ORDRE DE LA PROCESSION
Le Crieur des patenôtres, les Poupeliers*, les Cordiers,
1. L'usage s'était établi d'avoir un crieur de patenôtres qui, à minuit, devait parcourir les rues et rappeler aux habitants trop endormis robligation de ne pas oublier les pauvres trépassés.
La nomination à cet office était souvent dans les attributions
iL^
Terasseurs, Maçons, Charpentiers, Couvreurs, Carreleurs, Rouettiers, Tourneurs, Menuisiers, Cloutiers, Meuniers, Maréchaux, Coutelliers, fourbisseurs, armuriers. Serruriers, Lavandiers, Bouchers, Ecardeurs, Tondeurs, Sergers, Cabarettiers, Hôtelliers, Megissiers, Bourreliers, Celliers, Courroyeurs, Beaudroyeurs, Cordonniers, Boulangers, Chapelliers, Tailleurs d'habits, Lamiers, Jurés Tissiers accompagnés de cinquante des principaux maîtres, Vitriers, Poitiers d'étain, Poisliers, Teinturiers, Tanneurs, Ciergers, Chirugiens et apotiquaires suivant l'ordre de leur réception, les orfèvres, les gardes des Marchands avec les Marchands de draps et laines seulement, et enfin le Corps de Ville* précédé des Notables Bourgeois et surtout de ceux qui ont été Marguillers de paroisses, administrateurs et directeurs d'hôpitaux, Echevins, officiers et qui sont actuellement Conseillers de Ville, Suivra le Clergé précédé des pauvres de l'hôpital, qui seront conduits par les sieurs directeurs d'icelui, les marguillers des paroisses accompagneront le poêle, après le Clergé suivront Messieurs les officiers de Judicature précédés d'un, deux ou de quatre huissiers tout au plus si besoin est, ensuite les avocats^ occuperont la Droitte, les
du sénéchal, ce qui doit faire penser que ces fonctions n'étaient pas étrangères à la police de la ville. (De Bodard, Chroniques Craonnaises).
Peigneurs qui démêlent Tétoupe sur des sérans ou cardes pour mettre le chanvre et le lin en poupées, c'est-à-dire en état d'être filés.
M. de La Beauluère donne des détails sur les principales corporations de Laval {Loc. cit.). Nous remarquons que le crieur des patenôtres, les poupeliers et les cordiers ne figurent pas dans rordounance de 4689, publiée par lui.
i. On appelait ainsi Tensemble des magistrats municipaux, maire, écnevins, jurés, etc. — M. Hardy de Levaré, ancien juge de police, fut le premier maire électif de Laval, de 1747 à 1759. Il eut pour successeur Léon Foureau, juge roval. En 1777, Frin du Guy-Boutier, président du siège royal, était le troisième maire électif, nommé ensuite par le Roi.
2. Le barreau de Laval s'est toujours distingué par sa probité et par un esprit de conciliation, qui s'est conserve jusqu'à nos
notaires royaux* et procureurs de l'Election Et néantmoins Tancien des Notaires royaux marchera le premier, la Gauche sera tenue par les Notaires de ce Comté aussi suivant Tordre de leur réception, Tous en Robbes et Bonnets, les Notaires seront suivis des pèlerins de Saint Jaques qui seront tenus de s'y trouver à peine contre les deffaillans de trois livres d'amende et de privation de leurs Droits.
Deffendons à Toutes personnes de quelque qualité quelles soient de troubler le rang de ladite procession, de passer au travers, de marcher à coté d'îcelle, n'y de tirer aucunes armes à feu, et pour obvier et remédier à l'abus qui s'augmente d'année en année à un tel point que tous les Corps et Communautés en sont indignés, par le dérangement et lindécence qui sont causés en ladite procession.
Faisons très expresses inhibitions et deflfences à tous Messieurs, Dames et demoiselles de quelque rang, qualité et condition qu'ils puissent être, d'entrer dans les rangs
jours. Plusieurs de ses membres ont laissé des travaux manuscrits de jurisprudence, tels que commentaires sur la coutume et recueils de sentences, collections précieuses à cette époque où la jurisprudence n'avait point de nasc fixe et consistait en grande partie en coutumes locales.
On possède encore des recueils de sentences et de mémoires de M. René Picbot do la Graverie, qui forment huit volumes infolio, manuscrits.
Les armes des avocats étaient : de gueules à trois bouches d'or, (La Beauluère, lac. cit.).
i . L'établissement des notaires royaux dans la ville et Comté de Laval était ancien. La cour et seigneurie de Bourgnouvel, près Mayenne, était du domaine du Roi et avait des notaires royaux dont l'époque d'établissement nous est inconnue. Les seigneurs de Laval leur permettaient, pour la commodité de leurs sujets, de venir instrumenter dans 1 étendue de leur Comté ; dans la suite des temps, ils s'y établirent. (Le Blanc de la Vignolle, Mémoire sur le Comté).
Pour sceller leurs actes, les notaires royaux avaient la fleur de lys. comme la Cour du Bourgnouvel. Le sceau de cette juridiction royale, retrouvé dans la Mayenne, porte ces mots :
s. REGIS ADCAVS. DE BVRGNOVO.
desdits Corps, pèlerins et Communautés, de marcher à côté de ceux qui font Corps dans ladite procession à peine d'en être chassés honteusement, de dix livres d'amende et en plus grande peine s'il y échoit.
Deffendons à tous les Jurés, Sindics, procureurs, et maîtres de sortir de leurs rangs lors des stations qui se feront aux Cordeliers, à Saint Tugal, aux Jacobins et à la halle, n'y même d'entrer dans l'intérieur desdits couvents à l'exception deft cloîtres.
Enjoignons aux Jurés de chaque Communauté de nous donner les Noms de ceux qui quitteront leur rang à la procession avant quelle soit rentrée à l'église de la Trinité à peine de demeurer responsables en leur privé nom de l'amende de six livres prononcée contre les contrevenans.
Deffendons à Tous les hôtes et cabarettiers de donner pendant la dite procession, à boire et à manger à aucunes personnes sous quelque prétexte que ce soit à peine de dix livres d'amende.
Enjoignons aux propriétaires des maisons vaques et inhabitées situées dans les rues par lesquelles passe la dite procession, de faire décorer la face de leurs maisons et de faire couvrir le pavé qui règne le long d'icelles, avec des fleurs, pavots, et herbes dont l'odeur ne soit pas forte, un instant avant que le Saint Sacrement passe devant lesdites maisons, à peine de six livres d'amende, et de coupper lesdits pavots en deux ou trois morceaux suivant leur longueur pour prévenir et éviter les faux pas et chûtes de ceux qui font la procession.
Enjoignons au Crieur des patenôtres et à tous les Corps de métiers et marchands d'entrer dans les cloîtres des Cordeliers par la porte qui ouvre dans l'Eglise et d'y rester jusqu'à ce que le Saint Sacrement soit entré dans la dite Eglise, pour après sortir des dits cloîtres par la porte qui ouvre dans le chapiteau lorsquils en seront
avertis par un de nos huissiers, pour ensuitte continuer leur marche, d'en user de même aux Jacobins, à la porte du cloître desquels ils seront de nouveau appelles par leurs noms ainsi qu'au pied de l'escallier de la Trinité, et ceux qui ne se trouveront pas audit appel seront condamnés chacun en trois livres d'amende.
Deffendons à Tous Particuliers du Corps de ladite procession de se faire accompagner par déjeunes filles pour quelque raison que ce soit à peine de six livres d'amende.
Abrogeons l'usage abusif qui s'est glissé depuis quelques années, de se faire accompagner par déjeunes garçons à moins qu'ils n'ayent des habits qui dénotent leur sexe, sous les mêmes peines.
La Procession commencera à six heures du matin précisément par la marche des Corps de métiers dont les particuliers marcheront sur deux colonnes dans l'ordre de leurs réceptions et comme cy dessus.
Faisons defi<8nces à Tous Particuliers de quelque qualité quils puissent être, d'occuper les sièges sous les halles de cette ville lors du sermon qui s'y fait* et dans les cloîtres des Cordeliers le jeudi de l'octave, les quels sont destinés pour Messieurs du Clergé et officiers qui assistent à la Procession à peine de trois livres d'amende.
Ordonnons que les Jurés, procureurs et Grands gardes des Communautés arrangeront chacun dans leur Communauté, les particuliers suivant l'ordre de leur Réception, savoir, le premier Reçu sur la Droitte, le second sur la gauche et ainsi pour les autres, et si les dits particuliers faisoient quelque difficulté, lesdits jurés, procureurs et
1. Ce fut on 1689, au cours des démêlés entre le curé de la Trinité et le chapitre de Saint-Tugal, qu'on reprit l'ancien usage d'aller aux halles. La prédication avait lieu aux Jacobins jusqu'en 1688 ; le sermon était fait, dans le prédicatoire du couvent, alternativement d'année en année par un dominicain et un franciscain. (Isid. BouJlier, loc, cit.).
grands Gardes se pourvoiront devant Nous pour y être sur le champ, par nous, statué, lesdits particuliers refractaires punis pour leur désobéissance.
Et voulans éviter, autant que nous pourrons, les rumeurs et altercations dans une aussi Sainte Cérémonie, avertissons que les Messieurs, Dames, Demoiselles et toutes autres personnes qui se placeront dans les rangs pendant le cours de la procession, ne soient point surpris de se voir faire le landemain un commandement de payer six livres d'amende.
Faisons deffences à toutes personnes de passer par dessous les Halles de cette ville mercredy prochain après dix heures du soir à peine de dix livres d'amende qui demeurera encouriie sur la déclaration de deux personnes dignes de foi.
Ordonnons à tous les Sergents de ce Comté de se trouver sur les six heures du matin, au pied du grand escallier de la Trinité pour être par Nous distribués en différents Corps et Communautés ou nous jugerons à propos de les placer, à peine de six livres d'amende contre chaque deffaillant, lesquels Sergents ne pourront quitter les rangs et lieux par nous marqués sous quelque prétexte que ce soit à moins que nous ne jugeassions à propos de les déplacer, à peine de six livres d'amende et de trois mois d'interdiction. Et à ce que personne n'en ignore ordonnons que ces présentes seront lues et publiées aux prônes des Messes paroissiales de cette ville et fauxbourgs publiées et aflSchées par tout ou besoin sera et exécutées nonobstant et comme en matière de Police. Mandant et Donné à Laval en la chambre du Conseil par nous Jean Joseph De Launay Des Cepeaux juge ordinaire de police du Comté pairie de Laval, ou etoient présents Messieurs Le Clerc des Saudrais juge ordinaire civil, Martin De Ligonniere juge ordinaire criminel, Barbeu de la Coupperie lieutenant général. Le Balleur lieutenant particulier, Enjubault De La Roche avocat fiscal et Mar-
tin De La Tremblaye Procureur fiscal, Le samedy vingt quatre May mil sept cent soixante dix sept.
L'original est signé :
De Launay Descepeaux. Leclerc'des Saudrais.
Le Balleur.
Martin de Ligonniere. Ënjubault de la Boche.
J. Martin.
Ensuite est écrite cette mention :
Lu et publié au prône de la messe paroissiale de cette église (Saint'Vénérand) par nous vicaire soussigné, ce vingt cinq mai mil sept cent soixante dix sept. (Signé :) Pennard, vie.
J. Raulin.
NOELS LAVALLOIS^
Nos pères anciens par saincte profetie Nous avoient bien prédit la venue du Messie Tesmoing en est David et Salomon antiques
Chantons à notre Dieu louenges et cantiques.
Chantons à TÉternel au saint jour de Noël.
Notre père premier par sa femme fragille Tentée du serpend cauteleux et agille Nous a acquis la mort par mauvaize pratique
Chantons
serpent tortueux ennemy de nature Tu pensois abolir du hâult Dieu la facture Mais tu es surmonté par les œuvres mistiques.
Chantons
Aussy tost le péché la science divine
A ordonné son sainct à la Vierge bénigne
Pour enfermer Satan en ses noires bouticques.
Chantons
i. Le manuscrit qui contient ces Noëls est devenu, pendant riinpression, la propriété de M. Louis Garnier, à Laval.
Voici rEmmanuel vient faire son entrée Icy bas entre nous au monde la contrée Retirez-vous, esprits raalings et lartariques. Chantons
Adam, tu n*es pas exempt de toutte peine Ton corps sera subject a une mort certaine Pour avoir transgressé les saincles loix céliques. Chantons
Mais la mort du Sauveur donne à ton ame vie C*est Tantidote sainct pour surmonter Tenvie Plus salubre cent foix que les eaux emperiques. Chantons
Or le père puissant de sa chambre ivoirine A transmis icy bas dauthorité divine Son ange Gabriel remply de voix liriques.
Chantons
Donc cet ange joyeux sort du ciel empirée Et traverse léger les vouUes estoillée Et droit en Nazaret apporte ses applicques.
Chantons
vierge saincte et belle, exempte de péché, Ne soiez poinct peureuse de ce bien aproché ; Ames resjouissez-vous des propos angeliques.
Chantons
Je le salue de cœur, dist Gabriel Tarcange, Marie, n'aye peur, ains donne à Dieu louange ; Tu seras mère de Dieu, paroles aulenliques.
Chantons
pucelle d'honneur hé ! que tu es heureuse De recevoir du ciel nouvelle sy joyeuse mistere très saincte, parfaict et magnifique Chantons
La Vierge s'asurant en sy sainctes nouvelles Respond à G4)riel : Je suis de Dieu Tancelle Au vueil de l'éternel je nay poincl de replicque. Chantons
Tu es du sainct Esprit, saincte vierge, remplie ; C*est ce qu'avoit prédit le prophète Isaye Et maints autres voians nos pè^es autenticques. Chantons
Nomme Tenfant Jésus, disoit Fange à Marie, C*est à dire Sauveur qui donne au monde vie Surmontera Fenfer des esprits plutonicques.
Chantons
Adieu Marie, adieu, dist Gabriel l'arcange ; Au sainct palais sacré il faut que je me range Pour assurer le ciel de tes propos mistiques. Chantons
Neuf mois se sont passez et la vierge Marie Lors voulant enfanter Jésus le fruict de vie Ce fut au temps d'hiver, de neige aquatique.
Chantons
Ce ilit en Bethléem, en une vieille estable Que Jésus roi des roys se montra sy affable, Méprisant les honneurs du monde, les praticques. Chantons
Joseph le bon mary avecq réjouissance Assista gayment à la saincte naissance ; Le bœuf et Tasne aussi eschauffoient les lieux
Chantons [frisques.
Troupes d*anges joyeux on a veu sur les plaines Parler aux gardiens des troupeaux porteleines Reveillez-vous, pasteurs, accordez vos musiques Chantons
Allez en Bethléem voir la vierge accouschée, La paix descend du ciel celte saincte nuictée, Jésus sauveur est né, soyez joyeux et frisques. Chantons
Bergères et bergers de toute la contrée Se sont tous assemblez d'une bande inombrée, Du sainct nonce des deux ne furent hereticques. Chantons
Chascun portoit joyeux du laict et des froumages En rusticques paniers remplis de bons fruictages Arivèrent au lieu basti de pauvres bricques.
Chantons
grande charité du grand dieu de nature, Qui d'un marbré palais pour naistre n'a eu cure, Ains a voulu choisir ses pauvres lieux rustiques. Chantons
Adorez, pastoureaux, au son de vos muselés Le sauveur Jésus- Christ en sainctes chansonnetes ; Chantez de cœur dévot, ne soyez point eticques. Chantons
Allez, prenez congé, la place est trop petite. Voicy venir des roys la grande troupe eslite Du hault paix d'orient contrée étiopicque.
Chantons
bons roys, adorés ce grand roy qui vous donne Vos sceptres et grandeurs, vostre riche couronne. Donnez donc de bon coeur vos baux présents oricques. Chantons
Or, retournez joyeux dedans vostre contrée.
Laissez Herode là, ceste beste enragée :
Ces dessains sont meschants,traistres etdiabolicques. Chantons
Or sus, bon Lavallois, gayement faisons bende, Allons voir Jésus- Christ et luy faisons offrande De nos cœurs, de nos biens, cabinets et bouticques.
Chantons
Il nous faudroit haster : il s*en va en Egypte Cet Herode le cherche en sa fureur despite, Innocents faict tuer par ses bourreaux inicques.
Chantons
Mais avant que partir, je vous suplie de grâce. Ne portons nos péchés devant sa saincte face ; Il hait les doubles cœurs, consciences tragiques. Chantons.
Aprochés-vous grands et petis Chantons Noël à cette feste, Apliquons nos cœurs et espris A chanter nau à plaine teste.
Voicy la venue de Tenfant (bis) Fils de Testernel tout puissant.
C'est le sauveur Jésus prorais Pour rachepter Thumain lignage Du danger où nous estions rais Par nostre preraier parantage.
Il vient trioraphant surmonter [bis) Le fier serpent et le dompter.
Mais adrairons tous, je vous prie.
Son humilité sy parfaicte :
Grands honneurs il tient à mespris Choisisant la vierge pauvrette
Qui Ta enfanté saincteraent (bis) Dans une maison à tout vent.
Or le messager du grand Dieu, Gabriel léger, prist voilée Et se vint adresser au lieu Où cette vierge estoit logée.
En Nazaret il la treuva {bis) Comme elle prioit la salua.
Elle espouventée trembloit Par un accoustumé message L'ange doucement Tassuroit En luy monstrant joyeux visage.
Ne crains, Marie, aseure toy (bis) Tu n'as meilleurs amis que moy.
Je suis icy pour t'advertir Que tu es du grand Dieu choisie ; Je ne suis subiect à mentir Croy mes propos je le supplie.
Tu seras mère de son fils {bis) Le salut des grands et petis.
La vierge respond sagement — Hé ! comment se pouroft-il faire ?
Je n'ay congnu aucunement Homme pour y avoir affaire.
Lange respond et sy luy dist {bis) Sera Thomme du sainct Esprict.
Je suis la servante de Dieu Me soit faict selon ta paroUe Lange la laissant en ce lieu Traversant le ciel s'en revolle.
Et a l'instant le sainct Esprict {bis) La vierge de grâce remplit.
Après que neuf mois sont passés La saincte vierge est accouschée; Trouppes d'anges se sont trouvez Dessus les plaines de Judée, Disant ces mots aux pastoureaux : {bis) Laissez vos brebis et aignaux.
Allez, courez en Bethléem,
Adorez voire capitaine,
C'est ie pasteur nazaréan
Qui oste ses brebis de peine.
La paix est en terre et aux cieux (bis)
Allez pasteurs, soyez joyeux.
Or sus, habitans de Laval, Faisons aussy bende jollie ; Pour estre garantis de mal Allons aussy voir le messie.
Portons blanches toi lies de lin {bis) Pour servir à ce roy divin.
Prions tous messieurs du clergé Qui prendront les crois et bannières, Sainct Thugal et la Trinité, Sainct Venerand et Avenières.
Les Jacobins et Avenières (bis) Marcheront toujours les premières.
A rhostel Dieu sainct Jullien
En passant nous ferons aumosne :
Ce sont œuvres de chrestien
Qui de Dieu sont receues pour bonnes.
Qui de charité est espris (bis)
Parvient o les benois espris.
Les servantes de nostre Dieu
Ne bougeront de Patience ;
Ils chanteront en ce sainct lieu.
De sortir ils n'ont la dispence.
Ils nous feront un beau boucquet (bis)
Pour donner au petit Naulet.
Ceux du Cimetière Dieu,
Tant chapelains que les chanoines,
Veullent venir offrir à Dieu
Ils ne perdront pas leurs peines.
Saincte Catherine y viendra (bis)
Tout aussy tost qu'on luy dira.
t la paroisse de Grenots
rendra sainct Martin au passage,
B ce faubourg les gens dévots
ssisteront au sainct voïage.
uis quand tout sera assemblé {bis)
sinct Nicolas ne sera laissé.
B sainct Jacques, du Bourg Hersant,
ainct Mathurin, bende jolie,
e sainct Jean pareillement
u'on apelle TOstelerie.
eux de sainct Pierre à haulte voix (bis)
apelleront saincte Croix.
linct Eslienne, aussy sainct Michel
B seront pas laissés arrière ;
n sert à Dieu sur Tautel ;
3 marcheront soubz la bannière
es Lavalois devotieux {bis)
ni ont voué au roy des cieux.
nostre dame de Périls vant nous ferons un voiage DUS en serons bien plus hardis aller en ce pèlerinage.
u Pont de Mayne le faubourg (bis) tendra aussy faire son tour.
n continuant le chemin
DUS passerons à sainct Melaine
t là prirons au roy divin
u'il nous conduise en bonne estraine.
archons, nous n'avons que tarder (bis)
ar les pasteurs vont ariver.
Duttefois ne nous hastonspas, renons habits de modestie, stons velours et taffetas, iieveuxî carquans et bifferie.
DUS ces fatras sont en horreur (bis) Jésus nostre, rédempteur.
Ces vertugadins et gros culs
Ne sentent poinct sa crestienne,
Il s'y commet beaucoup d'abus:
Reprenons la mode ancienne.
Aux bons pasteurs soions esgaux {bis)
Nous en serons trouvez plus beaux.
Que chascun porte son présent Et prépare sa consience C'est le vray or et bon encens Qui tesmoigne nostre sience. C'est la mire de bonne odeur (bis) Que demande nostre Sauveur.
Or allons de hait gaiement En procession ordonnée, Et que chascun aille chantant D'une voix sainctemenl estonnée.
Voilà desjà les pastoureaux (bis) Qui jouent de leurs chalumeaux.
Dieu soit loué, voicy le lieu
Et la place tant désirée
Où nous voyons le fils de Dieu
Et la vierge tant honnorée.
Hé ! que les voilà pauvi*ement {bis)
Oposez à froid et à vend.
Or faisons nostre oblation A TEmmanuel nostre maistre ; Reçoy seigneur, il est saison Et sy nous bénis de la dextre.
Jésus préserve de mal {bis) Tous les habitans de Laval.
Ne retournons sy vistement, Voyons un peu cette arivée Les trois roys du pais d'orient Leur façon inaccoustumée.
Voiez ce more bazanné {bis) Comme il est de fin or chargé.
Voilà Testoille dans les cieux
Qui leur a seinond la naissance
De nostre prince glorieux
Qui leur fust grand resjouissance.
Ils offrent leurs oblalions (bis)
Or, myrrhe, encens, ce sont leurs dons.
Chascun de nous repart joyeux ; Adieu pasteurs et rois ensemble ; Prions Jésus le roy des cieux Qu*un jour au ciel il nous assemble.
Et que là esternellement [bis] L'adorions parfaictement.
Amen.
Pastoureaux et pastourelles.
Et vous tous qui sommeillez, Destoupez tous vos oreilles, Réveillez-vous, réveillez, El soiez apareillé D'ouir la joie
La plus grand que jamais fut Pour notre bien et salut ^.
Oyez la troupe sacrée D'anges à qui mieux mieux Vont chantant parmy la prée Un chant fort armonieux.
— Gloire soit au roy des cieux Et paix en terre A ceux qui par équitté Sont de bonne volonté.
1 . Les passages non conformes au texte donné par les NoUs r6'/brmê5 publiés en 1884 (Laval, C. Bonnieux), ont été imprimés ici en itanques.
Lune prenant la voilée Et son tour un peu plus bas Droit au pasteur s'est allée Leur disant : ne craignez pas; Je vous viens anoncer un cas De grande merveille Dont chacun sejouira Tant qu'au monde il sera.
La paix est plantée
Car le sauveur Jésus- Christ
Vous est né cesle nuictée
En la cilté de David.
Allez trouver le petit
En une creiche
Enveloppé de drapaux
Faute d ornements plus beaux.
Après la semonce faite Par le messager des cieux Les pasteurs de foy parfaicte Sont partis gavs et joyeux Pour voir l'enfant glorieux, Nay de Marye, Et luy offrir par debvoir Selon leur petit pouvoir.
Or sus, chestiens ftdelles, Et tous pasteurs Lavalois Oyant ses bonnes nouvelles.
Suivons les bergers Galois Alons voir le Roy des Roys Et la Pucele,
Et lui portons par honneur Quelque présent de valeur.
En premier ceux de la ville Yront devant, tout le pas.
Lesquels, de façon civille, Porteront de l'hypocras Pour présenter au repas De la commère Qui, sans doulleur ou ennuy Est accouchée aujourd'hui.
Ceulx aussi du Pont de Maynne Marcheront après, de rang, Qui, de volonté humaine, Porteront du linge blanc Pour enveloper Tenfant Qui de /roid tremble, Couché sur un peu de foing, Tout neud dans un petit coing.
Après marcheront de bande Ceux du forbourg sainct Martin Qui, pour leur don et offrande, Porteront de très bon vin Pour présenter au festin De la commère Mesmement au bon Joseph Qui est presque mort de soif.
De sainct Jean Thostelerio Les tripières et tripiers Viendront à ceste rrairie Avec plusieurs bouschers ; De Grenoux et des cartiers De la Folye
Qui, pour présent estimé.
Donneront du bœuf vislé.
Ceux du quartier d'Avenière Vienderont en rang ordonné, Aporter à la commère Un potage saffranné Et gentiement façonné A la muscade :
C'est pour donner apetit A la mère du petit.
Puis, sortant de leurs cauvemes, Les bourgeois du Bourg-Hersant Tant les vieux que les modernes S'en vienderont paier leurs cens, Ne voullant des vins recens Boire aux tauvernes, Car ils ont des bonnes eaux Pour conforter leurs cerveaux.
Aussytost que la nouvelle Sera seue au Gué d'Orgé, Chacun prendra sa bielle Et y viendra sans congé.
Ceux du bourg de Montigné, Suivant la dance, Aporteront un quartier De bische ou de porc-sangler.
Les saulniers de l'Huisserie Amèneront leurs chevaux Et donneront à Marie De leur sel à plains boisseaux ; Puis de Nuillé les pénaux Viendront en ordre Porter au roy souverain Une bribbe de leur pain.
Aussi vienderont de Quelaines Un grand nombre de fouassiers ; Peuton donnera des chaslaignes Pour gresler à plain paniers, Et d'Astillé les tissiers De leurs farines Luy feront des eschaudes De beau saiFran tous dorés.
Mont- Jean, voisin de Bretagne,
Portera pour son buttin
Une galette d'avoine
A demy de carabin ;
Quocé donnera du lin
Et toille fine :
C'est pour faire un beau colet
A la mère du douillet.
De Beaulieu la grand valée Et voissins des gros Craonnois Donneront la quenouUée Du meilleur lin et de choix Qu'il faudra porter par trois y Tant sera grosse, Pour filer un bel habit De quoy vestir le petit.
Puis viendront de la Gravelle Gabeleurs ot forestiers, Qui feront la santinello Pour surprendre les sauniers, Et porteront volontiers Chascun l'espée ; Et si quelqu un les surprand Combattront de rang en rang.
Mais de saint Pierre en grand haste
Viendront les faussonniers menteurs.
Et du bourg de la Bruslalte
Les galeltiers et fileursy •
Et de Bourgon les chasseurs,
Qui feront offre
D'un cerf qu'ils eussent happé.
S'il ne leur fust eschappé.
Du quartier de Gourbeveille
S'en viendront les bons sonneurs^
Et le soir après la veille
Les Baconniers bon danseurs,
Qui tant du bourg que d'ailleurs,
Après l'aubade,
Donneront des cimereaux
Et de bons bagiés tons chauds.
Ayhuillé suivant ses rôles Apportera de bon hait.
Un presant de mesles molles Pour présenter à Nollel ; Les escourteurs d'Olivet Doueront des serises D'ommescbe ou de bigareau Kscourtés de nouveau.
Du Bourgneuf toute la presse Sera remplie à grand tas D'escorniheurs qui sans cesse Entendront à ieurs proebats ; Puis Afesnil de peur des cbats Portant mittaines De peur d'être esgratigné Y viendra de Juvigné.
Puis viendront les rudes femmes De Ruillé le Gravelays ; Loyron donra sans diiïanses Une douzainne d'œufs frais ; Le Genest suivant de près Fera requesle Au petit destre bon cœur Qu'il leur ordonne un pasteur.
Les charbonniers davantage De Sainct Bertevin viendront Avec un homme sauvage Lequel ils amèneront ; Mais pourtant lui defîendront, Sur grosse amande, De faire en procession Jamais dissolution.
Changé et Sainct Jean sur Mayne Voisin d'un mesme costeau, Porteront pour leur estreine Une perche et un barbeau, Et du cildre demy d'eau De la rivière;
Mais Us le boiront tous seuls Les vins nouveaux valent mieux.
Andouillé viendra grand erre
Et ses voisins plus loingtains
Proche de la bonne terre
La où croissent les tesmoings,
Et porteront volontiers
A cesle feste
Une somme de naveaux
Des plus gros et des plus beaux.
Les tirans en trouppe grande De Sacé feront leur tour Qui donneront tous de bande De leurs macres un à tous ; Puis les fols de Monfoulour Sans quon les mande Viendront par grands escadrons Tous armez de leur fourgons.
De Martigné, sans bagage, Viendront plusieurs bonnes gens, Garnis d'argeant à louage De quoy faire leurs despens, Et pour mieux passer le temps, En ce voyage.
Boiront des foys plus de trois Aux sandriers Ghalonnois*
Les pastourelles voisines De Gondaîn et Louverné Viendront cueillant des sentines Es rochers de Chafresné Qu'ils donront au nouveau-né Pour ses estreines :
C'est un bon fruict d'eslection Dont n'est pas grand mention.
Les Morfondus d'Anthenaize Et leurs plus proches voisins Viendront sans débat ou noise Chantant nau par les chemins, Portant fougères et hedins Tout à leur haize, Pour faire un beau lict tout neuf A coucher Tasne et le bœuf.
Puis Bonchamps et leur sequele, Au lieu d'un large gasteau, Porteront à la pucelle Chascun son gros conuau De froment ou de bled nouveau Meslé d'espice Pour menger au heure frais Que donront les Louvernois.
Monseurs en bon esquipage Y viendra de bon matin Pour jouer le personnage De l'Aveugle et de Catin Serrant bled pour leur butin Seur le vilage ; Mais l'enfant n'en fera cas Tels geans ne plaisent pas.
De la Chapelle, de Brée, Gennes el Saiûs Ceneré Y viendront sur la vesprée Ce plaignant goustre leur gré Les harqueliers d'Argentré Par leur bourgade Ont allongé leurs chemins Pour mieux y vendre leurs vins.
De Sainct Ouen et de Sainct George S'en viendront les chaussumiers Tousiours arrosant leur gorge Comme ils en sont coustumiers, Hoislant aussi voluntiers Que ceux des forges, Et donront leurs soursommeaux Pour soulager leur chevaux.
Ceux aussi du bourg de Vaige Apporteront un bel arc De la façon et ouvrage De leur ancien houlard.
Sainct Christopfle du Luart Donra des guignes, La Bassouge de Chemeré De beau saffran tout doré.
Les Crotlois parmy les crottes S'en viendront hastivement, Ramenant toutes les crottes Au bas de leurs vêtements Pour servir de passements A leurs chemises Que Ton voit par grand lopins Par dessoubs leurs quasaquins.
De Meslay viendront de suitte Vingt ou trante mesleraux Avec frime leur conduite Qui en vendant ses porciaux Leur dira de beaux rondeaux Tous faicts en rime Jouant partout le Joie t Pour réjouir le nolet.
Les muguets de Maisoncelles Apporteront un bouquet.
Et leBignon des prunelles, Arquené donra du laict Pour nourir l'enfantelet ; Mais le froumage Y viendra de Bazougers Où sont les bons fromagers.
Aussi se mettront en bande Les grenouilles Louvignois Lesquels chanteront enjoye Leur agnus quatre ou cinq fois En l'honneur du roy des roys Tant qu'on les lient Si on peut avoir congé Par les Bruants de Sougé.
Parené, hommes et femmes
Apporteront un ramier,
Et les chicaneurs d'Entrammes
Sy trouveront les premiers ;
Ils peuvent expédier
Toutes leurs causes,
Mais jusqu*après leur décez
Ils ne seront sans procez.
Les potiers par braverie
Dans leurs pots estroits et longs
Qu'ils font a la potterie
Pour leurs beuriers plus larons
Porteront de gros marrons
Et des chastaignes
Dont leur feront grand amas
Les peteurs du Bois-Glamas.
La trouppe ainsy assemblée Ghascun faira son présent A la vierge immaculée, Et à son petit enfant, Le priant qu'il fasse tant Envers son père Qui garde à jamais de mal Tout le comté de Laval.
Publié par P. de Farcy.