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l’essor du génie. Le Mémoire était vif, on y employait volontiers la violence des mots : «sordides spéculations des intérêts» étaient les moindres. Au vrai, la Commune des Arts entendait, dès l’origine, être reconnue comme seule digne de représenter les véritables intérêts des artistes, et le Mémoire s’exprimait très nettement sur ce point. Il demandait que, au lieu des Académies Royales de Peinture, de Sculpture et de l’Architecture, la Commune des Arts, organisée selon les principes de la Constitution, semblable à une grande famille, fût autorisée à réunir «tous les artistes sans exception et sans aucune distinction de rang et de personne pour quelque considération que ce puisse être ».
La grave question des prérogatives des Académies soulevait naturellement l’indignation des pétitionnaires, qui demandaient, justement d’ailleurs, l’ouverture des expositions à tous les artistes et non plus aux seuls académiciens.
L’Académie Royale de Peinture riposta indirectement. Elle prétendait se tirer d’affaire en changeant de. nom et en modifiant ses Statuts. Un projet de Statuts préparé jiar la majorité des membres de l’Académie Royale donnait à celle-ci le titre d’Académie Centrale, ce qui provoqua une note complémentaire et indignée de la Commune des Arts, désireuse de prendre le pas sur tout autre corps constitué. La Commune des Arts Insistait donc pour que l’Assemblée Nationale lui attribuât les pouvoirs les plus étendus, et qui étaient précisément ceux de l’Académie Royale, avec les transformations inévitables que réclamait l’opinion publique: «Les Arts l’attendent et la Patrie vous le demande!», disait le Mémoire. En même temps, la délibération suivante était prise :
Arch. nat. , F” 1310.
La Commune des Arts assemblée généralement le i 2 mars 1791,
Considérant combien il est instant de soliciter l’assemblée nationale et de l’ecIairer sur ce qui peut procurer la liberté aux artistes et le lustre aux arts, combien il est nécessaire de les défendres contre l’egarement, les inductions par lesquelles on pourroit tenter d’égarer l’opinion , espérant que le travail d’ont elle n’a cessé de s’occuper à cet effet depuis sa formation pourra opérer un bien si désirable, a nommé douze commissaires pour le présenter à l’assemblée nationale lesquels sont :
MM. Restout, Lefèvre, Chardin, David, Dupré, Roger, Le Sueur, L’épine, Gerbert, Petit Bouandé, Tiérard Dufourny, Colibert,
CoLiBERT, secrétaire. Restout, présid*'.
Gerbet.
L’Assemblée Nationale ne résista pas longtemps : sans frapper de mort l’Académie Royale, elle ordonna que le Salon de cette même année i yy) i serait ouvert à tous les artistes français et étrangers, membres 'ou non de l’Académie de Peinture et de Sculpture
(Novembre 1791 -Mars 1792,)
Mais ce n était point assez, et la Commune des Arts, menée par Restout et par David, ne devait pas s’en tenir à cette menue monnaie. L’Assemblée Nationale avait cédé une première fois.
on la sollicitait d’aller plus loin.
Décret du 21 août 1791. — Voir dans les Nouvelles archives de l’art français, 3' série, t.VlI (1891), \’ Adresse des rtrristo à l’Assemblée Nationale, signée : Garneray, président; Ollivier, secrétaire. Cette Adresse est du 10 août 1791.
C’était à fexistence même de
Renou, secrétaire perpétuel de l’Académie Royale, y répondra par des Observations, qu’on trouvera avec \’ Adresse des artistes. (Publiées par M. J.-J. Guiffrey. — Arch. nat.. Comité de Constitution, D, IV, 49, dossier 1398, n° i.)