Saint'Qeorges de Peltne
Quntre vingts limes de Paris disait-on au siècle dernier; c'est vers le milieu du xviii*^ siècle, en effet, que le nom de Peltrie fut substitué à celui de Poiltrée.
2. La Blohinière a été formée sur remplacement de cet étang qui joignait celui de Poiltrée et qui a été desséché depuis longtemps.
Il résulte de la déclaration faite à l'assemblée du clergé de France, qu'au xviii® siècle le revenu du prieuré était de deux cent vingt-deux livres quinze sous et six deniers, ci 22245»6'*
dont il fallait déduire :
1® Pour service divin, 52 * ci . . 52 » »
2« Pour décimes, 43» 6^, ci. 43 » 6
3^ Pour réparations, 50*, ci.. 50 » »
4® Pour rente d'un boisseau de froment rouge à l'abbaye, 45 sous, ci » 45 »
5^ Pour rentes seigneuriales, obéissances féodales, lOOsous, ci. » 100 »
6^ Missives et procures, 3 ^ ci. 3 » »
7*^ Pour aumônes taxées, 100 sous, ci » 100 »
Total : cent soixante livres — —
cinq sous et six deniers, ci 160 5 6 160 5 6
Restenet: soixante-deux livres dix sous, ci. 62 10
Voici une liste des prieurs de Poiltrée, d'après nos recherches :
1478. — Jehan de Leridan.
1484. — Louis de Lespinay.
1500. — Hélie de Amincé.
1550. — Jacques Laquetier.
1584. — Thomas Boulay.
1585. — Charles de Bréon.
1586. — François Baron.
d597. — Pierre Baron.
1604. — François Sonnet, sieur de la Sourdière.
1627. — Michel Bonard.
1648. — Jean de Criquebœuf.
1666. — Cyprien Leroyer.
1671. — Simon Lebefvre Dormesson.
1695. — Rieul Taconnet.
1714. — Jean-Bertrand de Saint-Pern, de la maison de Saint-Lazare de Blois.
1763. — Hilarion-François Dabier.
Le 3 janvier 1791, les quatre hommées de pré, la maison et dépendances de Saint-Georges, avec cuisine, salle, deux chambres hautes, grenier, étable, autre maison et chapelle, « non compris la cloche et les ornements, le » tout en ruyne, » les rues, issues et deux jardins avec portions de terre et vergers, furent prisés 792 livres.
L'étang de Poiltrée a été desséché en 1825 S' un mince filet d'eau coule maintenant sous un grand pont de pierre dont Tarche en tiers-point indique l'ancienneté. Village, château, prieuré, chapelle, tout à disparu : tristement adossées à la vieille chaussée, les ruines du moulin autrefois alimenté par l'étang ont été transformées en communs de ferme. Au visiteur égaré dans cette solitude on fait remarquer, fixé dans une poutre de la maison du métayer, un solide crampon de fer auquel on suspendit, lors du dessèchement de l'étang, un énorme brochet qui, assure-t-on, mesurait plus de huit pieds de longueur. Ce
I. Nous devons h Tobligeance de M. Chomereau, membre correspondant de la Commission historique et archéologique do la Mayenne, la reproduction ci-jointe de la vue de Tdtang et du Prieuré de Saint-Georges de Peltrie, d'après un curieux dessin inédit exécuté vers 1720 par un sieur Le Jay, maître peintre parisien, de près Lavai
derniei* habitant de Poiltrée, qu'avait su respecter la ligne à six brins des anciens prieurs de S^-Georges^ eut les honneurs de la table de Tévéque d'Angers, Monseigneur Montaut-Desisles.
Quant à la motte du château, ce n'est qu'en 1879 qu'elle a été aplanie par son propriétaire actuel ; la bêche des terrassiers heurta souvent des débris de tuiles et de bois calcinés, dernières épaves de la puissance féodale à jamais disparue de nos premiers barons de Craon.
Jules PLANTÉ.