CERTIFICATS DES CURÉS DU DOYENNÉ
D'EMÉE
I LARGHAMP
€ A monsieur et maystre
€ Monsieur Jourdan € Vicayre gênerai de monseigneur le Cardinal € Au Mans € Monsieur je vous envoyé ladvis des curez de ma doyenne dernee mes commys ont expédie par tottes mes paroysses fors Larchamp ou nont trouve ni cure ni vicaire mays je cognoys les maysons nobles dicelle paroy se qui sont catholicques et ne furent jamays Içs seigneurs dicelle rebelles contre le roy notre sire.
€ Lun diceulx est noble Jehan Cornilleau sieur de la Dorengerie et y demeurant lautre est seigneur de Villiers et manant en icelle mayson ayant suyvi larmée du roy notre sire soubz messieurs les cappitaines de Chovigne et mareschal de Rays.
« Vous donnerez sil vous playst ordre aux frays qui
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sont grands je men donne repos en vous saluant très humblement vos bonnes grâces priant notre seigneur
€ Monsieur vous donner heureuse et longue vie.
« Dalexain ce 9« febvrier 1577. »
€ P. BOUTIBR. »
Vénérable et discret messire Pierre Boutier, le signataire de cette lettre, curé de Montenai .et doyen rural d'Ernée, qui écrit ici pour lé curé de Larchamp noté d'absence, accompagnait son certificat de deux autres, Tunpour Alexain, paroisse qui n'était pas de son doyenné, l'autre daté du 8, regarde Montenai. L'état qu'il donne de la noblesse de Larchamp aurait dû comprendre, outre les sieurs de la Dorengerie et de Villiers, les chefs de famille suivants, notés toutefois en ensemble comme catholiques dans son certificat : Olivier Le Valois sieur de la Vieillecourt, René Le Valois s' de Pontperrin, Pierre du Boisberranger s*" de BregeL Baptiste du Rocher s' de la Bretonniere, Tristan Cornilleau s' de Chatenay, Charles d'Orcisses s' dudit lieu, Jean de la Villegontier s^ de la Lande, époux de Marie Le Valois, monsieur de la Villaine, René de Boisseel s'^ de la Vigne, époux de damoiselle Vincende des Portes. En 1577, le capitaine Saint- Père, apparaît comme parrain de l'un des enfants de ceux-ci et peu de temps après, Madeleine de Noyan veuve de défunt capitaine Saint-Père comme marraine d'un autre : or, il est à remarquer, dans l'intérêt des annales de Mayenne, que le 11 avril 1577 on rencontre Gilles des Portes seigneur capitaine Saint-Père pour le roy à Mayenne^.
Jehan Cornilleau, sieur de la Dorengerie, écuyer,
i. Aux notes de feu M. Delamarre, curé de BourKUOUvel. Voir aussi la Généalogie de la famille des Portes, l'une des çlus distinguées du Bas-Maine, en Borel d*Hauterive : Annuaire de la noblesse^ 1854.
d'une famille qui possédait ce ôef depuis très longtemps et qui le porta plus tard aux de la Jaille par le mariage de Renée de Cornilleau, fille unique de René de Cornilleau et de Claudine de Meaulne, avec Urbain de la Jaille ecuyer, sieur dudit lieu : leurs enfants sont aux registres de Larchamp^
Le sieur de Villiers n'était pas, comme un érudit Ta présumé, un seigneur de la maison de Villiers^, mais au juste noble messire Michel Le Valois qui demeurait en son manoir de Villiers^ paroisse de Larchamp, terre et seigneurie qui s'étendait jusqu'en Ernée. Cette famille vivait encore à Villiers, de Larchamp, quand arriva la Révolution : MM. de Maude et de Courcy ont bien décrit son blason : De gueules au chevron d'argent, accompagné de trois croissants de même.
MaroUes, château qui donnait la seigneurie de paroisse n'était pas alors habité par ses maîtres : ils étaient à Launai-Péan, aujourd'hui Montécler, paroisse de Châtres, ou ils vivaient catholiquement^.
i. Damoiselle Rebéca de NeufviUe^ dame de la Dorangerie, inhumée en nostre église de Larchamp devant le cruci^ 5 juillet 1626. René Cornilleau et Marie Pidault s. et d. de la Dorengerie mariés vers 1627. Un Guy Cornilleau, écuyer, sieur de la Dorengerie, avait épousé quelque peu avant 1549, Roberde de la Dinaie : la nièce de celle-ci Renée, fille de François de la Dinaie, épousa Louis de Mégaudais, tué par Tristan de Cornilleau. (Voir Lepaige, i. 513). Guy vivait encore en 1570, faisant hommage à Mayenne de sa terre de la Pellerine.
2. Enquête sur les principes religieux et la résidence des gen» tilshommes du diocèse du Mans en 1577, par P. Moulard..., p. 35. Cette publication, Le Mans, Edmond Monnoyer, 1886, puisée aux mêmes manuscrits originaux que la nôtre, ne donne pas les textes.
3. Dans Pacte de fondation de la chapelle de Mégaudais, aujourd'hui paroisse, il est dit formellement que la maison seigneuriale de MaroUes est située en la paroisse de Saint-Pierreaes-Landes. Ce sont les de Mégaudais, seigneurs de MaroUes, mais originaires de Mégaudais en Levaré, qui ont apporté là le nom de leur berceau. Pierre Le Porc avait la seigneurie de
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n ALEXAIN*
« La noblesse de cette paroisse sont dame Guyenne Dorange veuve de feu messire Eustache du Bellay chevalier de Tordre du roy s'^ de la Feillee noble Tristan de Fontenailles gentilhomme darmes du mareschal de Rayz demeurant au manoir de Marigne et Gilles Le Cornu s'' de la Marie escuier demeurant aud lieu de la Marie. »
GuiONNE d'Orange se nommait dans ses relations sociales MADAME DE CoMMEQUiERS. Il y a aux titres de Goué une lettre de M. de Clagny, Pierre de Lescot, abbé de Clermont, à madame de Comm^rquier, dont il se dit son plus affectionné voisin. On y voit que c'était une puissante dame, très dévouée à Pierre de Lescot et aux religieux de son abbaye. Un des fils de la baronne de Commequiers, Pierre du Bellay, seigneur de la Courbe, fut mestre de camp d'infanterie et capitaine aux gardes : il porte dans nos histoires lo-
Marolles en 1412, aussi Jean Le Porc, époux de Françoise du Boisgamas, qui eut deux filles, Julienne dame de Marolles et Gillette dame de Forges : Taînée ne paraît pas avoir laissé d'enfants de ses deux maris, René de Valleaux et Jaèques de Quatrebarbes. Quoi qu'il en soit, sa sœur épousa Antoine de Villeprouvée, seigneur de la Ohèze et de Désertines, qui vivait en 1489 : Loys de Villeprouvée, leur fils unique, seigneur de la Chèze, Désertines, Marolles, etc., mort à Lyon par accident, dans l'incendie d'une hôtellerie ou il était logé, ne laissa que des héritiers collatéraux. Marolles fit retour aux Le Porc de la branche de Charné. Françoise Le Porc, dame de Launay Péan, épousa Jacques Nepveu {Archives de Châtres : fabrique). Ils eurent incontestablement pour fils Nicolas Nepveu, seigneur de Marolles {Lettre de M. Ch. d'Achon). Nicolas Nepveu eut deux filles, Renée et Marie Nepveu : l'aînée fut mariée le 22 juillet 1568 à Louis de Montécler, seigneur de Courcelles, auquel elle porta Launay-Péan et Charné ; la cadette épousa en premières noces Jacques de Mégaudais, seigneur de Lépinotière, d'où les de Mégaudais, seigneurs de Marolles par suite de ce mariage, et en secondes noces François des Nos, seigneur de la Tannière, second fils de François et de Charlotte de Jous^on. 1. Au texte : « Alexain au doyane de Mayenne. »
cales le nom de la Courbe du Bellay et fut un célèbre partisan de la Ligue.
Trist*\n de Fontenailles, écuyer, seigneur d'Aubert et de Marigny, fils aîné de Jean de Fontenailles, éc, seigneur d'Aubert et de Marigny, et d'Yvonne Le Porc, avait pour aïeuls Pierre de Fontenailles, sgr d'Aubert, et Guimonne de la Croix, dame de Marigny, et pour bisaïeuls Jean de Fontenailles, sgr dud lieu et du Ménil- Barré, et Isabeau d'Avaugour. Guyon, fils aîné de ceuxci, fut auteur de la branche aînée, seigneurs de Fontenailles et du Menil-Barré. Tristan de Fontenailles épousa, par contrat du 31 juillet 1571, Renée de Champagne, fille aînée de François de Champagne, seigneur de la Motteferchaut, de Commer au Maine, etc., et de Marie de la Roussière, et sœur du capitaine ligueur de la Motte Ferchaut, Louis de Champagne*. François de Champagne servait sous les ordres de M. de Matignon, lieutenant général en Normandie, au camp devant Domfront, le 18 mai 1574; obtint en conséquence, le 30 juin suivant, des lettres de la reine régente Catherine de Médicis, conjointement avec Julien de Vahais, seigneur dudit lieu, et Tristan de Fontenailles, seigneur d'Aubert et de Marigny, par lesquelles cette princesse les exempta, à raison de leurs services dans Tarmée de Normandie, de la contribution au ban et arrière-ban pour la dite année 1574 2. Tristan de Fontenailles se rangea au parti de la Ligue, avant comme après la mort d'Henri III : on ne pouvait s'attendre à autre attitude de la part d'un des grands vassaux du duc de Mayenne. On doit croire que c'était en cette double qualité qu'il était capitaine du château de Mayenne, 5 sept. 5 oct. 15893, el que c'est lui le capi-
i. Si mal à propos nommé René, même dans de dernières productions d'ëruaits.
2. Généalogie de la maison de Champagne, par d'Hozier, Pla- • quette, p. 23.