
Il uy a pas de maladie présente à ma mémoire, qui ait un symptôme qui lui soit propre, et qui ne pourrait pas se reproduire dans une autre. C’est par un ensemble de symptômes qu’on reconnaît une maladie. Je ne connais pas d’autre substance que la strychnine qui, dégagée complètement de la matière organique, donnera par l’analyse chimique, la série de couleurs bleu, violet, pourpre et rouge. J’admets que la série de couleurs démontre la présence de la strychnine, mais j’exige l’essai physiologique comme complément de la démonstaation.
Je crois, mais je ne suis pas sûr, que la quantité suffisante pour produire la série de couleurs est suffisante pour donner l’épreuve physiologique.
Je crois que s’il y a assez de strychnine dans un ou plusieurs organes pour répéter l’épreuve de la couleur, il doit y en avoir assez pour l’épreuve physiologique. C’est mon opinion qui n’est pas due à aucune expérience, mais que j’emprunte à une connaissfince générale de la matière.
194 PEOOES
DIXIEIB JOUR.
Mercredi, 8 Avril 1867.
Louis Danaut — Cultivateur de Ste.-Monique
69 ans. ^
Je connais le prisonnier depuis environ 45 ans. J’ai resté 22 ans, à treize arpents de chez lui et depuis 23 ans, je demeure à trois arpents. Il a été commissaire des Cours sommaires pendant 7 ou 8 ans. J e n’ai jamais connu le prisonnier pour autre chose (^11 un honnête homme et un homme en c^ui on avait des confiances. Je n’ai jamais connu cet iiomme là pour un homme tenant de mauvais discours. C’était un homme enjoué. C’était un bon voisin et un homme de service.
(Pas de Transquestions).
Jean Bte. Raymond — Cultivateur de St.-Zé’ phiriii — 57 ans.
Je connais le prisonnier depuis bien des années de vue. J ai resté à Ste.-Monique pendant une trentaine d’années, pendant lesquelles il habitait cette paroisse. J’ai toujours entendu dire que c’était un parfait honnête homme. J’ai bien connu le défunt. Depuis quelques années il avait bonne saiité,^ maife depuis sept ou huit mois, il se plaignait d’un étoufiement dans l’estomac, il pensait que c’était une manière de rhumatisme. Le défunt faisait la chasse aux renards jusqu’à ses dernières années. J’avais eu du poison d’un Monsieur Lussier du fort de bqrel, il y a 2 ans, et ne voulant pas m’en servir, je l’ai donné, l’été dernier, au défunt. Je n’ai pas eu connaissance qu’il ait dans le mois de Décembre dernier, fait les apprêts de la chasse aux renards.
Le 25 Décembre dernier, le jour de Noèl, je suis parti de bonne heure pour aller voir le défunt, parcequil était malade, et ils m’on fait rester à veiller.
PEOYENCHEE-BOISOLAIE. 195
Vers trois heures et-demie ou quatre heures de l’après-midi, je me suis rendu là. Le prisonnier était là. J’ai resté jusque vers les 10 heures. Pendant ce temps, le prisonnier a été constamment avec nous. S’il eût été se coucher dans la salle de devant, je l’aurais vu certainement, parceque nous avons toujours été ensemble. Quand on est arrivé, le défunt était couché dans la chambre attenante à la cuisine et on a été voir. On a resté à peu près une heure dans la chambre. Ma femme était avec moi et je crois qu’il y avait aussi une des soeurs du défunt avec son mari. Sophie Boisclair a été quelque temps avec nous, mais comme il fallait qu elle agisse (1) à la table, elle nous a quittés.
Je n’ai pas souvenance que le prisonnier soit entré dans la chambre du malade pendant qu’on était là. Le prisonnier était dans la cuisine ; la porte qui sépare la chambre à coucher de la cuisine était restée ouverte. C’est vers les 6 heures que Sophie Boisclair a commencé à préparer la table.
Pendant qu’on a pris le souper, le défunt a resté sur son lit ; il a soupé ensuite avec nous autres et a veillé avec nous.
Pendant que Sophie Boisclair mettait la table, on pouvait la voir de la cuisiîie, et on l’a toujours vue. De l’endroit où était le prisonnier dans la cuisine on jasait toujours ensemble.
Je ne crois pas que Sophie Boisclair nous ait quittés pendant une quinzaine de minutes pour autre chose que pour vaquer à ses affaires, parceque après avoir été invité à rester à souper, si elle s’était absentée si longtemps que cela on serait parti.
Si le prisonnier s’était absenté et renier me avec Sophie Boisclair pendant un quart d’heure, je suis certain que je m’en serais aperpu. Nous avons resté environ une heure dans la chambre à coucher
(1) Agir à : populaire, au lieu de préparer.
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Depuis ce moment là, du 2 Janvier a» O il ât„v
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PEOYENOHEE-BOISCLAIE. 197
qu’il ne pouvait pas laisser passer une heure de ses repas.
Le défunt était passablement plus grand que moi. Je me suis mesuré, il y a quelque temps, et je crois que j’ai cinq pieds et-demi. C’était un homme de ma grosseur. Le défunt a eu une maladie il y a environ 3 ans, pendant laquelle il a repu les derniers sacrements. Il m’a dit que pa venait d’un coup d’eau qu’il avait pris. Je n’ai pas connaissance qu’il a été malade depuis. Environ un jour avant Noël, il a été malade une nuit chez mon voisin du nom de Dion, où il battait au moulin. C’était u^ie maladie qui Pavait obligé de sortir pendant la nuit. Il est venu chez nous avant le jour pour avoir de la boisson pour se réchauffer, car il ii’y en n’avait pas chez Dion. Il m’a dit qu’il avait froid et je pense bien qu’il avait attrapé ce froid en sortant pendant la nuit. C’est 4 ou 5 jours avant de battre chez Edouard Amand ; peut-être est-ce moins. Je sais qu’il a quitté chez Dion pour aller battre chez Amand. Je crois qu’il a battu une couple de jours chez Dion.
Quand je suis allé chez le défunt, le jour de Noël, il y avait là Greorge Boisclair, frère de Sophie Boisclair et sa femme, et François Lemaire, sa femme et Délima Joutras, la sœur du défunt. J’étais assis au pied du lit. Madame était sur la muraille de derrière de la maison. La porte s’onvrait dans la chambre de mon côté. Elle se rendait presque à ma chaise.
Je n’ai pas vu Joseph Joutras là. Je ne me rappelle pas l’avoir vu. De la chambre où nous étions il était impossible de voir dans la chambre de devant. Il n’était pas non plus possible de voir la porte de devant, la porte cachait. Mathilde Jontras y était et s’est tenue dans la cuisine ; elle aidait à sa belle-sœur.
On faisait des histoires, et on ne faisait pas une attention particulière à ce qui se passait dans la cui-
PEOCÈS
sine. Mathilde Jouiras, le prisonnier et Sophie Boisclair pouvaient entrer dans la chambre de devant sans que nous nous en écrions aperpus. Le prisonnier se tenait accotté sur le chambranle de la porte de devant, près de la table, du côté du poêle, le plus près du chemin. »
Ils ne nous ont pas traités. C’est vers six heures qu’elle a commencé à préparer la soupe ; elle a resté un petit bout de temps avec nous et a ensuite roulé à son alFaire. Sophie Boisclair n’est pas restée une demi-heure ou trois quart d'heure dans la cuisine.
A ma connaissance, la femme du défunt est venue trois fois à Sorel avec moi. Je l’ai vu aussi aller au moulin. Depuis l’été dernier, j’ai entendu parler en mal du prisonnier parcequ’il rôdait avec la femme du défunt, et que c’était un mauvais exemple.
Des gens du rang m’avaient prié d’avertir le défunt, vu que j’étais son ami, de ne point garder cet homme là chez lui : que pa n’était pas sa place, parceque pa faisait jaser le monde qui ne trouvait pas convenable pour un homme de se retirer chez un. autre, et de rôdailler avec sa femme, comme le prisonnier le faisait avec Sophie Boisclair. Je n’ai pas voulu l’avertir moi-même, de crainte de lui faire de la peine, je l’ai fait avertir par ma femme qui mA dit l’avoir averti. C’est quinze jours ou trois semaines avant le 22 Décembre que cela est arrivé, peu de temps après qu’il eût été rester là. Tout ce que j’ai connu de la santé du défunt c’est qu’il se. plaignait de faiblesse d’estomac. Il n’était pas hydropique et je n’ai pas connaissance qu’il râlait. Il avait la respiration libre comme les autres. Il ne m’a pas paru avoir le souffle court.
Eé-Examiné.
C’est depuis le voyage à Sorel que ces bruits ont courus. Ma femme m’a rapporté que ce qu’elle avait dit au défunt paraissait l’avoir choqué. Il ré-
PKOVENCHEE-BOISCLAIE. 199
pondit que le prisonnier passait pour un bon bom-
me, dévotieux assez.
Pae la Goue.
Quand on bat au moulin, l’un donne le grain à celui qui fait manger le moulin, le troisième retire la paille et le quatrième charroie le grain. Quand le défunt travaillait avec son frère, pendant une moitié de la journée, c’était l’un d’eux qui donnait le grain et l’autre qui faisait manger le moulin, et dans l’autre moitié ils changeaient d’ouvrage. Tous ces ouvrages sont également fatiguants. G est un ouvrage fatiguant. Je crois que j'ai à peu près pieds de hauteur. Le défunt avait environ deux pouces plus grand que moi, quelque chose de plus peut-être. On ne s’est jamais mesuré.
Je demeure à environ dix-huit arpents de chez le défunt. Je voyais le défunt presque toutes les semaines. Le jour de Noël, je ne me suis pas aperpu qn’il eût la respiration gênée, mais je me suis aperpu qn’il ne marchait pas aussi bien qii’ auparavant, comme s’il eût mal dans les jambes. Il levait les pieds haut, et on riait de loi parcequ’il marchait mal. Il ne m’a pas paru gêné dans les bras et il ne s’est pas plaint do mal là. Le mal dont il ^s est plaint était du mal dans les jambes, que c’était comme manière de cram.pes. Je l’ai revu la veille de sa mort, il revenait de chez le docteur. Il était eu voiture. On a arrête et on a jasé une petite escousse. Je m’en allais à LaBaie. Il m’a dit qu il avait été chercher des prises pour prendre, qu’il n’avait pas le cœur bien. Je ne me suis pas aperpu qu’il avait la respiration gênée.
Maeie Mathieu, femme Gonrchêiie, déjà entendue.
J’ai déjà été entendue comme témoin. J’ai dit qu’un homme que j’ai cru être le prisonnier e-t. Sophie Boisclair sont venus chez moi dans le mois d’Octobre dernier, et sont partis le matin vers 7 à S.
PROCÈS
Pas de transqtstionf
26im ™ cultivateur de St. Zéphirin,
Je connaissais le défunt Jouiras. II m’a dit mi’ii faisait la chasse aux renards et on’il ïoa « lï^d Hait avec de l’arsenic. ’ empoison-
Pas de transquestions,
40 ‘^«eur de St. Zéphirin.
de moustache ^ “ Jamais vu
Teansquestiotoé par M. Armstrong.
Il n avait pas de moustache.
THÉEIEN—Cultivateur de St.-Zéphirin
Examiné sue voie, dire.
E a pas entendu la lecture des témoignages A connu le défunt Joutras. Dans le coSt de automne, Il y avait de la neige, quinze fou “s ou
rois semâmes avant Noël, j’ai rencontré le défunt
était mPf®® battre chez Dion, et il m’a dit quhl
PAR LA COUR
mmid dn’f S' 7®^®™ de Jean Bte. Ray.
demevm h* env^°®® 1" Edouard Ama/d
aemeure a environ 8 à 9 arpents de là.
TROYm CHEE-BOISCL AIE. 201
OwEN SwEENY— Forgeron, et Cultivateur de Ste.-Moiiique-— 42 ans.
Connait le prisonnier depuis environ 14 à 15 ans. Je l’ai toujours connu pour un homme de bon caractère. Je l’ai connu entièrement pour un honnête homme. Il a été commissaire des petites causes pendant une dizaine d’années^ et il satisfaisait le public comme commissaire.
TRANSaiIESTIOMNÉ PAR' M. ÂRMSTEONG.
J’en ai toujours entendu parler comme d’un honnête homme. Depuis cinq ans environ que je demeure à Nicolet, j’en ai guère entendu parler.
Abraham^' Weed— Constructeur de Moulins, de- St.-Zéphirin-de-Courval— 45 ans.
Je connaissais le défunt et je connais le prisonnier. Joseph Jouiras est venu dans ma maison,, m’a appris la maison où était le prisonnier dont lafemme était morte dernièrement. Je lui ai dit que le prisonnier n’étant pas sorti de la maison, c’était imprudent pour moi d’y entrer ; que quand il serait sorti, je pouvais lui rendre réponse. Il'.a paru avoir un air froid contre le prisonnier. J’ai été chez le prisonnier le Dimanche. 11 n’y était pas. Je suis retourné sans l’avoir vu. J’ai retourné le Lundi, j’ai rentré dans la maison où était le prisonnier. J’ai parlé une petite escousse de temps avec lui dans la maison.
C’est le défunt lui-même qui a demandé au prisonnier de venir demeurer chez lui, lui disant : M. Provencher, vous n’êtes pas dehors ; si Joseph Jouiras vous jette dehors, venez vous en chez moi ; vous serez bien venu, et vous resterez dans la chambre que vous avez faite cet été, tant que ca vous plaira.
Je connais le prisonnier depuis qu’il est arrivé à St.-Zéphirin,
Pour moi et ceux qui m’ont parlé de lui, il a parUx d’un caractère pariait.
PBOCES
Je n’ai pas eatendu parler du voyage fait par le prisonnier et Sophie Boisolair à Sorel avant l’en!
qiiete. J en ai entendu parler après.
J’ai trouvé que c’était un homme qui avait du cœur a son ouvrage. La plus grandfe remarque que J ai faite, c est quand il m’a dit, à mon moulin fatiguait et qu’il avait mal à l’esto-’ mac. Il m a dit cela en difiérents temps, plusieurs
A 'Iv ^® Décembre, entre le iour
de Noël et le jour de l’an, quelques jours avant ”
mort, je ne puis dire combien.
oiJd n était pas en parfaite santé,
qn il avait 1 estomac chargé et que ca lui donnait line peine II m’a dit qu’il peimait^que la Tine l’emporter. Il ne m’a pfs dit depuis combien de temps il avait cette peine II ne m a pas fait d antres observations. 11 ne m’a ?flT l’ordinaire pour son mo-
nard^ “ ®.' dil qnhl faisait la chasse aux re-
naidS; J étais voisin de Provencher quand il travailiait a mon moulin. Depuis qu’il est venu à St Zephirin. le prisonnier n’a pas porté de moustache! Teansquestiouné par m. Armstrong.
Quand Provencher m’a dit qu’il allait demeurer chez Joutras, il ne m a pas dit qu’il savait bien aue le monde parlait, mais que pa faisait sou affaire." Il
iT ile^F G présence. Je n’ai jamais parle de 1 ünquete au prisonnier. Le défunt afiit cœur a son travail et travaillait fort. C'a ne m’étonnait point que le défunt fut fatigué parcequ’il m avait dit que son estomac était faible.^ li était comme le commun de tous les hommes. Il m’a dit qu en mangeant trois fois par jour, il avait de la peine a se rendre au repas. Il m’a dit qîthl mam
PEOYENCHEE-BOISCLâlE.
geait bien ; qu’il avait un appétit raisonnable, et qu’il avait de la peine à se rendre aux repas ; que quelques fois il demandait son dîner avant midi, qu’il avait trop faim,
’ PAE LA COUE
Il m’a dit cela plusieurs fois, chaque fois que j’ai eu occasion de le rencontrer, le printemps, l’été et l’automne derniers. Il m’a dit cela â la fin de Novembre ou au commencement de Décembre.
Je demeure dans la paroisse depuis neuf ans ; je l’ai toujours connu. C’est un homme qui a fait ses travaux, se faisant quelquefois aider. C’est le cas qu’un habitant qui a trop d’ouvrage, se fait aider quelquefois ; et quand il peut être malade. C’est un homme cjui travaillait comme les autres habitants.
Moses E. Haet— Notaire de St.-Zéphirin-de-^ Courval-~49 ans.
J’étais le foreman en chef des Jurés du Coroner dans l’enquête sur le corps de Eranpois J outras, le défunt. J’étais dans la maison, quand l’autopsie a été faite. La maison était aussi pleine qu’elle pouvait l’être. Il y avait même du inonde à l’entour.
D’après ce que j’ai pu voir, il était très possible à quelqu’un de jeter quelque chose dans le cadavre du défunt. Il était même facile d’enlever et emporter une partie des organes du défunt sans que l’on s’en aperput.
Pendant l’enquête, il était dans la maison. Je ne lui ai pas parlé. Le lendemain ou surlendemain de l’autopsie, il est venu chez nous. Il lui aurait été facile de s’évader, s’il l’eût voulu, depuis l’autopsie à l’arrestation. Quand l’enquête a été ajournée, le 13 Janvier au matin, Joseph Jontras, le cousin du défunt, témoin entendu de la part de la Couronne, m’a dit dans le chemin : Cet homme là (en parlant du prisonnier) vous lui donnez une chance de s’échapper.
PROCES
J’ai compris que son intention était qu’on vînt le taire arrêter. Je lui ai dit que comme le Dr. Ladouceur ne nous avait pas donné de traces de la mort du défunt, et qu’il ii’y avait pas encore plus de causes données dans les dépositions, on ne pouvait pas le faire arrêter.
Je connais le prisonnier depuis environ trois ans. ir f caractère. Avant la mort du
delunt, li n’y avait pas eu d’atteinte sérieuse à son caractère. J avais moi-meme confiance en lui. Le prisonnier était souvent employé par les membres de ma famiUe et par moi, pour faire des voyages. J e lui ai même confié de l’argent. Je n’ai iauiais entendu de plainte faite contre sa conduite. '
Tramsqtjestionné par M. Armstrong.
L’enquête a commencé dans la chambre de devant où il y avait beaucoup de monde et où se faisait Pautopsie. Le Député Coroner a fait retirer le Jury dans la cuisine pour prendre les dépositions Je sms entré vingt fois au moins dans la chambre' ou se faisait l’autopsie. ^ Quelques fois, le Dr. Ladouceui m appelait lui-meme pour me montrer quelque partie du corps, J e lui ai fait la remarq ue que 1 autopsie devait se faire avec plus de précaution, vu la quantité de monde qui se trouvait dans 1 appartement où elle se faisait. Quand je suis entré, le corps était ouvert et une partie des viscères était sur ia table. Quand j’ai dit cela an Dr. Ladouceur, il voulait me frotter le visage avec sa main J ai dit au Dr. Ladouceur, que la chose se taisait avec trop de risée. Je n’ai remarqué personne avant de mauvais desseins. Je jure qu’il était facile d’emporter quelque partie du cadavre du défunt sous les yeux du Dr. Ladouceur, David Hart, Théophile Lahaie, et une personne qui gardait le corps, et au milieu de tout le monde, sans que personne ne s en aperput. Le Dr. Ladouceur frottait avec sa main salie par l’opération, le manche de la pipede plusieurs personnes qui fumaient.
PEOYENCHEE-EOISCLAIR.
Dayid Boueret— Commerpaiit de la ville de Sorel — 49 ans.
Je connais le prisonnier pour l’avoir vu une fois avant ie procès. Je l’ai vu cjuelque temps avant la Toussaint, 6 ou 7 jours avant la Toussaint. G’etait le Yendredi au soir. li a logé chez mon voisin, Léandre Lafontaine, Hôteilier, sur le Chemin de Ligne. Il est arrivé vers quatre heures et-de- ,mie à cinq heures. Je suis arrivé chez moi aussitôt qu’il est arrivé. îSa voiture était dans la cour et sa jument était dételée. Sa voiture était dans la cour et sa jument était dans mon écurie. Il m’a paru avoir deux poches, dans lesquelles il y avait de la gaialrlote(l) et de ia moulée pour soigner son cheval, et des perdrix. Il m’a demandé qui achèterait les perdrix, et même, combien cela pourrait se veiidre^ à Sorel.
A huit heures et-clemie il est revenu pour soigner son cheval et il m’a dit qu'il logerait chez Lafontaine. Le Samedi iiiatiu, il est venu chercher sa jument vers 6 heures et-deijiie, il faisait grand jour. Lue demi-heure à peu près ensuite il est venu chercher sa voiture et est allô devant la porte de chez Lafontaine. Il est entre chez Lafontaine, j’ai vu sortir une créature (2) avec lui, et ils sont embarqués fCii voiture ; ils ont gagné du côté de l’église, ce qui pouvait être leur chemin pour aller au marché. Je n’ai pas vu le visage de la créature et je ne pouvais pas le reconnaître.
M a femme a eu connaissance de ce fait là et Lafontaine aussi, probablement, puisqu’il a couché îà.
— Tas de transquestions.
Adèle S t.- G-EEMAiisi'-”Femme de David Bourret, commeicant de Sorel — 33 ans.
(1) Gfiiiiir'ole : rxort's-îon po|>ulairî désignant tout giaia mou* 'u (ioni on ii'ii pas 3C}>nié in f.uine, le son et le gru.
(i) Créî'ture: Evnrrs?icu employé? parmi le peuple comme syno- BÎ.ae de fomine.
PEOCES
J e connais le prisonnier depuis l’automne dernier,- Je l’ai vu chez nous environ huit jours avant la
Toussaint. Il est arrivé chez nous un Vendredi soir. Il a mis sa voiture chez nous, et il est arrivé vers soleil couché, vers quatre heures et un quart ou quatre heuies et-demie, ,J e l’ai vu avec une dame * li sont entrés ensemble chez Lafontaine, et lui, ensuite, est venu mettre son cheval chez nous. Il est revenu vers huit heures et demie, et ma mère a été avec lui à l’étable. Il est revenu ie matin soio-ner sa pouliche avec de la bouette^ (1) nous disant qu’ellene ^mangeait pas autre chose. C’est une pouliche qu’il avait ; c’était une pouliche brune. Je l’ai vu le Samedi après IVoël,^ quand il a passé pour s’en retourner. ^ Il était avec une Dame quand il s’en est retourne. Je i ai vu embarquer le samedi, et il nous a dit qii il s en allait au marché. Il avait emporté des perdrix, dont il nous a demandé le prix.
J e l’ai vu gagner dans la direction de l’Eglise.
Tbansquestionné par M. Armstrong.
Je l’ai vu repasser Samedi après-midi, pour gagner le Pot-aii-Beurre.
^ Marie Plourde — Femme de Michel Cajolet, témoin déjà entendu : J’ai vu une fois du poison' chez ie défunt. lia parlé (ie défunt) une fois cheznous qu’il tendait des pièges. Il a serré de la poison (2) chez nous, disant de prendre bien garde à mes enfants. Il a repris cette poison là le soir. Il Ta mi« sur une planche posée aux poutres. Il y a trois ans que cela est arrivé.
Je n’ai jamais vu le défunt emporter de la boisson à sa sucrerie ou dans son champ.
C’est la première et dernière connaissance que j’aie eu que lo, défunt avait de Z z poison. Il m’a dit
(2) Boaeîte: Mélange de différents grains moulus et délayés U roau,
(2) Poison: parmi le peuple, est toujours employé au féminin.
PPtO YEN CHEE-BOISCL AIE. m
qiï^il avait tendu des attrappes le matin ; et il m^a dit que c'était pour mettre dans ses attrappes.
Sophie Boisclair est arrivée en pleurant, le 22 Décembre, chez nous, comme toute autre femme qui verrait son mari en cet état là.
—Pas de transquestions.
Jean Levasseue— Cultivateur de' Nicôlet.— 31 ans. Je connais bien le prisonnier qui est mon beau-père. J’ai connu le défunt le printemps dernier dans les semences. Il m’a dit qu’il avait toujours eu une petite santé depuis des vaillantises qu’il avait faites, qu’il ne pouvait pas Beaucoup travailler. Ijii jour qu’il m’a dit cela, il était malade. Il m’a dit qu’il faisait la chasse aux renards. Mêmement que je lui ai dit qu’il y en avait, beaucoup chez nous, qui mangeaient nos volailles. 11 dit : j’irai les prendre. C’est vers la Toussaint de l’année dernière qiVil m’a dit cela.
Il ne- s’est pas passé une semaine, à l’exception d’une peut-être, sans que je le voie depuis qu’il demeure à St.-Zéphiriii, même deux fois par semaine. Il venait coucher chez nous en allant aux Trois-Eiviôres- et en revenant.- Quelquefois il passait sa journée. Il' est venu une fois avec sa défunte femme et Soj)hie Boisclair. Ils ont couché chez nous. Je crois que Sophie Boisclair a été coucher chez le voisin, un de ses parents. J’ai connaissance qu’il est venu cinq Samedis de file (1) avec sa femme. Quand il avait affaire à Nicolet, il venait avec sa femme.
Cinq jours après la mort de la femme du prisonnier, le prisonnier a dit en ma présence et celle du défunt et de Sophie Boisclair que Joseph Joutras, (témoin entendu) ne voulait pas le laisser dans sa maison. Je lui ai dit : venez chez moi. Le défunt lui a de son côté offert d’aller rester chez lui.
(-1) De file ; Populaire, pour subséquentg.
PEOCÈS
Le) prisonnier a répondu : Mon garpon m’offre d’aller rester avec lui. Je crois que je vais y aller. Le défunt a repris ; Vous ayez des porcs à engraisser, restez à St.-Zéphirin. \"ous avez fait deux cliambres cet été chez nous, prenez- en une et restez aussi longtemps que vous voudrez. Le prisonnier a répondu ; V ous êtes bien bon et j’y penserai. Sophie Boisclair a de son côté paru bien consentante. Je ne suis pas positif, mais je crois qu’il avait mal dans l’estomac.
Dans le commencement des récoltes, l’année dernière, le défunt m’a demandé de quelle maladie était morte ma mèrp l’hiver précédent. Je lui ai répondu ; d’un rhumatisme inflammatoire. Il a dit : Je crois bien que je vais mourir comme cela, parceque je suis oppressé.
PAE LA COUE
Il y a quatre lieues et-demie à cinq lieues, . de Nicolet à St.-Zéphiriii. Je ne puis dire la distance de St.-Zéphiriîi à LaBaie. C’est l’hiver de 1866^ un peu avant les jours gras, que le prisonnier a été demeurer à St -Zéphiriii, lors de son mariage. Le défunt n est jamais venu chez nous. J’ai été 7 à 8 fois à St.-Zéphiriii. Ma mère avait 44 ans quand elle est morte ; elle avait été deux jours et-demi malade. Le Docteur a dit qu’elle était morte d’un rhumatisme inflammatoire. Elle a été au lit ces deux jours là. J’ai conte cela au défunt et c’est làdessus qu’il m’a dit qu’il croyait qu’il allait mourir de la même maladie.