‹ Procès-verbaux et documents, Volume 4Chapitre 106 sur 123 · STATUTS ET DOCUMENTS DIVERS · texte numérisé non relu

STATUTS ET DOCUMENTS DIVERS

Dans sa savante étude sur les corporations d'arts et métiers de la ville de LavaP, M. L.-J. Morin de La Beauluère ne parle qu'incidemment des orfèvres. Il dit seulement qu'ils avaient reçu des statuts en 1622 et se borne à indiquer le rang qu'ils occupaient dans la procession de la Fête-Dieu, d'après une ordonnance de police du 27 avril 16892.

La découverte d'un certain nombre de pièces concernant cette corporation nous a inspiré l'idée d'analyser les plus intéressantes de celles-ci, afin de remplir la lacune

1. Recherches sur les corporations d*arts et métiers du comtépairie de Lavais par M. de La Beauluère. Laval, Godbert, 1855, in-8«.

3. Us marchaient après les chirurgiens et apothicaires et avant les marchands de draps de soie et de laine.

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involontaire laissée par M. de La Beauluère dans son ouvrage*.

Nous ignorons la date à laquelle fut créée la Communauté des Orfèvres de la ville de Laval. La pièce la plus ancienne que nous possédions porte la date de 1661. C'est un arrêt de la cour des Monnaies, rendu le 7 avril de cette année, sur la requête de cinq maîtres orfèvres composant la communauté de Laval, Ambroise Garnier, François Lemaistre, Jean Brisseau, Pierre Brisseau et Claude Brisseau, agissant tant pour eux que pour Antoine Barrier et Jacques Fréard, aussi maîtres orfèvres, absents depuis quelque temps de la ville.

Un simple compagnon, nommé Lambert Genesve^, peu habile dans sa profession, et n'ayant jamais fait d'apprentissage à Laval, où il était arrivé depuis un mois seulement, venant d'Angers, s'était présenté devant le juge, ordinaire du comté de Laval pour se faire recevoir à la maîtrise. Sur le refus des membres de la corporation de procéder devant lui, il s'était pourvu devant les jugesgardes de la Monnaie d'Angers.

A cette nouvelle, les orfèvres de Laval s'étaient empressés de faire opposition à sa réception, remontrant que ce Genesve était étranger, né hors du royaume, que sa religion ni ses mœurs n'étaient connues ; que suivant les ordonnances il ne pouvait être admis à la maîtrise sans avoir fait huit années d'apprentissage actuel, ce qui ne se rencontrait point en sa personne ; que d'ailleurs il y avait des enfants du pays qui aspiraient à la maîtrise et devaient lui être préférés ; qu'enfin le nombre des maîtres fixé par les règlements de la corporation était rempli.

i. A moins d'indications contraires, tous les documents cités dans ce travail font partie de nos archives.

2. Ce nom de Genesve parait être un surnom tiré du lieu d'origine de ce personnage qui, dit-on plus loin, était né hors du royaume.

Malgré cette opposition, les juges-gardes d'Angers avaient tout d'abord ordonné que Genesve ferait chefd'œuvre et frapperait son poinçon sur la table de cuivre déposée en leur bureau. Puis, ayant pris deux maîtres de cette ville, gens à la dévotion dudit Genesve, dont l'un même l'avait cautionné, qui vinrent aflBrmer qu'il avait fait une tasse et qu'il était capable, ils avaient, par sentence du 28 mars 1661 , renvoyé les parties à se pourvoir devant la cour des Monnaies, permettant toutefois à Genesve de tenir boutique ouverte et de travailler en la ville de Laval.

Les autres orfèvres s'étaient empressés de porter l'affaire devant la cour des Monnaies qui, par son arrêt du 7 avril, remettait à statuer sur le fond, mais défendait à Genesve d'exécuter la sentence des juges-gardes d'Angers ^

Les motifs invoqués par les orfèvres de Laval dans leur opposition sont évidemment tirés de leurs statuts, que la cour des Monnaies applique sans en indiquer la date, et il s'agit vraisemblablement des statuts de 1622 cités par M. de La Beauluère.

Nous ne possédons pas d'autre pièce concernant cette affaire. Genesve renonça sans doute à s'établir à Laval malgré les autres maîtres. Nous ne rencontrons plus son nom dans les autres pièces du dossier dont la plus rapprochée par sa date de l'arrêt de 1661 porte, il est vrai, celle de l'année 1673.

Le préambule d'un arrêt de la cour des Monnaies, en date du 21 octobre 1749, modifiant ou interprétant les statuts antérieurs de la corporations des orfèvres de Laval, nous apprend que ceux-ci en avaient reçu de nouveaux le 4 septembre 1670.

Deux autres arrêts de la même cour, en date, l'un du

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