‹ Procès verbal de la conférence coloniale [microforme]Chapitre 5 sur 65 · LU M · texte numérisé non relu

LU M

quor que sur le prix initial de l'Angleterre à l'Inde, 4 francs, 25 centimes, le gouverneraent britannique ne perçoit qu’un demi penny et le gouvernement de l’Inde perçoit 84,, de sorte que sur les quatre francs, 25 centimes, ou 38, 64d., la compagnie de l’Eastern Télégraph prend 2s. 8d., et les deux gouvernements se partagent 84d, Il faut donc ajouter ces 28. 8d., aux 4s. 8d., de la compagnie de l’'Eastern Extension, ce qui fait de 78, à 78. 6d., pour la transmission d’un mot d’après le tarif des compagnies actuelles. M. Fleming nous dit que les transmissions par la voie du Canada et du Pacifique pourraient se faire au prix de 2e, par mot; ce serait là, comme on voit, toute une révolution. Le gouvernement anglais apprécie hautement l'importance d’une telle réforme ; il souhaite fort la voir s’accomplir; elle serait, suivant moi, la plus utile de toutes celles qui pourront naître de cette conférence ; mais le gouvernement ne pourrait qu'avec une extrême difficulté, et cela est sans précé dent, s'intéresser à un projet de cette nature de façon à entrer lui-même en concurrence avec une compagnie commerciale constituée et conduite par des citoyens de l'empire britannique. Une telle action de la part du gouvernement donnerait lieu à une très grave question qui pourrait s'étendre à d’autres entreprises britanniques: aux chemins de fer, par exemple. Si des particuliers se chargent de l’œuvre, et si les gouvernements coloniaux la socondent et l’encouragent en l’aidant, on peut compter je pense, que nul gouvernement à la tête de ce pays-ci ne tardera à faire ce qu’il pourra en matière de législation et d'administration pour faciliter l’exécution d’une entreprise devant procurer un avantage incalcalable aux sujets de Sa Majesté, tant de la mère-patrie que des colonies. Les autorités postales ici entendront avec plaisir les délégués leur indiquer les moyens de coopérer à l’entreprise projetée, d'utiliser la grande voie transcontinentale créée par l'énergie du Canada et d'utiliser aussi les eaux moins orageuses du Pacifique.

Je suis out à fait de l’avis de M. Fleming que le câble, par sa situation éloignée, serait mienx à l'abri du danger d'attaque ou de capture par les puissances étrangères, Si les délégués peuvent nous donner quelque idée pratique de ce que le Post Office aurait à faire pour favoriser la mise à exécution du projet, je crois qu'ils peuvent compter sur l’aide cordiale du département, à tous égard.

M. Service. Monsieur le Président, voulez-vous me permettre de mentionner une autre question ? M. Raïkes a dit, il y a un instant, que le prix exigé par le gouvernement indien est de 8d. par mot pour la transmission sur la portion indienne de la ligne, On a toujours affirmé, et avec vérité je crois, que ce prix est beauconp plus élevé, deux fois plus élevé

Sir Jon Downer. Il est trois fois plus élevé ; il est de 74d. contre 244,

M. Service. Ce prix est beaucoup plus élevé que celui exigé par le gouvernement indien pour la transmission sur le même parcours, de ce que j'appellerai ses dépèches domestiques. Il serait intéressant de savoir pourquoi le gouvernement indien prélèvs ainsi une taxe que l’on peut presque qualifier de barbare sur l'usage d’un instrument de civilisation,

M. DeaxiN, Le prix du transit par l’Inde des dépèches à destination d'Australie est de 74 d ; le prix des télégrammes urgents pour l'intérieur est de 5d., et le prix des télégrammes ordinaires pour l'intérieur est de 24d., de sorte que la taxe prelevée sur nous dépasse de moitié celle des télégrammes urgents, et est trois fois plus forte que celle des télégrammes ordinaires circulant dans l'Inde,

M, Raïkes. Je suis au fait de cet état de choses, mais les délégués comprennent que le Post Office n’en est aucunement responsable, Une question m'a été adressée l’autre jour sur ce sujet à la Chambre es Communes ; j'en ai référé à un monsieur qui représente l’India Office à la Chambre des Communes ; sa réponse correspound avec co que vient d'exposer M. Deakin. Cet exemple vient à point, et nous serons bien aises que les délégués nous mettent en mesure en exprimant leur opinion, de faire des représentations an gouvernement de l'Inde,

M. DEakiN. Nous le ferons volontiers,

M. Sauz{Sauuez. Nous nous sommes déjà adressés au gouvernement de l’Inde pour faire réduire le tarif, et il a refusé de le réduire.

M. Rarkes, Je crois que Ja conférence peut exercer une forte influence.

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= | Sir SAUL SAMUEL. J'ai compris, d’après ce qu’a dit M. Raikes, que le gouverneà x ment favoriserait la proposition d'un second câble; puis-je demander si le gouverne- y] Inde ment serait disposé à subventionner l’entreprise de quelque manière ? | Rp M. Raïkes. J'ai laissé voir dans un langage réservé qu'il serait contraire à la Re: gent pratique du gouvernement anglais d'entrer en concurrence avec une compagnie, #0 7. c'est-à dire de s'associer à une entreprise faisant concurrence à une autre entreprise ; 00 Ms en d’autres termes, de donner à l’une un avantage sur l’autre; mais s’il s’agit d’une FE . du question de subvention, indépendamment des considérations impériales, je désire réit Ja, server la considération de ce sujet, si Sir Saul Samuel me le permet, et ne pas expriment mer d'opinion.

es Sir SAUL SAMUEL, Je comprends que M. Raikes soit mesuré dans ses paroles ; mes toutefois comme nous aurons à aborder le sujet, j'ai pensé que nous devrions savoir à récé quoi nous en tenir, ne M. Deaxin. Le raaître général des postes, je crois, pense qu’il ne doit rien dire mas comme membre du souvernement de Sa Majesté, de ce que le gouvernement entend faire.

Favre Le PRÉSIDENT. M. Patey est prêt à répondre à toute question qui lui serait #1°708 adressée par les membres de la conférence, avant que nous entrions en discussion, si Sant les membres ont des questions à lui faire. di ; M. Deaxin. Il est peut-être inutile de demander cela, mais je présume que M. 4 Patey est en état de nous dire, d’après ses connaissances, qu’il ne prévoit pas de difri è ficultés insurmontables à l'établissement de ce câble du Pacifique; que l’œuvre est ds 1 bien dans le domaine des choses possibles, died M. Parey. Au point de vue de la dépense, la diffoulté consiste certainement, FeAtE d’après ce qu’a dit M. Fleming, dans la grande profondeur à laquelle il faudra né immerger le câble : les profondeurs dépassent de beaucoup celles de l’Atlantique. Il Li: vo est fort douteux que le câble puisse être posé sans beaucoup de difficultés, Une autre Nes question de la plus haute gravité est celle de savoir s’il serait possible de faire au si câble des réparations avec la grande profondeur qu’il atteindra certainement entre RTE l'Australie et l'Ile de Vancouver, Je ne dis pas qu'il serait impossible de le réparer, inde parce que d'anciens câbles ont été souvent repêchés à de grandes profondeurs; toute-

fois c’est là une grande question,

M. DEaAKkIN, A:t-on des données certaines sur la profondeur du Pacifique ?

M. Parey. Je crois que sur un point ou deux la profondeur atteint 11,000 et 12,000 brasses,

M. SANDFORD FLEMING, On n’a jamais eu l’idée de placer le câble dans de telles profondeurs. L'océan Pacifique varie en profondeur; les plus grandes profondeurs se rencontrent à deux endroits: près du Japon et au Sud-Ouest des Iles Sandwich; mais On n’a jamais pensé de fairo passer le câble par là. Comme je l'ai dit, il serait posé dans des profondeurs qui n’auraient pas en moyenne 3,200 brasses ; les profondeurs dans l'Atlantique ne sont guère moindres que celles-là, Le câble brésilien repose dans 2,960 brasses environ, et la plus grande profondeur sur la route du Pacifique ns d’après ce que nous en savons jusqu'à present, de 3,200 brasses. (Ecoutez

icoutez.

Sir is JENNINGS, J'ai ici un rapport présenté dernièrement au gonvernement de la Nouvelle Galles du Sud; j'y lis cet important passage: ‘Les quelques sondages opérés sur cette route l'ont été par la frégate des Etats-Unis la Tuscarora ; sur quelques points ils ont donné plus de cinq milles de profondeur.” Le département des Postes sait-il s’il a été fait d’autres levés hydrographiques de ces mers, ou les sondages de la Tuscarora sont-ils les seuls qui existent? Voici ce que dit encore ce rapport sur les communications par câble entre l'Australie et la Grande-Bretagne : “la première section irait de la Nouvelle-Zéland à Levuka, Fiji, distance de 1,239 nœuds (eaux non-explorées) ; la seconde section irait à Apia, Samoa, 680 nœuds, et formations de corail; la troisième section aboutirait à Honolulu, 2,404 nœuds, le seul atterrissement étant à travers des bancs de corail; de Honolulu à San Francisco, la distance est de 2,197 nœuds.” On parlait alors d'arriver à San Francisco, Je

suppose que si nous établissons ce moyen de communication, nous tiendrons à l'avoir

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en territoire britannique. ‘“ Les quelques sondages opérés sur cette route l'ont été par la frégate des Etats-Unis la Tuscarora; sur quelques points, ils ont donné plus de cinq milles de profondeur.” Je ne connais point d’autres donuées sur la conformation du fond de l'océan Pacifique et je ne sache pas qu'aucun navire britannique soit employé à explorer cette mer.

M. Parey. Les profondeurs que j'ai mentionnées il y a un instant sont parmi celles qui ont été données récemment à la suite de l'exploration du Challenger ; elles sont indiquées dans la dernière édition do l’Imperial Atlas. Si l'Atlas se trouve ici, je montrerai la situation de ces profondeurs.

M. SANDroRD FLEMING. J'ai ici une carte qui montre quo les sondages sont exactement ce que j'ai dit,

M. Parey. Je ne conteste pas cela ; muis la question est de savoir où se trouvent les profondeurs dont vous parlez.

M. SanprorD FLemiNa. Les très grandes profondeurs sont bien loin, à des milliers de milles, je puis dire, de la route à suivre par le câble,

M. DEaAkIN. Ai-je bien compris que vous avez dit 12,000 brasses ?

M,PaTEy. Oui, 12,000 brasses.

Le PRÉsIDEMT (à M. Sandford Fleming). Voudriez-vous dire qualle est cette carte que vous avez mentionnée tout à l’heure ?

M. SanprorD FLEemiINa. C’est la carte des sondages du vaisseau do Sa Majesté le Challenger opérés de 1873 à 1876.

; rs SERVIOE. YŸ aurait.il de la difficulté à plonger le câble à une telle profoneur

M. Parey. Nous ne savons trop s’il no serait pas nécessaire de le caler artifificiellement ; nous sommes sans expérience sur la pose de câbles dans de telles profondeurs,.

M. SERvVIOE. Faudrait-il caler le câble artificiellement, ou bien fonctionnerait-il Fr suspendu dans l'eau au point où il cesserait de descendre par son propre poids

M. ParTey. Il fonctionnerait certa‘nement, s’il restait en suspension à n’importe quelle profondeur.

M. Servios, Ne vaudrait-il pas mieux qu’il restât en suspension ? On éviteterait par là, je crois, jasqu'à un certain point, les insectes marins aptes à endommager le câble, et on pourrait le relever avec moins de difficulté. Pourriez vous nous dire à quelle profondeur le câble resterait en suspension ?

M. Party. Je ne saurais le dire.

M. Service. Cela est en dehors des connaissances pratiques ?

M. Parey. Oui.

Le PRESIDENT (à M. Sandford Fleming). Vous avez dit qu'il ne serait pas nécessaire de faire passer le câble dans les grandes profondeurs ?

M, SANprorD FLEMING. Je ne crois pas qu'il serait nécessaire de dépasser la profondeur que j'ai mentionnée, Le câble de la compagnie brésilienne entre Lisbonne et Pernambouc atteint une profondeur presque égale, Il passe dans des eaux de 200 brasses seulement moins profondes que celles où nous passerons ; 200 brasses sur 3,000 est une simple bagatelle. Placé dans ces conditions, le câble bré:ilien est en activité depuis treize ans et n'a eu à subir que trois réparations pendant ce temps,

Sir SAMUEL GiFriTH, YŸ a-til lieu de croire que les bancs de corail présenteraient quelque difficulté insurmontable pour l'entretien du câble ? Toute la partie du Pacifique comprise entre l’Ile Fiji et les Samoa contient plus ou moins de bancs de corail, cela n’est pas douteux ; plusieurs câbles reposent dans des mers à corail ; y aurait-il quelque difficulté insurmontable pour le câble dont nous nous occupons ?

M. Parey, il y a lieu de craindre que les câbles ne soient sujets à s’érailler promptement sur ces bancs,

M. SANDFoRD FLEMING. Au contraire ; permettez moi de dire qu’un câble qui ri pa à sur lo corail devra vraisemblablement être incrusté dans la formation qui croit

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Sir SAUL SAMUEL. L'expérience prouve que les insectes pénètrent le câble après son incrustation dans le corail ; mais un nouveau genre de câble qui est recouvert d’une armature de cuivre n’a pas été sujet À l’action des insectes.

Sir SAMUEL GRiFrirx. Cette difficulté est-elle aussi grande lorsque le câble repose sur le corail dans les profondeurs que lorsqu'il remonte sur un banc de corail vers la surface ?

M: Parey. La difficulté est au point où la mer se brise,

ou SAMUEL GRIFFITH, Des câbles passent-ils quelque part sur des bancs de corai

M. PaTEy. Aux Indes occidentales, on a eu beaucoup de mal à entretenir les câbles, à cause des bancs de corail,

Sir Wizzram FirzmerBert, La difficulté ne se présente-t-elle pas au point d’atterrissement des câbles ; tandis que dans les profondeurs, les bancs de corail, quand il s’en forme, ne se rencontrent que sur le sommet de hautes montagnes et ne vont pas au-delà d’une certaine profondeur ? Si cela est vrai, ne s’en suit-il pas que,

our ce qui est de la durabilité des câbles, la difficulté dont nous parlons n'existe qu’à ’atterrissement ?

M. Pare. C’est surtout à l’atterrissement, au flux et reflux des vagues.

Sir WILLIAM FITzHERBERT, On peut éviter cette difficulté partout ailleurs en posant le câble,

Sir JoHN DownEer. Je sympathise, comme tous ceux qui sont ici présents, avec les sentiments exprimés par M. Sandford Fleming. Je reconnais avec lui que dans les questions d'intérêt national, on doit écarter tout intérêt individuel et voir les choses de haut ; mais je ferai cette observation à M. Sandford Fleming : mettre en opposition au Canada et aux colonies australiennes la compagnie de l’Eastern Extension Telegraph voulant conserver un prétendu monopole, ce n’est guère faire connaître l’attitude de la compagnie du télégraphe du Pacifique. Il ne s’agit pas de la compagnie de l’Eastern Extension Telegraph cherchant à conserver un monopole ; il s’agit de la compagnie du télégraphe du Pacifique demandant de l’aide au gouvernement pour fonder une entreprise qui ferait concurrence à ce qu’on appelle un monopole,

J’admets bien généralement tout ce qu'a dit M. Fleming des avantages que l’An-. gleterre, le Canada et l’Australie retireraient de cette nouvelle ligne, si elle était praticable ; je souscris volontiers aux expressions générales contenues dans le mémoire dont il nous a donné lecture; mais je dois dire qu'il ne présente pas la question sous son vrai jour quand il met en cause d’un côté ües monopuleurs représentés

par la Compagnie de l'Éastern Extension, de l’autre, leurs adversaires sous la forme de la Compagnie du Télégraphe du Pacifique, Nous n’avons pas ici en présence un monopole et une opposition à ce monopole ; nous avons devant nous une compagnie qui ne demande rien au gouvernement, et une autre qui dit qu’elle ne poursuivra pas son entreprise à moins de recevoir une aide.

M. SANDroRD FLEMING, Je crois que vous faites erreur.

M. Service. Nous donnons aussi une subvention.

Sir SAUL SAMUEL. La Nouvelle-&alles du Sud, Victoria, l'Australie méridionale et l'Australie occidentale eontribnent à la subvention.

Sir Jonn Downer. Pour le second câble ; mais quant au premier, il n’y a pas de subvention,

Le temps viendra peut-être—il n’est pas encore arrivé—où ces lignes télégraphiques passeront des mains des compagnies particulières en celles du gouvernement; mais, jo ne crains pas de le dire, lorsque le gouvernement croira devoir subventionner largement, pour leur donner l'existence, des compagnies comme celle qui est projetée, les compagnies qui, à leurs propres risques, ont établi une communication télégraphique entre l'Angleterre et l'Australie, seront alors en droit de demander que leurs travaux soient réputés d'intérêt national et que l'Etat en fasse l'acquisition, Si en proposant d'établir une nouvelle ligne, on offrait en même temps de prendre l’ancienne, je comprendrais que, dans ce cas, on eût raison de demander une aide au gouvernement, Laissant de côté les considérations d'utilité de la nouvelle ligne au point de vue stratégique, et ne tenant compte de son utilité qu’au point de vue du service

ordinaire— quand l4 ligne existante peut suffire pour un trafic trois ou quatre fois plus considérable que celui d'aujourd'hui, peut-on raisonnablement demander au gouvernement de subventionner une compagnie pour la création de la nouvelle ligne, ai une concession égale n’est accordée à la compagnie qui a inauguré la première entreprise en courant de grands risques et en méritant les éloges de toute l'Australie?

La colonie de l'Australie méridionale porte à cette question un intêrêt spécial, Notre colonie peu populeuse a une grande superficie; elle a dépeusé £600,000, à ses propres risques, pour la construction de notre ligne télégraphique à travers un continent très peu connu—il était, de fait, inconnu ;—les explorations de la route et la construction du télégraphe ont pratiquement marché de pair. ‘Toute l'Australie a admiré, je puis dire, l'énergie déployée en cela par notre colonie.

Cette ligne a coûté une grosse somme à l'Australie méridionale et lui coûte encore cher,parce qu'elle n’est maintenue qu'àgrande perte ; et on vient proposer maintenant au gouvernement impérial et aux colonies australiennes d'autoriser et subventionner une ligne de concurrence qui aurait pour résultat inévitable d’aggraver les pertes que subit l'Australie méridionale, S'il s'agissait d’une œuvre nécessaire d'intérêt national, je ne ferais point valoir cette considération contre une mesure qui serait juste en soi. M. Sandford Fleming nous a dit aussi que les dépêches télégraphiques pourraient 8e transmettre à des taux extraordinairemen bas par la nouvelle ligne ; j'ignorais que le tarif pût être mis aussi bas que l’a dit M. Fleming. Je croyais que 4s était le plus bas prix.

M. SANDrORD FLEMING.—Je n'ai purlé d'aucune compagnie en particulier; j'ai envisagé la question générale au point de vue canadien. Je ne pense pas que la conférence soit saisie de quelque proposition au sujet de la compagnie du télégraphe du Pacifique,

Sir Joan Downer.—Je croyais que le papier qui nous a été romis avait été déposé sur le bureau.

Le PRÉSIDRNT.— Une pièce a été distribuée.

Sir Jon Downer.—J'ai devant moi une lettre de la comprgnie du télégrapho du Pacifique, Cette lettre porte une liste de noms; M. Sandford Fleming y figure

omme signataire des articles d'association.

M. SanprorD FLEMING.— C'est exact, J'étais prêt dans le temps, et je le suis encore, à employer au succès de l’entreprise le peu d'argent dont je puis disposer ; Je ne suis pas l’un des directeurs de la compagnie; et je crois que la conférence

‘n’est saisie d'aucune pièce venant de la compagnie. Je tiens dans ma main toutes les pièces ; les lettres de M. Pender s’y trouvent; j'ai répondu à ces lettres; il n’y a rien de la part d'aucune autre compagnie.

Sir Jon Downer. Ces pièces nous ont été remises à tous.

Le PRÉSIDENT. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de discuter ce point. Sir John Downer peut continuer ses observations ; il est dans son droit en les faisant,

Sir Joan Downer. M. Pender cherche naturellement à servir le mieux qu'il peut sa compagnie. D'un autre côté, M. Sandford Fieming est d’avis que la compagnie du télégraphe du Pacifique, dont il a signé les articles d'association, serait très avantageuse pour l’État; et elle le serait aussi, je suppose, pour ceux qui ont intérêt à son succès ; mais nous devons, monsieur le président, examiner le sujet en laissant à l'écart la question de monopole, et sans nous demander si M.Pender, d’un côté,se forme une opinion exagérée de sa compagnie, ou si, de l’autre côté, les messieurs dont les noms figurent au bas des articles d'association de la compagnie du télégraphe du Pacifique, voient avec trop de partialité le projet qui les occupe. La différence de situation entre l’Australie méridionale et la compagnie du télégraphe du Pacifique consiste en ce que nous avons exécuté, à nos risques et sans secours, des travaux que plusieurs regardaient, dans le principe, comme irréalisables. Après cela, on se demande si le gouvernement itnpérial peut, en aucun cas, prêter avec justice son aide à une entreprise nouvelle, saos avoir soin en premier lieu que la colonie qui a si largement contribué à la création de la ligne télégraphique actuelle entre l'Australie et l’Europe, n'ait pas à souffrir de perte à cause de l’entreprise première.

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Pour ce qui est du tarif des dépèches, on n'a jamais fait entendre non plus précédemment qu’il serait aussi extraordinairement bas que le dit M. Fleming, Je crois qu'on demandait une subvention de £100,000, en s'engageant à transmettre les dépèches à 4s. du mot, les gouvernements des colonies australiennes devant avoir le droit de transmettre leurs propres dépèches gratuitement, jusqu'à concurrence du montant de leur quotité de subvention. C'était là, je crois, la proposition, telle que nous l'avons comprise, et on n’a jamais prétendu, à ma connaissance, que la nouvelle ligne pût exécuter son service à bien meilleur marché,pût être bien moins dispendieuse que la ligne actuelle ; on a invoqué les considérations stratégiques ; on a insisté sur la situation précaire de notre ligne, exposée aux conséquences des complications européennes ou asiatiques, et sur l'opportunité d'avoir la nouvelle ligne pour rattacher plus sûrement le Canada et les autres colonies à l'Angleterre,

Si M. Sandford Fleming est dans le vrai, si la nouvelle ligne pouvait expédier les dépêches aux bas prix qu’il indique, dans ce cas, l’entreprise individuelle pourrait bien se charger de l’établir, Plus la nouvelle ligne présente d'avantages sur l’ancienne, moins elle a besoin de subventions de la part des gouvernements, et plus il y a lieu d'espérer que des particuliers entreprenants en feront leur affaire.

Il ne s’agit pas de monopole; personne ne vise au monopole. Si la compagnie du Pacifique peut mettre à exécution le projet, sans recevoir aucune aide, l'Australie méridionale ne saurait, et elle ne voudrait, alors même qu'elle le pourrait, y faire aucune objection. Nous avons, de concert avec la compagnie de l’Rastern Extension, créé, à nos risques et dépens, la ligne télégraphique actuelle, Kh bien! sion vient proposer aujourd’hui au gouvernement impérial de subventionner une nouvelle ligne, laquelle doit avoir pour résultat non pas de réduire les profits que l'Australie méridonale retire de ses travaux—car elle n'en retire aucuns—mais d'accroître les pertes qu’elle subit par suite de ces travaux, je dis qu'on doit au moins s'appuyer sur de meilleurs arguments que ceux invoqués jusqu'à présent, J’aborderai plus tard, si cela est nécessaire, les questions complexes relatives à la praticabilité, au coût et aux profits probables d’une telle entreprise, si l'exécution en était tentée; M, Fleming nous & présenté son sujet d’une manière très générale; c’est pourquoi je me tiens dans les généralités. Les sentiments qu’il a exprimés ont toutes mes sympathies, Si la ligne qu'il préconise peut être exécutée comme l'a été celle du gouvernement de l'Australie mé: idionale et de la Compagnie de l’Eastern Extension, ce résultat sera salué avec plaisir par la mère-patrie et les colonies (Ecoutez, Ecoutez.)

Le PRÉSIDENT. —M. Pender est ici et il est obligé de partir bientôt. Nous pourrions continuer la discussion et rappeler M. Pender un autre jour ; je crois que c’est là le désir des délégués. (Ecoutez, écoutez) Y a-t-il quelque objection à ce qu’un exemplaire du mémoire de M. Fleming soit délivré à M. Pender ? Je ne vois moimême aucune objection à cela,

Sir SAMUEL GRIFFITH. Je voudrais dire quelques mots sur le câble actuel, Comme l’a très bien dit sir John Downer, et comme l’a aussi fait observer M. Raiïkes, il n’y a pas ici, à proprement parler, une question de concurrence entre deux câbles ; il s'agit d'obtenir du gouvernement impérial et des gouvernements coloniaux une subvention pour un nouveau câble qui devra faire concurrence à l’ancien, Cela est vrai à un point de vue; mais si l’Empire veut avoir un second câblo, et que la subvention soit le seul moyen de l'avoir, les intérêts de la compagnie existante doivent céder, Nous ne voyons pas au Queensland pourquoi cette compagnie aurait droit À tant d'égards. En établissant sa ligne à l’Australie. elle a simplement fait une spéculation commerciale. Elle était convenue avec le gouvernement de Queensland que s'il construisait la ligne terrestre jusqu’au golfe de Carpentaria, elle le rencontrerait là ; le gouvernement constrüisit la ligne jusqu’âce golfe; cette ligne est en activité ; mais la compagnie de l’Eastern Extension, au lieu de venir nous rencontrer, a dirigé sa ligne sur Port Dorwin. Nous ne nous plaignons pas de cela—c’était peut-être la meilleure chose à faire—mais je puis dire que le peuple de Queensland a vu l’Australie méridionale construire ea ligne à travers le continent avec un sentiment d’admiration quelque peu, différent de celui exprimé par sir John Downer, Nous avons notre ligne que nous exploitons, mais notre politique a toujours été de ne jamais rien

faire qui puisse empêcher ou tendre à retarder l'établissement d’une seconde ligne.

Je prends cette occasion de corriger une certaine assertion faite par M. Oracknell dans son mémoire présenté à la contérence, A la page 14, il dit : ‘ Qn a offert au # Queensland un double câble entre Normanton et la rivière Roper, sans frais et sans “ tarif extra, et je suis informé que l'Australie méridionale est prête à construire une “ ligne terrestre pour relier la rivière Roper au port Darwin, en sorte que l'on assure- “ rait ainsi une complète duplication du système international ; mais pour une raison “ inexpliquée, le gouvernement de cette colonie a refusé l'offre de ce câble qui eût “ coûté à la compagnie £70,000, et par lequel il eût reçu directement ses dépêches,

‘“ tandis qu’elles font aujourd’hui le tour par Adélaïde et Sydney, ce qui doit entrat- “ ner pour ce gouvernement beaucoup d’inconvénients et de retwrds ; et les colonies ‘“ méridionales se trouvent par Buite privées de l'avantage d'une ligne alternative ‘“ dans les cas d'interruption sur la ligne terrestre de Port Darwin, Le gouverne- ‘“ ment du Queensland n’a pas du considérer sérieusement cette affaire ; autrement, “il eût permis d’atterrir un câble sur son littoral dans le golfe de Carpentaria pour “ l'avantage du commerce de la colonie et des colonies voisines, ”

Je réponds à cela que l'offre d’un câble devant coûter £70,000 a été faite à la condition que le gouvernement de Queensland contribuerait pendant un long terme d'années à la subvention de la compagnie de l’Eastern Extension, ce qui l’eut pratiquement mis dans le cas de ne pouvoir aider à l'établissement d’une seconde ligne. Le gouvernement de Queensland affirme que les colonies australiennes ne peuvent dépendre sûrement d’une seule ligne de câble, et qu’une deuxième ligne est nécessaire, Nous avons eu deux ou trois oonférences sur ce sujet. J'étais présent à l'une d'elles en 1877, où l'on a affirmé unanimement qu’il fallait avoir une ligne distincte ef, indépendante, La compagnie de l’Éastern Extension soutient qu’elle nous 4 donné une double ligne en posant un second câble entre Java et Port Dorwin ; mais nous soutenons que ses Câbles partant d'Angleterre et passant rar des territoires étrangers ou dans des mers couvertes de navires étrangers, ne consusuent pas du tout une duble ligne, comme celle que nous avons toujours voulu voir établir, Lors de la panique de guerre, il y a deux ans, l'Australie a été dans une grande anxiété, Nous savions où se trouvaient les vaisseaux russes ; nous savions que l'amiral de la station s’efforçait de protéger les points faibles dans les eaux australiennes ; nous savions parfaitement que le câble pouvait être coupé d’un moment à l’autre ot que nous serions alors sans moyen de communication, ayant peut-être des croiseurs ennemis à nos portes. Le danger fut regardé comme très grave, et dans quelques-unes des colonies, on admit que l'interruption des communications par le câble signifierait que la guerre avait éclaté,

Nous devons envisager la question qui nous occupe sans égard aux intérêts de la compagnie de l’Eastern Extension, C’est une excellente compagnie ; elle a beaucoup fait ; mais nous devons considérer les choses au point de vue national et impérial, et nous demander s’il est désirable d’avoir un second câble qui relierait toutes les possessions britanniques, comme celui proposé par M. Sandford Fleming, Qu'il soit désirable d’avoir un tel câble, cela ne fait point doute ; est-il praticable de l’établir présentement ? C’est là un point qui demande des éclaircissements. Si des personnes veulent se charger de l’entreprise, quelle aide peuvent-elles s'attendre à recevoir ? Pour ma part, je puis dire que ce mouvement a toute ma sympathie. S'il est nécessaire aussi de venir en aide à la compagnie de l’Eastern Extension, qu’on le fasse. Nous devons voir en premier lieu si la proposition est tellement importante qu’elle exige l'unité d’action des différentes partie: de l’Empire. Notre système de gouvernement vaut mieux, je le pense, que celui d’autres pays, mais 8i l'on proposait à un certain pays, à l'Allemagne par exemple, de relier télégraphiquement les différentes parties de son empire, cette proposition ne serait pas longtemps en délibération ; elle se recommanderait à la politique impériale de cette grande nation, de même que la proposition qui nous est soumise 8e recommandera, avant bien des années, j'espère, à l'adoption de la grande nation britannique,

Le PrRésipenr, Permettez-moi de vous informer que j'ai reçu la lettre suivante, datée du 20 avril, de la compagnie du télégraphe du Pacifique :

“ Monsreur,—Nous avons été chargés par la compagnie du télégraphe du Pavifique (à responsabillité limitée) de vous adresser pour l'information de la conférence,

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une proposition que la compagnie a l'intention de soumettre au gouvermement impérial et aux gouvernements du Canadu, de Victoria, de la Nouvelle (salles du Sud, du Queenslund, d'Australie, de l'Australie occidentale, de la Nouvelle Zélande et de la Tasmanie.

Nous avons aussi été chargés de nous rendre en personne auprès de la Conférence, si on le désire, pour fournir les renseignements qu'on pourrait désirer,

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