L.-L. Châteiu, curé intrus
A l'époque de la Révolution, le clergé de Saint-Denisd'Anjou comprenait : Lefebvre, curé, Bouthier, vicaire, Nupied, vicaire, Jameaux, bénéficier, Jameaux, vicaire de Vion. Lefebvre refusa de se soumettre au serment et fut pour cette raison arrêté et emprisonné aux Cordeliers de Laval le 20 juin 1792. Plus tard, on l'embarqua et il fut déporté à Saint-Sébastien, en Espagne. Il mourut dans cette ville. « Il avait mérité depuis longtemps, dit le R. P. Dom Paul Piolin, dans la contrée de Sablé, la réputation d'un ecclésiastique savant, d'un prédicateur zélé et éloquent, et surtout d'un saint prêtre. »
René-Louis Hayer, fils de René Hayer et de Louise Langlois, prêtre habitué à Saint-Denis-d'Anjou, né en cette paroisse, le 1®*" septembre 1726, fut conduit à la maison communale de Patience à Laval, le 14 octobre 1792, puis exporté à Rambouillet le 22 octobre 1793. Il revint
i. Le 24 septembre 1793, Château, curé intrus de Saint-Denis-d'Anjou, se plaignit au directoire du département de la Mayenne de ce que le procureur de la fabrique, d*accord avec la municipalité» lui rerusait le pain, le vin, la cire et le linge nécessaires pour célébrer la messe. — Nupied et Bouthier, vicaires à Saint-Denis-d'Anjou, étaient prisonniers, le 20 juin 1792, dans la maison des Cordeliers à Laval. Bouthier fut exporté le 19 octobre de la même année. — Jeanne Delhommeau, religieuse ursuline à Laval, née à Saint-Denis-d'Anjou, refusa de prêter le serment en 1794. Elle fut enfermée en prison jusqu'à la fin de la Terreur. {Mémoires ecclésiastiques concernant la ville de Laval et ses environs pendant la Révolution).
mourir dans son pays. Louis-Michel Hayer, son frère, né à Saint-Denis-d'Anjou, le 6 décembre 1728, curé de Querré, près Châteauneuf-sur-Sarthe, fut mené également à Patience, le même jour, et dirigé ensuite sur Rambouillet.
Nous avons raconté, dans un des chapitres précédents, rhistoire des troubles de la Révolution et de la Chouannerie à Saint-Denis-d'Anjou. Il faut ajouter à ces premières indications divers autres détails. Ainsi, nous devons rappeler que Pénil, fabricant de papier au moulin de Beffes, accusé de receler des prêtres non assermentés, fut arrêté en mai 1793. Le 30 avril 1794. F. Delelée, âgé de vingt-cinq ans, natif de Saint-Denisd'Anjou, receveur de l'enregistrement des biens nationaux à l'enregistrement du Mans, accusé de conspiration, était acquitté avec neuf autres personnes. Le 9 novembre 1796, la Chronique du département de Ut Sarthe dénonce les prêtres fidèles de Saint-Denis-d'Anjou, qui publient les bans de mariage et se livrent à l'exercice de fonctions qui n'appartiennent qu'à l'autorité civile. Lors du soulèvement de 1798 à 1800, les habitants ne prirent pas part au mouvement, selon le témoignage du général Chabot. André Ledru dit le contraire.
Il existe au presbytère un tableau signé : Jameaux, prêtre, et fait en 1782 par Joseph Jameaux, l'ainé des deux frères, né en 1719. Les Jameaux étaient fils de Jean Jameaux et de Louise Fourmond. Le cadet avait nom Jean-Baptiste. Il était né en 1721. Cachés dans le pays, ils administrèrent secrètement les sacrements à l'époque de la Révolution. Mais ils furent bientôt découverts et emmenés prisonniers aux Cordeliers, à Laval, le 20 juin 1792. Jean-Baptiste fut ensuite transféré à la prison de Patience, à Laval également, le 7 octobre 1793, puis envoyé à Rambouillet. Rendus à la liberté, les deux frères revinrent dans leur contrée et y continuèrent les fonctions de leur saint ministère. Ils furent tous les deux
chargés de la paroisse de Saint-Denis-d'Anjou, de 1800 à 1811. Le dernier acte signé par Joseph Jameaux date du 25 février 1811. Il mourut peu après. Jean-Baptiste Jameaux signe, de son côté, pour la dernière fois, le 2 novembre 1811. Il s'éteignit à la fin de la même année. En 1801, le Préfet de la Mayenne expulsait de son département René Nupied, qui n'avait point fait la soumission exigée vis-à-vis de la Constitution de l'an viii et qui exerçait le ministère dans la paroisse de Saint-Denisd'Anjou, pour avoir violé ouvertement les décrets concernant le culte, et avoir fait une procession dans les rues, au son des cloches, avec toutes les cérémonies usitées avant les troubles du pays. Les révolutionnaires triomphèrent de cet arrêté préfectoral, mais c'était sans fondement, comme le remarque avec raison le R. P. Dom Paul Piolin dans sa belle histoire de V Eglise du Mans durant la Révolution qui nous a fourni ces renseignements. Les supérieurs ecclésiastiques, ajoute-t-il, étaient les premiers à blâmer de pareilles démonstrations, et ils attendaient avec patience que les circonstances devinssent plus favorables.