‹ Procès-verbaux et documents, Volume 4Chapitre 68 sur 123 · XVII LAUNAY · texte numérisé non relu

XVII LAUNAY

€ Je Georges Potier pbre cure de Laulnay et y résidant en obéissant au commandement de monsieur le grant vicaire de Monseigneur le Cardinal de Rambouillet certifie a quil appartiendra que en ma paroisse dud Laulnay il y a le seigneur terrien de lad. paroisse lequel ce nomme Phelippes Le Millitaire alloué de Vitré et de Chatillon en Vendelays résidant en lad ville de Vitré lequel vit catholiquement et selon leglise romaine et apostolique par ce que Ion en ma informé et escleré et aussy

quil resoit les sainctz sacrementz de Saincte Eglise aud. Vitré OU est sa demeurance et quant il vient en sad maison de Villiers il vient à la messe de lad paroisse de Launay. Item nous avons un noble Estienne de Grenouz sieur de la Houssaye lequel vit semblablement catholique en leglise romaine et apostolique aussi un nommé Franzoys de Hoguerel sieur du Gué lequel est aussy bon catholique et tient la religion romaine et apostolique. De plus nous avons une damoiselle du bourg de Launay et mademoiselle de la Rouerie et son filz aagé de vingt ans ou environ lesquels tous vivent catholiquement et selon leglise romaine et apostolique. Gest ce quil y a de gens nobles dans la paroisse de Launay.

€ Constant que quant a la damoiselle femme dud Le Militaire on tient par le commun quelle est de la religion dernièrement refourmée et parce quelle ne réside pas aud Villiers je ne lay james veue ne nay de cognoissance délie Gest ce quil y a de gens nobles en lad paroisse de Launay et ce que dessus certiffie estre vray et en témoignage de vérité jay signe ce présent de mon singn manuel cy mys le quatriesme jour de febvrier de lan mil cinq cent soixante dix et sep. »

« G. Potier. »

Philippe Le Militaire n'était que seigneur terrien de Launay, attendu que le fief et les droits honorifiques de seigneur de paroisse appartenaient au comte de Laval, alors Guy XIX, et Ton voyait encore à cette époque et cinquante ans plus tard, autour du chanceau et de la nef de l'église, une litre aux armes de François de Laval, évêque de Dol. L'église était consacrée à Saint-Martin et le bourg se nommait Launay-Cochon^ La dime de Saint-

1. Sans doute d'une ancienne famille seigneuriale que nous trouvons au xv® siècle alliée aux parents et nobles vassaux des seigneurs de Laval.

Martin de Launay avait de singulières particularités : l'évoque du Mans en avait la moitié ; l'autre moitié restait au curé ; les prieurs d'Olivet et du Plessis-Milcent dimaient sur la part du prélat. En 1634, le seigneur de Villiers, qui avait au chanceau son banc armoié d'une croix fleurdelysée avecques qicatre roses ^ et pareilles armes en alliance en la principale vitre d/udit chanseaUj s'ennuya de son voisin le seigneur du Tertre^, du tapage des forgerons du Port-Brillet, des menaces qu'on faisait d'intéresser contre lui le comte de Laval, et il transféra l'église paroissiale près de son château de Villiers, sur l'emplacement d'une ancienne chapelle rurale consacrée au Saint-Sauveur. Il se forma autour de l'église, terminée en 1637, un nouveau bourg qui fut nommé dès lors Launay-Villiers. L'ancien porte encore le nom de Bas-Bourg, simple ferme à la queue de l'étang de Port-Brillet. Le château de Villiers appartenait au xv® siècle à une famille de Sazille : Louis de la TyoUais, époux de Madeleine de Sazille, et Guillaume de Dorsay, époux de Barbe de Sazille, possédaient par indivis les seigneuries de Villiers et de Launay en 1534 et 1543. C'est à cette époque et vraisemblablement de ces seigneurs, que François de Laval, évêque de Dol, acheta la terre et seigneurie de Villiers et qu'il fit mettre ses insignes à l'église de Launay. Il mourut en 1556 et le château de Villiers fut vendu par ses héritiers, principalement représentés à cette époque par Guyonne dite la Folle, comtesse de Laval. Plusieurs membres de la famille Godard, liés à elle et à ses héritiers par leurs charges, embrassèrent l'hérésie. Mais on ne saurait assurer, quoiqu'il y en ait apparence, que

4. René Godard, seigneur de Villiers, portait : d'azur à la croix d'argent fleurdelisée cantonnée de 4 roses d'or.

2. Gilles du Verger, seiçneur du Tertre. Cette terre seigneuriale, qui prend son nom aune énorme motte de terre qui est remarquable, relevait de la châtellenie d^Olivet. Le Vicoin sépare le Tertre et le Bas-Bourg.

LA FEMME DE PHILIPPE Le Mclitaire ait appartenu à cette famille. Dès 1580, noble Michel Godard et Françoise de Champagne son épouse, qualifiés seigneur et dame de Villiers, étaient installés dans leur château et y vivaient catholiquement : Philippe Le Militaire fut parrain d'un de leurs enfants, le 11 février 1581. René Godard, seigneur de Villiers, après Michel, fut conseiller au parlement de Rennes : il était né des mêmes au château de Villiers en 1584 et y mourut en 1637, Tannée même ou le culte paroissial entra dans la nouvelle église de Launay bâtie par ses soins. Sa petite fille Marie-Anne Godard, dame de Villiers, était saisie et sans bien en 1680*.

Etienne de Grenoux, écuyer, seigneur de la Houssaie, était un cadet de la maison de la Rouerie, né en 1539, de Jean de Grenoux, seigneur de la Rouerie. Il épousa Renée Liziard dont il eut plusieurs enfants : 1578 à 15842.

Madamoiselle de la Rouerie, autrement Marguerite du Verger, était veuve dès 1563 de noble Michel de Grenoux, sieur de la Rouesrie^ dont Olivier, Jean, seigneur de la Rouerie après Olivier, ce fèlz âgé de 20 ans qui vivait avec sa mère en 1577, etc., et Henri de Grenoux, seigneur de la Rouerie. Celui-ci, époux d'Anne Le Porc, mourut le 19 mai 1660 : son tombeau en granit est encore de nos jours un des pavés de l'église de Launay- Villiers. L'année suivante, Jean de Grenoux, son fils, estant depuis peu de retour au royaulme de France , réclama ses droits d'aînesse de Louise de Grenoux, sa

1. Le Clerc du Flécheray. Les de Farcy, seigneurs de Villiers, reçurent chez eux, dans ce château, pendant plusieurs mois, leur parent le marquis Charles Tuffin de la Rouarie, célèbre contre-révolutionnaire, qui y continua d'organiser sa conspiration. Le château, à cet égard historique, n'existe plus : un neuf Ta remplacé tout récemment.

Page 1