février
2. Le premier traité en date du 8 mars, les trois autres du 24 février 1769.
Une ordonnance du juge ordinaire de police du comtépairie de Laval, en date du 15 février 1752, avait fixé à cinq le nombre des foires pour cette ville, savoir :
1** Le mardi d'après la mi-carême ;
2** Le dernier mercredi d'avril ;
3^ Le mardi devant la saint Jean-Baptiste ;
4<* Le jour do saint Gorgon, neuf septembre, foire devant durer deux jours. (Aujourd'hui la foire dite de V Angevine) ;
b^ Le mercredi d'après la saint Simon et saint Jude f28 octobre).
son mieux et de travailler à son possible audit métier d'orfèvre pendant ledit temps, pour et au profit de son maître, auquel il apportera tout respect et rendra à la fin de son apprentissage tout le temps qu'il aurait pu perdre au cours d'icelui, soit par maladies, absences, ou autrement.
A la charge également par le père de l'apprenti d'entretenir et de reblanchir son fils pendant ledit apprentissage, de payer tous les frais du traité et de verser en outre au maître une somme de six cents livres, réductible à deux cents livres par an si l'apprenti venait à se dégoûter dudit métier et à quitter la maison de son maître dans les deux premières années de l'apprentissage.
Mais on trouvait moyen d'éluder les conditions rigoureuses d'un apprentissage de huit années. Aussi le traité est-il accompagné d'une contre-lettre de laquelle il résulte que cet apprentissage ne durera, en fait, que six années, à l'expiration desquelles le maître donnera quittance à son apprenti, à la date de l'expiration des huit années indiquées dans le traité.
Il est convenu en outre que le maître laissera aller son apprenti au catéchisme jusqu'à ce qu'il ait fait les premières communions et qu'il lui donnera le temps d'apprendre à écrire et de faire ses exemples, ainsi que d'étudier la lecture des papiers, sans pouvoir compter le temps qu'il y emploiera comme temps à rendre.
Au cours de l'année 1777 un édit du Roy, inspiré par le ministre Turgot, supprima toutes les maîtrises d'arts et métiers du royaume et établit une liberté absolue du commerce. Les anciens maîtres pouvaient continuer à travailler de leurs métiers, mais sans pouvoir faire de nouveaux apprentis. Necker, qui succéda à Turgot au ministère des finances, s'empressa de rétablir les corporations d'arts et métiers par une déclaration du Roy en date du 25 avril 1778. Plusieurs corporations négligè-
rent de se réunir en communautés. Les orfèvres de Laval furent de ce nombre et continuèrent de travailler séparément. Mais en 1783, le procureur du Roy près la Monnaie d'Angers les prévint que, s'ils ne se décidaient pas à former une nouvelle corporation, il les obligerait k remettre leurs poinçons de jurande et les contraindrait d'envoyer leurs ouvrages à l'essai soit à Angers, soit à Château-Gontier, en maisons communes de l'une de ces deux communautés.
Le 20 juin 1783, un sieur Muguet, huissier à Angers, faisait observer aux orfèvres de Laval que, s'il leur restait la permission de travailler de leur métier comme à l'ordinaire, ils ne pouvaient plus faire d'apprentis, de telle sorte que, si quelques-uns d'entre eux en avaient pris, ils étaient dans le cas, par la suite, d'essuyer des procès de la part de ces apprentis, parce que leur apprentissage serait nul par la faute que lesdits maîtres avaient commise, en ne se faisant pas recevoir dans la nouvelle communauté des orfèvres, joaillers, lapidaires et horlogers, créée par la déclaration du 25 avril 1778 qui leur interdisait désormais d'avoir de jurande. Ils étaient les seuls, dépendant de la juridiction de la Monnaie d'Angers, à ne s'être pas mis en règle, et il les engageait, dans leur intérêt, et pour échapper aux mesures de rigueur que pourrait prendre contre eux le procureur du Roi, à se hâter de demander au bureau de l'intendance à Tours des lettres de nouvelles finances, afin de les envoyer de suite à Messieurs les officiers de la Monnaie d'Angers, de façon à terminer cette affaire avant le mois d'août € parce que ces Messieurs s'en vont en campagne » dans ce temps. »
Les orfèvres s'empressèrent de suivre ce conseil et formèrent une nouvelle corporation. Mais nous voyons par un procès-verbal d'élection d'un grand et d'un petit garde, dressé par M® Duval, notaire, en date du 2 janvier
1786, qu'ils n'étaient plus que quatre maîtres*. C'est seulement à la fin de l'année 1787 que la communauté se compléta par l'admission d'un nouveau membre 2.
A ce moment la corporation n'avait plus que bien peu de temps à vivre.
En effet, un décret de l'Assemblée Nationale constituante, en date du 11 février 1791, supprima les maîtrises et jurandes pour tout le royaume et établit la liberté du commerce pour toutes les professions.
Le musée d'antiquités Saint-Jean de la ville d'Angers possède une plaque de cuivre, provenant de la Monnaie de cette ville, sur laquelle sont estampillés les poinçons des jurés-gardes et des maîtres de la communauté de Laval pendant la seconde moitié du xviii* siècle^. Cette planche a été reproduite par Mgr Barbier de Montault dans son Epigraphie du département de Maine-et-LéOire, publiée dans le Répertoire historique et archéologique de VAnjou^, à laquelle nous l'empruntons :
i. Guillaume Maréchal, Etienne Lemesle de la Maison-Neuve, Pierre Lebourdais de TEpinay et Ambroise Lasnier, le sieur André-Nicolas Douet, grand-garde en fonctions, ayant quitté la ville depuis quelque temps déjà.
2. Urbain-Marie Brault. Son poinçon avait pour empreinte un lion avec une couronne au-dessus de la tête, et ayant d'un côté un V et de l'autre un B. Le procès-verbal dé sa réception à la maîtrise, daté du 15 août 1787, est dressé par M« Duval, notaire.
Nous n'avons pu jusqu'ici trouver de traces de la réception d'un sixième maître et ne savons si les horlogers do Lava] profitèrent de l'autorisation qui leur était accordée par la déclaration de 1778 de se faire recevoir membres de ladite communauté des orfèvres, joaillers et lapidaires.
3. N® 1892 de Vlnventaire du miisée d'antiquités d'Angers Saint' Jean et Toussaint, par M. Godard-Faultrier, 2® édition,