CHARTE DE GUY VIII CONCERNANT LA PERRINE
Charte de Guy Vlll accordant à Geofroy et Hamelin de la Perrine toutes franchises pour leur manoir de la Perrine, et des droits d'usage dans la forêt de Concise, moyennant la redevance annuelle d'une paire d'éperons de fer doré. (La Gravelle, 3 mars 1293).
Cette charte, écrite sur parchemin, scellée du scel équestre de Guy VIII, en cire brune, pendant à un las de soie, faisait partie des archives de la Perrine, appartenant à M. Henri Foucault de Vauguyon qui avait bien voulu m'autoriser à la transcrire. Sans fournir de nouvelles et importantes données àThistoire locale, elle offre cependant un certain intérêt : elle est rédigée en français, et les pièces en langue vulgaire sorties de la chancellerie des seigneurs de Laval au xiii® siècle ne sont point communes ; elle fournit, en outre, quelques détails sur la topographie de la ville de Laval à cette époque.
Le sire de Laval accorde à Geofroy de Perrine (sans nul doute, de la Perrine), clerc, et à Hamelin, son frère, cette faveur que le manoir possédé par feu Geofroy de Perrine, leur père, bourgeois de LavalS au lieu dit le
i. Dans le même temps, on trouve un c Geofroy de la Perri-
fne, bouffi^eois de DomTront. » témoin dans une enquête en 292. [Archives du Pas-de-Calais y A 37, pièce n« 30).
« vieil marcheil » de Laval, derrière la rue Gaudin, sera désormais et à perpétuité exempt de tous les droits, tailles, coutumes, services, etc., énumérés' au présent acte. Pour reconnaître cette concession, les donataires et, après eux, leurs héritiers, offriront chaque année au seigneur de Laval, en son château, le jour de la Pentecôte, une paire d'éperons de fer doré*.
Le manoir et les terrains dont il s*agit étaient situés € derrière » la rue Gaudin : cette rue faisait suite à la rue Mauvoisin, ou partait peut-être même du tertre Mauvoisin, situé près de la porte Belot-Oysel, à l'extrémité de la rue des Chevaux 2. La charte place en même temps ces terrains « au vieil marcheil » de Laval : il faut, je crois, entendre par là le plateau compris approximativement entre la rue actuelle du Lycée, alors route de la forêt de Concise, et la Perrine, entre les fossés de la ville et le terrain inculte et incliné au midi, désigné sous le nom de « Gast^. » Le Doyen appelle encore ce quartier le € marcheil ^ » et la rue du Marchis, naguère fort sinueuse et assez longue, nous en a conservé le souvenir.
1. Le sire do Laval recevait chaque année un certain nombre de ces redevances dont le but n'était pas de lui procurer un revenu, mais d'affirmer sa seigneurie. C'est ainsi que les aveux du xv° siècle mentionnent des paires de gants, des sangles pour ses chevaux, des corbeilles de gaufres et « nielles, » (pâtisseries), des anguilles, etc. : « La priouresse d'Aveniercs me doit » chascun an aux termes de Nouel et de Pasques, par moitié, * dix eschaudées et neuf mesures de vin vallois à cause de son » prieuré et temporel au'ello tient de raoy. » (Aveu de 1447. — Archives nationales, P 343).
2. La Beauluère, Chronique de Le Doyen, p. 221. — Voir aussi le plan de l'enclos des Bénédictines reproduit par M. l'abbé Angot, Revue du Maine, xvii, 285.
3. Le Gast est ainsi désigné dans l'aveu de 1447 : c Item, la » pièce de terre appelée le Gast aux poullies de Laval, conte- » nant quatre journelz de terre ou environ, où sont assises les » poullies des moulins foullerez de Laval. » La Beauluère, d'après Le Blanc de la Vignolle, dit que « cette place servait jadis » à sécher les draps des moulins à foulon de Belaillé, » renseignement, on le voit, parfaitement exact.