VIII SAINT-HILAIRE-DES-LANDES
€ A touz ceulx qui ces présentes voyront salut je Michel des Hayes vicaire de St Hilaire des Landes et y de-
meurant certiffie a quil appartiendra que en ensuivant le mandement de messeigneurs les grands vicayres de monseigneur le reverendissime cardinal de Rambouillet evesque du Mans de baillez et envoyez certificat des noms surnoms qualitez et seigneuries et demeures des gentilshommes des doyennes et paroisses suyvant le commandement du roy notre sire premier certiflSe noble Gabriel des Vaux seigneur de la Tour Eumond vivant catholiquement selon leglise catholique apostolique et romaine astre présent résident et non ordinairement en sa maison de la Tour Eumond paroisse de Sainct Hilaire et aussy certiflSe noble René de Vaumorin vivant pareillement catholiqueraent et demeurant audit lieu de Vaumorin dite paroisse de Saint Biliaire mesmes noble homme Olivier de Challus sieur de la Braudaye et demeurant au lieu de Vivain oultre nobles Louis et André de Challus frères dud. sieur de la Braudaye oultre noble Michel de Chalus demeurant au lieu de la Besnehardiere en lad paroisse mesmes noble Jehan de Rommille sieur de Baille Cherot et y demeurant.
« Les dessus dits nobles certiflSe que tous ensemblement vivent par bon régime et gouvernement et en bonne fraternité selon et au contenu faictz et commandements de notre mère saincte église catholique apostolique et romaine sans que aucun diceux errent en celé ne en appert contre icelle sancte foy catholique Constat ledit sieur de la Tour Eumond parce que de naguerre quil est revenu de paige de monsieur de Guyse partye du temps sest tenu et se tient a la Tour et laultre partie du temps en sa maison de la Vigniere en Normandie et neantmoins quelque part quil demeure quil vit selon et au contenu que escript le tout certiflSe estre vroy tesraoing mon saign cy mis le cinquiesme jour de febvrier lan mil cinq cens soixante et dix sept. »
€ M. DE3 Hâtes. »
Gabriel des Vaux, seigneur de la Tour-Emond, chevalier de Tordre du roi, gentilhomme de sa chambre, épousa en 1587 Françoise d*Anthenaise, âUe de Germain, sieur d'Anthenaise, et de Jeanne de la Perrière. Il n'avait pas eu d'enfants de sa première femme, Anne de Mortelesve ; il eut plusieurs filles de Françoise d'Anthenaise; on lui trouve aux registres de Saint-Hilaire sous l'année 1603, une troisième femme, Claude Le Roux.
René de V^umorin, écuyer, seigneur temporel dudit lieu, épousa damoiselle Marie Le Jarriel, dont entre autres enfants Jean de Vaumorin, seigneur dudit lieu, mari de damoyselle Marquise de Langrunnière*. De Vaumorin portait : D'argent au sautoir de sable, accompagné de quatre molettes de mé'ine.
Olivier de Chalus, seigneur de la Braudais et ses frères, Louis sieur du Désert, François dit Tainé, sieur de la Templerie, André, François dit le jeune, sieur de la iElouseraye, etc., étaient enfants de Geoffroy de Chalus, écuyer, seigneur du Désert et de la Beraudaye ou Braudais. Comme les de Vaumorin, les de Chalus étaient du Bas-Maine et tiraient leur origine et leur nom d'un château et de terres seigneuriales situés dans les Haies de Mayenne, Chalus, les Chalv^, les Haies de Chalus, à moins qu'on n'aime mieux admettre une tradition de famille qui les fait originaires du château de Chalus en Limousin, célèbre par la mort du roi Richard Cœur-de- Lion. La vraisemblance en est favorisée par cette autre légende : « Au temps des guerres anglaises, la maison » de Chalus, fidèle aux rois de France, avait été gra- » tifiée au Bas-Maine des terres qu'ils y possédèrent. > Ils s'y divisèrent en trois branches principales, celles de
i. Langrunière, berceau d'une famille noble de ce nom, en Saint-Georges-Buttavent.
la Bénéhardière, de la Poupardière, qui n'est pas éteinte, et de la Braudais.
Olivier mourut jeune, vers 1580, laissant ses enfants mineurs sous la tutelle de noble damoiselle Françoise Hoguerel, dame du Feu, sa veuve, et aux soins de ses frères : François de Chalus, l'aîné, fut leur curateur. Intimement lié avec son frère Louis de Chalus, il possédait avec lui comme par indivis la terre fieffée du Désert, et ils en portèrent l'un et l'autre le titre : tous les deux se marièrent et n'eurent pas d'enfants ; François, le 2 octobre 1586, avec Renée de Vigré, fille de Charles et de Jeanne de Diexaie ; Louis, qui demeurait à la Petite- Braudais, avait épousé Françoise Rousseau. C'est par le moyen de cette dame que la maison de la Templerie et terres adjacentes vinrent dans la famille de Chalus. Sur ces terres, François de Chalus bâtit le château de la Templerie, nommé aussi la Braudais.
« Un François de Chalus, seigneur du Dessert,
» ayant fait bastir un chasteau et fortifié régulièrement » avecq fosses pontlevis et tout ce qui peult rendre une » forteresse defensable, sur l'emplacement et manoir de » la Riboullerie mendia une attache de deffiint monsieur » le mareschal de Lavardin pour se tenir avecq quelques » gens plustot pour piller le paisant que pour se défendre > contre les garnisons prochaines et pour s'exempter de » l'arriére ban*. »
Le ton malveillant d'un factum de procès, de la part d'une partie adverse, n'empêche pas l'intérêt qui s'attache ici à la fondation de ce fortin de la Templerie, encore existant de nos jours, et des raisons qui déterminèrent François de Chalus à le bâtir. Il est curieux, en effet, de voir comment, en 1597, époque d'apaisement sensiblement progressif et où les partisans de la Ligue n'avaient plus à tenir la campagne que pour dégager des intérêts maté-