SÉANCE DU VENDREDI 30 MARS I
M. le président ouvre la séance par la lecture du procèsverbal; on y rétablit les points qui paraissent vicieux dans sa rédaction.
M. Régnault témoigne le regret de ne pouvoir faire reporter à l’exposition ses tableaux exposés en 1791.
On lit 1° une lettre de M. Muly architecte, qui prie MM. les commissaires d’indiquer un jour auquel il pourra envoyer un ouvrier qui leur procure le développement de son modèle. 2° Une lettre de M. Biaise, sculpteur, qui donne son adresse, n° 1228, rue de la Ville-l’Évêque, et engage MM. les commissaires à y venir voir ses ouvrages.
40 PROCÈS-VERBAL DES SÉANCES ET DÉLIBÉRATIONS
On arrête la forme de réponse que le secrétaire enverra à M. Olard Le Brun de la part de l’assemblée.
On passe à l’ordre du jour; on continue le travail sur les scrutins : il est arrêté que les prix seront proposés aux voix selon l’ordre qu’ils tiennent dans les délibérations de l’assemblée.
On revient sur la question relative aux artistes étrangers résidans hors de France. Un membre est d’avis qu’ils ne participent à aucun concours. Un autre membre ouvre celui de les admettre, sur ce que le décret d’encouragement n’a pas prononcé leur exclusion. Ce second avis obtient d’abord la priorité et ensuite l’ordre du jour, par les motifs fondés sur la loi.
On propose d’établir des conditions de grandeur et de nature d’ouvrages, dans le cas où il échoiroit à un peintre de portraits l’un des ouvrages d’encouragement répartis pour les genres.
La proposition est discutée et ensuite rejetée.
Un membre représente qu’il est nécessaire de résoudre les questions suivantes :
1° Les artistes à qui les pouvoirs de l’Etat ont accordé des travaux doivent-ils prétendre au concours de ceux décrétés pour les encouragemens ?
2° Les artistes doivent-ils concourir sur les ouvrages qui avoient paru au Salon du Louvre dans des expositions précédentes à celle de 1791, où ils ont été exposés de nouveau.
3° Les décrets sur les récompenses d’encouragement, n’indiquent-ils pas spécialement qu’elles seront accordées aux artistes qui annoncent des talens susceptibles d’être perfectionnés, et à qui les secours sont nécessaires ?
DE l’assemblée des COMMISSAIRES AU SALON DE I79I
La première de ces questions est longtemps discutée et est ensuite rejetée sur l’opinion qui obtient sur ce sujet la question préalable ; sur la seconde après une égale discussion, l’assemblée prend cet arrêté : « Les ouvrages précédemment exposés avant le salon de 1791, ne pourront concourir aux travaux d’encouragement. »
La troisième question est ajournée pour la prochaine séance.
On rappelle aussi l’ajournement arrêté le 22 mars sur la question relative au bon creux à fournir par le sculpteur, chargé de la statue en marbre. Elle est remise aussi à la séance de lundi.
Celle-ci est levée.
Le secrétaire ayant arrêté la liste de présence compte 36 noms, ce qui dénote 9 absens. Savoir : MM. Châtelet et Bompart du département, MM. David, C baudet, Roland, Pajou, académiciens. MM. Mouchet, Thiérard et Naigeon, ce dernier fait instruire à l’assemblée que son absence avoit pour motif la nécessité de monter sa garde.
Signé : Vincent, président.
Frère-Monti^pn, Robin, secrétaires.
Séance du 2 avril 1792
Après l’ouverture de la séance par M. le président, on lit le procès-verbal.
Un membre désire qu’on ajoute à l’arrêté du 30 mars, relativement aux étrangers résidans hors de France, que les commissaires n’ont pas crû devoir former une loi sur ce point délicat; mais qu’ils espèrent que l’Assemblée nationale voudra bien fixer les idées auxquelles on doit
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s’arrêter à cet égard, lorsqu’elle s’occupera d’un mode détaillé pour les ouvrages d’encouragement. Cette proposition est adoptée.
On demande à traiter de nouveau la question résolue dans la dernière séance, contre les ouvrages qui étoient connus dans les expositions du Louvre avant celle de 1791. On demande la question préalable, elle est appuyée et obtenue à la majorité. Un membre propose un amendement à l’arrêté. On discute sur l’amendement. La discussion est fermée et l’amendement rejeté.
On demande le rapport de l’arrêté dont il est question ; après une longue discussion dans laquelle on distingue l’opinion d’un membre qui expose : que le dernier décret sur les ouvrages d’encouragement du 17 septembre, étant postérieur à l’exposition des anciens tableaux, il ne les prive pas du concours. On obtient que la discussion qui a été vive, dans laquelle M. le président s’est couvert, soit fermée. Le rapport de l’arrêté est mis aux voix et obtenu à la majorité.
On lit les lettres 1° de Béguyer-Chancourtois qui annonce l’esquisse de son grand paysage qu’il ne peut faire revenir et il en donne le sujet. 2° M. Moreau, l’aîné, annonce un de ses tableaux. 3° M. Belle, le fils, indique le cabinet de M. Godefroid, rue Thérèse, pour voir le tableau qu’il a exposé.
On arrête qu’il sera envoyé une nouvelle lettre circulaire aux artistes qui n’ont pas rapporté leurs ouvrages, et l’un des secrétaires est chargé de s’en acquitter.
En conséquence, on fixe le premier jour des jugemens sur les ouvrages au jeudi 12 avril, six heures précises. La séance est indiquée à demain, plusieurs des questions
ajournées ou proposées n’ayant pas été discutées ni résolues par l’assemblée.
L’un des secrétaires ayant arrêté la liste de présence du jour, compte 41 signatures, ce qui réduit à 4 le nombre des absens. Savoir :
MM. Régnault de Beaucaron et Châtelet du département, M. Chaudetf académicien, et M. Masson^ non académicien.
Signé : Fincent, président.
Frère-Moniixpn, Robin, secrétaires.
Séance du mardi 3 avril 1792
M. le président ouvre la séance.
Après la lecture du procès-verbal, on fait un amendement sur l’heure qui y est indiquée pour le travail du scrutin; on arrête qu’il sera ouvert à 6 heures et sera dépouillé à 7 heures 1/2 précises.
'On restitue quelques omissions échappées dans le procès-verbal.
M. Masson, l’un des commissaires, s’excuse de son absence d’hier, sur un accident grave, dont il rend compte à l’assemblée.
Un membre rappelle l’arrêté d’hier qui annule celui du 30 mars, il prétend que la délibération a été prise contre le terme de la loi dont il fait lecture.
On discute vivement sur ses applications.
Enfin la discussion est fermée et ensuite l’ordre du jour invoqué est obtenu.
Le secrétaire fait lecture des objets ajournés, la troisième des questions proposées dans la séance du 30 mars se présente la première à la discussion. L’auteur de cette question la
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rappelle à l’assemblée. Un membre y répond par une opinion écrite, plusieurs membres parlent, tant sur le fond de la question, que sur ce qui peut y tenir. Elle portoit sur la manière de décerner les sommes divisées par l’assemblée pour les travaux d’encouragement. Sur quoi un membre ayant la parole, M. David déclare qu’il renonce au cq^ncours et demande acte de son désistement. On consent que sa déclaration soit au présent procès-verbal. La discussion enfin est fermée, et ensuite la question préalable adoptée sur la question ajournée.
On rappelle la proposition dja 22 mars, sur le moule à bon creux à faire par l’artiste chargé de la statue en marbre. Un membre demande que toutes les statues réparties pour travaux d’encouragement soient également moulées à bon creux. Un membre propose de laisser les artistes maîtres d’agir à cet égard selon leurs intérêts personnels. Cette opinion est adoptée et la proposition ajournée et rejetée.
Dans le cours de la discussion, un second commissaire, M. Moreau, graveur, déclare qu’il renonce au concours. L’assemblée veut que mention en soit aussi faite au procèsverbal. •
On demande la destruction de l’arrêté d’hier qui détruit celui du 30 mars. Cette demande est appuyée, ensuite discutée, puis la question préalable est invoquée, appuyée aussi et finit par être adoptée à la majorité.
Un membre avoir présenté le projet d’un arrêté au commencement de la séance qui avoir été interrompue par les délibérations de l’ordre du jour ; on rappelle le projet d’arrêté, on délibère mûrement s’il sera adopté ou rejeté. On va aux voix ; l’épreuve est douteuse ; l’auteur de l’arrêté demande à retirer son projet, ce qui lui est accordé.
DE L^ASSEMBLÉE DES COMMÎSSAIRES AÜ SALOK DE I79I 4^
Nouvelles propositions faites à l’assemblée relativement à l’arrêté qui a annulé hier celui du 30 mars. Le membre qui parle prétend que plusieurs votans ont été trompés par cette expression, employée par M. le président, pour la position de la question. « L’arrêté du 30 mars sera-t-il rapporté, etc... »
La proposition sur la nullité de l’arrêté est appuyée de quelques membres, d’autres proposent la question préalable, elle est aussi appuyée et ensuite obtenue à la majorité.
On indique la séance au 12 du courant, 6 heures précises, pour commencer les scrutins.
Le secrétaire fera attacher dans le Salon les adresses indiquées par les artistes qui n’ont pas pû rapporter leurs ouvrages.
La séance est levée à 10 heures.
L’un des secrétaires ayant arrêté la liste de présence du jour, compte 35 noms, ce qui porte à 10 le nombre des absens. Savoir :
MM. Régnault de Beaucaron, Qiiatremêre, Châtelet et Lernoyne du département. MM. Bervic, Chaiidet, Pajou et Taillasson, académiciens.
MM. Robert-Lefèvre tx. Laneuville, non académiciens.
Signé : Vincent, président.
Frère-Monti:(on, Robin, secrétaires.
Séance du jeudi 12 avril 1792
M. le président ouvre la séance.
Après la lecture du procès-verbal, il fait part à l’assemblée des paquets qu’il a reçus, dont l’un est adressé directement à lui par le ministre de l’Intérieur et contient aussi
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un extrait du procès-verbal de l’assemblée des artistes exposans. Ces deux pièces tendent à suspendre les opérations de l’assemblée. L’autre, adressé à l’assemblée des commissaires par le directoire du département qui exige la suite des travaux de l’assemblée ; il fait lecture de ces diverses pièces annexées au présent procès-verbal ^
Un membre parle sur la lettre du ministre de l’Intérieur et, après avoir développé son opinion, conclut à la question préalable, pour ensuite passer à l’ordre du jour. Ses conclusions sont fortement appuyées.
Un autre membre demande l’alternative ou du scrutin, ou d’une démission générale. Plusieurs autres membres parlent.
On demande que la discussion soit fermée, on va aux voix, la discussion est fermée. L’ordre du jour est invoqué, et on décide de procéder au scrutin.
Sur le scrutin, M. Dardel lit un discours, qui se termine par une protestation contre le mode adopté par l’assemblée et tout ce qui pourra en émaner, et par la demande qu’il soit inséré au procès-verbal : ce qui est consenti par l’assemblée. Le tout en conséquence reste annexé au procèsverbal.
MM. Petit et Thiérard demandent à signer le discours de M. Dardel pour preuve d’adhésion.
On revient sur l’objet du scrutin, faisant l’ordre du jour. Quelques membres étant survenus, on demande une lecture nouvelle de la lettre du ministre de l’Intérieur, et de celle du département, en réponse à la lettre de l’assemblée du 23 mars.