RÉ-EXAMINÉ
Je ne puis dire immédiatement quels sont les symptômes de Tempoisonnement par les champignons. Je ne puis dire si les champignons contiennent un principe de strychnine. Il est improbable que 1 on ait jeté des substances poisonneuses dans les aliments. Quand j’ai été absent pour me mains, j’ai laissé les viscères sous la garde de Théophile Lahaie. ^
Samedi matin, 10 h. A. M.
La foule est moins considérable qu’hier. Le prisonnier semble fatigué, mais sa figure est impassible. 11 promene ses regards sur la foule d’un air calme et iroid.
continue sa preuve..— Docteur DJiilippe Giroux, médecin de Trois-Ei^dères, âo-é de dO ans Je pense avoir vu le prisonnier chez mw, le 30 Décembre dernier ; c’était le Dimanche, .ie VOIS beaucoup de monde Amon bureau
M. Chapleau de la Défense, s’objecte au témoignage en autant que le témoin n’est pas certain de prisonnier. La Cour rejette Pabjec-
II y avait un individu du nom de St. Pierre à mon bureau, quand la personne, que l’e crois être le prisonnier, y est venue. Le nommé St. Pierre Trois-Rivières, et je le connais; Il était dans mon bureau, quand la personne y est en ree. Cette personne m’a demandé si je voulais avoir la bonté d’obliger le Dr. Smith, de LaBaie,
PEOYENOHÉE-BOISCLAIE.
eit lui laissant avoir un peu de strychnine. Je lui ai demandé s’il avait un écrit du Dr. Smith : il m’a répondu qu’il n’en avait pas. Là-dessus je lui ai dit que je ne pouvais pas lui laisser avoir de strychnine, que c’était contre mon devoir de le faire.
J’ai refusé de lui donner ce poison. Là-dessus il a réitéré sa demande ; après avoir réfléchi, j’ai pensé en moi-même qu’il n’en userait toujours pas en mal, et je lui en donnai une quantité de huit grains ; je le ai pesés.
Un individu qui, assermenté, dit s’appeler Didace St. Pierre, jardinier de Trois-Eivièrôs, est présenté au Dr. Griroux qui le reconnaît pour la personne qui était dans son bureau lors de l’arrivée de la personne en question.
La personne me donna un écu pour huit grains de strychnine.
Cet homme me dit sur ma demande après avoir repu son poison et m’avoir donné son argent, qu’il se nommait Joseph Thérien, de LaBaie. Il partit avec le poison dans sa poche. J’avais écrit le mot “ poison ” sur le papier, afin d’éviter des erreurs ; je l’informai de ce fait.
Cette personne me demanda s’il y avait du danger à le porter dans sa poche. Je lui dis que non, pourvu qu’il n’en prît pas. Je lui fis la remarque que je croyais qu’il se servait du nom du Dr. Smith pour avoir du poison, afin d’empoisonner les renards. Il a persisté à dire que c’était pour le Dr. Smith. '
Il y a deux sortes de strychnine ; la strychnine en cristaux, et la strychnine en poudre ; je lui ai donné de la strychnine en poudre. Il a répété deux ou trois fois que c’était pour le Dr. Smith.